ALLEMAGNE CHRONIQUE D’UNE DEFAITE IMPREVUE


Je ne sais pas si vous avez fait attention, mais le fait est que les élections allemandes, tenues le 24 septembre dernier, n’ont pas tout à fait pris la tournure que d’aucuns avaient annoncé.

Pour la presse française (la même sans doute que celle qui assimile l’Espagne post franquiste et sa Constitution de compromis plus ou moins boîteux d’Etat de droit), la victoire de la Chancelière sortante, Angela Merkel, était plus que prévisible et la seule question digne d’intérêt était de savoir où se fixerait le poids électoral du parti d’extrême droite, Alternativ fur Deutschland (AfD), ceci amenant au Bundestag un nombre plus ou moins important de députés issus de cette formation.

A la vérité, quelques points de détail, loin d’être secondaires, étaient en général oubliés dans un débat politique que l’on résumait à la seule problématique de la présence des migrants, Angela Merkel étant présentée comme généreuse de ce point de vue.

Etaient donc oubliés des aspects essentiels de la société allemande.

Un, la démographie allemande est, tendanciellement, en déclin et la population de la République Fédérale, de plus en plus vieillissante, se trouve confrontée au problème du financement de ses retraites, ce qui explique pas mal de choses, pour le coup, du point de vue de la convergence des politiques économiques en Europe que promeut l’Allemagne.

S’il en fallait une preuve, on peut la trouver dans le nombre des inscrits, passé en effet de 61 946 900 électeurs en 2013 à 61 675 529 en 2017.

La baisse du nombre des électeurs est donc à l’image de cette société allemande post – industrielle, si l’on peut dire, dont l’évolution démographique crée bien entendu de nouveaux problèmes mais permet aussi, sur le court terme, de « tenir » dans certaines limites le nombre de privés d’emploi, par exemple…

Deux, découlant de la manière dont l’Allemagne conçoit depuis quelques temps sa place en Europe, le pays se fait relativement généreux pour ce qui est de l’accueil de populations nouvelles, si tant est qu’elles soient, au demeurant, plus qualifiées que les Turcs, les Italiens, les Polonais ou les Yougoslaves des générations d’immigrés précédentes qui sont venus faire tourner les mines de charbon de la Ruhr et les usines d’automobilistes fiables et robustes…

Angela Merkel a, de fait  capté pour son pays ceux des réfugiés du Proche Orient les plus à même d’apporter de suite leurs compétences au système économique germanique.

Troisième élément de la situation : le pays connaît un taux de chômage plus faible que bien des pays de l’Union, un taux de chômage largement corrigé par la multiplication des emplois peu payés, assurant pour une bonne part, dans le cadre d’une division du travail sophistiquée, le s tâches les moins exigeantes, rentables ou qualifiées du processus de production industrielle de l’Allemagne.

Une Allemagne qui utilise, comme chacun le sait, l’Europe de l’Est comme son hinterland fabricant de semi finis destinés à créer l’essentiel de la valeur ajoutée dans les entreprises situées sur le territoire allemand.

Comme l’Espagne ne rentre pas tout à fait dans ce schéma (elle a plutôt, du point de vue allemand, les séduisants contours d’un lieu de villégiature et de vacances), il ne faut pas s’étonner outre mesure de la position adoptée par Merkel dans la « question catalane »…

Enfin, il y a la question des rapports de forces politiques.

La presse française, comme nos media audiovisuels, ont fait la démonstration du caractère reptilien de leur mémoire puisqu’en 2013, le scrutin au  Bundestag avait été marqué par deux phénomènes.

D’une part, la disparition du parti libéral de l’Assemblée alors élue.

Après avoir cumulé une série de défaites électorales dans les différents scrutins renouvelant les Landtage, le FDP était passé sous la barre fatidique des 5 % de « secondes voix » qui conditionne toute représentation parlementaire au Bundestag si votre parti n’obtient pas, au moins, quatre mandats directs dans les circonscriptions territoriales.

D’un seul coup, les 93 députés du FDP avaient disparu des écrans radar, le parti n’ayant au demeurant eu que très rarement (pour ne pas dire jamais) d’élu en mandat direct depuis la naissance de la République fédérale.

L’échec des libéraux, c’était la disparition du couteau suisse de toutes les alliances gouvernementales de la République Fédérale, ce partenaire junior de toute coalition, petite formation centriste uniquement portée par les « secondes voix « .

On sait d’ailleurs que c’est parce que le FDP de Hans Dietrich Genscher avait préféré l’alliance avec le SPD à celle, formalisée, avec les Unions chrétiennes que Willy Brandt devint Chancelier en 1969.

Et que cela avait, un jour, conduit Walter Scheel, autre membre du parti, à la Présidence de la République.

L’absence de ce parti d’équilibre du système politique ouest allemand se traduisit, pour le SPD, par un choix stratégique déjà éprouvé.

Et c’est là le deuxième fait majeur du scrutin 2013.

Repoussant toute alliance avec Die Linke, formation de gauche issue du syndicalisme critique de l’Ouest et du mouvement communiste et socialiste rénové de l’Est, et malgré la présence potentielle d’un parti écologiste relativement libéral et déjà habitué aux alliances les plus subtiles, le SPD choisit la voie de la « Grosse Koalition » avec les Unions chrétiennes, comme en 1966 – 1969, expérience alors spectaculairement interrompue par la paire de claques adressée au chancelier Kiesinger par Beate Klarsfeld, stigmatisant ainsi le passé nazi de l’individu…

En fermant ainsi la porte à une alliance de gauche « rot – rotter – grün », majoritaire dans l’opinion et au Bundestag (42,7 % pour l’ensemble  Die Linke / SPD/ Verts , 41,5 % pour les Unions chrétiennes et 320 députés contre 311), le SPD a commis une erreur historique, oubliant que nous ne sommes plus dans l’Europe des années 70 où les mouvements sociaux, idéologiques et politiques avaient ouvert la voie, pour la gauche et singulièrement pour la social démocratie, à la conquête de nouvelles positions politiques en Allemagne, Autriche, Grèce, Portugal ou Espagne, sans oublier la France tout en maintenant les fiefs de Scandinavie  ou du Royaume Uni.

Ce choix qui a fait du SPD le partenaire junior de la coalition est, à mon avis, le vecteur principal de la poussée de l’extrême droite, engouffrée dans l’impasse politique ainsi créée, comme dans les fragilités d’une société allemande où les différences entre Ouest et Est demeurent, près de trente ans après la présumée
« réunification ».

Rappelons d’ailleurs aux oublieux que ce qui constituât jadis le territoire de la République Démocratique Allemande était loin, sous le régime de la République de Weimar, d’être la partie la plus à gauche du pays.

Ainsi, lors de l’élection de juillet 1932 qui place en tête le parti nazi (avec plus de 37 % des votes au niveau national), la Saxe lui apporte un score supérieur de quatre points, la Thuringe de six, le Mecklembourg de plus de huit, l’Anhalt d’autant sans parler de la majorité absolue des Nazis au conseil de Dantzig.

On est loin de Hamburg votant SPD ou KPD à près de 50 % ou de Brême (47,6 % pour les deux forces de gauche alors), sans parler de Berlin, fief ouvrier où les communistes primaient à gauche et faisaient jeu égal avec les Nazis.

Notons d’ailleurs ici que les cinq sièges berlinois qui ont choisi de donner le mandat direct soit à Die Linke, soit aux Verts, sont constitués, pour l’essentiel, par les arrondissements qui, avant l’arrivée au pouvoir de Hitler, votaient en faveur du KPD.

En 2013, l’AfD a échoué dans l’atteinte de la barre des 5 % nécessaires, dans toute élection allemande (mais pas le scrutin européen), pour prétendre à la répartition des sièges.

Sur 299 élus au scrutin personnel, dans le cadre de circonscriptions territoriales, les Unions chrétiennes avaient obtenu 236 élus, contre 58 au SPD , 4 pour Die Linke et 1 aux Verts.

A noter que ces cinq élus l’ont été sur le seul Land de Berlin, la capitale fédérale manifestant, une fois encore, sa capacité contestataire…

Vu les rapports de forces réels au plan politique, 332 députés ont été élus sur les listes nationales, au scrutin proportionnel.

75 pour les Unions chrétiennes, mais surtout 135 pour le SPD, 60 pour Die Linke et 62 pour les Verts.

Angela Merkel a beaucoup du sa victoire, relative, au vote des Lander de Bade Wurtemberg et de Bavière.

Dans le premier cas, la CDU avait obtenu les 38 mandats directs dont  29 en obtenant la majorité absolue des « premières voix «

En Bavière, l’allié de la CDU, la CSU locale, avait obtenu les 45 sièges du Land, dont 34 avec la majorité absolue.

Cette fois ci, la CSU, malgré son grand chelem, n’est majoritaire que dans 5 circonscriptions et, dans le Bade Wurtemberg, les députés de la CDU n’ont été élus qu’à la majorité relative.

Dans sa propre circonscription (Rügen, Greifswald), située au Nord de l’Allemagne de l’Est, sur la Baltique, Angela Merkel a perdu 13 400 voix environ et plus de 12 % des votes 2013.

De fait, la perte d’influence des Unions chrétiennes lors de ce scrutin (plus de huit points et demi) est en quelque sorte estompée par la redistribution des cartes en termes de rapports de forces politiques.

En 2013, si l’on s’arrête aux « secondes voix », la CDU avait obtenu 14 921 877 voix et la CSU, son alliée bavaroise, 3 243 569.

Cette fois ci, la CDU plafonne à 12 445 832 voix, perdant donc près de 2,5 millions de suffrages et la CSU s’établit à 2 869 744 voix, soit près de 400 000 suffrages de moins.

Le SPD n’a pas tiré parti de cette situation, avec un nombre de voix passé de 11 252 215 à 9 538 367 voix, soit une chute de plus d’1,7 million de voix.

Le statut adopté par le SPD, celui de partenaire junior de la coalition au pouvoir, ne lui a donc rien apporté.

Die Linke, pour sa part, passe de 3 755 699 voix  à 4 296 762 voix, soit un gain de près de 550 000 voix et Les Verts ont connu un mouvement de même nature, passant de 3 694 057 à 4 157 564, soit environ 450 000 votes.

On peut penser que l’essentiel de ce million d’électeurs provient du SPD 2013.

Par contre, le suffrage en faveur des Unions chrétiennes se trouve siphonné à la fois par le vote FDP, les libéraux s’étant accordés sur une ligne politique moins « centriste » et plus «droitière » et par le vote AfD.

En 2013, le FDP obtenait 2 082 305 « secondes voix » et l’AfD 2 052 372.

Cette année, le FDP réunit 4 997 178 suffrages et l’AfD atteint 5 877 094.

La poussée des forces d’extrême droite est telle que la Saxe place l’AfD en tête de tous les partis avec 27 % des suffrages.

Les trois forces de « gauche » (SPD, Die Linke, Verts) regroupent au final 38,5 % des électeurs.

Et ce,  avec les positions fortes habituelles : Berlin (49,3 %), et les deux villes hanséatiques (Hamburg 49,6 % et Bremen 51,3 %).

Mais aussi les points faibles traditionnels comme la Bavière (31,2 %).

A l’Est de l’Allemagne, Die Linke est en deuxième position à Berlin, quatrième dans le Brandeburg (où elle fait jeu égal avec le SPD), et troisième dans le Mecklemburg, en Saxe, Saxe Anhalt et Thuringe où elle est la première force politique à gauche.

Mais le tout dans une sorte de tripole avec la CDU et l’AfD.

Dans cette partie Est de l’Allemagne, les gauche, dans son ensemble, a connu une régression de son influence, qui se traduit d’ailleurs en termes de représentation.

En 2013, entre les sièges de Berlin et ceux des Länder Est, la CDU avait obtenu 59 députés (dont 54 mandats directs), Die Linke 32 élus, le SPD 29 et les Verts 9.

Ce qui, soit dit en passant, donnait 252 sièges aux Unions Chrétienne à l’Ouest contre 249 aux trois forces « de gauche ».

En 2017, la CDU, en baisse d’au moins huit points par Land, passe à l’Est de 59 à 50 élus, tandis que l’AfD fait irruption en obtenant 32 élus dans cette partie de l’Allemagne.

A gauche, Die Linke a conservé 26 élus, le SPD est passé à 21 et les Verts à 10 (dont 4 pour Berlin).

Les effets de l’éclatement du corps électoral (c’est la première fois dans l’histoire du pays que les deux premiers partis réunissent aussi peu d’électeurs sur leurs candidats) ont conduit à l’accroissement du nombre des députés élus sur listes nationales.

Le paradoxe de ce scrutin, d’ailleurs, en termes de sièges obtenus par les uns ou les autres, est la grande stabilité des mandats directs.

Ainsi, si l’AfD a gagné trois mandats directs en Saxe (circonscriptions de Bautzen I, Gôrlitz et de la Suisse Saxonne) sur la CDU, Die Linke a gagné (ou regagné) le siège de Leipzig II sur la même CDU.

Dans le même Land, le Ministre de l’Intérieur Thomas de Maizière (descendant de huguenots français) a été réélu en perdant toutefois 17 % des voix dans sa circonscription de Meissen.

A l’échelle fédérale, le SPD progresse d’un siège, gagné notamment sur Berlin.

Et il s’agit du siège de Spandau Charlottenburg, situé dans la partie Ouest de la capitale.

Dans le Brandenburg, le SPD a échangé avec la CDU les deux circonscriptions de Potsdam.

Le SPD a également emporté le siège de Waldeck, en Hesse (banlieue de Kassel), mais perdu celui de Darmstadt dans le même Land.

En Basse Saxe, le SPD gagne le siège de Rotenburg, mais perd celui de Nienburg, reprend aussi les sièges de Hildesheim et Wolfsburg, mais perd le siège de Goslar Osterode.

Le SPD reprend également le siège de Sarrebruck, en Sarre.

Le Palatinat ne connaît aucun mouvement sensible, restant globalement très fidèle à la CDU.

La Saxe Anhalt confirme l’élection de députés CDU, avec des pourcentages passant toutefois d’un étiage compris entre 36 et 46 % à un niveau compris entre 27 et 38 %.

La Thuringe offre un autre grand chelem à la CDU, avec de scores compris entre 27 et 38 % (contre 36 à 50 % en 2013)

Le Schleswig Holstein donne un siège de plus à la CDU, le SPD perdant le siège de Lûbeck, historiquement social démocrate.

 

Quant à la grande région de Rhénanie du Nord Westphalie, le cœur économique de la République Fédérale, on y voit quelques changements.

Le SPD gagne l’un des deux sièges d’Aix La Chapelle, mais perd le premier siège de Cologne comme le siège de Krefeld II/ Wesel, Il reprend le siège de Minden/Lubbecke I pour mieux perdre celui de Lippe I.

Ce qui dénote globalement une grande stabilité apparente, en tout cas pour ce qui concerne les mandats directs.

Nous avons vu qu’il n’en était pas de même, loin de là, en termes de votes.

Le paysage politique allemand, bouleversé par le retour des libéraux et l’irruption de l’AfD, est incertain et ce n’est pas la défaite subie par la CDU dans le Land de Basse Saxe en ce mois d’octobre qui va modifier la donne.

A noter que cette élection régionale a été marquée par un tassement des scores du FDP et de l’AfD au regard des élections nationales et une redistribution à gauche en faveur du SPD, sous forme de « vote utile ».

Mais pas plus que le Bundestag de Berlin, le Landtag de Hanovre n’a aujourd’hui de majorité politique clairement définie.

Et la coalition « Jamaika » (par association des couleurs des trois partis susceptibles d’y participer, à savoir le noir des Unions chrétiennes, le jaune des libéraux et le vert des Verts) appelée a priori à gouverner n’est pas encore formée.

Cette apesanteur de la vie politique allemande risque fort, soit dit en passant, de compromettre sérieusement les visées européennes du Président de la République française…

 

 

 

 

MACRON TIENT SES PROMESSES : LE BUDGET 2018 EST PARFAITEMENT INEGALITAIRE !

Comme vous n’êtes pas sans savoir que la politique menée par Emmanuel Macron et son Gouvernement n’a jamais éveillé mon enthousiasme pourtant naturel, il vous aurait sûrement paru surprenant que  les annonces relatives à la première loi de finances produite par cette équipe provoquassent en moi la moindre jubilation.

A dire vrai, je dois reconnaître que je me suis surpris à lire ce que contiennent les articles de ce texte, par ailleurs présenté comme
« sincère » par l’aréopage d’experts comptables en finances publiques que constitue le Haut Conseil des Finances Publiques.

Les militants d’En Marche, pour peu qu’il en reste ou que vous en connaissiez autour de vous (n’ayez surtout pas peur d’en photographier quelques uns, puisque leur nombre est appelé à se réduire, à mon humble avis), vous diront qu’au moins, leur Président tient ses engagements et qu’il avait annoncé la couleur pendant la campagne électorale.

Mouais, quoique je pourrais d’entrée faire remarquer que la proposition de suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune avait subtilement disparu des propositions phare des derniers tracts de campagne

Il faut dire qu’il est tout de même difficile de laisser penser qu’un impôt rapportant 5,5 milliards d’euros constituât le moindre obstacle à la réalisation d’investissements en capital dans les entreprises de quelque chose comme 330 000 contribuables dont le patrimoine global dépasse désormais les 1 000 milliards d’euros, c’est à dire plus, faut il le souligner, que les actifs matériels et financiers inscrits au « bilan de l’Etat ».

Une disparition qui, soit dit en passant, avait alors une bonne raison : supprimer l’ISF est une idée qui rencontre, de manière systématique, la plus large désapprobation publique, parce qu’il se trouve que les Françaises et Français ont une conception pour le moins aiguë de l’égalité, l’une des trois valeurs cardinales de notre République.

De ce point de vue, force est de constater que l’égalité est pour le moins malmenée dans la loi de finances 2018.

Outre la disparition de l’ISF et son remplacement par un impôt sur la fortune immobilière qui va faire payer les cadres parisiens devenus propriétaires de leur logement à la fin de leur carrière et épargner les administrateurs de sociétés milliardaires (l’affaire devrait coûter 3,2 Mds d’euros en net pour les comptes publics), voici en effet que se remet en place un magnifique prélèvement forfaitaire libératoire sur les revenus du capital.

Cette mesure va coûter 1,3 Md d’euros, selon les estimations du Ministère des Finances et n’est évidemment intéressante que pour les contribuables dont le taux de prélèvement apparent au titre de l’impôt sur le revenu est supérieur aux 12,8% retenus.

Je vous rassure tout de suite : les contribuables en question sont les 750 000 (environ, soit 2 % des déclarants de l’impôt sur le revenu) dont le revenu dépasse les 100 000 euros annuels…

Les autres n’ont aucun intérêt, a priori, à solliciter ce fameux prélèvement libératoire forfaitaire dont 42,7 % iront au budget de l’Etat et 57,3 % dans celles de la Sécu…

On rappellera ici, pour simple mémoire, que le taux maximum de l’impôt sur le revenu est de 45 %.

Pour ce qui est des ménages, comme on le sait, au milieu d’un tour de passe passe entre CSG et cotisations sociales (ce qui tend à étatiser la Sécurité Sociale, de prime abord), il y a la fameuse baisse de la taxe d’habitation de 3 Mds d’euros pour compenser la différence…

Magique idée sauf que la révision des valeurs locatives cadastrales, serpent de mer dont on parle depuis 1990 et qui permettrait, a priori, de réduire la taxe pesant sur les logements sociaux (surcotés) et d’accroître celle des logements anciens de centre ville (sous cotés) largement améliorés depuis la dernière évaluation (1970), ne fait plus partie de l’ordre du jour…

En clair, plutôt que de réformer une imposition percluse et inadaptée, on préfère l’effacer en l’annonçant à grands coups de trompe.

Ah, au fait, cela fait moins de bruit mais la fiscalité énergétique, largement supportée par les particuliers (notamment les taxes sur l’essence) va progresser de 3,7 Mds d’euros en 2018.

Et comme les crédits de la Mission ministérielle Ecologie, développement et mobilité durables progressent de moins d’un milliard, on peut se demander où sont passés les autres…

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