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MEXIQUE : LA REVANCHE D’EMILIANO ZAPATA (2)

Au moins, quand on convoque 90 millions d’électeurs mexicains pour un scrutin, on ne fait pas les choses à moitié.

Si l’élection présidentielle polarisait l’attention, le corps électoral mexicain était également appelé à renouveler la Chambre des Députés, le Sénat, les postes de Gouverneur de huit entités territoriales mais aussi les équipes municipales.

Lors du précédent scrutin, celui de 2012, le candidat du PRI, Enrique Pena Nieto, l’avait emporté avec 19 226 784 voix , soit 39,09 %, devant AMLO, tenant de 15 896 999 voix, soit 32,40 % et la candidate du PAN, Josefina Vasquez Mota, 12 786 647 voix, soit 26,06 %.

La candidate du PAN, soutenue par le Président sortant (au Mexique, le mandat de Président n’est pas renouvelable) l’avait emporté dans l’Etat de Guanajuato, au centre du pays (capitale Leon), dans l’Etat atlantique de Veracruz et les deux Etats de Tamaulipas et Nuevo Leon, situés au Nord, face aux USA.

AMLO l’avait emporté sur le District Fédéral (Ciudad de Mexico), dans les Etats de Tlaxcala et Morelos (agglomération de la capitale) mais aussi dans les Etats de Puebla, Oaxaca, Guerrero, Tabasco (il est originaire de cet Etat) et Quintana Roo.

Pena Nieto l’avait emporté partout ailleurs et singulièrement dans l’Edomex, le plus peuplé des Etats du pays, constitué par la couronne des banlieues de la capitale.

Comme il avait gagné dans le Jalisco (capitale Guadalajara).

Le résultat de l’élection avait été fortement contesté par AMLO et ses partisans, conduisant à plusieurs semaines de mobilisations et de manifestations, mettant en cause l’indépendance de l’organisme électoral.

Le PRI et ses alliés avaient, par ailleurs, obtenu 241 députés sur 500 et 61 sénateurs sur 128, ces majorités relatives étant de fait renforcées par les 114 députés et 38 sénateurs du PAN.

La coalition de gauche constituée autour d’AMLO avait obtenu 135 députés et 28 sénateurs, issus principalement des Etats et entités où il était arrivé en tête.

Le mode de scrutin au Mexique combine scrutin majoritaire, proportionnelle compensatoire et proportionnelle à visée majoritaire.

C’est-à-dire que sont d’abord élus 300 députés à la majorité simple, selon la formule « first past to post ».

Chaque siège correspond, autant que faire se peut, à la 300e partie du pays en termes de population.

Ensuite, le pays est découpé en cinq grandes circonscriptions élisant 40 députés chacune, élus à la proportionnelle selon les résultats obtenus par tel parti ou telle coalition.

En fait, cette proportionnelle corrige quelque peu la tendance du scrutin majoritaire simple et les 200 sièges sont donc attribués un peu en compensation.

Pour le Sénat, on élit trois sénateurs par entité sur la base de deux sièges pour la liste en tête et le troisième pour la seconde liste.

Puis les trente deux derniers élus le sont sur une liste nationale.

Pour la campagne 2018, après un intermède 2015 qui a renforcé le pouvoir du PRI sur la Chambre des Députés (209 élus), les enquêtes d’opinion ont vite exprimé la montée en puissance de la candidature de la gauche, les chiffres laissant envisager une majorité absolue dès fin avril début mai.

Le scrutin présidentiel a largement confirmé la tendance des sondages.

Après le décompte préliminaire (mode de détermination du résultat fondé sur une estimation formelle des résultats), AMLO était en effet doté de près de 53 % des suffrages, contre 22,5 % pour son adversaire du PAN, Ricardo Anaya Cortes, 16,4 % pour le candidat du PRI, José Antonio Meade Kuribrena et 5,1 % pour Jaime Heliodoro Rodriguez Calderon, candidat indépendant (ex priiste) et jusque là Gouverneur du Nuevo Leon, surnommé « El Bronco ».

Sur la personnalité et les caractères des candidats, on rappellera que Ricardo Anaya Cortes, choisi par le PAN, est un avocat fiscaliste de 39 ans, dont la famille vit aux USA, originaire de Queretaro, la ville du centre du Mexique, capitale de l’Etat homonyme où l’on exécuta, en 1864, l’empereur Maximilien de Habsbourg, installé par Napoléon III.

Parfaitement créole, Ricardo Anaya, ancien Président du PAN, avait le défaut de traîner derrière lui quelques affaires de corruption.

Le candidat du PRI était donc José Antonio Meade Kuribrena, avocat et économiste de 49 ans, formé à l’UNAM (Universidad Nacional Autonoma de Mexico) et à Yale, jusque là Ministre des Finances de Pena Nieto.

Une sorte de « Macron mexicain » puisque l’intéressé n’est pas directement membre du parti jusqu’ici au pouvoir.

Une bonne manière de se dégager de la gangue des affaires de corruption touchant le parti…

Le dépouillement définitif des votes a donné des résultats assez proches.

AMLO est en tête avec 53,2 % des votes et devrait dépasser, avec les derniers bureaux à dépouiller et le vote des Mexicains de l’étranger, les 30 millions de voix.

Avec plus de 25 millions de suffrages, le MORENA est la principale composante du rassemblement ainsi réalisé autour de la candidature d’AMLO.

Anaya Cortes est en deuxième position avec un pourcentage de 22,3 %, et un retard de plus de 17 millions de suffrages sur AMLO.

Au sein de sa coalition, le PAN arrive en tête avec un peu moins de 10 millions de voix, tandis que le PRD rassemble un peu plus d’un million et demi de suffrages, et le Mouvement citoyen un million.

Meade Kuribrena est à 16,4 %.

Le PRI, dans cet ensemble, doit se contenter de 7,6 millions de voix, contre un peu plus d’un million aux Verts et entre 5 et 600 000 pour la Nouvelle Alliance.

C’est un désaveu sans appel pour le parti sortant.

Un regard des résultats par entité territoriale

Le caractère massif de la victoire d’AMLO rejaillit évidemment sur la carte politique du Mexique.

Si on prend la circonscription 1 (Nord Ouest), AMLO obtient 63,9 % en Basse Californie (Tijuana, Mexicali) en l’emportant dans les sept districts ; il fait 64 % en Basse Californie du Sud, gagnant dans les deux districts.

Il obtient 59,7 % dans le Sonora (Hermosillo), faisant le grand chelem dans les sept districts.

Il se retrouve à 64,4 % dans le Sinaloa (Mazatlan), faisant là encore le grand chelem sur les sept districts.

Il emporte l’Etat de Chihuahua avec 43,5 % en arrivant en tête dans sept des neuf districts, le 6 (Chihuahua) allant au PAN et le 9 (Hidalgo del Parral) au PRI.

Dans l’Etat de Durango, AMLO obtient 46,4 % des votes et la première place dans les quatre districts.

Dans le petit Etat de Nayarit, AMLO réalise 65,1 % et l’emporte dans les trois districts (69,8 % dans le district 2).

Enfin, dans le Jalisco, principal Etat de la circonscription, AMLO se retrouve premier avec 41,7 % des suffrages, contre 33,7 % pour Anaya Cortes.

Pour autant, il est aussi premier dans seize districts contre quatre pour le candidat du PAN.

Dans la circonscription 2 (Nord Est), AMLO l’emporte dans l’Etat de Coahuila de Zaragoza avec 44,4 % et le vote favorable des sept districts.

Dans le Nuevo Leon, Etat du candidat indépendant Rodriguez Calderon, AMLO est de peu en tête avec 34,3 % contre 32,2 % pour Anaya Cortes, 16,5 % pour Rodriguez Calderon et 14,5 % pour Meade Kuribrena.

AMLO est premier dans huit districts, Anaya dans les quatre autres et notamment sur Monterrey, la capitale de l’Etat.

Dans le Zacatecas, 48 % des votes pour AMLO qui décroche les quatre districts.

Dans le Tamaulipas, proche de la frontière US, 48 % également avec la majorité dans huit districts sur neuf, le district 6 restant au PAN.

Dans l’Etat de San Luis Potosi, 41,9 % et cinq districts sur six.

Seul le district 5 (partie de San Luis Potosi) reste au PAN pour …423 voix.

Sur Aguascalientes, AMLO est également en tête avec 39,6 % et deux districts sur trois, le dernier allant au PAN.

Le petit Etat de Queretaro donne 41,4 % pour AMLO et quatre districts sur cinq, le dernier allant au PAN là encore.

Reste le Guanajuato, seul Etat du pays à placer en tête Anaya Cortes.

Il y obtient 40,5 % des voix, assez loin devant AMLO et ses 30,3 %.

Anaya Cortes l’emporte dans onze des quinze districts, les victoires d’AMLO étant de fait plus chiches, avec notamment une courte avance de 129 voix dans le district 15 (Irapuato).

On le voit, cette circonscription Nord Est n’est pas la plus favorable pour le candidat de la gauche.

Nous allons voir ce qu’il en est ailleurs…

 

MEXIQUE : LA REVANCHE D’EMILIANO ZAPATA ? (1)

En 1911, le Mexique, alors pays essentiellement rural, désertique, montagneux et tropical, peuplé d’environ 15 millions d’habitants, encore sous le coup de la longue dictature de Porfirio Diaz, mena l’une des premières grandes révolutions du XXe siècle, avant la Chine et la Russie, une Révolution qui nous a laissé quelques chansons au rythme très allant et de solides leçons sur le processus révolutionnaire et ses aboutissants.

Les six années pendant lesquels le pays de l’Aigle fut traversé par les combats révolutionnaires virent l’alliance du petit peuple paysan et des couches urbaines intellectuelles (qui ne comptaient pas d’effectifs considérables) face aux tenants de la dictature, souvent issus de l’armée, soutenus par une Eglise catholique en retard de quelques décennies et bien évidemment souvent d’origine créole, dans un pays comptant des millions de métis d’Indiens.

La défaite des porfiristes et de leurs continuateurs (Huerta) ne priva cependant pas la Révolution mexicaine d’être trahie par une partie de ses tenants, les élites engagées de ce côté finissant par se débarrasser des chefs issus de la paysannerie et du petit peuple (Zapata, Villa).

Dans cette période mouvementée, le Mexique connut l’assassinat de son premier Président Venustiano Carranza en 1920, avant que les mandats d’Alvaro Obregon (qui avait combattu Diaz et Huerta avant de se retourner contre Villa et Zapata) et Plutarco Elias Calles ne « stabilisent » un pays où l’on passera plusieurs décennies à affirmer l’idéal révolutionnaire sans le traduire dans la réalité du vécu des Mexicains.

Calles créera même un parti politique, le Parti National Révolutionnaire, tout à la fois nationaliste, porteur des idéaux de la Révolution (et notamment de la réforme agraire), anticlérical et organisation politique structurée au niveau national pour contrôler la vie sociale, économique et politique du pays.

En 1946, ce Parti deviendra le Parti Révolutionnaire Institutionnel ( !), exerçant la prédominance sur l’appareil d’Etat jusqu’en …2000 sans interruption.

Une seule période d’exception figure dans ce règne du PRI et de ses prémices de 1925 à 2000, c’est le mandat de Lazaro Cardenas, entre 1934 et 1940, marqué entre autres par la nationalisation du pétrole, l’accélération sensible de la réforme agraire, le soutien ouvert à la République espagnole en guerre avec les franquistes et une inflexion socialiste de l’ensemble des politiques publiques.

Originaire du Michoacan, un des Etats du Centre Sud du pays, très « indianiste », Lazaro Cardenas s’avéra toujours sensible à la condition paysanne, à l’inverse d’une bonne part de ses prédécesseurs, originaires du Nord (Obregon, Calles) et de familles plus aisées…

Le PRI, membre de l’Internationale Socialiste, connut une lente mais sûre évolution l’amenant à devenir un parti au mieux social démocrate, mais en fait d’essence libérale, soutien des milieux d’affaires, de la bourgeoisie urbaine et du caciquisme dans les régions rurales.

Il disposait d’une opposition officielle, si l’on peut dire, avec le Parti d’action nationale (PAN), parti ancré à droite et au centre droit, conservateur au plan moral et proche d’une démocratie chrétienne de bon aloi…

La lente mais sûre évolution du PRI vers le libéralisme a provoqué, entre autres, une scission à gauche, donnant naissance, au tournant des années 90, au Parti de la Révolution Démocratique (PRD) qui a présenté à l’élection présidentielle d’abord Cuauhtemoc Cardenas, fils de l’ancien Président, aujourd’hui âgé de 84 ans, puis, à deux reprises et sans succès, Andres Manuel Lopez Obrador, 65 ans, ancien maire de Mexico, mais vainqueur du scrutin 2018.

AMLO a, pour ce faire, construit un nouveau parti politique disposant de nouveaux alliés.

Il s’agit du MOuvement de REgénération NAtionale (MORENA), point de rassemblement de militants issus du PRD, des mouvements sociaux, des associations paysannes, du mouvement syndical et dont le nom est un jeu de mots en langue castillane désignant « La Brune », c’est-à-dire la femme du peuple par excellence…

AMLO a passé alliance avec un parti de gauche de moindre importance, allié jusqu’alors du PRD, le Parti du Travail (PT) et avec le parti « Encuentro Social », d’inspiration évangéliste et disposant d’une certaine aura dans les populations indiennes.

Certains ont d’ailleurs glosé sur le fait que le PES était plutôt un parti conservateur…

Deux autres alliances se sont constituées face à celle conduite par la MORENA.

L’une a rassemblé le PAN, ce qui pouvait rester du PRD et un autre parti progressiste et social libéral, le Mouvement Citoyen (ex Convergence).

L’autre, autour du PRI qui avait emporté le dernier scrutin présidentiel avec Enrique Pena Nieto, rassemblait donc le PRI, les Verts mexicains (qui sont plutôt d’obédience centriste, par comparaison avec leurs homologues européens) et le parti Nouvelle Alliance, issu du syndicalisme enseignant à l’origine et d’essence sociale libérale.

L’enjeu de l’élection, marquée comme d’habitude par des incidents très sérieux (on a compté plusieurs dizaines de morts durant la campagne électorale, on a dérobé des urnes, des listes électorales et des paquets de bulletins de vote, etc…), était de savoir si le pouvoir, fort corrompu, du PRI allait pouvoir se sortir des nombreux scandales, parfois liés au narcotrafic, qui marquent le pays.

Le taux de criminalité, particulièrement élevé dans le pays, la situation économique et sociale générale (bien que le Mexique apparaisse en 15e position au plan mondial en termes de production intérieure brute) étaient autant d’enjeux d’importance.

D’autant que l’élection de Donald Trump aux USA et la perspective, malgré l’Accord de Libre Echange d’Amérique du Nord (NAFTA en version originale), de la réalisation du « mur » anti immigration clandestine le long de la frontière USA / Mexique avaient tendu également le contexte.

LA NOUVELLE REVOLUTION IRLANDAISE

Elle s’appelle Mary, Molly ou encore Maureen.

Peut être que ses parents lui ont donné le prénom de Sinead, en hommage à la chanteuse connue pour ses prises de position audacieuses à l’endroit d’une religion catholique dont elle fut une forme de victime expiatoire…

Depuis ce 25 mai, elle a acquis la liberté de disposer d’elle même et de son corps, ce qui lui était interdit depuis l’inscription dans la constitution irlandaise d’une criminalisation de l’avortement.

Le vote des Irlandaises et des Irlandais a été massif (la participation, au dessus de 64% s’avérant très proche de celle constatée lors des dernières élections législatives de 2016 où elle était de 65%) et le OUI à l’abrogation du huitième amendement à la Constitution a obtenu un pourcentage clair et net de 66,4 %.

En principe, toutes les forces politiques du pays étaient favorables au OUI mais il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre de parlementaires, issus notamment du Fianna Fail (le parti historique de la République, parti plutôt conservateur rattaché aujourd’hui à l’Alliance des Libéraux et démocrates européens), étaient partisans du NON et se retrouvent largement désavoués.

39 des 40 circonscriptions électorales du pays (le pays désigne, dans le cadre d’un scrutin alliant vote proportionnel et scrutin préférentiel, 158 députés dans le cadre de circonscriptions plurinominales) ont accordé la majorité au OUI.

Seule la circonscription du Donegal, située tout au Nord de la  République, à la frontière avec la colonie britannique d’Irlande du Nord, a accordé la majorité au NON.

Le Donegal appartient à la partie de la province d’Ulster située en République.

Avec les deux comtés de Cavan et Monaghan, l’Ulster a accordé finalement 64 674 voix au OUI, contre 60 880 au NON, soit une majorité de OUI à 51,5 %.

La province du Connacht, située au Nord Ouest du pays, a marqué une préférence plus marquée par le OUI.

Le OUI y recueille en effet 183 983 votes, quand le NON doit se contenter de 113 178 votes.

Soit un pourcentage de OUI de 61,6 %; porté notamment par les 66 % observés sur la circonscription de Galway West.

Une circonscription où le député le mieux élu était pourtant un partisan du NON…

Dans la province de Munster, bien connue par les amateurs de rugby, qui comprend entre autres les villes de Cork, Limerick ou Tipperary, aucune hésitation sur le OUI.

Le OUI y obtient 381 323 suffrages, quand le NON doit se contenter de 242 484 votes.

Soit un pourcentage net de 61,1 %, porté par les votes urbains  (près de 69 % sur Cork Centre Sud, 67 % à Limerick Ville), très proche donc de la « performance » du Connacht.

Dans la province du Leinster, nous distinguerons le vote de l’agglomération dublinoise en tant que telle et celui des autres circonscriptions, banlieues ou villégiatures plus ou moins éloignées de la capitale irlandaise.

Commençons par cet ensemble qui vote massivement poure le OUI avec 400 486 voix contre 200 268 votes pour le NON, soit une majorité de 66,6 %.

Enfin, la capitale s’est distinguée par un vote massif en faveur du OUI, atteignant un niveau très élevé.

Le OUI a réuni 433 245 votes, quand le NON a du se contenter du soutien de 141 564 suffrages, soit 75,4 % de OUI.

S’il existe donc une différence entre Irlande urbaine et Irlande rurale, il n’en demeure pas moins que le OUI est majoritaire dans toutes les provinces, même celles où les partisans du NON disposent d’une certaine audience.

Ceci dit, quand on replace ce vote dans l’évolution politique générale du pays, longtemps assimilé à une nation conservatrice fortement imprégnée de religion avec un système électoral fermé entre deux partis sans grande différence, on se dit que le résultat du scrutin est conforme au mouvement tendanciel…

L’Irlande a subi, en 2008, lors de la crise financière internationale, une récession quasi inégalée en Europe.

Une crise qui a bousculé les rapports de forces politiques, remis en question bien des certitudes et favorisé notamment l’émergence d’une véritable  politique de gauche, structurée autour d’un Sinn Fein influent dans les deux parties de l’Irlande, mais aussi par le mouvement « Le Peuple avant les profits » et, dans une moindre mesure, par un Parti travailliste en perte de vitesse.

Cette situation a renforcé l’audience d’idées différentes de celles portées entre autres par l’Eglise catholique et sans doute permis de créer les conditions du résultat constaté ce 25 mai.

En Irlande, cette nouvelle révolution, moins sanglante que la Pâques 1916, est une date qui marquera.