Élection en Catalogne

MAS QUE MAI O NUNCA MAS ?

Une bonne partie de l’Europe avait, hier, les yeux fixés sur Barcelone et la Plaça Sant Jaume, où se font face à face, depuis un bon bout de temps, le Palau de la Generalitat de Catalunya, c’est à dire le Parlement régional, et l’Ajuntament de Barcelona, Hôtel de ville de la cité comtale, port ouvert sur le monde, peuplé de fous géniaux, de mauvais garçons et de bourgeois avisés en affaires.

Depuis la mort de Franco, la Catalogne, cette région à la fois riche et rétive, qui inspira un certain capitalisme ibérique et généra militants anarchistes et marxistes, peintres audacieux et  chanteurs à la libre parole, poètes chantant les merveilles de la foi (si tant est qu’il y en eût) et architectes s’attaquant aux escaliers du ciel, a recouvré une bonne partie de ses droits antérieurs. Continuer la lecture de Élection en Catalogne

Finances publiques

QUELQUES IDÉES VITE JETÉES

Le Medef se plaint de la baisse de la marge des entreprises….

C’est peut être vrai, sauf que 28 % de 2 000 milliards de PIB, cela fait tout de même 560 milliards d’euros, de quoi faire bien des choses, semble t il…

Il paraît qu’on dépense de trop en France, du côté de l’État, de la Sécurité Sociale, des collectivités locales.

Quelle est la première dépense de l’État ?

L’éducation ? NON. Continuer la lecture de Finances publiques

Politiques budgétaires

Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés (ou presque) !

Ce qu’il y a de surprenant dans les politiques budgétaires qui se mènent en Europe depuis 2008 et ce que l’on appelle « la crise » ( à croire que les millions de chômeurs que les pays d’Europe comptaient avant l’été 2008 vivaient dans un monde sans crise), c’est qu’elles ont toutes, ou à peu près, connu l’échec le plus patent si l’on appréhende les paramètres du redressement économique et de l’amélioration des comptes publics des pays « cobayes »  de ces politiques.

Soyons clairs : la Grèce est certes le berceau de la démocratie moderne (même si cette démocratie là s’accommodait parfois de la grande masse anonyme des esclaves privés du moindre droit), mais elle ne compte que pour 2 % dans la richesse de l’ensemble de l’Union Européenne.

Ce qui nous amène à nous poser la première question : comme le poids de la Grèce est finalement assez secondaire dans l’Union Européenne, comment se fait-il que les « solutions » trouvées pour répondre à sa situation ont été aussi peu opérationnelles jusqu’ici.

Il est acquis que les comptes de la Grèce étaient maquillés aux bons soins des conseillers que le Ministre des Finances de l’époque recrutait auprès de la banque américaine Goldman Sachs dont une bonne part des chargés d’affaires en Europe sont devenus, soit dit en passant, Premiers Ministres ou Ministres des Finances à leur tour…

Il est aussi acquis que le nombre de Grecs, souvent assez riches, vivant à l’étranger (États-Unis, Australie, Suisse et j’en passe), est pratiquement aussi importante que celle des actuels résidents du pays.

On a même eu confirmation que la fraude fiscale était comme une sorte de sport national, d’autant plus pratiqué qu’une évasion fiscale autorisée, réservée entre autres aux familles d’armateurs et aux hiérarques orthodoxes, est inscrite dans le droit fiscal grec.

Un peu comme si, en France, nous décidions que les chefs d’entreprise de tel ou tel secteur (admettons par exemple le cas des responsables de PME innovantes utilisant les technologies nouvelles) ne devaient pas payer d’impôts en récompense d’un hypothétique service rendu à la collectivité.

Ceci dit, depuis le vote du premier plan de sauvetage de la Grèce par l’Europe, avec la participation de ceux qui peuvent y contribuer (France, Allemagne, Pays Bas, etc…)
rien n’a changé fondamentalement.

La Grèce est en récession, durable et profonde et perd peu à peu son rang de vingt septième ou huitième puissance économique mondiale (ce n’était pas si mal que cela, d’être aussi riche en termes de production intérieure que l’Argentine), tout simplement parce que les contreparties de tous les plans européens ont été aux limites de l’inconcevable.

Baisse de la rémunération des fonctionnaires (loin d’être les mieux payés d’Europe pourtant), baisse des salaires, réduction des dépenses publiques (loin d’être les plus élevés d’Europe), chute des prestations sociales et des allocations vieillesse, tout semble avoir été fait en laissant penser que réduire le revenu disponible des ménages pouvait suffire à redresser les comptes publics.

Le hic, c’est que la consommation, en France comme en Grèce, participe des éléments portant à la fois la production intérieure (et donc l’emploi) et la croissance en général.

Alors, toutes ces baisses ont conduit à la hausse continue des déficits publics et donc à solliciter toujours plus des interventions européennes toujours plus contraignantes et accompagnées de nouvelles contreparties, notamment sous forme de hausse de la fiscalité indirecte…

Je me demande toujours pourquoi ces politiques sont menées.

L’expérience de la crise des années 30 nous a montré, pourtant, que seules des politiques de dépense publique expansive (que leur objet ait été ou non  acceptable) ont pu inverser le cours de la crise économique.

Les États-Unis ont du à moult commandes d’État de sortir peu à peu du marasme dans lequel l’effondrement de Wall Street engagé en octobre 1929 l’avait entraîné, et le New Deal n’a jamais été un catalogue de politiques d’austérité !

Et je crois utile de rappeler (même si nous en supportâmes durement les conséquences) que les commandes militaires du régime nazi et la construction des premières autoroutes allemandes furent parmi les éléments de la baisse du chômage Outre Rhin.

Le problème c’est que cela allait de pair avec une politique fondée sur la confrontation militaire à un moment ou à un autre.

Pour l’heure, après avoir transformé la Grèce en premier laboratoire des politiques d’austérité, et avoir répété l’expérience sur l’Espagne, le Portugal l’Irlande ou l’Italie, avec le succès que l’on connaît, voici que les logiques d’austérité priment aussi en France,
en Allemagne et ailleurs.

Le tout est de réduire les déficits publics, en respectant un principe de 3 % de déficit maximal qui, en soi, n’a aucun sens, d’ailleurs.

Si nous avions 5 ou 6 points de croissance, comme certains pays émergents,
les 3 % ne nous dérangeraient pas.
Il est même probable qu’ils seraient atteints sans la moindre difficulté et/ou sans que nous nous en rendions compte.

Mais en phase de croissance zéro et de stagflation* comme aujourd’hui, cela devient insoluble.

Et le pire, c’est qu’avec une politique budgétaire consacrée uniquement à réduire le déficit public sans action sur l’activité économique, nous risquons fort de continuer d’être frappés…

* Situation économique où le ralentissement de la croissance, parfois la  récession, s’accompagne d’une hausse des prix et des salaires.