A BÉZIERS, MENARD NE CHÔME PAS !

 2 juin 2014

A peine installé dans le costume de l’édile local, l’ancien responsable de Reporters Sans Frontières qui eût, dans l’année précédant les municipales, droit à une tribune télévisée régulière sur la TNT, avantage dont ses concurrents auraient sans aucun doute bien voulu tirer profit (j’ai nommé ici l’excellent Robert Ménard, adoubé par Marion dite Marine Le Pen, princesse de Montretout) a commencé de prendre des décisions spectaculaires qui ne manqueront pas de passer à la postérité en matière d’innovation dans la gestion locale.

Pour commencer, l’intéressé a obtenu de son conseil municipal qu’il vote une baisse des taux d’imposition, mesure de caractère poujadiste assez prononcé, puisque, comme chacun sait, qui dit baisse des taux d’imposition, dit fatalement, dans un premier temps, perte de recettes fiscales pour la collectivité concernée.

Dans le cas précis de Béziers, ville accablée depuis plusieurs décennies par la crise de la viticulture (qui constituait la base de l’économie locale), cela signifie une perte de recettes de rien moins que 3 millions d’euros.

Dans l’absolu, soit le nouveau maire de Béziers fait des économies (il a décidé par ailleurs de réduire les indemnités versées aux élus mais c’est là une mesure dont le caractère est assez symbolique puisque l’indemnité dévolue au maire est d’environ 4 200 euros mensuels et que celle d’un adjoint est inférieure à 1 700 euros), soit il « mord » sur la capacité d’autofinancement de sa commune et retarde, de fait, certains investissements.

Au demeurant, alors même que le « pacte de responsabilité » du Gouvernement annonce 25 milliards de baisse des dotations de l’Etat aux collectivités locales en trois ans (2015 – 2017), la décision de Robert Ménard est aux limites de l’inconscience…

Mais n’oublions pas, cependant, que l’intéressé, comme son entourage de laborantins estampillés Front National, ont quelques idées d’économies en sus de la baisse de ses indemnités ou de la réduction du parc automobile de la Municipalité.

Ainsi, après avoir pensé au couvre – feu pour les enfants de moins de quinze ans, revient la riche idée de l’arrêté « anti mendicité agressive » qui montre, s’il en était besoin, la considération dans laquelle les édiles du Rassemblement Bleu Marine tiennent une partie du « peuple » dont ils se font pourtant les hérauts.

Mieux même, si l’on peut dire, après la réintroduction de la blouse uniforme dans les écoles de la ville (à quand les socquettes blanches pour les filles et les culottes courtes pour les garçons ?), Robert Ménard a décidé d’interdire la fréquentation des activités périscolaires aux enfants de parents privés d’emploi.

Sous – entendu évident : puisque tes parents sont chômeurs (un mal assez répandu dans le Biterrois et singulièrement à la Dévèze, la cité populaire de la ville), ils peuvent fort bien te garder…

Bon, évidemment, il a peut – être échappé à Robert Ménard et à Alberte Frey, son adjointe à la petite enfance, qu’aller chercher du travail avec ses enfants sur les bras ou dans les jambes n’est pas forcément tâche aisée (à moins que cela n’émeuve tout employeur compatissant) mais comme ils ont très vite calculé que de « sortir » les enfants de chômeurs des comptes des activités périscolaires leur rapporterait quelques « économies »…

Et la boucle est bouclée : outre le fait que ces mêmes chômeurs n’ont pas intérêt à mettre leur linge à sécher à la fenêtre (Robert Ménard préfère les tissus rancis dans les caves et les celliers), ils ne verront pas la couleur de la baisse des impositions locales (vu que leur contribution est plafonnée) mais subiront les effets de la baisse des « dépenses inutiles ».

Qui a dit que le Front National était le défenseur du peuple de France ?

 

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