SYLVAIN MAILLARD, DEPUTE DE « LA REPUBLIQUE EN MARCHE »

le 9.2.18[


Il a une bonne bouille, Sylvain Maillard.

Aux limites du gendre idéal pour familles de la bourgeoisie parisienne, Sylvain Maillard a partagé son existence entre Saint Maur des Fossés (sa ville de naissance), Versailles, un peu Grenoble (pour des études à Sup de Co de cette ville) et Paris IXe, où il est devenu, en 2014, adjoint, sous l’étiquette UDI, de la maire  de droite Delphine Burkli.

Sylvain Maillard vient donc de la droite et du centre et il a la particularité d’être le premier député d’En Marche, élu dès le premier tour dans la 1ere circonscription de la capitale, c’est à dire les premier, deuxième et huitième arrondissements plus l’essentiel du neuvième arrondissement sauf les bureaux de vote du quartier Rochechouart les plus orientés à gauche qui sont rattachés au territoire de la dix huitième circonscription, c’est à dire le quartier Clignancourt de l’arrondissement au même numéro.

Sylvain Maillard avait de bonnes chances d’être élu, vu le profil de la circonscription, où les quartiers bourgeois du premier, du deuxième et du huitième arrondissements offrent à la droite un tel avantage comparatif que l’entrepreneur candidat d’En Marche ne pouvait que saisir.

Dans son aventure législative, Sylvain Maillard était bien accompagné avec Clara Pisani Ferry, petite fille d’Edgard Pisani et fille de Jean Pisani Ferry, le concepteur du programme macroniste (et notamment de la géniale transformation des cotisations sociales en CSG majorée qui, dit on, donne un supplément de pouvoir d’achat aux salariés).

Depuis, son activité parlementaire est particulièrement méritoire.

Il a ainsi réalisé une vingtaine d’interventions depuis son élection et n’a pas parlé en séance publique depuis décembre 2017.

Il fréquente plutôt les plateaux télé et peut être un peu trop…

Au début, nous avons Julien Denormandie, Secrétaire d’Etat auprès de Jacques Mézard, qui affirme qu’on ne compterait qu’une cinquantaine de sans abri dans Paris.

Ce qui est une affirmation attestant d’un manque évident de connaissance du dossier.

Et c’est là que Sylvain Maillard intervient.

Il commence par dire que les propos de son collègue sous Ministre ont été mal compris en indiquant lui même «  la réalité elle est là, le chiffre est exact, c’est 50 dossiers sur lesquels nous n’arrivons pas à donner une solution positive, favorable à la mise en abri »

Et il a insisté en indiquant

« Je suis aussi un élu local parisien et ce qu’il faut savoir, c’est que même dans les cas de grand froid, certains SDF ne souhaitent pas être mis à l’abri (…), c’est leur choix ».

Et là, évidemment, l’image impeccable et un peu glacée de notre entrepreneur gagnant 30 000 euros par an dans son affaire de distribution de composants électroniques d’une valeur comptable de 4,8 millions d’euros (dont 48 % lui appartiennent), contribuant à sa façon au déficit de notre commerce extérieur (il vend quand même des composants fabriqués à l’étranger…) en prend un coup dans l’aile.

Nul doute qu’il a longuement parlé avec les sans abri qui traînent sur les Grands Boulevards et qui, par choix, préfèrent s’enivrer des lumières de la Place Vendôme, de la vitrine de chez Fauchon et de la vie bouillonnante des Champs Elysées que de rejoindre les centres d’accueil du 115 ou de la Préfecture de Police.

Sylvain Maillard sait à quel point tout cela ne dure pas et qu’il faut en profiter.

La durée de survie moyenne dans la rue, à Paris, dès qu’il faut trop froid ou trop chaud, c’est trois ans…

Honte à ce triste sire, candidat des entrepreneurs et des créateurs de mode bon chic bon genre !

Espace politique indépendant