François Rebsamen, pour sa désormais célèbre saillie sur le « nécessaire contrôle de l’activité de recherche d’emploi des chômeurs ».

4 septembre 14


Dans notre série « Rien ne les arrête », nous avons ce jour le Ministre du Travail et de l’Emploi, François Rebsamen, pour sa désormais célèbre saillie sur le « nécessaire contrôle de l’activité de recherche d’emploi des chômeurs ».

Une telle assertion, venant d’un Ministre socialiste ( ?), ancien Président du groupe Socialiste au Sénat, appelle évidemment quelques observations.

Voudrait – on nous faire croire que la situation du chômage que ce serait la faute à une forte d’inclination à la paresse des chômeurs eux – mêmes, trop heureux de vivre fastueusement d’une allocation trop généreuse ?

C’est là l’occasion pour nous de rappeler une vérité de la Palice assez particulière.

Celle qui veut qu’en juillet 2014, la France métropolitaine comptait près de 5 084 000 chômeurs des catégories A, B et C inscrits aux services de Pôle Emploi et qu’on ne comptait que moins de 2,3 millions de chômeurs effectivement indemnisés, soit moins d’un sur deux.

Je ne sais si cela favorise la recherche d’emploi que de se retrouver sans indemnité chômage, mais le fait est qu’il ne faut tout de même pas trop s’étonner qu’un système d’allocation aussi défaillant ne contraigne certains privés d’emploi au travail non déclaré…

Ce qui ne manque pas de surprendre dans le discours de François Rebsamen tient sans doute dans le fait que le début de l’été avait été marqué par une nouvelle poussée de fièvre du côté de l’annexe des « intermittents du spectacle », ces comédiens, musiciens, chanteurs, techniciens devenus employés récurrents de Pôle Emploi entre deux cachets péniblement gagnés…

Ce qui étonne aussi, dans cette affaire, est l’évidente méconnaissance que François Rebsamen peut avoir des services dont il est le Ministre de tutelle, à savoir ceux de Pôle Emploi.

Parce que, voyez vous, quand on n’est plus très loin de 5,5 millions de chômeurs catégories A, B, C entre la France et les Outre Mers, il vaut mieux disposer d’un personnel d’accueil, d’assistance et de contrôle des sans emploi suffisamment conséquent.

Le problème, c’est que les conseillers et conseillères de Pôle emploi sont recrutés le plus souvent sous forme de contrat à durée déterminée et que leur « clientèle » personnelle se situe aux alentours de 150 dossiers dans le meilleur des cas, le plus souvent entre 200 et 300 et jusqu’à 557 (cas cité par une personne ayant exercé cette activité et m’en ayant parlé).

Après, vous faites une opération simple en multipliant 47 semaines par 5 jours ouvrables, soit 235 jours, vous retirez une dizaine de jours fériés, vous escomptez quelques jours de formation, d’arrêt maladie, de congés exceptionnels, et vous vous retrouvez avec des conseillers présents entre 210 et 220 jours, c’est-à-dire en situation d’accorder environ au mieux un entretien et demi par an à chacun des privés d’emploi placés dans leur portefeuille…

Et sur les jours de présence, faudra évidemment faire la réception des privés d’emploi, la recherche éventuelle des entreprises susceptibles de les embaucher, et ne pas oublier, donc, le contrôle effectif de la recherche d’emploi par le privé d’emploi lui-même.

Le tout avec la probabilité d’être éjecté des services dans les huit ou dix mois suivant l’embauche du conseiller, pour cause de fin de CDD.

On pourrait dire que commencer à résoudre le problème du chômage passe par le recrutement massif d’agents de Pôle emploi, et de « sécurisation » de leur propre parcours professionnel, mais je ne sais pas si la question a effleuré l’esprit de François Rebsamen, qui devait encore avoir la tête entre Dijon, Frangy en Bresse et La Rochelle, sans oublier Solférino.

En tout état de cause, la poussée du chômage montre que l’accumulation de mesures dites incitatives pour les entreprises ne constitue pas la solution au problème posé, tandis qu’il semble de plus en plus illusoire d’équilibrer, dans un tel contexte, les comptes de l’Assurance chômage.

Sauf à priver les chômeurs indemnisés d’indemnités, peut être…

En tout cas, l’affaire est sérieuse.

Avant de pourchasser les chômeurs indélicats roulant carrosse avec des allocations indues, peut être que les services de l’Etat seraient mieux inspirés d’aller percevoir les cotisations omises, par l’ensemble des entreprises qui pratiquent aujourd’hui travail au noir et non – paiement des heures supplémentaires…

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