NOUVELLE CALEDONIE : PERSISTANCE DES RUPTURES

Les récentes élections territoriales en Nouvelle Calédonie ont attesté, une fois de plus, des lignes de rupture politiques qui affectent, traduction des inégalités sociales, la société dans sa profondeur.

Sans surprise, en effet, le courant indépendantiste l’a emporté dans les provinces du Nord et des îles Loyauté et le courant « rattachiste » a gagné dans la province Sud, capitalisant comme souvent dans l’agglomération de Nouméa.

La persistance des ruptures de comportement politique ne peut cependant masquer plusieurs faits.

Le premier, c’est la perte d’influence, au sein du camp « caldoche », du mouvement Calédonie Ensemble, proche des centristes en métropole et qui compte notamment dans ses rangs les deux députés du territoire et l’un des deux sénateurs.

Le mouvement de Philippe Gomes, plutôt bien intentionné à l’endroit du Gouvernement actuel, subit une sensible érosion, passant dans la province Sud de 36,4 à 18,5 % et de 16 à 7 sièges.

Le parti cède également sa représentation dans la province Nord, où il avait obtenu deux élus au Congrès derrière le Sénateur Gérard Poadja et un troisième pour l’Assemblée provinciale.

L’échec de la liste est assez cinglant (elle ne recueille que 7,8 % sur la province), notamment dans la commune de Koné, d’où Gérard Poadja est originaire, puisque, sur 2 851 suffrages exprimés, les deux principales listes indépendantistes (UNI et FLNKS) obtiennent respectivement 917 et 988 voix.

Pour 348 votes en faveur de la liste de Gérard Poadja.

Sur l’ensemble de la province, il manque au total …20 voix à la liste pour participer à la distribution des sièges.

  Le mouvement au sein du vote légitimiste profite de fait à la liste « L’Avenir en confiance », tirée par Sonia Backès dans la province Sud et qui regroupe de fait l’ensemble des forces issues de l’ancien Rassemblement Pour la Calédonie dans la République (RPCR) de Lafleur père et fils.

Cette liste s’était présentée sous les couleurs de l’Avenir ensemble précédemment.

Divisés en 2014, lors du précédent scrutin, les anciens du RPCR ont fait cause commune cette fois dans le Nord et le Sud, arrachant deux sièges au Congrès dans le Nord (en général grâce au vote des bureaux de vote centraux) et obtenant 40,6 % dans la province Sud, ce qui leur a donné droit à 20 des 40 sièges de l’Assemblée provinciale, et 16 des 32 mandats au Congrès.

Cette situation leur donne une majorité un peu particulière dans un Congrès où les élus « caldoches » devraient pouvoir compter sur le renfort des élus de l’Eveil océanien, parti tendant à rassembler les « immigrés du Pacifique » que sont les Wallisiens, Futuniens et autres Polynésiens vivant en Nouvelle Calédonie.

Le mouvement obtient juste 655 voix de plus que la barre fatidique de 5 % des inscrits indispensable pour participer à la distribution des sièges.

Mais ses trois élus au Congrès (plus un quatrième pour l’Assemblée provinciale) « font la bascule » en faveur des légitimistes.

A noter que le dernier élu de la liste de droite est à 1 800 votes, le dernier élu de Calédonie ensemble à 1 874 suffrages, le troisième élu de l’Eveil à 2 025 voix et le dernier élu du FLNKS à 1 878 votes.

Moins d’un millier de voix sur la province auraient pu permettre au FLNKS de compter un élu de plus…

Le fait que l’un des principaux enseignements de l’élection est de n’avoir pu voir le mouvement indépendantiste reprendre, à la faveur du mode de répartition des membres du Congrès (qui « surcote » relativement les régions Nord et Loyauté), la majorité de l’instance dirigeant le territoire.

Les différentes « chapelles » indépendantistes disposent désormais de 26 sièges au Congrès (les 7 des Îles Loyauté, 13 dans le Nord et 6 au Sud) contre 28 aux courants légitimistes (16 issus de la liste Backès, 7 de Calédonie ensemble, 2 de l’Alliance pour le Nord et 3 de l’Eveil océanien) et, si l’on regarde les Assemblées provinciales, de 40 élus contre 36 aux partis légitimistes.

Lors du referendum de novembre dernier, le OUI à l’indépendance avait marqué des points, obtenant notamment plus de 23 000 suffrages dans la région Sud.

A l’occasion de ces élections provinciales, la liste du FLNKS n’obtient dans la province Sud que 11 269 votes, les deux autres listes de même obédience ne recueillant qu’un peu plus de 2 500 voix.

C’est là une situation sans doute regrettable, même si le courant légitimiste laisse aussi pas mal de suffrages dans la nature entre les deux votes.

On avait en effet enregistré 68 221 NON au Sud pour 28 802 voix en faveur de la liste Backès et 13 122 pour Calédonie ensemble.

Si l’on regarde la situation commune par commune, les ruptures habituelles de la vie politique locale se retrouvent.

Dans les Îles Loyauté (qui sont pourtant la région d’origine de personnalités politiques locales comme Dick Ukeiwé ou Simon Loueckhote), les deux listes indépendantistes se sont « disputé » la primeur des suffrages.

La liste du FLNKS obtient ainsi la majorité absolue des votes dans 16 des 26 bureaux de Lifou, les travaillistes dans un bureau, le PALIKA dans l’un.

La situation est moins claire sur l’île de Maré ;

Sur 4 753 exprimés, le FLNKS obtient 889 voix (18,7 %), concurrencé par les travaillistes (662 voix), mais aussi par le PALIKA (1 004 voix) et la liste Dynamique autochtone, portée par la Libération Kanake Socialiste (LKS), le parti fondé par Nidoish Naisseline, l’un des chefs coutumiers de l’île.

Cette liste obtient 1 349 voix sur l’île (28,4 %) et notamment 63,7 % des votes dans le bureau de Nece, fief d’origine des Naisseline.

Enfin, dans l’île d’Ouvéa, tristement célèbre pour l’affaire de la grotte en 1988, le FLNKS obtient 883 voix (32,6 %), suivi de près par le PALIKA avec 849 voix (31,4 %).

Dans la province Nord, les positions indépendantistes, déjà nettement affirmées lors du referendum sur l’autodétermination (seules les communes de Koumac et Pouembout avaient voté pour le NON. La première a pour maire Wilfrid Weiss, membre de l’Avenir ensemble et la seconde Robert Courtot, qui a rejoint le courant indépendantiste), se sont clairement exprimées une fois de plus.

Le FLNKS est en tête dans l’archipel des Belep (plus de 48 %), obtient la majorité absolue à Canala, Hienghene (56,4 %, avec une pointe à 95 % dans la tribu de Tiendanite, celle de Jean Marie Tjibaou), se place premier à Houaïlou (40,4 % pour 37,4 % pour l’UNI) ; à Kaala Gomen ( 45,4 %), Koné (988 voix contre 916 à l’UNI et 576 à la liste de droite), Kouaoua (274 voix contre 204 votes UNI et 199 pour Agissons pour le Nord, la liste de droite), Ouégoa (451 voix contre 408 pour l’UNI. Dans cette commune, la liste de droite ne recueille que 11 voix dans les bureaux de « brousse »).

Le FLNKS l’emporte également à Pouembout avec 300 voix, contre 288 pour Agissons pour le Nord et 222 voix pour l’UNI.

Il est premier à Poum, ralliant 375 suffrages, contre 338 pour l’UNI, comme à Pouébo avec 557 voix sur 1 261.

Il prend la première place à La Poya Nord (commune partagée entre les deux provinces Nord et Sud) avec 573 voix, notamment par le vote du bureau de Gohapin, appartenant à une aire coutumière différente de celle du reste de la commune.
La commune est gérée par une maire caldoche, membre de Calédonie ensemble.

L’UNI, pour sa part, parvient en tête à Poindimié, avec 1 586 voix (59,1 %), la commune étant la terre d’élection du chef de file de la liste, Paul Neaoutyine ; à Ponérihouen (70,9 %), commune dont le maire est pourtant UC – FLNKS ; à Touho (59,5 %) et Voh (51,4 %).

Ces nettes majorités en faveur de l’UNI lui permettent d’ailleurs de s’inscrire en tête dans la province devant le FLNKS.

La droite ne conserve que la commune de Koumac.

Et encore…

Sur 1 595 voix, Agissons pour le Nord en obtient 633, tandis que l’UNI se situe à 270 voix et le FLNKS à 293 voix.

La liste centriste de Gérard Poadja sauve l’honneur dans cette commune avec 341 suffrages.

Exception dans une province où elle s’est retrouvée hors jeu, comme nous l’avons dit.

En ne recueillant, par exemple, que 17 voix à Hienghene ou 44 à Canala.

Les listes légitimistes doivent leurs scores aux centres urbains de chaque commune.

Ainsi, à Voh, le bureau de la mairie donne 247 voix à la liste de droite et la liste de centre droit, contre 97 voix dans les quatre autres bureaux de la commune.

Dans la province Sud, dominée par Nouméa et son agglomération, les indépendantistes ont pu être un peu déçus du résultat obtenu mais…

Lors du referendum de novembre, Sarramea, Thio, Yaté et l’île des Pins avaient voté en faveur de l’indépendance.

Thio et Yaté, faut il le rappeler, prolongent l’axe de la province Nord et ont toujours constitué des fiefs indépendantistes.

Pour ce scrutin, le FLNKS l’a emporté nettement à Sarraméa (64 % des voix) et a confirmé sa prédominance dans l’île des Pins en y recueillant 57,1 % des suffrages.

Pour Thio, ville marquée par le tragique destin d’Eloi Machoro, le mouvement indépendantiste rassemble 69,2 % des voix et il réalise un score de 83,3 % dans la commune de Yaté.

Un pourcentage proche de celui du OUI à l’autodétermination dans cette localité.

Dans la petite commune de Moindou (municipalité centriste mais un temps détenue par les indépendantistes), le FLNKS arrive en tête avec 34,7 % des voix, devant l’Avenir en confiance (24,3 %) qui devance… d’une voix la liste Calédonie ensemble.

Pour le reste, notons les tendances de chaque localité.

L’Avenir en confiance, liste issue de l’ex RPCR, est en tête à Boulouparis avec 835 voix, loin devant le FLNKS, 348 voix et Calédonie ensemble, 293 voix

Le maire de la commune est pourtant issu de ce dernier mouvement.

Dans le même esprit, la municipalité de Bourail, centriste, semble avoir été désavouée par les électeurs.

923 voix ont été vers la liste l’Avenir en confiance, 630 au FLNKS et 554 à la liste Calédonie ensemble.

La partie Sud de la commune de la Poya a accordé une majorité à la liste L’Avenir en confiance avec 70 voix contre 43 pour Calédonie ensemble, qui est pourtant l’étiquette de la maire.

 Le Rassemblement national obtient 11 voix dans cette partie de la commune, réalisant l’un de ses meilleurs scores.

A La Foa (municipalité centriste), Calédonie ensemble reste en tête avec 716 voix , contre 568 pour l’Avenir en confiance et 460 pour le FLNKS.

Calédonie ensemble conserve également la tête dans la petite commune de Farino avec 43 % des votes contre 37,2 % pour l’Avenir en confiance.

Reste l’agglomération de Nouméa, dont trois communes (Païta, Mont Dore et Dumbéa ) ont un maire LR et la quatrième, une députée maire ex Calédonie ensemble devenue macroniste.

 A Païta, l’Avenir en confiance arrive en tête avec 33 % des votes, devançant … l’Eveil Océanien (18,9 %) qui doit sans doute une bonne part de son succès à ce score.

 Le FLNKS, avec 16 %, précède Calédonie ensemble (15,4 %).

Notons que, selon les derniers recensements, la commune compte plus de 20 % de Wallisiens et Futuniens, une communauté presque aussi importante que les Européens et plus nombreuse ici que les Kanaks.

A Dumbéa , nouveau succès pour l’Avenir en confiance avec 37,6 % des votes, contre 19,1 % pour Calédonie ensemble, 14,2 % pour l’Eveil Océanien et 12,2 % pour le FLNKS.

Là encore, la population wallisienne atteint les 20 % des résidents.

Au Mont Dore, l’Avenir en confiance obtient 38,9 %, devançant Calédonie ensemble (17,9 %), le FLNKS (15,9 ) et l’Eveil (11,8 %).

 Enfin, reste le cas de Nouméa.

Chacun aura remarqué que les scores de l’Avenir en confiance n’ont que très rarement atteint le pourcentage moyen de la province.

 C’est donc Nouméa qui vote massivement en faveur de l’Avenir en confiance (50,4 %), laissant loin derrière Calédonie ensemble (18,6 %), le FLNKS (9 %) et l’Eveil (5,5 %).

La liste de droite obtient la majorité absolue dans 35 bureaux de vote de la ville.

Et elle est en général en tête avec une majorité relative ailleurs, sauf quelques exceptions dans les quartiers à population kanake.

Ce résultat est évidemment un désaveu cinglant pour Sonia Lagarde, maire REM de Nouméa.

Elue à la tête de la municipalité en 2014 avec 12 431 voix au premier tour et 17 696 voix au second, face à l’UMP, Sonia Lagarde a vu son colistier Philippe Dunoyer devenir député de la 1ere circonscription du territoire (qui regroupe Nouméa, l’île des Pins et les Loyauté dans un ensemble assez incongru) en obtenant notamment 7 020 voix au premier tour et 15 376 au second, devançant Sonia Backès de 3 654 voix sur l’ensemble de la ville.           

En toute logique et compte tenu de l’évolution de Sonia Lagarde, Philippe Dunoyer, classé « divers droite » en juin 2017, a adhéré au groupe des Constructifs, ces élus de droite et du centre qui se sont rapprochés de la République en Marche.

Cette fois ci, l’Avenir en confiance arrive en tête avec 15 589 voix, contre seulement 5 757 pour la liste Calédonie ensemble.

 Cela semble donc aussi un désaveu pour le Gouvernement.

 Le FLNKS est pourvu de 2 794 suffrages à Nouméa, et les deux autres listes indépendantistes de 1 113 voix.

 Un score toutefois supérieur aux 1 415 suffrages des candidats de la mouvance indépendantiste lors des législatives de 2017.

On notera, pour le coup, que la province Sud est « lourdement «  affectée par le vote du chef lieu.

Hors Nouméa, nous avons en effet 40 015 suffrages exprimés.

Pour l’Avenir en confiance, cela donne 13 213 voix (33 %).

Pour Calédonie ensemble, 7 365 voix (18,4 %)

Pour le FLNKS, 8 475 votes (21,2 %)

Pour l’Eveil océanien, 4 377 voix (10,9 %).

Ceci posé, les différenciations politiques, particulièrement sensibles dans la Grande Terre, ne semblent guère avoir été transformées  par le scrutin provincial, ne serait ce le processus de « réalignement » qui s’est produit à droite.

Et, partant, les incertitudes que cela laisse planer sur le devenir du territoire.

IL EST DIT QUE L’ENFER EST PAVE DE BONNES INTENTIONS

ou

DERRIERE LA BAISSE DES IMPOTS, DE NOUVELLES COUPES CLAIRES DANS LA DEPENSE PUBLIQUE !

Entretien intéressant que celui accordé par le Ministre de l’Action et des Comptes publics dans un journal populaire de ce jour sur la fameuse baisse de l’impôt sur le revenu annoncée comme grande mesure de « pouvoir d’achat » par le Président de la République.

Un journal qui, fidèle à sa méthode, rappelle les termes de la question en plaçant les choses dans leur contexte.

Il nous est même rappelé que l’impôt sur le revenu ne constitue, pour l’Etat, qu’une recette proche de la moitié de la seule TVA.

Un élégant « camembert » nous indique, en effet, que la recette de l’impôt sur le revenu en 2019 (70,5 Mds attendus) pèsent bien moins que la  TVA (130,3 Mds d’euros), et doivent être comparés au produit de l’impôt sur les sociétés (31,5 Mds) ou des taxes sur l’essence (17 Mds d’euros).

Cette appréhension des choses souffre cependant de quelques inexactitudes critiques.

1), une part importante de la TVA (plus ou moins 30 Mds d’euros, rien que cela) est aujourd’hui fléchée vers la Sécurité Sociale, pour compenser la « pérennisation » du CICE, entre autres allégements de cotisations sociales décidés dans le cadre des politiques budgétaires.

 2) , une part non négligeable des recettes des taxes sur les carburants ne finit pas dans les caisses de l’Etat et le rendement général de ces taxes est de 37 Mds au lieu des 17 Mds annoncés.

Le schéma oublie également une recette fiscale « dédiée «  fort importante, à savoir la CSG qui, avec son appendice, la CRDS, va dépasser les 130 Mds de rendement cette année…

Ce qui réduit à assez peu de choses la remise laissée aux retraités pour 1,5 Md…

A ces oublis, le quotidien populaire omet également de se demander pourquoi le rendement de l’impôt sur le revenu s’est réduit de plus de 2,5 Mds d’euros depuis l’arrivée au pouvoir de Macron.

Un effet de la retenue à la source ou plutôt un effet des mesures déjà prises en faveur des détenteurs de patrimoines importants usant du prélèvement forfaitaire unique ?

Parce que, de manière générale, « l’évolution spontanée «  des impôts  est plutôt à la hausse…

Pour ce qui concerne la baisse de l’impôt sur le revenu, en tout cas des effets de son barème progressif, car il faut bien considérer la contribution sociale généralisée comme un impôt proportionnel payé par quasiment tout le monde et devenu « socle » de l’IR, même si Darmanin entretient un peu le flou, cela devrait se faire par le biais de la décote.

Ce système qui réduit le poids de l’impôt pour les contribuables soumis à petite cotisation devrait être renforcé.

Pour le moment, la décote c’est, selon l’article 197 du code général des impôts (citation)4.

a. Le montant de l’impôt résultant de l’application des dispositions précédentes est diminué, dans la limite de son montant, de la différence entre 1 196 € et les trois quarts de son montant pour les contribuables célibataires, divorcés ou veufs et de la différence entre 1 970 € et les trois quarts de son montant pour les contribuables soumis à imposition commune.

b. Le montant de l’impôt résultant du a est réduit dans les conditions prévues au sixième alinéa du présent b pour les contribuables dont le montant des revenus du foyer fiscal, au sens du 1° du IV de l’article 1417, est inférieur à 20 500 €, pour la première part de quotient familial des personnes célibataires, veuves ou divorcées, et à 41 000 €, pour les deux premières parts de quotient familial des personnes soumises à une imposition commune. Ces seuils sont majorés de 3 700 € pour chacune des demi-parts suivantes et de la moitié de ce montant pour chacun des quarts de part suivants.
(fin de citation)


Si vous n’avez pas compris tout le sel de la littérature bercynienne, disons simplement qu’il suffira de relever les différents seuils précisés par cet article du code général des impôts, pour obtenir les fameux cinq Mds d’euros requis.

         Pendant que les ordinateurs s’agitent et que les algorithmes planchent, se pose maintenant la question du « financement ».

         C’est une question qu’on pourrait traiter avec la légèreté du premier paquet de mesures de décembre dernier, où une avantageuse présentation des choses (on parlait alors de « mesures conjoncturelles ») a dispensé la France de devoir rendre des comptes à l’Europe, celle ci ayant de fait toléré un coup de canif dans le pacte budgétaire.

         Un pacte budgétaire qui est d’ailleurs caduc, soit dit en passant.

         Ceci posé, le plus de pouvoir d’achat pour les salariés, cela veut dire « recettes » en plus pour le budget…

         Parce que, c’est assez incroyable, mais les gens ont quand même tendance à dépenser le peu d’argent que leur salaire leur laisse à disposition…

         Effet retard à attendre, cependant…

         Les heures supplémentaires sans impôt ni cotisations sociales, c’est peut – être bien, mais cela dégrade les comptes de la Sécurité Sociale, aussi sûrement que les primes défiscalisées de caractère exceptionnel.

         Bilan des courses : en 2020, on va serrer un peu la vis sur les prestations sociales (encore un peu plus) pour tenir les comptes.

         Et c’est là que nous entrons dans les soucis, si l’on peut dire…

         Parce que si Gérald Darmanin annonce fièrement que « pour 95 % des contribuables, il n’y aura pas de hausse d’impôt », il oublie de préciser comment le Gouvernement va tenir son objectif de stabilité globale du déficit.

         Il y aurait d’abord un effort accompli par les entreprises sur les « niches fiscales «  les concernant.

         On parle d’un effort sur 2,5 Mds d’euros (la moitié de la facture de la baisse de l’impôt sur le revenu ), en excluant d’office le crédit d’impôt compétitivité emploi et le crédit d’impôt recherche des pistes explorées.

         Par un pur hasard, il s’agit évidemment des deux niches les plus coûteuses (ou les mieux garnies) pour des montants respectifs annoncés de 19,6 Mds et 6,2 Mds en 2019.

         Les lecteurs attentifs auront remarqué que cela fait au moins 25,8 Mds d’euros, somme évidemment à rapprocher des 31,5 Mds d’euros de recettes annoncées pour l’impôt sur les sociétés par notre journal populaire…

          En réalité, je vous invite à mener une réflexion sur un impôt sur les sociétés rapportant 31,5 Mds et pourvu de niches fiscales dont le coût, selon le même journal, est de … 86 Mds !

         Ce qui tendrait à signifier que si 117,5 Mds constituent le produit d’un impôt sur les sociétés au taux de 33,33 %, le rendement exact, qui n’en représente plus qu’environ 27 %, correspond à un taux réel d’imposition de …8,9 % environ. 

         La vérité commande de dire que les 86 Mds d’euros ne correspondent pas à grand-chose et que la masse d’argent public aujourd’hui utilisée à alléger, pour les entreprises, taxes, impôts et cotisations sociales est encore plus importante…

         Puisque, pour ne donner qu’un exemple, sous le délicieux vocable de « mécanique de l’impôt », se dissimulent en effet des mesures « automatiques » concernant les groupes, qui coûtent la bagatelle de 41 Mds d’euros aux comptes publics…

         Ajoutez y le CICE, le CIR, le report des déficits imputables, le remboursement des acomptes excédentaires et vous vous retrouvez peu à peu avec ce qui génère le déficit structurel des comptes publics pour lequel les salariés de ce pays, et sans nul doute aussi les artisans, commerçants et paysans suent sang et eau du 1er janvier au 31 décembre sans parvenir, et pour cause, à le faire diminuer…

         Que l’on cherche à gager la baisse de l’impôt sur le revenu sur ces « niches » n’est donc pas un scandale, d’autant que la meilleure forme du soutien que l’Etat puisse accorder aux entreprises ne réside sans doute pas dans l’accumulation d’avantages fiscaux, mais plutôt dans le fait de faire appel à leurs services…

         La défiscalisation, en tant que telle, ne remplit pas les carnets de commandes.

         Et là où le problème se pose, c’est que les 2,5 Mds que l’Etat entend consacrer au financement de la baisse des impôts, il risque fort d’aller les trouver sur la piste des « économies ».

         Par exemple, sur les allocations chômage…

         Ce qui, eu égard au nombre des privés d’emploi dans notre pays, laisse penser que ce ne sera pas agréable pour les chômeurs aujourd’hui indemnisés.

         Mais c’est sans doute là le lot de bien des politiques à visée étroite : reprendre à certains qui, en général, n’en peuvent mais ce qu’on a feint de donner aux autres…

ELECTIONS ESPAGNOLES DU 28 AVRIL 2019 : REMUGLES DU PASSE ?

C’était une chose acquise.
On allait voir ce qu’on allait voir mais, à la suite des élections régionales andalouses qui avaient été marquées par la chute du PSOE, dirigeant la Communauté autonome depuis le retour de la démocratie en Espagne, nous allions voir apparaître aux Cortès un nouveau parti, d’extrême droite, appelé Vox, susceptible de capter les suffrages populaires.

En fait, l’événement principal de ces élections ne me semble pas résider dans ce résultat mais bel et bien dans le processus de réalignement de la droite espagnole, avec cette double « vidange » des électeurs, les uns tentés par Ciudadanos et son côté moderniste et les autres par Vox, et ses stigmates franquistes.

Affirmer bêtement, pour ne pas dire braire, sur toutes les ondes que l’extrême droite est, pour la première fois, présente en tant que telle au Parlement espagnol constitue une erreur.

Ce serait faire injure à Manuel Fraga Iribarne, ancien ministre de l’Intérieur de Franco, que d’avoir été le porte drapeau de l’opposition à Felipe Gonzalez avec …107 députés élus en 1982, au nom d’un parti, l’Alliance Populaire, machine à recycler les anciens du régime franquiste.

Ou tout du moins à les repeindre des couleurs de la « démocratie octroyée », selon la formule qui a pu qualifier le schéma giscardo – bourbonnien de sortie de la dictature…

L’élection de cette année illustre donc que les cartes de la droite politique ont été rebattues, avec un PP très affaibli (perte de plus de 70 députés, de 75 sénateurs et de rien moins que de 3,5 millions de votes), un parti Ciudadanos en bonne santé (25 sièges et plus et un million de voix gagnées) et un parti Vox en progression…

Un affaiblissement qui affecte le Parti Populaire dans les deux Communautés historiquement les plus rétives au pouvoir central (Pays Basque et Catalogne) au point que la formation de droite se retrouve sans le moindre député sur les bords de l’Atlantique et avec une seule élue, du fait du nombre de sièges à pourvoir, sur ceux de la Méditerranée.

Le Parti Populaire est ainsi devancé sur la Communauté de Madrid par le PSOE et Ciudadanos, perdant huit sièges de député sur le scrutin de 2016 et deux sièges de sénateur sur trois.

Si le PP reste première force de droite sur la capitale elle même, elle est dépassée par Ciudadanos dans les villes de banlieue comme Leganes, Alcala de Henares, Alcobendas, Alcorcon, Getafe ou encore Mostoles.

A Fuenlabrada, il est cinquième, étant même devancé par Vox, tout comme à Parla.

Au Pays Basque, l’ensemble PP – Ciudadanos – Vox est comprimé à 12,8 %, quand le pays national basque (aussi centriste que possible) est à 31 %, et que la gauche indépendantiste obtient 16,7 %.

Euzkadi se retrouve avec six députés PNV, et quatre socialistes, quatre Podemos et quatre Euskal Herria Bildu, façade politique de l’ETA.

Si le PNV tient encore assez solidement la Biscaye, il est fort chahuté en Guipuzcoa où le score de Donostia / San Sebastian masque l’influence de Bildu dans les zones plus rurales.

En Catalogne, la chute du PP est également impressionnante, puisqu’il perd cinq de ses six sièges.

Dans la province de Gérone, le PP est même devancé, avec 3,24 % des votes, par le Front Républicain, petite formation de gauche locale.

Dans celle de Lleida, il passe de 13,5 à 5 %, laissant au passage le siège de député qu’il avait obtenu en 2016 pour un peu plus de 1 700 voix.

Dans la province de Tarragona, même punition avec un score passé de 14,9 à 5,1 %.

Là encore, le PP est devancé par C’s, en perdant plus de 30 000 voix, soit 60 % de ses anciens électeurs…

Enfin, dans la province de Barcelone, le PP obtient 5 % des voix, perdant 200 000 voix et trois députés sur quatre.

C’s gagne, sur ses terres d’origine, environ 70 000 voix et Vox en recueille un peu plus de 110 000.

La perte du PP est sensible à Barcelone (plus de 60 000 voix perdues), où il est devancé par C’s, ce parti gagnant environ 15 000 votes sur 2016.

Mais elle est amère dans des villes comme Sabadell ou Mataro, où le PP est talonné par Vox…

Ceci posé, la perte d’influence du PP affecte l’ensemble des Communautés autonomes du pays, au point de céder la première place dans ses places fortes historiques comme Castille et Léon ou la Galice.

Seule la Navarre (qui ne comporte que la province de Pampelune) vote en faveur du PP ou plutôt de l’alliance électorale dont il fait partie (Navarra Suma) avec le parti régionaliste de droite qu’est l’Union du Peuple Navarrais.

En Communauté valencienne, le PP a perdu six de ses treize élus sortants, et plus ou moins 420 000 voix sur 2016.
C’s gagne un peu moins de 100 000 voix dans cet ensemble et Vox plus de 310 000.

Talonné par C’s sur l’ensemble de la Comunitat, le PP est devancé par ce parti dans les trois capitales provinciales.

En Andalousie, Communauté historiquement de gauche qui avait vu, pour la première fois, une large alliance de droite emporter la majorité au Parlement régional, le PP se retrouve derrière C’s, en cédant rien moins que douze de ses vingt trois élus sortants.
Le PP perd également plus de 640 000 voix, là où C’s progresse d’un peu moins de 235 000 votes et que Vox dépasse les 610 000 voix.
C’s le devance dans les provinces de Cadix, Malaga et Séville.
En Castille La Manche, le PP reste deuxième force politique mais cède six députés et plus de 200 000 voix.
La progression de C’s est d’environ 60 000 votes quand Vox progresse de 1 813 à 181 142 voix…

A noter que C’s obtient quatre députés sans jamais obtenir plus de 20 % des voix.

Si le PP reste deuxième sur Murcie, il est en recul en Estrémadure, perdant trois élus sur cinq.

Le recul du PP dans le Nord Ouest de l’Espagne (Cantabrie, Asturies, Castille et Léon, Galice, La Rioja) dans ce qui a plutôt constitué jusqu’alors ses zones de force n’est pas négligeable.

Sur l’ensemble des cinq Communautés considérées, le rapport des forces de 2016 avait donné la situaton suivante : 37 députés PP et 3 C’s sur le flanc droit, contre 19 élus PSOE et 12 Podemos.

Le PP tombe à 22 élus, tandis que C’s obtient 13 mandats, Podemos 3, Vox 2 et le Parti régionaliste cantabrien 1 (le PRC est un mouvement proche du centre droit, allié par exemple de l’UPN ou de l’Unio Valenciana, autres partis régionalistes de cette obédience).

La situation de C’s dans ce Nord Ouest ibérique, où le parti obtient une part essentielle de ses gains en termes de représentation, appelle à ce stade une observation.

En 2016, pour obtenir 3 élus, C’s avait recueilli 483 995 suffrages.

En 2019, pour 13 députés, il obtient 659 054 voix.

Dans le même temps, la gauche radicale (Podemos et En Marea en Galice) se retrouve avec 3 députés (un dans les Asturies et deux dans les deux provinces maritimes de Galice) avec 558 483 suffrages.

Il faut, en grande partie, voir là les effets du mode de scrutin, fondé sur une proportionnelle intégrale dans chaque province, le problème étant que la plupart des provinces du Nord Ouest élisent cinq députés ou moins.

Seuls échappent à cette règle les provinces d’A Coruna et Pontevedra (provinces maritimes de Galice) et le Principado de Asturias.
De fait, les sièges peuvent être attribués au « cordeau » comme dans la province de Salamanque où 1 016 voix de majorité pour le PP sur le PSOE lui suffisent pour avoir deux sièges au lieu d’un seul.
Il manque aussi 445 voix au PSOE dans la province de Palencia pour obtenir un second élu au lieu du siège attribué à C’s avec moins de 16 % des suffrages.

Pour finir ce tour d’horizon, un détour par l’Aragon, avec ses trois provinces dont deux peu peuplées (Huesca et Teruel où l’on élit trois députés avec, respectivement, 165 247 et 102 900 électeurs) et la province de Zaragoza, élisant sept députés pour ses 714 469 électeurs, dont 502 850 dans la seule capitale régionale.

Pour aller vite, les deux tiers du corps électoral ou peu s’en faut résident dans la seule ville capitale, cinquième localité d’Espagne.

Le PP y est nettement devancé par le PSOE comme par C’s (il y a 16 875 voix d’avance sur Zaragoza pour le parti orange, soit plus que les 12 145 enregistrés au niveau Aragon) et tout cela contribue au résultat observé avec cinq élus PSOE, trois C’s, trois PP, un Podemos et un Vox sur l’ensemble de l’Aragon…

Autres résultats à ne pas oublier, ceux des îles.

Le PSOE l’emporte aux Baléares comme aux Canaries, avec en deuxième position, dans les deux cas, Podemos et ce, dans un contexte où le rapport des forces semble plus favorable à la droite.

Aux Baléares, avec la différence habituelle entre Mallorca et Menorca, comme avec Ibiza et Formentera, la droite, avec ses trois partis, cumule 44,55 % des votes quand PSOE et Podemos en recueillent 44,16 %.

Une situation qui donne cinq députés à la gauche et trois à la droite.
Au Sénat, l’archipel a élu quatre sénateurs PSOE pour une sénatrice PP sur l’île de Mallorca.
A noter que sur cette île, Podemos a manqué d’avoir un mandat pour 1 690 suffrages sur près de 500 000 exprimés.

Aux Canaries, la gauche a réuni 43,57 % des votes contre 36,74 % pour les trois forces de droite.

Le score du parti régional (la Coalition Canarienne), à près de 13 %, modifie les données électorales de l’archipel.
Ce parti, orienté vers le centre/ centre droit, est l’équivalent insulaire du Parti National Basque ou de l’ex coalition catalane Convergencia i Unio.

Sur l’échiquier politique actuel de l’Espagne, ses deux élus se positionneraient cependant dans une posture de soutien mesuré au gouvernement PSOE, rejetant le retour du PP aux affaires.

Toujours est il que, quant à la répartition des élus, la gauche a décroché huit sièges contre cinq à la droite disons « métropolitaine » et deux pour la Coalition canarienne.

Au Sénat, où chaque île de l’archipel dispose de sa représentation, le PSOE a remporté les sièges d’El Hierro, de Fuerteventura, de Lanzarote, et de La Palma, ce dernier avec 264 voix d’avance sur le PP.

Un parti local (l’Agrupacion Socialista Gomera, scission du PSOE) l’a largement emporté à la Gomera tandis que le PSOE est arrivé en tête sur la Grande Canarie et Tenerife, obtenant deux élus dans chaque île contre un au PP.

Enfin, les deux territoires africains (Ceuta et Melilla) ont eu un sort différent : le PSOE a gagné le siège de Ceuta devant … Vox, le PP perdant plus de 7 000 voix au passage, et le PP a préservé son siège de Melilla, avec un peu plus de 1 000 voix d’avance sur le PSOE, au lieu de 6 800…

Les explications de la chute, si ce n’est même de l’effondrement du Parti Populaire, qui a obtenu son plus faible score de son histoire, tient sans doute à l’usure du pouvoir et à la révélation des multiples affaires de corruption concernant les dirigeants du Parti.

Quand on songe que le PP, lorsqu’il fut candidat pour la première fois, en tant que tel, en 1989, avait réuni plus de 5 millions de voix, et obtenu 109 députés !

Au point d’être la première force politique dans les provinces de Lugo, Ourense, Pontevedra, Zamora, Salamanca, Palencia, Soria, Avila, Segovia, Valladolid, Burgos, La Rioja, Guadalajara, la Navarre, mais aussi Madrid et les Baléares.

C’est-à-dire de définir, dès ce scrutin, ses zones de forces, au Nord Ouest du pays.

La chute du PP marque aussi la nouvelle poussée de Ciudadanos/Ciutadans, parti de centre droit, venu de Catalogne, pour incarner la droite « moderniste », attachée à l’unité de l’Espagne mais, a priori, débarrassée des stigmates franquistes.

C’s (pour utiliser la terminologie en vigueur en Espagne même) s’est fort rapproché du PP, en obtenant, au niveau national, 57 députés et 4 136 600 votes, au dernier décompte, soit 15,68 % des suffrages.

Le parti, d’une certaine manière, réincarne l’Union du centre démocratique d’Adolfo Suarez, et s’est renforcé d’environ un million de suffrages et de 2,6 %.

Dire que C’s est un parti urbain est assez juste pour peu qu’on constate qu’il précède le PP à Barcelone, Séville, Zaragoza, Valence, Cadix ou Malaga.

Comme à Gijon, Las Palmas de Gran Canaria, Santa Cruz de Tenerife ou encore les grandes villes des banlieues de Madrid et Barcelone.

Pour appréhender le résultat de C’s, on peut regarder, dans un premier temps, les provinces et Régions accueillant les élus du Parti.
Ainsi, compte t on cinq élus C’s en Catalogne (pas de progrès en termes de sièges sur l’ensemble de la Generalitat).
On en compte huit dans la Communauté de Madrid, en progression de deux sièges ; au détriment notamment d’un PP affaibli par la perte de huit élus.

Dans la Communauté valencienne, C’s obtient six sièges au lieu de cinq, gagnant un siège dans la province de Valence et maintenant son influence sur Castellon et Alicante.

En Andalousie, C’s passe de sept à onze élus, progressant de plus de quatre points et de 230 000 voix.
Le Parti doit son renforcement à la province de Cadix (+ un élu), de Huelva (idem), de Jaen (idem) et de Séville (idem).

C’s a réalisé une percée en Castille et Léon, comme nous l’avons déjà indiqué, en décrochant huit élus là où elle n’en avait qu’un seul…

Un succès qui a nettement amplifié le nombre de ses élus au niveau national puisque ces huit députés n’ont nécessité l’attribution que de moins de trois cent mille voix.

L’agenda de C’s, précisé dans cet extrait de la déclaration de principes du Parti (Una clase media trabajadora fuerte y dinámica es condición esencial en una democracia de calidad. Aquella solo existirá en el marco de una economía de mercado donde los poderes públicos garanticen la libre competencia. Es la riqueza que genera este modelo económico la que podrá sostener la igualdad de oportunidades dentro de una sociedad de bienestar, y serán esos mismos poderes públicos los que deberán garantizar los derechos sociales reconocidos en nuestra constitución. Une classe moyenne active forte et dynamique est une condition essentielle pour une démocratie de qualité. Celle-ci ne peut exister que dans le cadre d’une économie de marché dans laquelle les pouvoirs publics garantissent la libre concurrence. C’est la richesse générée par ce modèle économique qui permet de soutenir l’égalité des chances dans une société de bien être, et ce seront les mêmes pouvoirs publics qui devront garantir les droits sociaux reconnus par notre Constitution) ressemble furieusement au discours macroniste qui marque aussi, soulignons le, le champ fiscal…

Nous en étions, pour C’s, à trente huit sièges.

Les dix neuf autres sont ainsi répartis : Aragon (trois sièges, un par province et un gain de deux sièges), Asturies (un), Baléares (un), Canaries (deux), Cantabrie (un), Castille Manche (quatre au lieu de zéro), Estrémadure (deux au lieu de zéro), Galice (deux au lieu de zéro), La Rioja (un au lieu de zéro) et Murcie (deux).

C’est-à-dire que, pour une bonne part, C’s a tiré parti du mode de scrutin où le fait d’arriver deuxième ou troisième peut permettre d’obtenir un élu.

Vox, le parti d’extrême droite, semble avoir une destinée un peu différente.

L’Andalousie, si elle lui assure six élus, est complétée par Madrid (cinq élus) et la Catalogne pour parvenir à la moitié des sièges du mouvement.

Vox n’obtient qu’un élu en Castille/Léon avec un peu plus de 186 000 voix, lorsque C’s en décroche huit avec cent mille voix de plus.

La formation franquiste obtient trois élus sur Valence, un en Estrémadure, deux à Murcie, deux dans la Manche, un dans les Asturies, un aux Baléares et un en Aragon.

Elle est donc privée de représentation au Pays Basque (avec 2,2 % des voix), en Galice (5,3 %) ou encore en Cantabrie (11,2 %) et dans les Canaries (6,6 %).

Vox obtient un élu en Catalogne avec 3,6 %, ne devant leur représentation qu’à la seule province de Barcelone où le nombre de sièges en jeu (32) donne un vrai sens au scrutin proportionnel.

Le parti franquiste y recueille environ 14 000 voix au dessus du quotient, grâce à quelques scores supérieurs au quotient dans des villes comme Badalona (4,1 %), Hospitalet del Llobregat (4 %), Castelldefels (5,3 %), Terrassa (4,2 %).

On notera par ailleurs que Vox réalise parfois des scores intéressants dans les villes à vocation touristique.

Vox dépasse ainsi les 16 % à Marbella (province de Malaga), et réalise 15,9 % à Torremolinos dans la même province.
On arrive à 17,1 % à Estepona, mairie PP, sur la même Costa del Sol.
Et à près de 16 % à Fuengirola, 16,7 % à Mijas (devant le PP dans cette municipalité C’s) et 15,7 % à Velez Malaga, commune à direction PSOE.

Le parti décroche également un 19,65 % sur Algeciras, l’une des villes les plus proches de l’Afrique du Nord.

Nous verrons dans une autre analyse ce qu’il en est pour la gauche et les mouvements régionalistes.

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