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UN BALLON D’OR QUI NE TOURNE PAS TRES ROND…

Les 26 et 29 mars 2015, devant le public du stade de Windsor Park de Roseau, capitale de la Dominique, l’équipe des Iles Vierges Britanniques a effectué une confrontation par match aller retour avec l’équipe locale, dans le cadre du premier tour des éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 en Russie. Continuer la lecture de UN BALLON D’OR QUI NE TOURNE PAS TRES ROND…

ATHLÉTISME : DERNIER TAMGHO A MOSCOU

Un gamin de cité chantant «  La Marseillaise » à tue tête dans l’enceinte d’un stade russe, voici sans doute ce qui constituera l’image la plus forte des derniers championnats du monde d’athlétisme tenus à Moscou en cet été 2013.

Vainqueur du triple saut, dernier concours ou presque organisé durant cette semaine athlétique, Teddy Tamgho, enfant d’Aulnay sous Bois, aux parents venus du Cameroun, licencié au CA Montreuil (qui eût, déjà, dans le passé, parmi ses athlètes émérites Michel Jazy ou Roger Bambuck), référence du sport d’élite et de masse dans notre pays, avec ses 500 jeunes, a permis à la France d’éviter de se retrouver, comme cela se produit depuis 2005 et les championnats d’Helsinki deuxième version, avec des regrets éternels sur les éternels espoirs déçus d’entendre notre hymne national lors d’une cérémonie protocolaire.

L’exercice, il est vrai, est assez rare puisqu’il ne s’est produit que dix fois en quatorze éditions de cette compétition que l’organisation se mette en quête d’une version plus ou moins martiale de La Marseillaise pour la diffuser en public.

Ce qui laisse évidemment rêveur quand on songe que Carl Lewis, pour les USA, ou Usain Bolt, pour la Jamaïque, ont, par leurs exploits, fait résonner huit fois aux Championnats du Monde le « Star and Stripes » ou le « Jamaica, Land We Love » respectifs de leur pays.

Ceci dit, quand on y regarde bien, ces championnats d’athlétisme nous disent, à leur manière, quelque chose de l’Histoire du monde, comme de sa géopolitique.

Ne serait ce que parce qu’il s’agit, sans la moindre équivoque,  avec le football peut être (et encore), du sport le plus universel et le plus simple, sinon le plus naturel, qu’on puisse exercer.

Courir, sauter, lancer, n’est ce pas là trois activités humaines tout à fait naturelles ?

Les chiffres, parce qu’ils soulignent les faits, sont là pour en attester.

L’édition 2013 de ces Championnats du Monde d’athlétisme de Moscou a réuni 1 974 athlètes (1 106 hommes et 868 femmes) alors même que la première édition, il y a trente ans, en avait réuni  1 333 officiellement, dont 465 femmes selon un décompte que j’ai pu effectuer par ailleurs.

Helsinki 1983, première édition des Championnats, avait accueilli des athlètes venus de 153 pays et territoires différents.

Moscou 2013, quatorzième levée, les a vus arriver de 206 entités.

Le processus n’est évidemment pas lié à l’accroissement du nombre des épreuves, quand bien même le conservatisme ambiant des arcanes du sport international a fini par concéder qu’il puisse y avoir des épreuves féminines de lancer du marteau, de saut à la perche et de triple saut, de même que des épreuves de fond (3 000 m steeple, 5 000 et 10 000 m en lieu et place du 3 000 mètres de la première édition, ainsi que marche sur 20 km) et que le programme comprend désormais 47 épreuves et non plus seulement 41 comme à l’origine.

La géopolitique a quelque chose à voir dans l’accroissement du nombre des pays et territoires représentés.

En Europe, du fait de l’éclatement de l’URSS, de la Yougoslavie et de la Tchécoslovaquie, nous avons vu apparaître des athlètes représentant la Russie, l’Ukraine, la Biélorussie, la Moldavie, la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie ou encore l’Arménie, la Géorgie ou l’Azerbaïdjan, comme la Croatie, la Slovénie, le Monténégro, la Bosnie Herzégovine, la Serbie, la Macédoine, la République Tchèque et la Slovaquie.

Le tout compensant très largement les effets de l’unification allemande et l’absorption de la RDA par la RFA.

L’éclatement de l’URSS a aussi conduit à voir émerger des équipes et athlètes du Tadjikistan, de l’Ouzbékistan, du Kazakhstan, du Kirghizistan et du Turkménistan.

Là où nous avions donc l’URSS, la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie, la RDA et la RFA, soit cinq pays, nous avons désormais vingt quatre délégations.

Oh, pas toutes de la même importance.

En 1983, l’URSS avait engagé 78 sportifs et sportives, la RDA 55, la RFA 57, la Yougoslavie 9 et la Tchécoslovaquie 41, soit un ensemble de 240 engagés et près de 20 % de tous les engagés.

En 2013, la Russie, puissance invitante, a engagé 118 athlètes, les autres républiques européennes de l’ex URSS 130 (dont 61 pour la seule Ukraine), les républiques asiatiques 25 (dont 17 pour le seul Kazakhstan, la plus « russifiée » de ces républiques), les pays de l’ex Yougoslavie 29, Tchèques et Slovaques 39 et l’Allemagne 71.

Ce qui nous donne un ensemble de 412 engagés, soit un peu plus de 20 % de tous les athlètes participants.

Ceci dit, malgré les principes retenus pour permettre à n’importe quel athlète d’être présent(e) lors de ces Championnats, notamment la réalisation de performances minimales de « qualification » dans le courant de la saison, l’internationalisation du recrutement des engagés est une évidence et s’est singulièrement développée en Asie, en Afrique et même dans les différentes Amériques.

Les 153 nations et territoires représentés en 1983 étaient ainsi répartis : 32 pays d’Europe (y compris la Principauté de Saint Marin et Israël, qui y est rattaché pour des raisons géopolitiques assez évidentes) avec 706 engagés (dans mon décompte personnel) ; 40 pays et territoires d’Amérique, avec 294 engagés (toujours selon mon décompte personnel) ; 42 pays africains avec 151 engagés ; 30 pays asiatiques avec 108 engagés et 9 pays et territoires d’Océanie avec 53 engagés

Cette année, nous avions donc 206 pays et territoires représentés.

L’Europe a fourni 49 de ces entités, puisqu’à la liste initiale de  32 pays et territoires, se sont ajoutés les neuf républiques de l’ex URSS situées en Europe, les cinq issues de l’ex Yougoslavie et la Slovaquie détachée de la République Tchèque (Bohême Moravie), tandis que l’Allemagne se trouvait donc représentée depuis 1991 par une seule équipe.

Là, vous me dites, cela fait 32 – 1 + 9 + 5 + 1, soit 47 entités.

Tout juste, puisqu’il faut rajouter, pour arriver aux 49, la principauté de Monaco et celle d’Andorre.

La différence avec 1983, c’est que l’Europe, majoritaire parmi les athlètes engagés alors (près de 54 % des participants), dispose aujourd’hui de 878 engagés sur 1 973, soit moins de 45 %.

Dans les Amériques, nous avions à Moscou 13 délégations de la Confédération d’Amérique du Sud, contre 12 lors de la première édition des championnats, le Surinam étant apparu sur la liste.

Pour autant, ces délégations comprenaient cette année 105 athlètes (dont 50 femmes) alors que les délégations 83 étaient plus modestes, avec 37 participants au total (dont 12 femmes).

En Amérique du Nord, se concentre évidemment entre USA, Canada et Mexique l’essentiel des engagés

Ces trois pays comptaient en 1983 un total de 154 participants, dont 57 compétitrices.

Enfin, 24 pays et territoires de l’isthme centre américain, des Caraïbes et des Antilles avaient engagé 103 athlètes, dont 41 femmes.

Et notamment les 16 Bahaméens, le pays ayant composé deux équipes de relais ou encore les 22 Jamaïcains.

Cette année, l’Amérique du Nord était représentée par une forte délégation des USA (155 participants), une bonne délégation canadienne (46 athlètes) et une délégation mexicaine plus modeste (16 athlètes), soit un total de 217 participants.

Mais les 27 pays et territoires de l’isthme et des archipels caribéens et antillais ont engagé un total assez stupéfiant de 185 compétiteurs et compétitrices, les délégations d’origine étant renforcées par trois athlètes venus de la Dominique, Haïti et les Îles Cayman.

A noter que la Jamaïque, autour d’Usain Bolt et Shelly Ann Fraser – Pryce, a engagé 45 athlètes dans ces championnats, en quasi totalité dans les épreuves de sprint court (5 engagés seulement dans les concours de saut ou de lancer), ce qui est assez  étonnant pour un pays d’environ trois millions d’habitants dont le chef de l’Etat, remember it, est Sa Très Gracieuse Majesté Elizabeth II.

Mais on trouve aussi des représentants d’Anguilla, d’Antigua,  de la Dominique, de Montserrat, des Cayman, des Turks et Caicos, des British Virgin Islands et US Virgin Islands, de Saint Vincent et Grenadines, de Sainte Lucie, de la Barbade, des Bahamas, des Bermudes, d’Aruba ou encore de Saint Christophe et Nievès, tous archipels ou éléments épars de l’arc antillais et caribéen, catalogue  presque accompli des différents paradis fiscaux bien connus…

Ceci dit, parmi ces 185 athlètes de l’isthme, des Caraïbes et des Antilles, notons de suite que 34 d’entre eux étaient engagés dans des concours (et singulièrement une bonne partie de la délégation cubaine) et 11 dans des épreuves de course de demi fond, fond ou de marche.

C’est à dire que 140 des engagés l’étaient sur les distances allant du 100 au 400 m, avec ou sans haies.

5 des 23 équipes participant au relais 4 x 100 m masculin, 5 de celles du 4 x 400 m, 4 des 19 du 4 x 100 m féminin et 3 des 17 du 4 x 400 m  féminin provenaient de cette partie du monde.

Ce qui semble montrer, soit dit en passant, que la géopolitique de l’athlétisme va, clairement, de pair avec les moyens dont disposent les athlètes pour se former dans telle ou telle discipline.

Le fait qu’il n’y ait qu’assez peu de participants au concours dans les pays d’Amérique centrale et antillo – caribéenne, montre qu’à la notable exception de Cuba, seule la pratique de la course sur courtes distances est en quelque sorte encouragée.

Faute d’infrastructures, seuls les bons coureurs (ou coureuses) à pied sont repérés et, pour une part importante, faut il le souligner, vont faire leurs classes dans les Universités US.

La situation est encore plus évidente pour les délégations africaines.

En 1983, les 42 pays africains présents avaient envoyé 151 participants à Helsinki, mais l’on ne comptait dans cet ensemble que 30 femmes et seulement quatre délégations comptant plus de dix membres.

En l’espèce, le Kenya (21 athlètes dont une seule femme), l’Algérie et le Ghana (11 engagés) et l’Ethiopie (10 engagés).

Cette année, l’Afrique était représentée par 272 athlètes (dont 91 femmes), venus de 51 nations différentes.

Aux engagés de la première édition, sont venus s’ajouter la république du Cap Vert, le Tchad, l’Erythrée (détachée de la Somalie depuis 1983), la Guinée Bissau, la Guinée Equatoriale, la Namibie (libérée de l’apartheid depuis 1983), le Niger et surtout l’Afrique du Sud, exclue du mouvement sportif international jusqu’en 1990 et la fin de l’apartheid.

Enfin, la Zambie ferme la liste des pays « en plus ».

L’Afrique est toutefois la confédération où le nombre des délégations d’un athlète est le plus important, avec trente délégations de ce type.

Mais là où la géopolitique nous indique quelque chose, c’est évidemment du point de vue des sportifs et sportives engagées.

C’est qu’on compte dans cet ensemble 168 coureurs de demi fond, de fond, de marathon et seulement 21 « concouristes ».

Les résultats observés sont à raison de cette « spécialisation » des athlètes africains, puisque du 800 m au marathon en passant par le 3 000 m steeple, les délégations africaines ont remporté 9 médailles d’or, 7 d’argent et 9 de bronze (même si l’une de celles ci échoit à un athlète sud africain afrikaner), alors que l’ensemble des autres délégations ont obtenu 3 médailles d’or, 5 d’argent et 3 de bronze.

Et encore faut il relever que les titres ont échu à Mohamed Farah, athlète somali devenu Britannique (double vainqueur du 5 000 m et du 10 000 m) et à Abeba Aregawi, courant le 1 500 m sous les couleurs de la Suède, née dans la ville d’Adigrat, dans la région éthiopienne du Tigré…

Cette situation donne un aspect un peu particulier aux championnats d’athlétisme qui finit par faire de chaque grande catégorie de disciplines une sorte de « domaine réservé » de spécialistes dont le morphotype, mais aussi l’origine, est finalement assez proche d’une compétition l’autre.

Les concours, sauts et lancers, qui nécessitent par principe une infrastructure, parce qu’il faut un espace réservé, la capacité de s’y entraîner régulièrement, de disposer du matériel adéquat (c’est le cas évidemment pour les lancers), restent le domaine de prédilection des pays européens, des USA et de quelques autres traces de l’expansion européenne ou du mouvement économique du monde (Australie, Japon, …).

L’Europe a ainsi remporté 14 des 18 concours (sauts, lancers, épreuves combinées), en laissant quatre aux USA (2), à la Nouvelle Zélande et, seule exception à la règle, à la Colombie.

Lors de la précédente édition, organisée à Daegu (Corée du Sud), l’Europe avait remporté 9 concours, en laissant 5 aux USA, 1 à la Chine, 1 à la Nouvelle Zélande, 1 au Japon, et un, un peu par surprise, au Brésil.

Ou encore 10 lors des championnats 2009 organisés à Berlin, laissant quatre titres aux USA, un à la Nouvelle Zélande, deux à l’Australie et un à Cuba.

Lors des premiers championnats du monde (Helsinki 1983), l’Europe avait obtenu 14 médailles d’or sur 15 dans les concours, Carl Lewis étant, pour les USA, le seul à l’emporter en saut en longueur ; 10 médailles d’argent et 10 médailles de bronze, soit 34 breloques sur 45.

Les USA (1 or, 4 argent et 3 bronze) avaient gardé pour eux le peu laissé ici, ne cédant finalement qu’une médaille d’argent à Cuba (lancer du disque hommes), et une de bronze à la Chine (hauteur hommes) et au Nigeria (triple saut hommes).

L’Afrique, de fait, a peu fourni de médaillés en concours et il a fallu la fin de l’apartheid et l’arrivée d’une équipe d’Afrique du Sud multiraciale pour qu’une médaille d’or soit attribuée à un sportif du continent.

L’Asie et l’Océanie sont, sur le plan sportif, quasiment limitées  aux seules délégations de la Chine Populaire et du Japon (45 des 108 engagés en 1983 ; 99 cette année), quelque peu majorées des délégations des anciennes républiques de l’URSS (25 engagés cette année), alors même que 26 des délégations asiatiques ne comprenaient qu’un(e) athlète et aux délégations de l’Australie et de la Nouvelle Zélande (47 et 9 engagés au total pour les deux pays, contre 19 pour les 17 autres délégations, puisque 15 d’entre elles n’avaient qu’un engagé).

Comme nous avons eu l’occasion de le souligner, l’internationalisation de l’athlétisme est une évidence, avec ses limites.

Le nombre de femmes engagées, venant de nombreux pays fort différent, est un des éléments de l’évolution.

La répartition des honneurs et des médailles en est une autre.

Lors de la première édition des championnats, l’Europe avait obtenu 88 médailles au total, contre 30 pour les Amériques (24 pour les USA seuls), et seulement 3 pour l’Afrique, 1 pour l’Asie et 1 pour l’Océanie.

L’édition moscovite a donné 56 breloques aux délégations européennes, 46 aux équipes américaines (USA 25), 30 aux sportifs africains, 6 pour l’Asie et 4 pour l’Océanie.

Sur la durée, la tendance a toujours été la même : moins de récompenses pour l’Europe, entre autres du fait de la chute du Mur de Berlin (effacement de la RDA, implosion de l’URSS, destruction des sociétés des autres pays de l’Est), un partage plus marqué en Amérique entre les USA et les délégations antillaises et caribéennes, une montée en puissance des performances des athlètes africains sur l’ensemble des courses de fond et de demi fond.

Le résultat est qu’au terme des championnats moscovites, la Fédération internationale d’athlétisme amateur (IAAF), bien que peu regardante sur la dimension amateur, présente aujourd’hui un bilan global des récompenses obtenues sur les quatorze éditions ainsi structuré.

Sur 1 902 médailles attribuées, l’Europe en a obtenu 947, soit juste un peu moins que la moitié.

La Russie, avec 168 médailles, est en tête du classement européen, suivie de l’Allemagne (99 breloques) et du Royaume Uni (82 récompenses).

L’URSS (77 médailles) et la RDA (53 médailles) figurent en bonne place dans le classement.

Si l’on prend les performances des athlètes de l’ex URSS, de 1983 à aujourd’hui, on arrive à 328 médailles.

La France avec 42 médailles se situe dans une honnête moyenne (trois médailles par édition en principe) qui la place en dixième position en Europe et en quinzième au niveau mondial.

Aux Amériques, comme nous l’avons dit, les USA sont en pole position avec 300 médailles au total, sur les 553 décrochées par les sportifs des deux confédérations américaines.

Soit un peu moins de 30 % du total.

La Jamaïque, avec 98 médailles, se positionne à la seconde place sur le continent.

Avant Usain Bolt et Shelly Ann Fraser, il y eut d’autres remarquables athlètes sur l’île, comme Don Quarrie, Raymond Stewart, Juliet Cuthbert ou encore Merlene Ottey.

La reine du sprint jamaïcain, qui a participé aux sept premières éditions des championnats du monde, y a remporté rien moins que quatorze médailles (trois en or, quatre en argent, sept en bronze) sur 100 m, 200 m ou avec ses équipières du relais 4 x 100 m.

Derrière les compatriotes de Bob Marley, ce sont les athlètes cubains (52 médailles, plus que la France…) qui se placent, assez loin devant les compétiteurs des Bahamas (18 médailles dont 7 en or) et ceux du Canada (23 médailles dont 4 en or).

Le sport, chez Fidel, a intégré, depuis la Révolution, les formes de préparation qui eurent cours dans les pays de l’Est européen et malgré le manque criant de moyens (les infrastructures vieillissent assez mal), les résultats restent respectables.

Les Cubains ont obtenu plus de places d’honneur que l’ensemble des treize nations de la confédération Sud, tous attirés par la « pelota » du football avant toute chose.

Argentins, Chiliens, Paraguayens, Boliviens, Uruguayens ou Vénézuéliens et Guyanais n’ont jamais vu le moindre de leurs athlètes obtenir de médaille aux championnats du Monde.

Et pourtant, nombre de ces pays ont des pratiques sportives diversifiées, même si le futbol écrase souvent la concurrence.

Les pays africains, pour leur part, ont décroché 279 médailles en quatorze éditions des Championnats.

112 de ces breloques ont échu aux athlètes kenyans et 64 aux sportifs éthiopiens.

Kenya et Ethiopie règnent sur le demi fond, le fond, le marathon, le steeple, donnant à ces épreuves le caractère d’une confrontation régulière entre les deux pays du grand Rift.

Derrière ces deux géants aux pieds nus (si l’on peut dire), les trois pays du Maghreb (38 médailles), avec souvent de très bons coureurs de demi fond, là encore et l’Afrique du Sud (18 médailles depuis sa réadmission).

L’Asie, pour sa part, a obtenu 85 médailles en trente ans, dont 35 pour la seule Chine Populaire et 22 pour le Japon.

On notera, sur ce continent, que l’Inde, deuxième pays du monde pour la population, n’a obtenu qu’une seule médaille depuis 1983, tandis que l’Indonésie, le Pakistan ou le Bangladesh n’en obtenaient strictement aucune.

Quant aux pays du Golfe, ils ont obtenu quelques titres et accessits en naturalisant à tour de bras des athlètes africains, notamment somalis, éthiopiens ou nigérians, faute d’avoir de grands sportifs sur place.

Une autre manifestation de la géopolitique propre au sport tel qu’il est aujourd’hui…

Enfin, les pays d’Océanie ont décroché 38 médailles en trente ans, dont 31 pour la seule Australie, 6 pour la Nouvelle Zélande et une pour les Samoa américaines…

Les stades, avec leurs couloirs, leurs aires de saut et de lancer, semblent donc nous dire quelque chose de ce qu’est le Monde aujourd’hui…

Et de ce que sont les sociétés qui le composent, les volontés qui s’y expriment, les aspirations qui s’y manifestent.

Ceci dit, n’oublions jamais, même si le sport est souvent un lieu de confrontation entre Européens de tous les continents (j’entends ici de l’Europe comme de l’Afrique du Sud ou de l’Australie) et Nord Américains, qu’il y a belle lurette que nous devons nos médailles à de jeunes hommes et femmes issus de l’immigration ou de nos anciennes colonies, de la même manière qu’il y a sans doute longtemps (je crois depuis 1956) qu’aucun athlète américain blanc n’a fait démonstration de sa supériorité en sprint.

Et que le Royaume Uni doit, lui aussi, une bonne partie de sa gloire athlétique à des sportsmen et sportswomen aux origines antillaises, caribéennes ou africaines.

Une situation qui mériterait d’être examinée, d’ailleurs.

Puisque, selon toutes vraisemblances, quand il s’agit de demi fond, de fond ou de concours techniques, USA ou Royaume Uni ont tendance à préférer les coureurs issus de la bonne société, fréquentant Universités et collèges réputés.

Et comment ne pas pointer que si de Jesse Owens à Carl Lewis en passant par Jim Hines, la communauté afro américaine a largement pourvu les USA de grands et respectables sportifs, elle semble toujours avoir quelque peine à nager dans les piscines olympiques…