Archives de catégorie : États-unis

LES GRENOUILLES ET LA GRUE…fin

Maintenant que Donald Trump a été officiellement désigné Président des Etats Unis par le collège électoral, en recueillant 304 des 538 suffrages (alors qu’il en attendait 306), il nous faut revenir rapidement sur la situation politique ainsi créée.

En effet, Hillary Clinton a, de manière assez nette, remporté le vote au suffrage populaire, les derniers chiffres étant en effet les suivants : Hillary Clinton 65 844 610 voix, soit 48,05 % des votes ;
Donald Trump 62 979 636 voix, soit 45,96 %.

Il y a donc près de trois millions de voix d’écart entre les deux candidats, le vainqueur étant en dernière instance celui qui a le moins de suffrages.

Ceci dit, l’élection a été en partie biaisée par les votes portés sur le candidat libertarien Gary Johnson, pourvu de de 4 488 912 voix (3,28%), ce dernier obtenant dans nombre d’Etats une influence supérieure à l’écart observé entre les deux principaux concurrents.

Son orientation plutôt à droite a même peut être privé Donald Trump du succès dans certains Etats où Hillary Clinton l’a emporté sans disposer de la majorité absolue (Nevada, Colorado, New Mexico, Minnesota, Maine ou encore New Hampshire).

Mais la raison profonde de l’échec d’Hillary Clinton, même si nous avons largement commenté ses aspects, tient sans doute à la forte concentration de son électorat dans les fiefs traditionnels du parti démocrate (Côte Ouest, New York, Illinois, par exemple).

Au terme du dépouillement, la Californie donne par exemple une avance de 4 269 978 voix à Hillary Clinton, pour lui apporter 55 grands électeurs.

Alors que la perte du Michigan, de l’Ohio, de la Pennsylvanie et du Wisconsin apporte 64 mandats à Donald Trump avec un avantage cumulé de 485 585 voix…

Ce qui donne, sur le coup, un raccourci saisissant de ce que provoque comme distorsion le mode de scrutin propre aux élections américaines.

A ce stade, je ne peux évidemment que livrer à votre réflexion la texte de la fable de La Fontaine qui a servi de titre à cette chronique, surtout depuis que la composition de l’équipe Trump a montré à quel point le candidat affiché « anti système » en était, à sa manière, une des plus parfaites illustrations.

Les grenouilles se lassant
De l’état démocratique,
Par leurs clameurs firent tant
Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique.
Il leur tomba du ciel un roi tout pacifique :
Ce roi fit toutefois un tel bruit en tombant,
Que la gent marécageuse,
Gent fort sotte et fort peureuse,
S’alla cacher sous les eaux,
Dans les joncs, les roseaux,
Dans les trous du marécage,
Sans oser de longtemps regarder au visage
Celui qu’elles croyaient être un géant nouveau.
Or c’était un soliveau,
De qui la gravité fit peur à la première
Qui, de le voir s’aventurant,
Osa bien quitter sa tanière.
Elle approcha, mais en tremblant ;
Une autre la suivit, une autre en fit autant :
Il en vint une fourmilière ;
Et leur troupe à la fin se rendit familière
Jusqu’à sauter sur l’épaule du roi.
Le bon sire le souffre et se tient toujours coi.
Jupin en a bientôt la cervelle rompue :
« Donnez-nous, dit ce peuple, un roi qui se remue. »
Le monarque des dieux leur envoie une grue,
Qui les croque, qui les tue,
Qui les gobe à son plaisir ;
Et grenouilles de se plaindre.
Et Jupin de leur dire :« Eh quoi ? votre désir
A ses lois croit-il nous astreindre ?
Vous avez dû premièrement
Garder votre gouvernement ;
Mais, ne l’ayant pas fait, il vous devait suffire
Que votre premier roi fut débonnaire et doux
De celui-ci contentez-vous,
De peur d’en rencontrer un pire.»

LES GRENOUILLES ET LA GRUE

trump_politiquefictionIl est Blanc et marié.

Il a environ cinquante ans, habite dans une banlieue résidentielle s’il n’a même pas choisi de vivre à la campagne.

Il n’a pas fait beaucoup d’études (ce n’était pas pour lui) mais, parce qu’il a le sentiment d’avoir travaillé dur, il gagne tout de même correctement sa vie.

Il ne comprend d’ailleurs pas ceux qui, Noirs, métis, Latinos ou à peine arrivés dans le pays, jouissent de droits sociaux et touchent des allocations sans rien faire de plus que de les attendre.

Pour qu’il comprenne, peut être faudrait il qu’il regarde autre chose à la télévision que les courses d’Indy Car, les actualités de Fox News et les concerts de country bluegrass…

Comme il est croyant, il va toutes les semaines à l’office écouter le prêche du pasteur, et il retrouve ses semblables pour boire une bière ensuite…

Et parler du monde tel qu’il devient et qui n’est plus celui de leur jeunesse.

Leur plus grande crainte ? Ces immigrés qu’ils ne comprennent pas, sans parler du terrorisme.

Ils n’ont jamais vécu à New York mais le 11 septembre est encore dans leurs mémoires.

Vous l’avez reconnu ?
Continuer la lecture de LES GRENOUILLES ET LA GRUE