ÉLECTIONS ITALIENNES : UNE ÉTRANGE PIZZA AUX QUATRE FROMAGES…

Le scrutin italien de ce dernier week end constitue, si l’on en croit certains observateurs, un stupéfiant phénomène qui a d’ailleurs surpris les marchés financiers, particulièrement attentifs à la situation de la République transalpine.

Dans une première série d’approximations de la situation, les sondages « bucca de urne » plaçaient en effet en tête, avec six à huit points d’avance sur l’ancien Premier Ministre Silvio Berlusconi, le candidat de la coalition de centre gauche, Pier Luigi Bersani, « Italia bene comune », tandis que les listes du Movimento Cinque Stelle, initié par le comique Beppe Grillo, ancien partenaire de Coluche dans le film de Dino Risi «  Le Fou de Guerre », étaient annoncées entre 16 et 19 %, marquant une nette différence avec la coalition « Con Monti per l’Italia », située aux alentours de 10 %.

Pour ceux qui l’auraient oublié, on rappellera que Mario Monti était le Premier Ministre sortant, ex distingué doyen de l’Université Bocconi, ex Commissaire européen à la Concurrence et fondateur de l’Institut Brueghel (l’une des boîtes à penser de la technostructure européenne) et que nous sommes bien obligés de penser que le résultat de ses listes lors de ces élections correspond grosso modo à la popularité dont les mesures prises durant son mandat l’ont rendu dépositaire.

Le Varésin a donc vu passer devant lui le comique Gênois, à la tête d’un improbable rassemblement de citoyens manifestement outrés par les mœurs politiques locales, comme il a vu courir loin devant « Il Cavaliere », le Milanais Silvio Berlusconi, qu’on ne présente plus, qui a eu le bonheur de voir son club de football, le Milan AC, battre le FC Barcelone quatre jours avant le scrutin et l’Emilien philosophe Pier Luigi Bersani, candidat du « centre gauche ».

J’avoue que je n’avais jamais vu des sondages « sortie des urnes » s’éloigner autant de la réalité du  vote. Continuer la lecture de ÉLECTIONS ITALIENNES : UNE ÉTRANGE PIZZA AUX QUATRE FROMAGES…

DIDIER MIGAUD EST AU COURANT DE BIEN DES CHOSES…

Avant même que le document concerné ne soit publié, nous connaissons déjà l’un des aspects saillants du rapport de la Cour des Comptes, par une « fuite » parvenue dans la presse.

Cette fuite, disjointe de l’ensemble du rapport qui sera rendu public cette semaine, porte sur la situation d’EDF et des agents de la société nationalisée d’électricité et de sa filiale ErDF, en charge de la relation avec les usagers et d’une bonne partie de l’entretien du réseau.

Peu de temps après avoir dénoncé « le caractère insoutenable de notre système d’assurance chômage » (au plan financier s’entend, puisque, pour la Cour des Comptes, seuls comptent, c’est le cas de le dire, les sommes engagées dans le moindre service public, les hommes paraissant relativement accessoires), la Cour des Comptes met donc en cause la manière dont est gérée EDF, et notamment les avantages statutaires du personnel.

Parmi les points les plus critiques, que la presse écrite comme cybernétique s’est empressée
de relever, figurent notamment la politique salariale d’EDF, et singulièrement le fait que la
progression des salaires serait plus forte chez l’opérateur public d’électricité que dans le
secteur privé en général, mais que cela affecterait notamment la rémunération du PDG
lui même, Henri Proglio.

Il est vrai que la nomination à ce poste de l’intéressé avait tout de même constitué un sujet
de controverses, puisque, dans le même temps qu’il était nommé PDG de notre électricien
national, il était encore Président non exécutif de Veolia, c’est à dire de la Générale des Eaux,
un groupe directement impliqué en matière de production d’énergie par quelques unes de ses filiales.

Un autre point a éveillé l’attention de la Cour des Comptes : le statut des personnels,
notamment les moyens dont disposerait le Comité d’entreprise d’EDF (la fameuse CCAS)
et les avantages accordés au personnel par prise en charge de l’essentiel de la facture
des agents. Continuer la lecture de DIDIER MIGAUD EST AU COURANT DE BIEN DES CHOSES…

MARIAGE POUR TOUS : UN TEXTE POUR FAIRE OUBLIER LES (DES)UNIONS LIBRES

Le moins que l’on puisse dire est que l’examen, par le Parlement, du texte relatif au mariage pour tous, aura occupé le devant de la scène politique française pendant un certain temps.

Alors même que, peu à peu, le sablier des amendements déposés par la droite au Palais Bourbon égrène plus ou moins sereinement ses grains, le moins que l’on puisse dire est que le spectacle aura été total.

Manifestations de rue, les unes regroupant un assortiment hallucinant de « bas bleus », de familles chrétiennes, de cheveux tirant largement sur le blond ou le blanc, de crânes rasés néo fascistes, de pseudo déjantées improvisées chefs de bande et défenderesses incarnées de la vertu et de la morale ; les autres réunissant dans un ensemble aussi baroque homosexuels de toutes chapelles et obédiences, militants politiques de gauche, doux rêveurs (et rêveuses), artistes branchés et syndicalistes enseignants, avec une bonne part de manifestants procédant pour eux mêmes de plusieurs des étiquettes ainsi définies ; montée soudaine d’un discours qu’on aurait pu croire oublié depuis la dépénalisation de l’homosexualité il y a trente ans (tout de même!), avant que ne commence la litanie parlementaire où ne semble briller que l’étonnante culture littéraire et générale de la Garde des Sceaux, citant de mémoire et rectifiant par là même les approximations des opposants le texte de poètes inconnus du grand public…

Pour le reste, concédons le, faire le florilège des déclarations de quelques uns des députés de droite qui se sont efforcés de lutter contre le texte, ou celui de leurs écrits antérieurs sur le sujet reviendrait à ouvrir une sorte de bêtisier, le trait étant souvent forcé par l’épreuve obligée que constitue ce débat.

Qu’il y ait une sorte de caricature à parler de la position des opposants, comme d’ailleurs de souligner certains des arguments des partisans du mariage pour tous est une évidence.

Le fait est que, de toutes manières, pour cette fois, l’engagement pris par François Hollande sera respecté, la loi votée et que nous aurons, ensuite, le droit d’enregistrer chaque année entre deux et neuf mille mariages de couples homosexuels.

Si tant est que l’alternance politique joue à nouveau, par exemple en 2017, je suis presque certain que le texte ne sera pas remis en question et que les journaux ne guetteront plus ensuite que le premier divorce homosexuel, événement statistiquement inévitable au demeurant.

100 % des divorces sont dus au mariage, ne l’oublions jamais. Continuer la lecture de MARIAGE POUR TOUS : UN TEXTE POUR FAIRE OUBLIER LES (DES)UNIONS LIBRES