A CALAIS, MADAME LE MAIRE NE FAIT PAS DANS LA DENTELLE…

8 février 2016

Voici quelques temps, Natacha BOUCHART, maire Les Républicains de Calais, avait manifesté, aux côtés des professionnels de la ville portuaire et de ses commerçants, contre les tensions particulièrement fortes que soulève, dans le premier port de voyageurs de notre pays, la présence de « migrants » attendant de pouvoir gagner la Terre Promise, c’est à dire le Royaume Uni.

Comme cela fait quelques temps que la perfide Albion nous fait payer au centuple de l’avoir chassé du Calaisis au XVIe siècle après plus de deux cents années de présence anglaise en barrant la route à la « horde des migrants » qui traversent l’Europe pour échouer entre Blanc Nez et Gris Nez, il s’est constitué dans la région une sorte de ville « bidon », pour ne pas dire un bidonville, appelé la « Jungle », lieu où végètent, sans droit ni loi, plusieurs milliers de personnes (essentiellement de jeunes hommes) que la guerre ou la misère, et le plus souvent les deux, ont fait fuir d’Irak, de Syrie, d’Afghanistan ou encore du Soudan et d’Erythrée.

Comme cela fait plus de dix ans qu’un certain Nicolas Sarkozy a détruit le précédent lieu de « résidence obligée » des aspirants au voyage en Angleterre à Sangatte, l’affaire dure et se durçit.

On en connaît les conséquences : tensions de plus en plus vives entre une partie de la population et les migrants, conduisant Mme BOUCHART a en appeler tantôt à l’intervention de l’armée, tantôt aux renforcements des moyens de la police, lors même que la solution serait plutôt à rechercher dans la mise en place d’un accueil humanisé des candidats au passage en Angleterre et d’un travail foncier de formation et d’intégration…

Natacha BOUCHART, en 2011, s’est présentée au Sénat en chef de file des candidats UMP dans le Pas de Calais.

Dans ce département dont le personnel politique demeure assez nettement dominé par la gauche (malgré les scores récents très élevés du Front National), sa liste avait obtenu 954 suffrages (un peu moins de 25 %) et notre élue calaisienne avait accompagné le maire centriste d’Arras, Jean Marie VANLERENBERGHE, au Luxembourg.

Natacha BOUCHART a démissionné à la fin janvier 2016 de ce mandat de parlementaire, annonçant préférer se consacrer à ses fonctions locales.

A ce stade, toutefois, un petit détail appelle l’attention.

Natacha BOUCHART cumule en effet les mandats électifs : Sénatrice, Maire de Calais, elle est aussi Présidente de l’agglomération du Calaisis et Conseillère régionale avec les fonctions de Vice Présidente du conseil régional de la nouvelle Région Nord Picardie.

Maire de Calais, cela signifie plus de 4 000 euros d’indemnités par mois, auxquels il faut ajouter plus de 3 000 euros pour la Présidence de la communauté d’agglomération, plus au moins autant pour la vice Présidence de la Région.

Quand elle était Sénatrice, les revenus de Natacha BOUCHART étaient plafonnés et l’essentiel de son revenu provenait de son indemnité de fonction.

Aujourd’hui, si le plafonnement existe toujours, elle peut ajouter à son revenu environ 2 000 euros nets (comme si elle avait eu une hausse de salaire) par mois en occupant les fonctions d’… attachée parlementaire (!) de son successeur au Sénat, le maire de Merlimont Jean François Rapin.

Ce qui permet à Madame BOUCHART de dépasser désormais les 10 000 euros mensuels de revenu

Qu’en pensent les habitants de Calais, qui, en 2012, ont déclaré un revenu médian de moins de 14 000 euros annuels ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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