LA NOUVELLE REVOLUTION IRLANDAISE

Elle s’appelle Mary, Molly ou encore Maureen.

Peut être que ses parents lui ont donné le prénom de Sinead, en hommage à la chanteuse connue pour ses prises de position audacieuses à l’endroit d’une religion catholique dont elle fut une forme de victime expiatoire…

Depuis ce 25 mai, elle a acquis la liberté de disposer d’elle même et de son corps, ce qui lui était interdit depuis l’inscription dans la constitution irlandaise d’une criminalisation de l’avortement.

Le vote des Irlandaises et des Irlandais a été massif (la participation, au dessus de 64% s’avérant très proche de celle constatée lors des dernières élections législatives de 2016 où elle était de 65%) et le OUI à l’abrogation du huitième amendement à la Constitution a obtenu un pourcentage clair et net de 66,4 %.

En principe, toutes les forces politiques du pays étaient favorables au OUI mais il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre de parlementaires, issus notamment du Fianna Fail (le parti historique de la République, parti plutôt conservateur rattaché aujourd’hui à l’Alliance des Libéraux et démocrates européens), étaient partisans du NON et se retrouvent largement désavoués.

39 des 40 circonscriptions électorales du pays (le pays désigne, dans le cadre d’un scrutin alliant vote proportionnel et scrutin préférentiel, 158 députés dans le cadre de circonscriptions plurinominales) ont accordé la majorité au OUI.

Seule la circonscription du Donegal, située tout au Nord de la  République, à la frontière avec la colonie britannique d’Irlande du Nord, a accordé la majorité au NON.

Le Donegal appartient à la partie de la province d’Ulster située en République.

Avec les deux comtés de Cavan et Monaghan, l’Ulster a accordé finalement 64 674 voix au OUI, contre 60 880 au NON, soit une majorité de OUI à 51,5 %.

La province du Connacht, située au Nord Ouest du pays, a marqué une préférence plus marquée par le OUI.

Le OUI y recueille en effet 183 983 votes, quand le NON doit se contenter de 113 178 votes.

Soit un pourcentage de OUI de 61,6 %; porté notamment par les 66 % observés sur la circonscription de Galway West.

Une circonscription où le député le mieux élu était pourtant un partisan du NON…

Dans la province de Munster, bien connue par les amateurs de rugby, qui comprend entre autres les villes de Cork, Limerick ou Tipperary, aucune hésitation sur le OUI.

Le OUI y obtient 381 323 suffrages, quand le NON doit se contenter de 242 484 votes.

Soit un pourcentage net de 61,1 %, porté par les votes urbains  (près de 69 % sur Cork Centre Sud, 67 % à Limerick Ville), très proche donc de la « performance » du Connacht.

Dans la province du Leinster, nous distinguerons le vote de l’agglomération dublinoise en tant que telle et celui des autres circonscriptions, banlieues ou villégiatures plus ou moins éloignées de la capitale irlandaise.

Commençons par cet ensemble qui vote massivement poure le OUI avec 400 486 voix contre 200 268 votes pour le NON, soit une majorité de 66,6 %.

Enfin, la capitale s’est distinguée par un vote massif en faveur du OUI, atteignant un niveau très élevé.

Le OUI a réuni 433 245 votes, quand le NON a du se contenter du soutien de 141 564 suffrages, soit 75,4 % de OUI.

S’il existe donc une différence entre Irlande urbaine et Irlande rurale, il n’en demeure pas moins que le OUI est majoritaire dans toutes les provinces, même celles où les partisans du NON disposent d’une certaine audience.

Ceci dit, quand on replace ce vote dans l’évolution politique générale du pays, longtemps assimilé à une nation conservatrice fortement imprégnée de religion avec un système électoral fermé entre deux partis sans grande différence, on se dit que le résultat du scrutin est conforme au mouvement tendanciel…

L’Irlande a subi, en 2008, lors de la crise financière internationale, une récession quasi inégalée en Europe.

Une crise qui a bousculé les rapports de forces politiques, remis en question bien des certitudes et favorisé notamment l’émergence d’une véritable  politique de gauche, structurée autour d’un Sinn Fein influent dans les deux parties de l’Irlande, mais aussi par le mouvement « Le Peuple avant les profits » et, dans une moindre mesure, par un Parti travailliste en perte de vitesse.

Cette situation a renforcé l’audience d’idées différentes de celles portées entre autres par l’Eglise catholique et sans doute permis de créer les conditions du résultat constaté ce 25 mai.

En Irlande, cette nouvelle révolution, moins sanglante que la Pâques 1916, est une date qui marquera.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE PREMIER GESTE, C’EST SOUVENT DE MARCHER

De l’origine à aujourd’hui, même si nous n’avons pas que les traces invisibles inscrites dans nos codes génétiques, et bien avant que les mots et la pensée ne trouvent leur expression dans l’écrit, le mouvement naturel de l’Humanité a été de se déplacer.

Je ne sais pas ce que les descendants de Lucy, nés dans la grande déchirure africaine du Rift, sillon brûlant tracé dans la chair du continent, sont venus faire en allant qui vers l’Asie, qui vers l’Europe, mais le fait est qu’ils ont marché…

Le propre de l’Humanité, pour ceux qui l’auraient oublié, c’est de marcher, d’aller au devant de sa destinée à venir pour mieux fuir parfois celle du passé…

Les chasseurs ont recherché de meilleurs terrains de chasse, les pêcheurs des rivières poissonneuses et des mers plus généreuses, et les agriculteurs des terres plus grasses que les sols ingrats jusqu’alors travaillés.

Et qu’a fait le peuple Juif, à la suite de Moïse, sinon de quitter le sol égyptien, lieu de souffrance et de servitude, pour la Terre Promise, le « pays de lait et de miel » où le bonheur faisait ordre du jour ?

Ont ils été chercher ce Paradis perdu, les pélerins du Mayflower, pourrait on se demander ?

Possible, en tout cas, que comme bien d’autres en d’autres temps et lieux, ils aient été se choisir une autre vie sur Terre que celle qui se déroulait jusque là…

Autant dire que nous ne pouvons qu’être abasourdis, honteux peut être, révoltés ou encore scandalisés par la manière dont certains appréhendent ces temps derniers la situation pour le moins mouvante créée par les incertitudes géopolitiques du Moyen Orient et de l’Afrique sahélo saharienne…

Que les choses soient dites : la France n’est pas soumise à je ne sais quelle poussée migratoire qui nous conduirait jusqu’à la submersion.

Pour le coup, ceux qui utilisent ce vocabulaire anxiogène sont d’autant moins qualifiés pour donner leur opinion que ces « migrants », pour la plus grande partie, ne camperont pas sous leurs fenêtres…

Et que leur logement offre en général plutôt une vue sur la Tour Eiffel ou le Bois de Boulogne que sur les berges du Canal Saint Martin ou du Canal Saint Denis.

Le bassin de la Villette est pour quelques uns de ces plumitifs de l’angoisse et de la haine une sorte de « zone de non droit », une contrée inconnue assimilable à je ne sais quel cloaque douteux…

A la vérité, s’ils étaient seulement originaux dans leur discours, cela serait déjà bien…

Le Figaro du 10 mars 1939, parlant de la situation créée par la fin de la Guerre d’Espagne et l’exil forcé de centaines de milliers d’Espagnols républicains et de leurs familles, évoque ainsi le Conseil des Ministres qui, après avoir approuvé le décret d’ouverture de la session de printemps du Parlement, s’est trouvé à réfléchir sur le statut des réfugiés.

(A l’époque, la convention internationale sur le droit d’asile n’existe pas ou de manière rudimentaire avec le passeport Nansen).

Ainsi, le Figaro écrit «  Le conseil sera amené à fixer une résidence à MM. Negrin (leader du PSOE à l’époque et Premier Ministre) et Del Vayo et aux autres ministres républicains ayant demandé asile en France. Il aura également à se prononcer sur les mesures de police à prendre à l’égard des chefs extrémistes réfugiés sur notre territoire. Il entre, croyons nous, dans les intentions du gouvernement d’interdire rigoureusement aux leaders communistes et anarchistes espagnols tout acte de propagande et dans le cas où ils n’observeraient pas la plus stricte neutralité politique de les refouler hors de France. »

Pour les remettre dans les mains de Franco ?

Le grand quotidien conservateur citait notamment les cas de Dolores Ibarruri, dirigeante communiste et d’Enrique Lister, commandant militaire issu lui aussi du PCE parmi les « chefs extrémistes »à surveiller.

On se souviendra que, lorsque Pétain aura pris le pouvoir dans les décombres de la IIIe République, il n’aura aucune difficulté à expulser du territoire français l’ancien Président de la Generalitat de Catalunya, Lluis Companys, et le livrer aux autorités franquistes.

De fait, les plumitifs et propagandistes de la haine et de la méfiance, qu’il s’agisse de journalistes, de pseudo intellectuels ou d’hommes politiques, sont une véritable honte pour la pensée critique.

A tous ceux là, on peut effectivement rappeler ce petit exercice de calcul simple.

Dans le schéma européen de « gestion de la crise migratoire », la France doit s’assurer du traitement de la situation de 24 000 personnes par an.

Par ordre de comparaison, cela fait environ deux réfugiés pour trois communes de notre pays.

Nous pouvons aussi rapporter le nombre de ces réfugiés à celui de la population française (plus de 67 millions), ce qui situe le pourcentage à 0,03 %…

Ce qui, dans une ville comme Paris, pourrait signifier par exemple d’accueillir correctement quelque chose comme 650 réfugiés.

On le voit, nous sommes au bord de l’invasion…

Plus sérieusement, au delà de ce petit exercice d’arithmétique,  on peut se demander de quel bois est faite la loi que le Gouvernement actuel entend mettre prochainement en œuvre et qui vise (sic) à « une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie ».

Un projet de loi qui prévoit, par exemple, de refuser le statut de réfugié à tout ancien militant de l’ETA basque…

Ou de généraliser le renvoi des demandeurs d’asile vers le premier pays de l’Union européenne où ils auraient eu l’idée de poser le pied…

On appelle cela des « Dublinés » puisque l’accord stupide de répartition des demandeurs d’asile a été signé dans la capitale irlandaise.

En même temps, venant d’une institution (La Communauté Européenne) qui accorde quelque vertu à la notion de « shopping de l’asile », comme dirait notre pauvre Ministre Nathalie Loiseau (ancienne directrice de l’ENA, ce qui laisse au moins rêveur), rien ne peut nous étonner.

 

 

 

 

 

 

 

sécurité sociale et protection sociale : l’étatisation en marche !

Cela pouvait paraître sympathique, pendant la campagne présidentielle.

Les militants de la République En Marche vantaient notamment la mesure qui allait augmenter le pouvoir d’achat des salariés, à savoir la suppression de la cotisation chômage et celle de la cotisation maladie résiduelle figurant encore sur la fiche de paie après le premier basculement cotisation /CSG opéré lorsque Martine Aubry était Ministre du Gouvernement Jospin ( et Olivier Faure son attaché parlementaire).

Comme chacun le sait, il fallait cependant compenser les pertes de recettes de l’UNEDIC comme de la Sécurité Sociale et pour ce faire, comme nul ne l’ignore désormais, l’opération est passée par la hausse de la contribution sociale généralisée.

Ainsi que nous l’avions déjà indiqué, cette opération a augmenté de manière significative le produit de cet impôt, le portant en effet au dessus de 123,6 Mds d’euros, selon le Ministère des Finances et au delà de 130 Mds avec la « contribution au remboursement de la dette  sociale ».

Par comparaison, le produit attendu en 2018 de l’impôt (progressif) sur le revenu est estimé à 70 Mds d’euros environ et celui de l’impôt sur les sociétés à …33 Mds d’euros.

On peut déjà se demander si les retraités de notre pays, par le biais de la contribution sociale généralisée, ne paient pas autant de CSG que les sociétés de capitaux ne paient d’IS… Continuer la lecture de sécurité sociale et protection sociale : l’étatisation en marche !

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