Nathalie Kosciusko – Morizet

10 septembre 14


RIEN NE LES ARRÊTE (ENCORE)
Ne faisons pas de jaloux ! Cette fois ci, c’est l’excellente Nathalie Kosciusko – Morizet, par ailleurs l’une des plus brillantes têtes pensantes de l’UMP, qui va faire l’objet de ce petit billet, notamment pour avoir affirmé, avec force et conviction
« Qu’il était temps d’ouvrir les magasins le dimanche, sinon les Français iraient faire leurs courses à Londres »…

NKM, selon l’acronyme en vigueur lors de la campagne municipale 2014 à Paris, dispose d’une solide ascendance, ses origines polono – lituaniennes l’amenant en effet du côté de Suwalki, ville très proche de la frontière entre la République de Pologne et l’actuelle Lituanie, dont l’un des plus illustres enfants est le cinéaste polonais Andrzej Wajda.

Mais NKM ne fait pas de cinéma, pour sa part, et jouit aussi de l’ascendance de son père, ancien maire de Sèvres, de celle de son grand père, ancien résistant et ambassadeur de France (notamment à l’ONU) tandis que la branche maternelle la raccroche à André Morizet, l’un des fondateurs du Parti communiste français, longtemps maire de Boulogne Billancourt où son nom a été donné à l’une des artères importantes de la ville.

Pour le reste, pas de lien établi entre NKM et le combattant de la Liberté polonais Kosciuszko, nonobstant une orthographe fort voisine (au même titre que l’origine géographique d’ailleurs).

Dommage puisque l’intéressé fut l’un des combattants émérites de la Guerre d’Indépendance américaine, à l’instar de Gilbert Motier de La Fayette, le célèbre marquis auvergnat qui ne faisait pas qu’épater la galerie…

NKM, donc, fut Polytechnicienne, officier de marine durant son service militaire (passage obligé de tous ceux qui ont fait l’X), contractuelle au Ministère des Finances, adjointe d’un cadre dirigeant dans un grand groupe, avant de se lancer plus avant dans la politique, en soutenant Jacques Chirac dans son action pour la défense de l’environnement.

Entretemps, un stage à l’Ambassade de France en Pologne lui avait fait rencontrer son mari, Jean Pierre Philippe, plus âgé qu’elle d’environ vingt ans, et par ailleurs, ancien maire PS de Villefontaine (Isère).

En 2008, délaissant Longpont sur Orge pour Longjumeau, NKM laissa son époux, alors investi de l’étiquette UMP, se faire gentiment battre aux municipales par la candidate socialiste Delphine Antonetti, une jeune maire qui rejoindra ensuite le Parti de Gauche.

Dans le même temps, grâce au maintien au second tour d’une liste PS dissidente menée par l’ancien maire Philippe Schmit, NKM sera élue maire de Longjumeau avec l’écrasante majorité de …39 voix sur
8 073 électeurs.

Longjumeau, sympathique cité essonnienne de 21 500 habitants, ne pouvait cependant constituer une base de départ suffisamment glorieuse pour NKM.
Ce qui nous valut de voir ses listes apparaître sur les murs de Paris et NKM découvrir les charmes, l’attrait et l’envoûtement du métro parisien.

Soucieuse du développement de la capitale, NKM vient donc de rappeler la nécessité d’ouvrir les magasins le dimanche, ne serait – ce que parce que les instants choisis de la vie de famille gagneraient sans doute en épaisseur, en densité et en qualité entre les rayons
« tondeuses » et le rayon « râteaux » d’un magasin de jardinage bricolage. Et surtout parce que la concurrence exacerbée de Londres viendrait détruire le petit commerce hexagonal.

Bon, soyons clairs. Tout cela, c’est du n’importe quoi.

Parce que, voyez – vous, je ne suis pas certain que la clientèle qui fréquente le dominical marché de proche banlieue où j’ai pour habitude de me procurer coriandre, fromage de chèvre, morue séchée, pommes de terre grenaille, salade maraîchère et couscous à emporter soit portée à aller chercher la même chose, à Londres, une fois payé l’aller – retour en Eurostar.
Il est même probable que la plupart des marchés parisiens du dimanche, qu’il s’agisse du Marché Saint Quentin (le plus grand marché couvert de la capitale), de celui d’Aligre, ou de ceux allant du marché couvert des Batignolles à celui de la Place de la Réunion, sont susceptibles de disposer de la même clientèle qu’aujourd’hui, mélange parfois étonnant de familles populaires, de travailleurs étrangers, de retraités français, d’étudiants fauchés et de bourgeois émoustillés par l’encanaillement, ne subiront aucunement la concurrence des emprunteurs de l’Eurotunnel.
Dont la situation est sans doute financièrement préférable à celle des actionnaires de ladite société…

NKM a le défaut de ses qualités : à ne fréquenter que les professionnels de l’économie numérique (comme son frère, fondateur du site PriceMinister, intelligemment revendu au moment où les pertes de l’opérateur de vente en ligne d’objets d’occasion atteignaient 25 % du chiffre d’affaires et qu’elles n’étaient comblées, les années précédentes, que par des opérations exceptionnelles de cessions d’actifs), elle en oublierait presque que l’essentiel du commerce en France, y compris en matière d’équipement de la maison ou de textiles, continue de se faire dans des lieux de vente
« en dur », éloignés au minimum du lieu de domicile des acheteurs potentiels.

Et c’est sans doute médire des autocrates du Golfe que de penser, comme on pourrait l’accroire, qu’ils voient très bien leur dimanche à Paris passé à courir les boutiques de luxe des Champs Elysées pour parer de robes et de bijoux, ou parfumer des essences les plus rares les épouses de leurs harems respectifs.

En général, d’ailleurs, ils règlent cela tout autrement…
Il est même probable, n’en déplaise à Nakomo qu’une bonne partie des Calaisiens qui voient passer tous les jours ferriés et trains en partance vers ou de retour de l’Angleterre n’a jamais fait ses courses autrement qu’au marché de la Place d’Armes voire à celui de Sangatte, qui se tient justement le dimanche…

Mais il est vrai que NKM ne vit pas toutefois dans l’univers des Parisiens de base, pas plus, faut – il encore le regretter, qu’une bonne partie des hommes et femmes qui ont fait de la politique une profession et des soldes chez Harrod’s juste après Noël une destination « so trendy ».

Laisser un commentaire

Espace politique indépendant