sécurité sociale et protection sociale : l’étatisation en marche !

Renseignements pris à bonne source, il s’en faut d’assez peu et d’une évolution attendue comme contradictoire de l’un et de l’autre de ces deux prélèvements.

Pour 2018, la CSG grevant les retraites produirait 23 à 25 Mds d’euros de rendement et l’IS aux alentours de 30, selon les tendances actuelles de résultats enregistrés par les grands groupes directement contributeurs…

Mais comme le taux de l’IS devrait baisser d’ici 2022, tout espoir est permis !

Ceci dit, comme vous l’avez remarqué, nous voici désormais avec une situation nouvelle.

Comme tout salarié de ce pays, je n’ai pas vraiment ressenti la différence avec « la bascule à Manu », la dernière ligne de mon bulletin de paie ayant augmenté de 20 euros, ce qui est encore beaucoup, eu égard au niveau d’une rémunération qui n’est pas tout à fait le salaire médian.

Mais la face cachée de ladite bascule, c’est que l’Etat prend la main sur les allocations chômage et que cela se traduit par au moins trois mesures.

Un, les travailleurs indépendants au chômage vont percevoir une allocation de chômage (sans avoir jamais cotisé!) qui va s’élever au montant formidable de …600 euros !

Deux, les salariés démissionnaires auront droit, une fois tous les cinq ans, d’être généreusement dotés d’une allocation mensuelle de …800 euros !

Soit une somme sans doute largement inférieure à leur rémunération antérieure et de toute manière située sous le seuil de pauvreté…

Trois, on va renforcer le contrôle de la recherche d’emploi par les chômeurs qui, c’est bien connu vu que plus de la moitié d’entre eux ne disposent d’aucune allocation, fraudent et perçoivent de fait des sommes indues.

Dans le premier cas, on sera presque au paradis, les difficultés d’un travailleur indépendant pouvant le conduire au revenu zéro ou presque quand cela va mal…

Start upers de la France entière, réjouissez vous !

Si le segment commercial de votre géniale application pour téléphone intelligent se referme trois ans après votre invention, vous aurez toujours le droit de toucher un petit pécule grâce aux efforts des autres…

Pour les démissionnaires, je viens de dire un peu plus haut ce qu’il en était …

Pas de quoi sauter au plafond vu la modicité de l’allocation prévisible.

Quant à la chasse aux chômeurs indélicats, qui vivent grassement d’allocations qu’ils ne touchent pas dans la majorité des cas aujourd’hui, elle va voir ses moyens renforcés, avec une question récurrente.

Le même effort de recrutement est il prévu pour mettre à disposition des privés d’emploi des conseillers professionnels destinés à leur faciliter la tâche ?

La face cachée de l’étatisation rampante du système paritaire d’assurance chômage est donc définie ; si l’Etat reprend la main, il n’en demeure pas moins que cela se fait dans un contexte global de réduction du montant des allocations versées.

L’affaire n’en est pas à son coup d’essai puisque la « budgétisation » des allocations logement a déjà conduit cette année au même résultat, à savoir une mise en cause directe des droits des allocataires…

Si vous avez été attentifs, entre feuilleton Hallyday et psychose terroriste, à d’autres aspects de l’actualité récente, vous aurez aussi remarqué qu’on nous annonce une sorte de « simplification » du système de formation continue de notre pays, oubliant de fait qu’il est tout aussi paritaire que celui de l’assurance chômage ou que ne le fut la Sécurité Sociale à son origine.

Il s’agit là encore de dénoncer par principe un « mésusage «  de 30 à 40 Mds d’euros de cotisations sociales et de budgets publics, critique pour le moins discutable venant d’un Gouvernement qui n’a pas renoncé, loin de là, aux « formations «  destinées à faire temporairement baisser le nombre des privés d’emploi, notamment au travers du développement de l’apprentissage, formule qui nous produit régulièrement de bons jeunes professionnels sans emploi et parfois, sans diplôme…

La formation professionnelle, étatisée version Macron, c’est l’adaptation des salariés aux « profils de poste » définis un soir de stage de motivation (ou de beuverie) par des DRH exaltés, soudain convaincus d’être devenus les maîtres du monde…

La promotion sociale, l’évolution personnelle dans le travail, le respect des droits collectifs et individuels à la formation n’auront pas beaucoup de place dans une conception assez largement utilitariste de la formation continue.

Probable d’ailleurs que le recours à la formation continue hors les murs de l’entreprise ne connaisse une nouvelle vigueur, les plans de formation débattus paritairement entre représentants des salariés et patronat tombant peu à peu en déshérence.

Entre autres mesures, on relèvera ainsi que les ordonnances réformant le code du travail ont modifié la règle qui donnait capacité de négocier à toute section syndicale constituée dans une entreprise donnée (donc comptant a priori au moins 50 salariés) en la reportant au seul cas des entreprises dépassant les 300 salariés ou d’au moins 150 quand il s’agit d’un groupe.

C’est à dire que l’étatisation de l’ensemble des domaines du paritarisme, élément central du modèle social de notre pays (Sécurité Sociale, financement du logement, couverture en matière de privation d’emploi, financement de la formation) s’est accompagnée d’une réduction des intervenants au débat.

La fusion des instances représentatives des personnels dans le nouveau comité social et économique en témoigne.

D’autant que l’objectif est d’assurer la mainmise du patronat sur l’ensemble du processus de dialogue.

Comment s’appelle un régime politique qui élimine, peu à peu, tout contre pouvoir susceptible d’équilibrer ses positions ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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