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MALAISE DANS LA FONCTION PUBLIQUE ? SUIVEZ LA METHODE DU PROFESSEUR NOUGEIN

A part pour les habitants du pays de Brive dont il fut un temps conseiller général, Claude Nougein n’est pas franchement le plus connu des hommes politiques de notre pays.

Il faut dire qu’avant d’être Sénateur de la Corrèze (tout de même), il a d’abord fait carrière dans la grande distribution en exploitant un temps une mini chaîne de magasins sous l’enseigne TopCo, avant de les revendre pour s’associer avec Casino dans une structure dirigeant plus de trente surfaces de vente à l’enseigne Leader Price.

Claude Nougein dirigeait ainsi une holding dont il détenait 51 % des parts pour la gestion de vingt quatre unités en accord avec le groupe de distribution stéphanois, tandis qu’il en tenait douze autres par le biais d’une  filiale de sa holding familiale.

Un beau jour de 2015, il a décidé de tout revendre à Casino, pour se positionner sur l’immobilier commercial (la possession des murs est souvent plus rentable que l’exploitation des fonds), l’hôtellerie sur Paris en version quatre étoiles bien situé et la vigne en Champagne.

Les qualités de Claude Nougein ont été reconnues par ses pairs : très lié à Bernadette Chirac, il fait partie, depuis plusieurs années, de l’assemblée permanente de la Fédération du Commerce et de la Distribution.

Je ne sais si le dis compte mène à tout mais toujours est il que Claude Nougein, en déposant sa déclaration d’intérêts à la Haute Autorité de Transparence de la Vie Publique, a indiqué avoir gagné, la dernière année  avant que d’être élu, plus de 100 000 euros au titre de ses salaires (il convient de payer la Sécurité sociale) et quelques dividendes.

 Enfin, quelques…

Claude Nougein dispose en effet d’actions de son entreprise pour plus de 9,5 millions d’euros, dont il a conservé l’usufruit pour une partie (un peu d’optimisation fiscale ne fait jamais de mal) et la pleine propriété pour les autres, actions qui lui ont apporté rien moins qu’un peu plus de 895 000 euros de dividendes…

Membre de la délégation sénatoriale aux entreprises, Claude Nougein est également rattaché au groupe Les Républicains et participe aux travaux de la commission des finances.

Il y est même rapporteur des crédits de la Fonction Publique.

Et, alors que le débat budgétaire au Sénat suit son train train habituel (comme disait Edgar Faure « Liturgie, litanies, léthargie »), Claude Nougein vient d’apporter sa pierre au douloureux problème du mal être des agents du secteur public, pointé notamment par la progression du  nombre et de la durée des arrêts de travail.

Car, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais, que ce soit dans le secteur privé comme dans le secteur public, il y a de plus en plus de signes de la rupture entre le milieu de l’entreprise et les travailleurs eux mêmes.

Hausse du nombre des arrêts de travail, fréquence de plus en plus insistante des processus de rupture conventionnelle des contrats de travail (le licenciement par consentement mutuel, si l’on peut dire), au point que l’une des ordonnances de la réforme Macron Pénicaud a même inventé la rupture conventionnelle collective (!), tout manifeste des signes marquants de crise latente du monde du travail.

Il n’y a que les esprits aveuglés par le discours lénifiant sur la
« magnifique aventure de l’entreprise », sur l’audace des chefs d’entreprise créateurs de richesses et d’emplois (ah bon .?) pour penser que tout va au mieux dans le monde du travail…

Dans le secteur privé, cela fait plusieurs années, depuis 2010, que le gel du point d’indice est appliqué au traitement des fonctionnaires.

Paradoxe cette année : comme l’administration fiscale doit se renforcer encore pour lutter contre la fraude et l’évasion, un sénateur socialiste (Thierry Carcenac) se voit contraint de déposer deux amendements pour recruter des informaticiens formés à la gestion du big data et capables de décoder les algorithmes de la haute finance, quitte à prévoir de les payer de manière plus substantielle que leurs collègues.

Bref, les agents du secteur public, tour à tour vilipendés ou félicités (quand il y a une catastrophe naturelle par exemple et qu’ils agissent dans l’intérêt général), connaissent depuis sept ans une détérioration de leur situation sociale et salariale.

Claude Nougein, lui, trouve qu’ils ne travaillent pas assez…

Se fondant sur l’idée que dans le privé, on travaille 37 heures 30 en moyenne, il préconise que le temps de travail des agents publics soit porté à ce niveau, ce qui permettrait, selon lui, une économie de 2,2 Mds d’euros sur les dépenses de personnel de l’Etat…

Car il est évidemment hors de question que le traitement soit augmenté…

La très mauvaise règle de trois de Claude Nougein ( dépenses de personnel /35 heures = dépenses de personnel / 37 heures 30) est un calcul qui oublie juste comment fonctionne justement la fonction publique dont on rappellera ici, pour au moins rafraîchir la mémoire de l’intéressé, qu’elle est, s’agissant de l’Etat, au moins composée pour moitié d’enseignants intervenant devant une classe…

Elle traduit donc une méconnaissance profonde du secteur public qui ne fait pas honneur à la fonction sénatoriale.

Pour faire bonne mesure, Claude Nougein propose également de retenir dans le budget les conséquences du retour au jour de carence   pour les arrêts maladie des agents du secteur public.

Pour une « économie «  de 2,2 Mds dans un cas et de 216 millions dans l’autre.

Sauf que c’est techniquement infaisable, comme nous l’avons dit.

Mais cela traduit surtout une véritable haine à l’endroit des agents du secteur public, haine née de l’ignorance que je ne comprends pas.

ART : ABU DHABI : LE PETIT ROI EST NU…

Comme nous ne saurions l’ignorer, une sorte d’annexe du Musée du Louvre vient d’ouvrir sur les rivages du Golfe Persique du côté de l’émirat d’Abu Dhabi, l’un des sept micro Etats composant la fédération des Emirats Arabes Unis avec Dubai, bien connue pour ses îles artificielles, ses palaces de luxe, son paradis fiscal et cinq autres petits émirats (Ajman, Fujairah, Oum Al Khaiwan, Ras Al Khaimah et Charjah) dont la particularité fut, dans les années 70, de se spécialiser dans la philatélie bon marché.

Ne nous y trompons cependant pas. Continuer la lecture de ART : ABU DHABI : LE PETIT ROI EST NU…