LES CHIFFRES, ON LEUR FAIT DIRE CE QUE L’ON VEUT

Tout cela pour dire déjà que les projets comportent aussi la somme des emplois saisonniers offerts régulièrement dans des secteurs comme l’agriculture, le tourisme ou même les activités socio culturelles…

Sur les « projets d’embauche «  ainsi recensés, 34,6 % portent sur des emplois saisonniers, c’est à dire 811 716 au total.

Il ne reste donc plus, en emplois sur mode contrats à durée déterminée ou indéterminée, que 1 534 161 projets d’embauche, un total assez éloigné, faut il le rappeler, du nombre réel des privés d’emploi dans ce pays.

Les dix métiers les plus demandés sont, sur ce contingent, les suivants

1 les agents d’entretien, avec rien moins que 77 740 projets

2 les aides à domicile et aides ménagères avec 51 632 projets d’embauche

3 les aides et apprentis de cuisine, les employés polyvalents de la restauration, avec 49 410 projets d’emploi

4 les aides soignants, avec 45 501 propositions.

5 les ingénieurs, cadres et techniciens en informatique avec
42 061 postes

6 les employés de libre service avec 35 675 propositions

7 les serveurs de cafés et restaurants avec 33 006 projets

8 les secrétaires en bureautique avec 32 433 possibilités

9 les ouvriers non qualifiés de l’emballage et manutentionnaires avec 30 691 projets d’embauche

10 les artistes avec 29 569 offres.

Comme on le voit, les emplois qualifiés dominent largement.

Non, c’est en fait tout le contraire puisque 278 154 postes de travail sont proposés pour des emplois peu qualifiés dans ces dix premiers emplois…

Prenons les bassins d’emploi…

En Bretagne, on compte 120 647 projets d’embauche dont 37,3 % d’emplois saisonniers.

Dans le Morbihan, on compte 27 690 projets dont 41,6 % de saisonniers.

Déjà, ça commence…

Ensuite, si on regarde par bassin d’emploi, que voit on ?

Bassin d’Auray (qui recoupe aussi la presqu’île de Quiberon et Belle Ile en Mer) : 61,6 % d’emplois saisonniers sur 5 560 projets.

Bassin de Vannes (golfe du Morbihan entre autres) : 38,6 % d’emplois saisonniers

Bassin de Quimperlé (qui couvre en fait la commune de Guidel dans le Morbihan) : 183 projets dont 77,8 % de saisonniers

Bassin de Carhaix (qui couvre une partie du canton de Gourin dans le Morbihan) 372 projets dont 68,2 % de saisonniers…

La part des embauches saisonnières atteint 44,1 % dans le Finistère, avec des niveaux de 57,8 % sur le bassin de Pont l’Abbé pays bigouden), 44,6 % (Concarneau), 50,8 % sur le bassin de Douarnenez, 55,6 % sur le bassin de Morlaix.

La différence ? Au Sud, c’est le tourisme qui recrute pour l’été  tandis qu’au Nord du département, il semble bien que l’agriculture intensive du pays léonard ait quelques besoins temporaires de bras…

A l’autre bout de la France, en Occitanie, on compte 225 764 projets d’emplois mais aussi 49,2 % de postes saisonniers…

Une part des emplois saisonniers qui atteint 60 % dans le Gard, 64,2 % dans l’Aude, 64,4 % dans les Pyrénées Orientales, 65,3 % dans le Gers…

Seuls la Haute Garonne, le Tarn et l’Aveyron ont une proportion de projets d’embauche saisonniers inférieure à 50 %.

Ainsi, la Lozère (77 600 habitants) compte pour 3 818 projets d’embauche dont 60,1 % d’emplois saisonniers.

Autant dire que l’économie lozérienne se trouve sous perfusion touristique et paramédicale, vu l’importance relative de ce secteur dans le département.

Sur les 10 premiers métiers demandés (1 998 projets d’embauche), on compte un seul métier où la part des emplois stables est majoritaire ;..

On peut reprendre la démonstration en Région Aquitaine ou en Provence.

En Provence, sur environ 250 000 projets d’emploi, on compte 45 % d’emplois saisonniers, avec une pointe à 62,6 % dans les Hautes Alpes et un ensemble à 49,9 % dans le Var.

Dans ce département, pointe à 57,7 % dans le secteur Est, autour de Fréjus, Saint Raphaël.

45,7 % d’emplois saisonniers également en Région Nouvelle Aquitaine, la sasonnalité s’avérant majoritaire dans les Landes (64%), le Lot et Garonne (59,2%), la Dordogne (54,4%), la Charente Maritime (57,2%), ou encore dans l’ensemble des bassins d’emploi girondins, marqués par les activités touristiques et  agricoles à l’exception de celui de Bordeaux.

Dans le bassin de Pauillac, correspondant au Médoc, 77 % d’emplois précaires et près de 62 % dans celui d’Arcachon…

De fait, rien dans cette enquête sur les besoins de main d’oeuvre ne semble venir infirmer les tendances générales marquant depuis de trop longues années la situation de l’emploi sur l’ensemble du territoire.

Les emplois stables continuent de n’être majoritaires que dans les agglomérations importantes du pays, sans parler des emplois de « qualité », nécessitant un certain niveau de qualification, dont le territoire est encore plus réduit.

En Vendée, par exemple, département dont certains vantent le dynamisme, les quatre principaux métiers recherchés sont majoritairement proposés en version temporaire.

C’est la France industrielle du Nord et de l’Est qui se trouve, bien évidemment, moins touchée au plan de la précarité (en tout cas en apparence).

Pour la Région Parisienne, où l’on compte près de 420 000 projets d’embauche, et moins de 15 % de saisonniers, que trouve t on ?

On compte près de 25 000 propositions dans le champ des ingénieurs, cadres et techniciens de l’informatique et près de 16 000 emplois dans le secteur artistique, suivis des agents de nettoyage (plus de 15 000), des employés polyvalents de la restauration (près de 15 000), de plus de 10 500 emplois de vendeurs en habillement et près de 10 000 agents de surveillance.

La ville de Paris, à elle seule, concentre par ailleurs le tiers du total des possibilités d’embauche de la Région.

Elle est suivie des Hauts de Seine (près de 78 000 projets d’embauche) loin devant la Seine Saint Denis (moins de 37 000) et du Val de Marne (moins de 33 000).

Les Yvelines, avec plus de 40 000 propositions se situent en troisième position dans la Région.

Et le Val d’Oise, avec plus de 25 000 offres potentielles, se situe en dernière position, confirmant, si l’on peut dire, son statut de département «dortoir ».

L’émergence des emplois de la « nouvelle économie » est donc pour le moins limitée et les raisons durables du chômage en France ne sont pas absentes du paysage, une fois encore.

L’élévation moyenne du niveau de qualification des salariés est une réalité qui dépasse de plus en plus la qualité de l’emploi, qualité pour le moins médiocre, tant en termes de conditions générales de travail, de définition des postes que, probablement, de niveau des rémunérations…

Ajoutons y le mépris accordé aux besoins de formation de nombreux salariés aujourd’hui privés d’emploi et le tableau est complet.

Mais concevoir cette formation dans l’objectif général de la mettre en adéquation avec la « qualité «  de l’emploi proposé ne serait rien d’autre qu’un détournement de fonds publics.

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