ALLEMAGNE : UNE ÉLECTION HISTORIQUE !

Ce qu’il y a de bien avec l’interactivité de la Toile, c’est qu’on constate rapidement que les articles publiés sur ce blog sont lus puisqu’avant même que nous ne tirions quelques conclusions du scrutin de ce jour, certains lecteurs avaient fait part de certaines de leurs réflexions, tout à fait judicieuses au demeurant.

Permettez – moi de les en remercier et d’en inviter d’autres à le faire, sans la moindre hésitation…

Maintenant ceci dit que la fièvre électorale est un peu retombée, et que le vote allemand a accouché d’un pays effectivement « coupé en deux », prenons le temps de tirer quelques enseignements de ce scrutin.

Il y a tout d’abord les données brutes du scrutin.

La plus peuplée des démocraties de l’Union Européenne a connu une participation électorale tout à fait estimable, puisque l’Office Electoral Fédéral a enregistré, de manière provisoire, une participation atteignant 71,5 % des inscrits.

Une performance honorable, sans plus, de ce point de vue, qui pourrait faire pâlir d’envie en France ou en Grande Bretagne mais qui ne se situe tout simplement qu’à la 17e place (sur 18 scrutins législatifs) dans l’histoire de la République fédérale.

Pour parler clair, si la participation s’était réduite au regard de 2009, nous aurions eu la pire participation électorale de l’histoire du pays…

13 réflexions sur « ALLEMAGNE : UNE ÉLECTION HISTORIQUE ! »

      1. Je m’excuse pour la vilaine faute sur « attribuer ».

        Sauf erreur de ma part, le 193 élu du SPD se situe en Hesse où le parti obtiendrait ainsi 11 élus en scrutin de liste, et non 10 comme les résultats provisoires l’indiquaient.

        1. Il semblerait que ce soit le cas, ploumploum…

          La circonscription 167 (Waldeck) a élu un député CDU avec 227 voix d’avance sur le SPD.
          Une situation qui a du modifier le rapport des forces général du Land.
          On a en effet 17 élus CDU et 5 SPD en ‘mandat direct » et nous avons désormais 4 CDU, 11 SPD, 5 Verts et 3 Die Linke au scrutin de liste.
          Soit 21 CDU, 16 SPD, 5 Verts et 3 Die Linke à comparer aux voix obtenues en secondes voix : 39,2 % pour la CDU, 28,8 % pour le SPD, 9,9 % pour les Verts et 6 % pour Die Linke.
          Le dernier siège attribué au SPD lui revient pour une moyenne supérieure de 637 voix à celle de la CDU…
          Soit 0,02 % des suffrages exprimés.

          1. Il semble même que, compte tenu du mode de calcul des élus, l’élection d’un dix septième mandat direct en Hesse ait conduit précisément à accroître le nombre de sièges élus sur la liste du Land.
            Si on procède à la division du nombre des suffrages des quatre partis représentés au Parlement dans le Land par 44 sièges (deux fois les 22 sièges directs), on constate que le SPD avait droit au moins à 15 élus.
            Sauf que le 44e siège revenait à la CDU et qu’alors, le rapport des forces local n’était plus respecté tout à fait…
            D’où le 45e élu, SPD, lui aussi.

  1. Les négociations en vue d’un gouvernement de grande coalition CDU/SPD avancent :
    http://allemagne.blog.lemonde.fr/2013/10/11/coalition-le-spd-prend-lavantage/

    Du coup, se pose la question de la répartition des postes ministériels, et donc, du sort de Wolfgang Schäuble :
    http://allemagne.blog.lemonde.fr/2013/10/14/angela-merkel-va-t-elle-sacrifier-wolfgang-schauble/

    Le député d’Offenburg, 71 ans, au Bundestag depuis 1972, ministre pour la première fois en 1984, qui a survécu à un attentat en 1990 et au scandale des caisses noires de la CDU en 1999, a eu une carrière bien remplie. Ceux qui à la CDU voudraient se positionner dans le cadre de l’après Merkel auraient intérêt à soutenir le SPD si ce dernier souhaite pousser Schäuble vers la sortie. A part ce dernier, le seul poids lourd dans la CDU après Angela Merkel est Ursula von der Leyen, la ministre fédérale du Travail, qui avait été un moment pressentie pour la présidence de la République en 2010. Mais elle a beaucoup d’adversaires dans le parti, et a échoué à se faire élire au scrutin majoritaire en 2009 et le 22 septembre dernier…

  2. Le FDP pourrait peut être placer l’argent des actionnaires de Movenpick en attendant de revenir au Bundestag…
    J’ai lu que le SPD ne se déciderait pas, de toutes manières, avant mi novembre.
    Pendant ce temps, heureusement, la France est gouvernée.

  3. Une juste remarque de Pullo qui nous indique que, pour le moment, l’Allemagne se retrouve sans gouvernement.
    Alors même que l’impossible alliance des trois forces de gauche pourrait conduire à mettre Angie dans l’opposition.
    D’après ce que j’ai cru comprendre, la base du SPD ne serait pas trop chaude pour retenter l’aventure de la grosse koalition…

    1. En effet, la base du SPD est peu enthousiaste, d’autant que la dernière expérience a abouti en 2009 au pire score du parti depuis 1949. Il y a aussi des cadres du parti qui sont contre la grande coalition, comme la ministre-présidente de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Hannelore Kraft. Celle-ci fait partie de ceux qui pourraient être chef de file du SPD pour 2017.

      Du côté des Verts, la base ne semble pas plus qu’au SPD enthousiaste à l’idée d’une alliance avec la CDU. Cela explique, en plus des divergences idéologiques évidentes avec les démocrates-chrétiens, la très grande prudence de la direction du parti écologiste…

      Du côté du FDP, le jeune (34 ans) Christian Lindner tient la corde pour succéder à Philipp Rössler à la présidence du parti libéral :
      http://allemagne.blog.lemonde.fr/2013/09/25/le-nouveau-paysage-politique-5eme-partie-le-parti-liberal/

      1. Christian Lindner a réussi à maintenir le FDP au sein du Landtag de Rhénanie du Nord-Westphalie en 2012 en améliorant même le score de 2 pts
        Une performance assez « incroyable » dans un contexte où les libéraux disparaissaient des Landtags au fil des derniers scrutins régionaux.

        Concernant les Verts, si ceux-ci venaient à s’allier avec la CDU, je pense qu’ils subiraient le même sort que le FDP cette année…

  4. En attendant que les négociations aboutissent, Angela Merkel a défini ses priorités pour la XVIIIe législature du Bundestag, à savoir le désendettement et l’investissement dans l’innovation :
    http://www.challenges.fr/europe/20131005.CHA5258/angela-merkel-esquisse-les-priorites-de-son-troisieme-mandat.html

    Si les négociations avec le SPD et les Verts échouent, il est probable que des élections anticipées aient lieu. Et il n’est pas sûr que Merkel en fasse les frais, comme le dit Kai Littmann :
    http://blogs.mediapart.fr/edition/eurojournal/article/061013/angela-merkel-roule-des-mecaniques

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