ATTRACTIVITE OU HUMANITE : TELLE EST LA QUESTION

Un cabinet d’experts réputé pour la jeunesse dynamique et le sérieux de ses consultants, appelé EY (pour Ernest and Young) vient de venir au secours du Gouvernement, empêtré depuis quelques jours dans les effets désastreux du plan de licenciements prévu chez General Electric (ex Alstom) à Belfort…

La mauvaise nouvelle dont il semble bien qu’elle ait été dissimulée à l’opinion publique pendant les quelques jours précédant le scrutin européen appelait la manipulation d’un contre feu et c’est donc EY qui, par un heureux hasard, s’en est chargé.

Ce cabinet réputé, donc, vient de rendre un rapport d’étude sur l’attractivité de la France pour les investisseurs étrangers.

Le comique de la chose, au moment où British Steel semble avoir quelques difficultés à respecter ses engagements pour Ascoval et où General Electric semble décidé à réduire les effectifs de l’usine historique d’Alstom à Belfort, serait d’autant plus achevé que le résultat de l’étude fait la une d’un grand quotidien populaire bien connu, qui fut Libéré à l’origine.

On sait de source sûre que les investisseurs étrangers sont des lecteurs assidus de ce journal appartenant désormais au groupe Louis Vuitton Moët Hennessy, détenu essentiellement par Bernard Arnault, investisseur français à l’étranger bien connu.

A la vérité, il est bien probable que les lecteurs les plus assidus de ce journal, outre sa diffusion obligée dans bien des cafés de la région Ile de France, soient plutôt les employés et ouvriers de nos investisseurs étrangers que l’inverse…

Mais baste.

L’étude d’Ernest & Young nous apprend tout de même à repérer les atouts maîtres de la France en matière d’attractivité.

Nous disposerions de certains avantages dans des domaines d’excellence (aéronautique, biotechnologies, luxe), renforcés par une forte incitation au développement de la recherche et de l’innovation, un rôle moteur dans le projet européen, des capacités touristiques variées et inégalables ainsi que des infrastructures de qualité, notamment en matière de transport mais aussi d’énergie ou de réseaux.

Mais le cabinet américain pointe également, fort heureusement, les obstacles qui peuvent freiner la décision des investisseurs étrangers de venir en France.

D’abord, la complexité administrative, et ce goût de la paperasse et du contrôle qui se retrouve notamment dans une pression fiscale excessive.

Mais aussi un code du travail par trop rigide et un droit du travail contraignant, sans oublier des relations sociales difficiles du fait des « mauvaises habitudes » en matière syndicale des travailleurs français.

Pour autant les choses s’améliorent puisque l’un des analystes, mettant en avant la popularité de Paris parmi les hommes d’affaires étrangers, souligne « Paris surfe encore sur la vague des réformes Macron qui ont envoyé des signaux favorables aux patrons ».

On se disait aussi…

Et on aura remarqué que l’analyse d’EY oublie, dans l’attractivité de la France, le facteur humain, résumant les atouts de notre pays à des réalités désincarnées.

Le facteur humain, justement, c’est plutôt ce qui pose problème, avec ce code du Travail où existent encore les 35 heures (qui n’ont jamais été totalement mises en œuvre), le SMIC et où il n’est pas encore possible, comme en Grande Bretagne, de passer des contrats « zéro heure ».

Oubli également que de constater que nos établissements scolaires et, notamment, notre appareil universitaire, malgré le peu de moyens qui lui sont laissés, produit chaque année autant de doctorants et de diplômés que de besoin.

Ce que ne dit donc pas Ernest & Young, c’est que la force de l’économie française vient, fondamentalement, des services publics qui, en bien des domaines, ont porté et portent encore les atouts essentiels de notre pays.

Il serait peut être temps de s’en rendre compte, non ?

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