SCOLARITE : EDUQUONS, EDUQUONS REPONDIT L’ECHO !

Pour en revenir au fond du sujet, l’apparente avancée que constituait l’annonce du dédoublement des classes de CP se trouvait donc avec le débat rétrograde sur les méthodes d’instruction en bagage accompagné…

Et puis, nous avons eu la découverte des problèmes de l’admission post bac ou APB (ah les acronymes!), ce système censé permettre aux bacheliers de trouver leur voie vers le Saint Graal de l’Université.

Nous en étions restés, faut il le rappeler, avec un Gouvernement socialiste qui avait finalement admis que, dans le contexte universitaire d’aujourd’hui marqué notamment par l’autonomie des établissements, la pratique de la sélection à l’entrée par tirage au sort ne soit plus interdite.

C’est ce que dit l’article L 612 – 3 du code de l’éducation qui, dans son premier alinéa, stipule (je cite)

Le premier cycle est ouvert à tous les titulaires du baccalauréat et à ceux qui ont obtenu l’équivalence ou la dispense de ce grade en justifiant d’une qualification ou d’une expérience jugées suffisantes conformément à l’article L. 613-5.
( fin de citation)

Cela se gâte dès le deuxième alinéa qui théorise la logique du dispositif post bac.

Mais qui se conclut quand même par une phrase ainsi rédigée (re citation)

Lorsque l’effectif des candidatures excède les capacités d’accueil d’un établissement, constatées par l’autorité administrative, les inscriptions sont prononcées, après avis du président de cet établissement, par le recteur chancelier, selon la réglementation établie par le ministre chargé de l’enseignement supérieur, en fonction du domicile, de la situation de famille du candidat et des préférences exprimées par celui-ci.
(fin de citation)

D’où l’on pourra donc déduire, soit dit en passant, qu’a priori, aucun bachelier ne peut voir son inscription rejetée par la moindre Université.

La question est donc clairement posée quant au devenir du baccalauréat que le Ministre de l’Education, Jean Michel Blanquer, veut réformer.

Les intentions gouvernementales se parent évidemment, comme souvent en pareil cas, de la dose habituelle de démagogie populacière qui pollue quelque débat de société que ce soit.

Parce que, bien entendu, le passage des examens et, entre autres, du bac est un stress redoutable pour les candidats comme pour leurs parents.

Ce qui montre, une fois encore, la forte charge symbolique de cet examen, considéré comme une forme d’entrée dans la vie par beaucoup.

Obtenir le baccalauréat et entrer en fac, c’est quitter les oripeaux de l’enfance et de l’adolescence.

Le truc, c’est que l’examen est anonyme et que, par voie de conséquence, dans les épreuves écrites, chacun est face à soi et à la feuille et qu’on fait donc abstraction, le temps de l’épreuve de philosophie ou du commentaire de données socio économiques, de ce que nous sommes.

L’égalité des candidats provient de l’anonymat des copies.

Mais le Ministre a donc décidé de lancer en grand la réforme du baccalauréat.

Regardons les données.

Aujourd’hui, sur une génération de lycéens, 80 % obtiennent le bac.

Plus précisément, 50 % obtiennent un baccalauréat général (sections L, S ou ES) et 30 % décrochent un baccalauréat technique ou professionnel.

Pour une bonne part, ces bacheliers sont passés par l’enseignement technique des LEP avant que de se retrouver à prolonger leur scolarité en bac pro ou bac technique.

Et, pour une bonne part, ce sont aussi, assez souvent, des jeunes issus des milieux les plus populaires qui sont concernés.

Les intentions du Ministre sont affichées : il veut faire disparaître les filières et développer le contrôle continu des connaissances aux fins de réduire le nombre des épreuves de l’examen final.

L’idée sur le fond, si l’on se base en effet sur un rapport conjoint de l’Inspection générale des finances et de l’Inspection générale de l’Education Nationale datant de 2011, serait de mettre en place une forme de tronc commun à partir de la seconde et d’aller vers la mise en œuvre d’un nombre limité d’épreuves en phase finale.

Ainsi ce rapport mettait en évidence que les épreuves « Mathématiques Sciences Physiques Sciences de la Vie et de la Terre Français «  recoupaient, largement, sur la moyenne, les résultats finalement observés pour l’attribution du bac S et que les épreuves « Littérature Philosophie Histoire Géographie Langue vivante étrangère 1 » participaient de la moyenne observée pour les épreuves du bac L.

On voit donc très vite où veut en venir Jean Michel Blanquer.

Il s’agit de limiter le temps d’enseignement stérilisé par la période de déroulement des examens et de gérer au mieux l’évolution des effectifs enseignants.

Si la philosophie cesse d’être une épreuve obligatoire de l’ensemble des filières de lycée, on n’aura pas de nécessité à remplacer les enseignants de cette spécialité partant en retraite…

Et cela vaut aussi pour les autres spécialités, notamment les autres langues que l’archi dominante langue anglaise, le plus souvent choisie par les élèves de sixième pour être leur première langue…

C’est que d’aucuns regrettent que les langues proposées au baccalauréat soient désormais au nombre de 67 et peuvent être présentées de manière optionnelle et facultative.

Le rapport notait que seulement 11 langues avaient été choisies par plus de mille candidats.

A savoir, dans l’ordre ou presque, l’anglais, l’allemand, l’arabe, le chinois mandarin, le castillan, l’hébreu, l’italien, l’occitan, le portugais, le russe et le turc.

On peut donc fort bien imaginer que, devant le rétrécissement des options, le Ministère sera amené à gérer au mieux les entrées et sorties d’enseignants des effectifs.

Notamment parce que l’une des intentions du Gouvernement est de procéder à la revalorisation de la rémunération des enseignants.

Et la recherche d’économies est donc la bienvenue.

Genre : on augmente le traitement des enseignants, mais auparavant on a réduit leur nombre et on a modifié le baccalauréat en accroissant la part du contrôle continu.

Car il a suffi d’écouter Bruno Studer, Président de la Commission des affaires culturelles de l’Assemblée Nationale et député En Marche de la 3e circonscription du Bas Rhin, affirmer que le baccalauréat « coûtait trop cher » pour comprendre.

Ah oui, au fait, Jean Michel Blanquer est aussi attaché à faire la promotion de l’apprentissage dès la seconde.

Pour ne plus être ennuyé par des effectifs pléthoriques de jeunes, autant réduire à la source !

Et  ce, même si cela livre une bonne partie de l’enseignement  secondaire technique  à l’influence  des milieux économiques…

 

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