Politiques budgétaires

Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés (ou presque) !

Ce qu’il y a de surprenant dans les politiques budgétaires qui se mènent en Europe depuis 2008 et ce que l’on appelle « la crise » ( à croire que les millions de chômeurs que les pays d’Europe comptaient avant l’été 2008 vivaient dans un monde sans crise), c’est qu’elles ont toutes, ou à peu près, connu l’échec le plus patent si l’on appréhende les paramètres du redressement économique et de l’amélioration des comptes publics des pays « cobayes »  de ces politiques.

Soyons clairs : la Grèce est certes le berceau de la démocratie moderne (même si cette démocratie là s’accommodait parfois de la grande masse anonyme des esclaves privés du moindre droit), mais elle ne compte que pour 2 % dans la richesse de l’ensemble de l’Union Européenne.

Ce qui nous amène à nous poser la première question : comme le poids de la Grèce est finalement assez secondaire dans l’Union Européenne, comment se fait-il que les « solutions » trouvées pour répondre à sa situation ont été aussi peu opérationnelles jusqu’ici.

Il est acquis que les comptes de la Grèce étaient maquillés aux bons soins des conseillers que le Ministre des Finances de l’époque recrutait auprès de la banque américaine Goldman Sachs dont une bonne part des chargés d’affaires en Europe sont devenus, soit dit en passant, Premiers Ministres ou Ministres des Finances à leur tour…

Il est aussi acquis que le nombre de Grecs, souvent assez riches, vivant à l’étranger (États-Unis, Australie, Suisse et j’en passe), est pratiquement aussi importante que celle des actuels résidents du pays.

On a même eu confirmation que la fraude fiscale était comme une sorte de sport national, d’autant plus pratiqué qu’une évasion fiscale autorisée, réservée entre autres aux familles d’armateurs et aux hiérarques orthodoxes, est inscrite dans le droit fiscal grec.

Un peu comme si, en France, nous décidions que les chefs d’entreprise de tel ou tel secteur (admettons par exemple le cas des responsables de PME innovantes utilisant les technologies nouvelles) ne devaient pas payer d’impôts en récompense d’un hypothétique service rendu à la collectivité.

Ceci dit, depuis le vote du premier plan de sauvetage de la Grèce par l’Europe, avec la participation de ceux qui peuvent y contribuer (France, Allemagne, Pays Bas, etc…)
rien n’a changé fondamentalement.

La Grèce est en récession, durable et profonde et perd peu à peu son rang de vingt septième ou huitième puissance économique mondiale (ce n’était pas si mal que cela, d’être aussi riche en termes de production intérieure que l’Argentine), tout simplement parce que les contreparties de tous les plans européens ont été aux limites de l’inconcevable.

Baisse de la rémunération des fonctionnaires (loin d’être les mieux payés d’Europe pourtant), baisse des salaires, réduction des dépenses publiques (loin d’être les plus élevés d’Europe), chute des prestations sociales et des allocations vieillesse, tout semble avoir été fait en laissant penser que réduire le revenu disponible des ménages pouvait suffire à redresser les comptes publics.

Le hic, c’est que la consommation, en France comme en Grèce, participe des éléments portant à la fois la production intérieure (et donc l’emploi) et la croissance en général.

Alors, toutes ces baisses ont conduit à la hausse continue des déficits publics et donc à solliciter toujours plus des interventions européennes toujours plus contraignantes et accompagnées de nouvelles contreparties, notamment sous forme de hausse de la fiscalité indirecte…

Je me demande toujours pourquoi ces politiques sont menées.

L’expérience de la crise des années 30 nous a montré, pourtant, que seules des politiques de dépense publique expansive (que leur objet ait été ou non  acceptable) ont pu inverser le cours de la crise économique.

Les États-Unis ont du à moult commandes d’État de sortir peu à peu du marasme dans lequel l’effondrement de Wall Street engagé en octobre 1929 l’avait entraîné, et le New Deal n’a jamais été un catalogue de politiques d’austérité !

Et je crois utile de rappeler (même si nous en supportâmes durement les conséquences) que les commandes militaires du régime nazi et la construction des premières autoroutes allemandes furent parmi les éléments de la baisse du chômage Outre Rhin.

Le problème c’est que cela allait de pair avec une politique fondée sur la confrontation militaire à un moment ou à un autre.

Pour l’heure, après avoir transformé la Grèce en premier laboratoire des politiques d’austérité, et avoir répété l’expérience sur l’Espagne, le Portugal l’Irlande ou l’Italie, avec le succès que l’on connaît, voici que les logiques d’austérité priment aussi en France,
en Allemagne et ailleurs.

Le tout est de réduire les déficits publics, en respectant un principe de 3 % de déficit maximal qui, en soi, n’a aucun sens, d’ailleurs.

Si nous avions 5 ou 6 points de croissance, comme certains pays émergents,
les 3 % ne nous dérangeraient pas.
Il est même probable qu’ils seraient atteints sans la moindre difficulté et/ou sans que nous nous en rendions compte.

Mais en phase de croissance zéro et de stagflation* comme aujourd’hui, cela devient insoluble.

Et le pire, c’est qu’avec une politique budgétaire consacrée uniquement à réduire le déficit public sans action sur l’activité économique, nous risquons fort de continuer d’être frappés…

* Situation économique où le ralentissement de la croissance, parfois la  récession, s’accompagne d’une hausse des prix et des salaires.

Clash à l’UMP

UNE DROITE UN PEU…GAUCHE ET CARRÉMENT MALADROITE.

Des irrégularités à Marseille, des listes d’émargement dupliquées à Nice, un bureau de vote trop petit à Neuilly, des invectives et des insultes, des appels téléphoniques imaginés ou imaginaires, une Commission de contrôle dont on ne sait qui fait partie, nous aurions pu croire, hier, que nous étions revenus à l’époque tendue où le Parti socialiste, pour son Congrès de Reims, s’était déchiré entre aubrystes et royalistes…

Sauf que, pour une fois, ce fut du côté droit de l’échiquier politique que le trouble s’est créé.

Il faut croire qu’en ce mois de novembre 2012, soit six mois après l’élection de François Hollande et, donc, normalement cinquante quatre mois avant le premier tour de l’élection présidentielle 2017, il importait d’exercer la Présidence du principal parti d’opposition, à savoir l’Union pour un Mouvement Populaire.

Ne serait ce que pour disposer d’une certaine forme d’avantage sur la ligne de départ du rendez vous de ce moment là…

Deux candidats s’étaient finalement déclarés, après le renoncement de quelques impétrants, présentant les qualités connues d’un ancien Ministre et Premier Ministre responsable de multiples « réformes «  essentielles menées depuis dix ans (retraites, école, transports publics), enraciné dans une Vieille France peureuse et relativement traditionnelle, l’autre étant comme le symbole d’une nouvelle catégorie de parvenus (partis de rien, arrivés à quelque chose, et cherchant à aller plus loin et plus haut), une nouvelle droite dite décomplexée ne reculant pas, notamment, derrière un discours de défense de valeurs inégalitaires.

Caressant dans le sens du poil un certain électorat, ou une militance pour le moins poreuse aux idées d’extrême droite, on se souviendra avoir découvert qu’en plein mois d’août, des gamins pouvaient se faire « piquer » leur pain au chocolat par leurs petits camarades de confession musulmane en plein Ramadan, ce qui dénotait une connaissance assez imparfaite des rythmes scolaires…

Comme d’ailleurs des obligations faites à tout adepte de la religion mahométane, les enfants étant le plus souvent dispensés, dans leur jeune âge, de la stricte observance des commandements du Prophète…

Toujours est il que ces deux excellents candidats, l’un jouissant de la notoriété et de l’autorité d’un ancien gouvernant et l’autre tirant parti de l’appareil de l’organisation, se sont « gentiment » opposés, dans le cadre d’un débat télévisuel qui ne fit pas vraiment recette puis dans celui de la journée de ce dimanche 18 novembre, où, au bout d’un certain temps, les coups fourrés et les invectives ont tenu lieu d’éléments de mesure du rapport des forces.

Les temps sont pourtant à agir de manière réfléchie et raisonnée : l’UMP, en perdant le pouvoir (c’est tout de même sa raison d’être), a aussi perdu quelques moyens, bien au delà de savoir que le locataire de l’Elysée n’est plus son champion déchu qui, en avril dernier, n’aura même pas réussi, lors du premier tour de la présidentielle, à atteindre le score de VGE en 1981 avant sa défaite.

Pour ceux qui l’auraient oublié, Nicolas Sarkozy a en effet été moins performant à l’occasion du scrutin de premier tour à l’issue de son premier mandat que ne le fut VGE en 1981 (pour être battu au second) ou Mitterrand en 1988 (pour être réélu).

L’Elysée perdu, moult députés sans siège, dix millions d’argent public en moins dans la caisse, l’UMP, s’il s’agissait d’une entreprise, serait assez proche du dépôt de bilan.

En 2010, dernière année connue pour l’heure, l’UMP faisait face à 45,36 millions d’euros de charges avec un peu moins de 50 millions de recettes.
Ce qui n’empêchait pas que le parti présentât un actif négatif, ses dettes étant largement supérieures à ses biens.

En 2010, les fonds propres de l’UMP étaient négatifs de 3,7 millions, les provisions constituées d’1,6 million environ et les dettes de plus de 37 millions d’euros.

Les 10 millions de financement public perdus, le plan social en cours pour le millier de collaborateurs ministériels, élyséens et parlementaires de moins, cela pose bien des problèmes et peut nourrir bien des rancoeurs.

Question posée : quelle image la bataille de chiffonniers qui anime les partisans des deux challengers peut laisser dans l’esprit des électeurs et électrices ?

Celle d’une « lutte des places » qui prime d’un coup sur les valeurs, l’éthique, le sens même de l’engagement ?

Ou celle d’un parti politique qui va sans doute devoir apprendre la patience.

Etre au pouvoir pendant dix ans et en être privé est sans doute difficile, mais, n’oublions pas, cinquante quatre mois encore…

Black day for little whites in november, 6th…

Alors, comme cela, pour quatre ans de plus, les États Uniens, ces Terriens suffisamment étranges pétris de mélanges les plus divers, fruit de moult vagues d’immigration plus ou moins forcée (a t- on jamais pensé qu’aucun des Afro Américains n’a d’ancêtre venu de son plein gré aux Etats Unis et qu’une bonne partie des Européens qui ont peuplé le continent, à commencer par les passagers du Mayflower, le faisaient pour fuir tout le mal qu’on leur faisait? ), ont réélu comme locataire de la Maison Blanche, sur Pennsylvania Avenue, l’élégant, quoiqu’un peu froid, Barack Husein Obama.

Il y a quatre ans, certains y voyaient un puissant symbole, celui d’une des plus grandes démocraties du monde laissant s’installer à sa tête le représentant d’une minorité certes
« visible » (ce qui est un concept assez discutable) mais qui, jusqu’ici, n’avait eu droit qu’aux accessits. Continuer la lecture de Black day for little whites in november, 6th…

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