7 réflexions sur « ALLEMAGNE : WER WIRD DIE BESTELLUNGEN NEHMEN ? »

  1. Comme chacun l’aura vu, le Gouvernement allemand a été constitué par les Unions chrétiennes et le SPD, mettant en question les postures adoptées par les uns et les autres pendant la campagne électorale.
    Mettre en place, pour la troisième fois dans l’histoire de la RFA, ce gouvernement de grande coalition est évidemment un sérieux problème pour le SPD, surtout…
    Car les socialistes européens, qui devraient normalement reprendre les thématiques de la solidarité et des avancées sociales pour ces européennes 2014, se retrouvent avec un aspirant président de la Commission européenne, Martin Schulz, membre d’un parti gouvernant avec la droite…

  2. « En 2014, l’Allemagne aura 96 élus au Parlement de Strasbourg – Bruxelles, ce qui, compte tenu des rapports de forces issus des élections du mois dernier, donnerait a priori 47 sièges aux Unions Chrétiennes, 30 au SPD, 10 à Die Linke et 9 aux Verts. »

    En fait la répartition serait « légèrement » différente que celle que tu donnes, vudelojn.
    En effet, le seuil pour accéder au Parlement Européen a été abaissé à 3 % (recours devant la Cour Constitutionnelle qui a abouti à une nouvelle loi électorale)

    Un nouveau seuil qui est donc plus accessible pour les petits partis et pourrait notamment permettre aux Libéraux de sauver une poignée de sièges au PE.
    Avec les résultats du 22 septembre,on aurait la répartition suivante :
    CDU-CSU : 43
    SPD : 26
    Die Linke :9
    Verts: 8-9
    FDP : 5
    AfD : 4-5

    Mais bon, il reste encore 7 mois avant le scrutin et énormément de choses peuvent se passer…

    1. Tu as bien fait de rappeler ce point, Ploumploum…
      Faudra songer à ouvrir le forum ‘Européennes 2014″ parce que cela risque d’être intéressant…
      Vudeloin ne devait pas être tout à fait au jus de toutes les lois applicables aux européennes dans les 28 pays de l’Union :)

  3. De petits ajouts, Pullo, qui ouvrent à la réflexion aussi sûrement que l’article !
    On peut d’ailleurs se demander par quel processus autant d’électeurs (au delà de la disparition physique d’électeurs âgés) de gauche manquent aujourd’hui à l’appel.
    Le plan Hartz IV est peut être passé par là.
    Pour le coup, il va falloir sommer les secondes voix des candidats de droite des scrutins depuis 1990 et de la ventilation Unions chrétiennes FDP et autres

    1. Une infographie de Die Zeit sur les « migrations » des électeurs entre les partis estimait à 680 000 (sur 9,9 millions) le nombre d’électeurs SPD de 2009 passés du bureau de vote au cimetière, contre 1 million (sur 14,6 millions d’électeurs) pour la CDU/CSU :
      http://www.zeit.de/politik/deutschland/2013-09/waehlerwanderung-bundestagswahl-2013

      Si, entre 1998 et 2009, entre 500 et 700 000 électeurs SPD sont morts entre chaque scrutin, ça laisse beaucoup de marge pour les déçus du plan Hartz IV et/ou de la Grande Coalition…

      Pour le rapport des forces à droite, je vais me limiter comme pour la gauche aux partis représentés au Bundestag.

      En 1990, la coalition noire-jaune rassemblait 25 481 329 secondes voix (54,84% des suffrages exprimés), dont 20 358 096 (43,82%, plus de 10 points et presque 5 millions de voix de plus que le SPD) pour la CDU/CSU, et 5 123 233 (11,02%) pour le FDP. Soit une répartition 80/20 au profit des Unions chrétiennes.

      En 1994, la coalition noire-jaune rassemblait 22 775 563 secondes voix (48,34% des suffrages exprimés), dont 19 517 156 (41,43%) pour la CDU/CSU, et 3 258 407 (6,91%) pour le FDP. Soit une répartition 86/14 au profit des Unions chrétiennes.

      En 1998, la coalition noire-jaune rassemblait 20 410 343 secondes voix (41,38% des suffrages exprimés à peine 229 000 voix de plus que le seul SPD au même moment !), dont 17 329 388 (35,14%) sont allées à la CDU/CSU, et 3 080 955 (6,24%) au FDP. Soit une répartition 85/15 au profit des Unions chrétiennes.

      En 2002, la coalition noire-jaune rassemblait 22 021 456 secondes voix (45,87% des suffrages exprimés), dont 18 482 641 (38,50%, à peine 6 000 voix de moins que le SPD !) sont allées à la CDU/CSU, et 3 538 815 (7,37%) au FDP. Soit une répartition 84/16 au profit des Unions chrétiennes.

      En 2005, la coalition noire-jaune rassemblait 21 279 193 secondes voix (45,00% des suffrages exprimés), dont 16 631 049 (35,17%, 436 000 voix de plus que le SPD) sont allées à la CDU/CSU, et 4 648 144 (9,83%) pour le FDP. Soit une répartition 78/22 au profit des Unions chrétiennes.

      En 2009, la coalition noire-jaune rassemblait 20 974 595 secondes voix (48,36% des suffrages exprimés, 1,2 million de voix de plus que la gauche, autant en pourcentage qu’en 1994 mais avec 1,8 million de voix en moins), dont 14 658 515 (33,80%, pour la première fois depuis 1953, les Unions chrétiennes rassemblaient moins de 15 millions de secondes voix) pour la CSU/CSU, 6 316 080 (14,56%, maximum historique en voix comme en pourcentage) pour le FDP. Soit une répartition 70/30 au profit des Unions chrétiennes.

      En 2013 la coalition noire-jaune rassemble 20 248 979 secondes voix (46,30% des suffrages exprimés, dont 18 165 446 (41,54%) pour la CDU/CSU, et 2 083 533 (4,76%, 110 000 voix de plus auraient assuré le maintien au Bundestag…) pour le FDP. Soit une répartition 90/10 au profit des Unions chrétiennes.

      On voit que comme à gauche, il y a eu à droite dans les années 2000 une évolution du rapport de forces au profit du plus petit parti du bloc. Et on constate que depuis le milieu des années 1990 le nombre de suffrages pour le bloc noir-jaune reste relativement stable, autour des 20 à 22 millions de secondes voix.

      1. Encore un commentaire fort éclairant de notre ami Pullo sur les scrutins allemands !
        Ce qu’on constate aussi (et c’est sans doute en cela que l’élection de 2013 est historique), c’est que le mouvement qui tendait à améliorer la situation relative du FDP au sein de la coalition s’est totalement évanoui cette année, ce qui a provoqué le phénomène que nous connaissons, à savoir l’absence des Libéraux au Bundestag pour la première fois depuis 1949.
        Trop tôt sans doute pour tirer une conclusion définitive sur la disparition ou non du parti libéral mais le fait est que l’événement est d’importance.
        Notons d’ailleurs qu’en 2002, le PDS, héritier du SED est allemand et l’une des organisations fondatrices de Die Linke, avait obtenu 4,3 % des votes au niveau fédéral et s’était retrouvé presque hors du Bundestag, ne conservant que deux sièges directs à Berlin.
        La naissance de Die Linke et le temps passant, la situation a évolué, Die Linke obtenant près de quatre millions de votes en vote de circonscription en 2005 (3,8 millions environ et 8 % des suffrages), se retrouvant avec 54 élus au Bundestag.
        Le même sort n’est pas forcément à exclure pour le FDP…

  4. Petits ajouts au post de Vudeloin.

    En 1998, année de l’accession à la chancellerie de Gerhard Schröder, le poids du SPD au sein de la gauche, qui rassemblait 25 998 347 secondes voix (soit 52,71% des suffrages exprimés), était plus lourd : 20 181 269 voix (40,92%), contre 3 301 624 voix (6,69%) pour les Verts et 2 515 454 voix (5,10%) pour le PDS, ancêtre de Die Linke. Soit une répartition 77/13/10.

    En 2002, sur les 24 515 725 secondes voix (51,07% des suffrages exprimés) réunies par la gauche, le SPD avait gagné 18 488 668 voix (38,52%), les Verts 4 110 355 voix (8,56%), le PDS 1 916 702 voix (3,99%). Soit une répartition 75/17/8.

    En 2005, sur les 24 151 185 secondes voix (51,05% des suffrages exprimés) réunies par la gauche, le SPD avait gagné 16 194 665 voix (34,24%), les Verts 3 838 326 voix (8,11%), Die Linke 4 118 194 voix (8,70%). Soit une répartition 67/16/17.

    En 2009, le SPD avait réuni deux fois moins d’électeurs qu’en 1998, d’où la répartition 50/25/25 dont parle Vudeloin. L’effondrement du parti social-démocrate (qui s’est retrouvé pour la première fois depuis 1957 sous la barre des 10 millions de secondes voix) s’est répercuté sur le total des voix de gauche, qui entre 1998 et 2005 tournait autour de 25 millions, avec la majorité des suffrages exprimés.

    Enfin, on voit que seuls deux partis ont franchi la barre des 20 millions de secondes voix : la CDU-CSU en 1990, le SPD en 1998. Et que deux partis ont franchi celle des 5 millions : le FDP et Die Linke en 2009.

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