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MESSAGE PERSONNEL : LE YAOURT EST TOUJOURS ONCTUEUX

NOUS NOUS ENGAGEONS À OEUVRER POUR LA SANTÉ ET LE BIEN-ÊTRE

Nous nous tenons aux côtés de nos collaborateurs et de nos consommateurs, en encourageant l’adoption d’une alimentation et de modes de vie capables de leur apporter santé et bien-être.

EN DONNANT CONSTAMMENT LE MEILLEUR DE NOUS

Nous répondons avec fierté de chacun de nos produits et services, et nous nous portons garants de leur qualité et de leur intégrité, quels que soient le choix du consommateur et la provenance du produit ou du service.

POUR CHAQUE INDIVIDU, À TOUT ÂGE, AVEC PLAISIR

À travers notre gamme de produits et services, nous nous engageons à répondre aux besoins et désirs de chaque personne à chaque moment clé de la vie, en encourageant l’adoption de modes d’alimentation équilibrés ou en proposant des bénéfices santé spécifiques.

POUR VOTRE FOYER, ET SEULEMENT LE VÔTRE

Nous défendons le principe que chaque culture a le droit de préserver sa propre manière de se nourrir et de concevoir le bien-être, en offrant des produits inspirés et développés à partir de besoins locaux.

POUR NOTRE PLANÈTE ET SON PATRIMOINE VIVANT

Nous nous engageons ensemble à préserver une planète saine et consacrerons toute notre énergie à protéger la richesse de la vie et la diversité de la nature sous toutes ses formes et dans tous ses écosystèmes.

POUR CE QUI EST INVENTÉ ET CE QU’IL RESTE À INVENTER

Nous respectons constamment notre obligation de préparer le futur à travers des solutions nouvelles et durables d’alimentation saine et d’accès à l’eau potable pour le plus grand nombre, tout en créant des liens avec les communautés et les parties prenantes. Nous restons à l’avant-garde de ce mouvement.

Ces quelques lignes sont issues du Manifesto, sorte de déclaration de principe du Groupe Danone dont on en vient à se demander, à la lumière de l’activité récente, s’il s’agit encore d’une entreprise dont la raison d’être serait de réaliser des profits…

Voici cependant qu’un quotidien d’opinion, centenaire et apparemment toujours vivace, vient de nous indiquer que l’excellentissime Ministre du Travail du Gouvernement Macron – Philippe, ancienne Directrice générale des Ressources Humaines jusqu’au 1er janvier 2014, Muriel Pénicaud, a réalisé une opération sur son compte personnel d’options d’achat d’actions (en anglais stock options) peu de temps après l’annonce d’un plan social touchant 900 emplois dans le groupe.

Une goutte d’eau (minérale) dans un groupe qui ne compte pas moins de 100 000 salariés (dont seulement 8 000 en France, pays qui fut pourtant sa base historique) et qui vient de réaliser, pour la modique somme de 11,3 Mds de dollars (même avec un billet vert en perte de vitesse face à l’euro, cela pèse lourd face aux  22 ou 23 Mds d’euros de CA annuel du groupe Danone) le groupe nord américain White Wave, leader dans les produits laitiers non
animaux ?

Manque de bol (alimentaire), la confusion des dates est pour le moins regrettable !

Il suffit pour cela de lire les éléments fournis par ce que l’on appelle les « documents de référence », publications annuelles destinées à la Bourse et aux investisseurs, tout en remplissant les conditions légales de publicité des comptes sociaux des sociétés anonymes…

Chacun aura pu noter que Danone a choisi, un temps, de se donner comme nom générique celle de ses marques qui jouissait de la plus grande notoriété.

Car au début, le groupe de la famille Riboud se nommait BSN Gervais Danone pour Boussois Souchon Neuvesel Gervais Danone.

Boussois est une petite commune industrielle du Nord dont l’activité principale est la fabrication de verre plat et Souchon Neuvesel désignait une brasserie givordine qui recherchait de quoi fabriquer des bouteilles…

A compter des années 70, Antoine Riboud, patron de BSN, fait alliance avec le groupe Gervais, spécialisé dans les produits laitiers, alliance si l’on peut dire « du contenant et du contenu ».

Le groupe ne cessa de se développer en externe, acquérant peu à peu des positions fortes dans l’ensemble de l’agroalimentaire (des marques comme Petitjean, Panzani, Miliat Frères en ont fait partie) jusqu’à faire main basse sur un grand nombre d’étiquettes prestigieuses, des eaux minérales aux pâtisseries emballées en passant par les plats cuisinés, les bières et la confiserie…

On se souvient qu’en 2002, un plan social avait frappé la branche « biscuiterie » du groupe (notamment la marque LU), secteur totalement cédé alors à l américain Nabisco.

Le groupe s’est recentré sur quatre métiers : produits laitiers, eaux minérales, nutrition infantile et nutrition médicale (les deux derniers secteurs étant porteurs par principe d’une valeur ajoutée plus élevée).

Danone, c’est un nombre de marques et de références significatif, avec à la clé quelques budgets publicitaires.

On trouve en effet, dans le catalogue, des marques comme Badoit, Evian, Blédina, Taillefine, Gervais, La Salvetat, Volvic, entre autres…

Retour au 19 février 2013.

Ce jour là, Muriel Pénicaud, DGRH, annonce au comité central d’entreprise un plan social tendant, sous forme de départs volontaires pour la plus grande part, à supprimer 900 emplois, singulièrement dans les fonctions managériales et administratives du groupe, comme pour réduire les coûts de fonctionnement du siège et des établissements européens.

Le même jour, Jacques Vincent, l’un des membres du comité exécutif du Groupe, réalise une levée d’options d’achat pour 140 980 titres, antérieurement acquis au prix unitaire de 46,92 euros et les revend immédiatement pour le prix de 52 euros, dégageant une modeste plus value de 716 178,84 euros.

Une misère…

Mais une bonne manière de compléter la retraite chapeau que le groupe a décidé de lui verser pour la modique somme de 880 000 euros…

Passé le 19 février, et alors que les organisations syndicales emmènent la Direction au tribunal, les opérations se multiplient.

Le 8 mars 2013, peut être pour offrir des roses aux femmes de Danone, le Mexicain Francisco Camacho, membre du comité exécutif et directeur de la division Eaux, fait une opération de levée d’options revente sur 5 512 actions, se mettant de côté une plus value de 108 228,12 euros.

A la même période de l’année 2012, le même avait réalisé une opération du même type portant sur 11 872 actions, lui permettant de tirer parti d’une plus value de 229 789,68 euros, en récompense d’avoir conservé ses titres durant cinq ans…

En 2012, Francisco Camacho fut assez nettement imité par l’Espâgnol et Directeur du pôle Nourriture infantile, Felix Martin Garcia qui, en trois opér       ations,  s’était dessaisi de 20 940 euros, moyennant un gain net de 373 328,25 euros.

En 2013, les affaires continuent.

C’est Antoine Riboud qui lève quelques options le 13 mars 2013 en se rendant propriétaire de 212 000 titres.

L’affaire coûte plus de 7,5 millions et on peut se demander comment l’intéressé peut opérer, mais il convient de se souvenir qu’Antoine Riboud, Président du groupe, disposait en 2012 d’une rémunération fixe de 1 050 000 euros et a bénéficié, par décision du conseil d’administration du 18 février 2013 , de l’attribution d’éléments de rémunération variable (en globish « group performance units) de 1,5 million d’euros en 2010 et 2011 et de …seulement 817 500 euros en 2012.

Pour faire bonne mesure, Antoine Riboud s’est également fait attribuer des « global performance shares », c’est à dire des actions gratuites pour la modique « juste valeur » de 2 197 985 euros à la date d’attribution, soit 40,33 euros pour chacune des 54 500 titres concernés.

Ces actions sont devenues, ce 27 juillet 2017, disponibles à la vente, alors même que le titre Danone a clôturé à 64,75 euros.

Soit une plus value potentielle de 24,42 euros par titre ou de 1 330 890 euros pour le lot des GPS.

A noter que, dès le 19 mars 2013, pour marquer sans doute la fin de la Guerre d’Algérie, Antoine Riboud a revendu 19 000 titres, en tirant rien moins que 1 045 9148,10 euros, avec 19,62 euros de plus value unitaire.

Et cela continue encore et encore.

Le 22 mars, le Directeur Suisse du Pôle des produits laitiers Thomas Kunz fait une opération levée d’options / cession qui lui donne près de 820 000 euros de plus value et réalise une seconde opération du même type qui ne lui rapporte « que » 440 000 euros de plus value complémentaire.

Sans doute de quoi faire son beurre et pas de quoi en faire un fromage…

Arrive donc notre 30 avril 2013 où, n’ayant plus d’argent en poche pour se payer un brin de muguet, Muriel Pénicaud décide de se départir de 52 220 des 55 120 actions acquises par levée d’options.

Prix d’achat 34,85 euros ; prix de cession : 58,41 euros, soit une plus value de 1 129 034,54 euros.

De quoi arrondir la fin de mois.

Les 2 900 actions restantes valent, pour leur part, 169 389 euros, soit juste une poire pour la soif.

Dans ce mouvement du 30 avril, Muriel Pénicaud est accompagnée par Bernard Hours, directeur général délégué appointé 681 500 euros par an, qui réalise ce même jour une opération de 645 000 euros de plus value, après un gain de 276 220 euros le 20 mars précédent…

Sérieusement, qui peut croire que de telles pratiques n’aient rien à voir avec l’utilisation d’informations prioritaires ?

PLACE AUX JEUNES : OU QUAND LE JEUNISME RENCONTRE SES LIMITES

Il n’aura sans doute échappé à personne que l’un des arguments les plus usités pour défendre la candidature d’Emmanuel Macron (dont la campagne semble d’ailleurs marquer quelques limites, l’intéressé ayant annulé son pélerinage chez Rimbaud) est celui de la jeunesse du candidat, qui serait, en cas d’élection, le Premier à fêter ses quarante ans à l’Elysée en décembre prochain.

« je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées /la valeur n’attend pas le nombre des années » fait dire Corneille à Rodrigue dans le Cid, cette adaptation d’un vieux mythe castillan et nul doute que les cours de théâtre de Brigitte Trogneux devenue depuis Macron ont du comprendre quelques scènes de ce texte classique.

Ceci posé, l’un de nos poètes du siècle dernier, l’excellent Georges Brassens nous rappelle pour sa part que «  le temps ne fait rien à l’affaire / quand on est C… »…

Et le fait est qu’Emmanuel Macron, s’il nous révèle une fois encore que la vieillesse est parfois un naufrage (il suffit de regarder ses soutiens), fait parfois preuve d’une ingénuité (feinte?) qui dessert sa propre cause.

Oser, moins d’un an après le vote de la loi El Khomri (qui fait de coûter cher à l’intéressée dans son aventure électorale du côté de Clignancourt), proposer une réforme du droit du travail par … ordonnances relève en effet de l’inexpérience (au mieux) ou de la provocation (au pire).

Dire gentiment aux fonctionnaires, comme je viens de le lire, qu’élire le jeune ex Ministre de l’Economie conduirait à la suppression de
120 000 postes de travail dans le secteur public (et nous avons cru comprendre que c’est le secteur public local qui serait invité, y compris par la contrainte, qui semble être une marque de fabrique du macronisme, à réduire le plus ses effectifs), mais aussi à rétablir le jour de carence en cas de congé maladie, au nom de l’égalité sans doute avec le privé et à favoriser la rémunération au mérite.

Pourquoi ?

Parce que «  Je suis favorable au développement de la rémunération au mérite car le système de revalorisation uniforme par le point d’indice est injuste et démotivant pour les fonctionnaires »

(fin de citation)

Emmanuel Macron doit être le seul « progressiste » que je connaisse qui pense que la justice fondée sur le principe du « travail égal /salaire égal » est la quintessence de l’injustice…

Il a évidemment crû utile d’ajouter que la part de la rémunération au mérite serait différenciée selon la position hiérarchique des fonctionnaires…

Sans blague !

Encore un effort et Emmanuel Macron va trouver normal que Claude Guéant, qui a été condamné pour cela par la justice, ait touché une bonne partie des « primes » de la haute administration de la Police Nationale et sans doute plus qu’il ne devait en percevoir du fait de sa position de Directeur de ladite Police Nationale.

La rémunération au mérite dans le secteur public, c’est la négation même du statut de la Fonction Publique, M. Macron !

C’est surtout la porte ouverte à l’arbitraire, sous toutes ses formes, de la « promotion canapé » à la placardisation.

Essayons, en 2017, autant que faire se peut et même si cela existe parfois (et doit être combattu), essayons d’éviter de transposer dans le secteur public les pires travers du secteur privé.

Le service public, pour être à la hauteur de ce qu’en attendent à juste titre les Françaises et Français, a besoin d’agents et de cadres libres de toute pression, neutres dans leur action, indépendants pour être efficaces.

Et les salariés du secteur public, comme ceux d’ailleurs du secteur privé, ne tombent pas malades par plaisir comme le pensent les
« crânes d’oeuf » qui ont inventé le jour de carence.

La justice, ce n’est pas jour de carence pour tous, c’est indemnisation normale de la maladie comme un événement qui peut se produire et dont la répétition doit finir par éveiller l’attention.

Maintenant, revenons au jeunisme.

Si Emmanuel Macron est bien relativement jeune, qu’en est il de ceux qui l’ont rejoint ?

De gauche à droite, si l’on peut dire…

Nous trouvons Patrick Braouezec, ancien maire communiste dit refondateur de Saint Denis, 66 printemps au compteur.

Mais aussi Robert Hue, toujours sénateur du Val d’Oise, ancien Président du Parti communiste français (la fonction ne fut jamais occupée que par lui, au demeurant), qui semble toujours vert à 70 ans, depuis qu’il siège dans le même groupe que les radicaux de gauche…

Robert Hue fut élu maire de Montigny Les Cormeilles en mars 1977 et fut élu député en 1997 sur le siège d’Argenteuil Bezons (où il s’était présenté) battant notamment un candidat PS nommé Manuel Valls…

Mais c’est évidemment du côté du PS qu’Emmanuel Macron a rencontré moult soutiens.

Notamment de la part de François Patriat, sénateur de Côte d’Or et ancien président de la Région Bourgogne, dont l’expérience politique est limitée.

Agé de seulement 74 ans, François Patriat a une carrière politique marquée par un mandat de conseiller général de 32 ans (1976 – 2008) pour le canton de Pouilly en Auxois, de douze années de gestion de la commune de Chailley sur Armançon (1989-2001), de dix sept années de présence au Conseil régional de Bourgogne (1981 – 1986 d’abord, puis 2004 – 2015), la seconde période étant doublée de l’exercice des fonctions de Président, de l’exercice de mandats parlementaires (député élu en 1981, réélu en 1986 et 1988 ; puis reconduit dans ses fonctions en 1997 avant de devenir Sénateur en 2008, réélu en 2014) pendant une durée cumulée supérieure à 23 ans, sans parler de deux passages ministériels…

Jean Yves Le Drian soutient également Emmanuel Macron.

Le Ministre de la Défense qui s’approche tout doucement de ses 70 ans, est un ancien militant de la Jeunesse étudiante chrétienne et a dirigé le PS sur la ville de Lorient dès 1975.

Il est devenu adjoint au Maire de la ville dès 1977, député dès mars 1978 et a exercé ce mandat jusqu’en 1991, quand il fut nommé pour la première fois Ministre.

Devenu maire de Lorient en juillet 1981, il l’est resté jusqu’en 1998 avant d’opter, en 2000, pour la présidence de Cap l’Orient, l’intercommunalité du coin.

A la surprise générale, Jean Yves Le Drian a été rejoint dans son soutien à Emmanuel Macron par deux autres personnalités de la vie politique bretonne.

A savoir Alain Madelin et Pierre Méhaignerie, tout ce qu’il y a de contraire a priori.

Comme Le Drian, Madelin a un passé de militant politique dans sa jeunesse.

A la nuance près qu’il s’agit de la militance plutôt musclée du mouvement d’extrême droite Occident, organisé notamment dans la fac parisienne d’Assas, connue pour ses enseignements en droit.

Il y fréquente Hervé Novelli (futur Ministre inventeur du statut de l’auto entrepreneur, qui écrira encore en 1981 le programme économique du Front national), Gérard Longuet (toujours Sénateur et plusieurs fois Ministre) ou encore Patrick Devedjian, futur député maire d’Antony.

Alain Madelin découvre d’ailleurs très vite les délices des campagnes présidentielles en pilotant, en 1965, celle de Jean Louis Tixier Vignancour dans le Xe arrondissement de Paris.

La carrière de Tixier Vignancour nous plonge dans les affres de la fin de la IIIe République, puisque l’intéressé fut député élu des Basses Pyrénées en 1936, sous une étiquette de droite anti France Populaire qui l’amènera, le moment venu, à travailler à Vichy sous les ordres du Maréchal Pétain qu’il défendra, d’ailleurs, comme avocat assistant, lors de son procès…

Jean Louis Tixier Vignancour défendra aussi, entre autres célèbres clients, Louis Ferdinand Céline, auteur génial du « Voyage au bout de la nuit » fourvoyé dans les causes de l’antisémitisme et de la collaboration (il suffit de lire, avec toute la distanciation requise,
« D’un château l’autre » sur l’épopée grotesque de Sigmaringen) puis le général Salan, chef de file du « quarteron de généraux en retraite «, partisans de l’Algérie Française, que De Gaulle sut si bien stigmatiser lors de leur tentative de putsch militaire de 1961.

Sa candidature de 1965 lui apportera le soutien d’un peu plus de 5 % des électeurs, l’intéressé ayant confié la direction de sa campagne à un certain Jean Marie Le Pen, élu député pour la première fois en janvier 1956.

Aujourd’hui, donc, Alain Madelin, qui se fit élire député de droite giscardienne (donc non gaulliste) en 1978 dans le pays de Redon, soutient Emmanuel Macron.

Peut être estime t il que l’ex Ministre de l’Economie de François Hollande est il un peu son fils spirituel, à lui qui, en qualité de Ministre, favorisa l’investissement des particuliers dans les entreprises en proposant une remise fiscale sur les apports de fonds (aujourd’hui codifiée sous l’article 199 terdecies O – A du code général des impôts) soumise à conditions proches de celles du dispositif ISF/PME.

Et qu’Alain Madelin, promoteur de la retraite par capitalisation, est aussi partisan de la suppression des régimes de retraite particuliers en situation déficitaire…

Toute ressemblance est sans doute fortuite.

Un autre élu breton important a rejoint Emmanuel Macron.

Il s’agit de Pierre Méhaignerie.
Ce véritable perdreau de l’année (il aura 78 ans entre les deux tours de l’élection présidentielle), ingénieur du génie rural de formation, s’inscrit dans une très longue lignée d’élus locaux et nationaux qui remonte jusqu’à la naissance de la République en France, pour ce qui est pour le moins de la commune de Balazé, berceau de cette lignée.

Le père de Pierre Méhaignerie, Alexis, fut ainsi le chef de file de la démocratie chrétienne en Ille et Vilaine à la Libération, faisant d’ailleurs de son parti (le MRP) le premier du département au scrutin de liste.

Pierre Méhaignerie a été élu député pour la première fois en 1973, reprenant le flambeau de député du pays de Vitré que son père avait du laisser tomber en mai juin 1968.

Spécialiste des élections très confortables (sa liste a encore dépassé les 75 % au premier tour des municipales 2014 à Vitré), Pierre Méhaignerie est surtout resté dans l’histoire ministérielle comme Ministre de l’Equipement et du Logement de Jacques Chirac, lors du gouvernement de cohabitation de 1986 – 88.

Il a, en cette occasion, accolé son nom à la loi LILAS, pour Loi pour l’Investissement Locatif et le développement de L’Accession Sociale à la propriété, une loi qui comprenait, entre autres dispositifs, la promulgation du décret charges, texte qui a reporté les charges de gardiennage d’immeubles au sein des charges récupérables auprès des locataires, alors même que le loyer principal permet déjà de les prendre en compte.

La loi Méhaignerie, pour favoriser l’investissement locatif, a également marqué la fin des loyers loi de 1948, c’est à dire plafonnés, liquidant ce que l’on appelle le « parc social de fait » au profit d’une extension du « marché du logement ».

Elle a aussi généralisé la pratique du congé vente, c’est à dire de la rupture du bail de location pour cause de cession du logement, avec application du fameux « droit de préemption » du locataire, rarement applicable pour cause de fixation du prix de vente aux seules conditions du marché.

La crise du logement que nous connaissons encore aujourd’hui tient, à mon avis, une bonne partie de son origine dans le cadre législatif fixé par le texte Méhaignerie.

Les ventes à la découpe des années 2000, les copropriétés dégradées, ingérables, tout cela est contenu dans la loi Méhaignerie qui a beaucoup fait pour les crises urbaines dont nous payons encore aujourd’hui la facture.
Car, pour donner un exemple précis, quand vous avez un immeuble ancien dont les ex locataires sont tous des familles aux revenus modestes devenus propriétaires pour éviter la mise à la porte (et souffrir de la faiblesse du nombre des logements locatifs sociaux) mais qui ne peuvent, évidemment, faire face à l’entretien de la copropriété « obligée » qu’ils ont constituée.

Et dans ces cas là, nous avons des mal logés toujours plus nombreux.

Au fin fond de la campagne bretonne, du côté de Vitré, pas de problème de logement…

A Paris et dans sa proche banlieue, il n’en est pas de même.

Voici donc quels sont quelques uns des parrains d’Emmanuel Macron qui compte cependant également parmi ceux ci de fortes personnalités comme Alain Minc et Bernard Henri Lévy, ou encore l’ancien journaliste et député européen qu’est Jean Marie Cavada.

Celui ci a 77 ans, et anime désormais un club politique « Génération Citoyens », après avoir été un jeune présentateur du journal télévisé (dès 1972, à 32 ans) puis animateur d’une émission de télévision.

Alain Minc, qui, en février 2008, ne croyait pas à la crise financière qui serait révélée quelques mois plus tard, a pour sa part atteint l’âge de 68 ans et reste encore administrateur de sociétés autoroutières, et d’entreprises comme Prisa (l’éditeur du grand journal espagnol El Pais), Caixa Bank (filiale bancaire de la célèbre caisse d’épargne catalane), Poweo Direct Energie (groupe Bolloré) ou encore Yves Saint Laurent…

Quant à l’excellent BHL, aujourd’hui âgé de 68 ans, il me fait toujours penser, chaque fois que je le vois, à la réflexion d’un collègue de l’IEP Paris, établissement que je fréquentai au début de la « popularité «  de l’intéressé, qui me confiait « La première qualité d’un philosophe, c’est la modestie ».

Le seul problème, c’est que tout cela a mené entre autres à la remarquable intervention en Libye, dont nous voyons les conséquences chaque fois qu’une embarcation d’infortune renvoie sur les côtes italiennes les corps d’exilés noyés dans les flots de la Méditerranée.

C’est avec ces « bonnes fées » qu’Emmanuel Macron est donc candidat pour l’élection présidentielle.

Mais j’ai bien l’impression que tout cela n’a pas grand chose d’un conte pour enfants ni d’une histoire de magiciennes…