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À SON TOUR, LA SUÈDE VIEILLIT…

Les récentes élections générales en Suède portaient sur le renouvellement du Riksdag (Parlement) et de ses 349 députés ; celui des Assemblées régionales (la Suède compte à ce titre 21 comtés) et celui des assemblées municipales.

Comme c’est souvent le cas dans le pays, la participation a été élevée (près de 85 % du corps électoral) et le résultat du scrutin a été marqué, jusqu’au bout ou presque, par une grande incertitude.

Les comtés du Royaume servent de circonscriptions électorales se partageant un total de 310 députés, élus selon la règle de la proportionnelle, avec attribution d’un contingent de 39 sièges au niveau national pour corriger les éventuels décalages entre représentation parlementaire et suffrages obtenus.

Une barre minimale de 4 % des votes est exigée au niveau national pour participer à la répartition des sièges ?

Elle est réduite à 3 % pour les conseils régionaux (ou Landtingval) et disparaît pour les conseils municipaux.

Le Gouvernement sortant, contrôlé par le Parti social – démocrate des travailleurs suédois, et comprenant également des élus du Parti écologiste (Miljopartiet) et du Parti de gauche (Vansterpartiet), disposait d’une majorité relative de 159 sièges sur 349, l’opposition de droite disposant elle de 143 mandats.

Le solde, en 2014, était allé aux Démocrates suédois, parti d’extrême droite, constitué un peu à l’image de ce que l’on peut observer en Europe ces temps derniers, comme avec l’AfD allemande, certains partis polonais ou italiens ou encore le Parti de la Liberté en Autriche, le Parti du peuple danois ou les « Vrais Finlandais ».

Les Démocrates suédois ont fait irruption dans le paysage politique suédois depuis les législatives 2010 qui leur ont valu d’entrer au Riksdag avec 20 députés et un peu moins de 5,8 % des votes.

En 2014, le parti a dépassé les 12 % et obtenu 49 élus au sein du Parlement.

L’un des enjeux de la campagne électorale 2018 était de savoir si ce mouvement allait lui permettre de s’installer sur le podium et de devenir, comme le prédisaient certains sondages, la deuxième force politique du pays.

La force principale du parti est, d’une certaine manière, de rompre le consensus politique sur lequel, depuis les années 30, la vie politique suédoise se définit, c’est-à-dire le niveau élevé de protection sociale accordé à l’ensemble de la population du pays, qu’il s’agisse de la santé, des retraites (même si celles-ci ont été mises en cause par l’adoption d’une réforme instituant une retraite par points « ajustable » à raison de la situation économique du pays), de l’aide aux familles et à l’éducation des enfants, de l’action contre le chômage et pour la formation, et j’en passe.

Le questionnement des Démocrates a pris une force particulière avec l’arrivée assez importante de réfugiés politiques venus de plusieurs « points chauds » de la planète ces dernières années.

Une arrivée qui a porté à près de deux millions le nombre de Suédois nés à l’étranger dont 600 000 ressortissants hors UE.

Quand on s’interroge sur les rapports de forces politiques en Suède, les données sont relativement simples.

Plus vous descendez du Nord du pays vers le Sud, plus l’influence des forces de droite et du centre est importante, à la notable exception des villes de Malmö et Göteborg qui restent encore assez nettement influencées par la social – démocratie.

Il y a au moins une explication à cela.

Les régions du Nord de la Suède sont en effet des régions où les conditions de vie sont relativement difficiles (notamment à cause du froid), et où les activités industrielles (mines, exploitation forestière et dérivés de la filière bois entre autres) sont marquées par la puissance des organisations syndicales et politiques de gauche, celles-ci ayant, bien souvent, combattu dans le passé pour obtenir de meilleurs salaires, eu égard aux conditions.

Voyons donc les résultats cette année.

Donc, le Norrland, d’abord.

Avec le comté de Botnie du Nord (capitale Lulea, environ 250 000 habitants sur le comté), nous avons 4 sièges sociaux – démocrates, 1 pour le parti de gauche (qui regroupe, entre autres, l’ancien PC suédois), 1 pour le Centre (siège pris aux sociaux – démocrates), 1 Modéré et 1 pour les démocrates suédois.

Bien qu’arrivés en tête dans toutes les communes du comté, les sociaux – démocrates ont perdu plus de 7 % des votes quand l’Alliance de la droite et du centre (Modérés, Centristes, Libéraux et Chrétiens Démocrates) en gagnait 4.

En Botnie occidentale (capitale Umea, 260 000 habitants sur le comté), la répartition des sièges est la suivante

Sociaux – démocrates 4, Parti de gauche 1, Modérés 2, Centre 1, Démocrates suédois 1.

En passant sous la barre des 40 %, les sociaux – démocrates perdent un siège au profit des Modérés.

Dans le comté du Nord Ouest (capitale Harnosand, environ 240 000 habitants), nous avons la même répartition qu’en Botnie du Nord avec une perte de six points et demi pour les sociaux – démocrates.

Dans ce comté, les démocrates suédois prennent la deuxième place du scrutin aux modérés.

Ceux-ci résistent à la poussée d’extrême droite dans la ville de Sundsvall (la plus peuplée du comté) mais sont globalement largement battus ailleurs.

Dans le Jamtland (capitale Ostersund, un peu moins de 130 000 habitants), les sociaux – démocrates ont obtenu 2 élus, contre 1 pour le Centre, 1 pour les modérés et 1 pour les démocrates suédois.

Ceux-ci, malgré une bonne résistance de l’alliance de droite et du centre sur la ville d’Ostersund et un score élevé du parti du Centre sur Are, deviennent la deuxième force politique du comté pour 88 suffrages…

Enfin, dans le comté de Gävle (capitale éponyme, environ 280 000 habitants), les sociaux – démocrates obtiennent trois élus, pour un au Parti de gauche, deux modérés et deux Démocrates suédois.

Soit un siège de moins pour les sociaux – démocrates, un de perdu aussi par les écologistes qui perdent ainsi toute représentation au Nord du pays et le maintien des forces de droite.

Le bloc de gauche est à 45,6 % au lieu de 50 % quand l’Alliance droite et centre passe de 31,1 à 33,7 % et les Démocrates suédois de 16 à 19,6.

Les SD se retrouvent en deuxième position sur le comté.

A tel point que plusieurs quartiers de la capitale du comté leur accordent la première place.

Après la Région Nord, passons au Centre du pays, le Svealand.

Dans le comté de Dalécarlie (capitale Falun, environ 280 000 habitants), les sociaux – démocrates restent en tête avec 3 élus, le Parti de gauche en obtient 1, les chrétiens démocrates et le Centre 1 chacun et les Modérés et les SD deux chacun.

Le comté, même si les sociaux – démocrates gardent la première place, donne 35,4 % au bloc de centre droit, contre 41,4 % au bloc de gauche qui perd un siège social – démocrate et le siège écologiste contre un gain pour les chrétiens démocrates.

Dans le comté de Vastman (capitale Vasteras, environ 310 000 habitants), le processus est proche, avec 3 sociaux – démocrates, 1 parti de gauche, 1 libéral, 1 Chrétien démocrate, 2 modérés et 2 SD.

Les sociaux – démocrates perdent un siège au profit des chrétiens démocrates.

Dans le comté d’Orebro (capitale éponyme, environ 300 000 habitants), les écologistes ont finalement conservé leur député au détriment du parti social – démocrate.

Pour le reste, élection de 3 sociaux – démocrates, 1 parti de gauche, 1 chrétien démocrate, 1 libéral, 2 modérés et 2 Démocrates suédois.

La poussée de ceux-ci les place deuxième force politique du comté, et même en tête dans plusieurs bureaux de vote du chef lieu.

Dans le comté de Varmland (capitale Karlstad, environ 320 000 habitants), nouvelle poussée de l’extrême droite, progressant de plus de cinq points, contre une baisse d’autant du bloc de gauche et une progression limitée (sous les deux points) de la droite et du centre.

Les sociaux – démocrates se retrouvent avec 3 élus au lieu de 5, accompagnés par un Parti de gauche, un chrétien démocrate, un centriste, deux modérés et deux Démocrates suédois.

Les écologistes perdent également un élu et ce sont les chrétiens démocrates et les SD qui gagnent chacun un siège.

Dans le comté d’Uppsala, structuré autour de la grande ville universitaire, gauche et centre droit sont quasiment à égalité.

95 899 voix pour le bloc de gauche, 96 198 voix pour l’alliance de centre droit.

Une telle situation conduit à l’élection de 4 sociaux – démocrates (un siège gagné), un Parti de gauche et un écologiste, mais aussi d’un démocrate chrétien, d’un centriste, un libéral et deux modérés, tandis que deux sièges échoient aux Démocrates suédois.

Passons au comté de Sudermanie (capitale Eskilstuna) qui place en tête des sociaux – démocrates affaiblis.

Le bloc de gauche atteint 41,8 %, celui de centre droit 37,5 % avec une première place pour les modérés dans deux communes proches de la capitale.

En termes de sièges, quatre élus à gauche (3 sociaux démocrates et un Parti de gauche) avec deux pertes (1 social – démocrate, 1 écologiste) ; un centriste, un démocrate chrétien et deux modérés (les deux premiers en plus, les modérés avec un siège de moins) et deux démocrates suédois.

Nous voici dans le comté de Stockholm, élisant rien moins que 75 députés, eu égard à l’importance de sa population.

Il s’agit, finalement, du seul comté accordant la première place aux modérés.

Encore faut il relever que ceux ci ont perdu plus de six points en pourcentage et devancent les sociaux – démocrates de 11 063 suffrages sur l’ensemble du comté.

Mais ceux – ci sont devant les modérés de 11 721 suffrages sur la seule ville de Stockholm.

La capitale vote plus à gauche que l’ensemble du comté, avec 259 011 voix, contre 253 111 pour le bloc de centre droit.

Les SD se retrouvent avec 56 919 votes.

La ville connaît une plus grande diversité d’influence.

Le secteur de Bromma – Kungsholm donne une nette majorité au bloc de centre droit avec 57,9 %, contre 32,7 % aux quatre partis de gauche.

A l’inverse, le secteur de Södermalm Enskede donne 52,2 % des voix au bloc de gauche contre 38,2 % à l’Alliance.

Et celui de Vastra Söderort 54,1 % contre 34,9 % pour l’Alliance.

Pour les personnes peu familiarisées avec le suédois et la géographie de la capitale du Royaume, on rappellera que les fiefs de la droite et du centre sont les districts de Bromma, Kungsholm, Norrmalm, Ostermalm et Gamla Stan (vieille ville), partie du district de Södermalm.

Il s’agit, de manière générale, des districts «historiques » de la capitale suédoise, avec notamment le chapelet d’îles abritant l’Hôtel de Ville, le Palais Royal, le musée Vasa, le jardin Royal (dont le quartier est le lieu des manifestations du Premier Mai), le musée du Moulin de Skansen, la gare centrale, etc, etc…

A contrario, dans le district de Skärholmen, composé essentiellement de logements sociaux des années 60 et 70 et très largement peuplé d’immigrants, la gauche obtient des scores élevés.

Ce sont des scores de 68,6 % dans le bureau 1, 75,1 % dans le bureau 2, 75,7 % dans le bureau 10, 76,5 % dans le bureau 19.

Skarpnäck, district du Sud de la capitale, constitué notamment de cités de logements sociaux, les scores de la gauche atteignent 72,2 % dans le bureau 1, 75,3 % dans le bureau 2 (où le Parti de gauche arrive en tête avec 31 % des votes), 72,2 % dans le bureau 11, entre autres résultats.

Pour l’ensemble des autres municipalités du comté, le bloc de gauche est à 268 516 suffrages, quand l’alliance de centre droit est à 376 717 voix et les SD à 118 620 voix.

Les scores de la droite et du centre sont singulièrement élevés dans les communes huppées de la banlieue de la capitale comme Danderyd (8 482 voix Modérés contre 1 629 pour les sociaux démocrates, devancés dans cette municipalité par les trois autres partis de droite et du centre comme par les SD), Lidingo (10 670 votes Modérés contre 3 678 Sociaux démocrates) ou encore Taby (15 883 votes Modérés contre 6 194 Sociaux démocrates).

Danderyd et Lidingo (et surtout la première) se situent, faut il le préciser, en tête des municipalités suédoises pour le revenu.

Elles se situent toutes les deux, par ailleurs, dans le « Grand Stockholm », agglomération de plus de 2,3 millions d’habitants en tête des agglomérations du pays.

La majorité des communes de l’agglomération place en tête le Parti Social- Démocrate, mais le parti Modéré conserve des positions importantes, outre celles déjà notées comme Taby (commune de plus de 70 000 habitants), Sollentuna (plus de 72 000 habitants) ou Nacka (plus de 100 000 résidents) ou une ville plus moyenne comme Vallentuna (un peu moins de 34 000 habitants).

Dans les quatre cas, les Modérés subissent une réduction de leur score : – 8,4 % à Nacka avec + 4,2 % pour les SD et 5,9 % pour le Centre ; – 8 % à Sollentuna (même évolution parallèle des SD et du Centre) ; – 9,3 % à Taby et – 8,1 % à Vallentuna où les SD, en hausse de plus de six points, arrivent en tête dans deux bureaux de vote.

De fait, de manière générale, la perte d’influence des Modérés accompagne la poussée des Démocrates suédois, l’ensemble des forces de gauche ayant tendance à progresser sur le comté.

En effet, sur les 75 sièges en répartition, la gauche en obtient 31, progressant de 3 mandats quand l’Alliance en obtient 34, soit 3 de moins.

Les SD décrochent 10 élus, soit quatre de mieux.

Pour le Parlement national, la progression de la gauche est suffisante pour lui assurer la majorité relative dont elle dispose finalement…

Car la balance s’arrête à 144 députés de gauche, face à 143 élus de droite et du centre, et 62 membres des Démocrates suédois.

La suite dans un prochain article.

Nous sommes désormais en présence des comtés du Sud, c’est à dire le Gotaland, en version originale ou le « pays des Goths » en version française.

Cette partie du pays compte les villes de Göteborg et Malmö, et bien d’autres cités d’une certaine importance comme Kalmar, Jonköping ou Norrköping, Helsingborg ou encore Linköping.

Le climat plus favorisé du Sud de la Suède semble plus attirant pour le vote de droite et du centre.

En 2014, les comtés du Gotaland avaient élu 68 députés du bloc de gauche (51 sociaux-démocrates, 11 écologistes et 6 Parti de gauche), 71 députés de l’Alliance de centre droit (40 Modérés, 12 centristes, 10 Libéraux et 9 Chrétiens démocrates) et 28 députés Démocrates suédois.

Deux municipalités de Scanie (Sjobo et Hörby, dont les télévisions d’Europe ont fait leur beurre pour parler de la poussée d’extrême droite en Suède) avaient placé les SD en tête du scrutin.

Cette année, le bloc de gauche obtient 64 élus, mais avec 45 sociaux – démocrates, 11 Parti de gauche et 8 écologistes contre 69 de centre droit (dont 33 Modérés, 13 Chrétiens démocrates, 13 centristes et 10 Libéraux) et 35 élus Démocrates suédois.

La progression de l’extrême droite lui donne la première position dans trente deux municipalités dont vingt et une pour la seule Scanie.

Dans ce comté, l’un des plus peuplés du pays (1,3 million d’habitants), connu pour ses richesses agricoles et ses activités industrielles (construction navale, construction, entre autres), les Démocrates Suédois ont ainsi réussi à arriver en tête dans les deux villes de Kristianstad et Trelleborg, où les Sociaux – démocrates ont subi un net recul de leur influence.

Ceux – ci ont préservé leur première place dans les autres villes comme Malmö, Lund, Landskrona ou Helsingborg.

Les fiefs des SD ont confirmé leur choix lors du scrutin législatif.

Sjobo leur a donné 39,6 % des votes, loin devant les Modérés (18,2%) et les Sociaux – démocrates (19,1%) tandis qu’Horby a voté SD à 35,6 % (19,4 % pour les sociaux – démocrates et 17,3 % pour les modérés).

Mais les SD dépassent également les 38 % sur Bromölla, où les sociaux – démocrates arrivent en deuxième position avec 31 % et une  perte de 7 %…

A noter aussi les 23,7 % atteints par les SD dans la municipalité de Vellinge, pourtant classée 3e du pays pour le niveau de vie et le revenu de la population résidente après Danderyd et Lidingo, dont nous avons déjà parlé.

Un regard sur la carte de la région permet de constater que les SD ont littéralement trusté les suffrages dans l’ancien comté de Kristianstad qui, avec celui de Malmö, compose désormais la Scanie.

En Gothie occidentale (région de Göteborg), le deuxième comté du pays pour la population (après celui de Stockholm), quelques résultats attirent l’attention.

Celui de la capitale du comté d’abord, où les sociaux – démocrates reprennent la première place aux modérés, avec une gauche à 44,8 %, un bloc de droite et du centre à 39,7 % et des Démocrates suédois à 13,5 %.

L’avance des sociaux – démocrates est de 13 870 voix sur les modérés et le Parti de gauche devance de 1 812 voix les Démocrates suédois.

En 2014, les Modérés étaient arrivés en tête, avec 601 voix devant les Sociaux – démocrates et les SD devançaient le Parti de gauche de 968 suffrages.

Le scrutin législatif a confirmé, par ailleurs, l’implantation de la gauche dans certains secteurs de la ville comme Angered (où des bureaux voient les forces de gauche atteindre 69 % des votes, voire plus de 70 %), Majorna-Linné (où le Parti de gauche frise parfois les 30 %) ou certains secteurs de Hisingen.

Au conseil municipal de Goteborg, le bloc de gauche et les féministes obtiennent 38 élus, contre 24 pour le centre droit, 7 pour les démocrates suédois et 14 pour les « démocrates », un nouveau groupe constitué par des dissidents des Modérés, du parti écologiste et du parti social – démocrate.

On notera, pour le scrutin législatif, que la performance de la gauche sur Goteborg lui donne une bonne partie du bonus observé sur l’ensemble de la Gothie occidentale.

Le bloc de gauche pèse en effet 424 023 votes sur l’ensemble du comté (on pourrait dire 429 600 avec les voix de l’initiative féministe) contre 426 230 voix pour l’Alliance de droite et du centre et 185 240 suffrages pour les SD.

Hors Goteborg, les quatre formations de gauche réunissent 275 730 voix contre 294 480 pour l’Alliance et 143 028 pour les SD.

La gauche garde des positions, quoique précarisées, sur Boras ou Trollhattan (où elle conserve la majorité absolue avec 31 élus sur 61) tandis que Skovde reste orienté à droite.

Les autres comtés du Sud de la Suède, comme nous l’avons souligné, ont plutôt accordé leurs faveurs aux forces de droite et du centre comme aux Démocrates suédois.

45,8 % pour l’Alliance dans le comté de Halmstad (et 6 députés sur 13) ; 40,8 % en Gothie de l’Est (et 6 élus sur 16) entre autres exemples.

Dans le comté de Blekinge (capitale Karlskrona, un peu plus de 150 000 habitants), le Parti social – démocrate reste en tête avec 31,4 % mais cède 5,75 % sur l’élection précédente.

Une des cinq communes du comté place les SD en tête et les pertes enregistrées par les sociaux – démocrates semblent alimenter directement les Démocrates suédois.

A Olofstrom, les sociaux – démocrates perdent ainsi 785 voix, quand les Modérés en laissent 121 en route et que les Démocrates suédois en gagnent 805.

A Karlskrona, les sociaux – démocrates abandonnent 2 676 votes, et les Modérés perdent 714 suffrages.

Le Parti de gauche progresse de 504 voix quand les Démocrates suédois gagnent, pour leur part, 2 950 suffrages.

Dans le comté de Kalmar, où la gauche conserve la tête avec 40,5 % contre 38 % pour l’Alliance, la poussée des SD est réelle avec 20,6 % et la première place dans la commune de Torsas.

Même si c’est pour quatre voix devant les sociaux – démocrates.

Lors du scrutin de 2014, les SD avaient …600 voix de retard sur les sociaux – démocrates.

Notons cependant que les SD sont arrivés en troisième position, dans la même commune, lors du scrutin municipal.

Ils n’y ont même obtenu que sept voix de plus que leur score 2014 aux législatives…

Les scrutins locaux tenus le 9 septembre en Suède, en même temps que le scrutin législatif, ont eu des résultats différents.

Pour les régionales, en 2014, la gauche dans son ensemble avait obtenu 46,3 % des votes et 830 élus ; l’Alliance avait recueilli 39,3 % et 645 sièges et les Démocrates suédois 9,1 % et 161 sièges.

Enfin, des partis locaux avaient obtenu 42 sièges.

Pour l’heure, les résultats sont très partiels et ne se prêtent aucunement à quelque interprétation que ce soit.

Pour les scrutins des 290 communes de Suède, les données sont également partielles.

En Botnie du Nord, le parti social – démocrate arrive en tête dans douze municipalités mais perdrait la municipalité de Kiruna, fief assez emblématique du Parti.

Peu d’indications dans les comtés de Botnie Occidentale et du Nord Ouest.

Les sociaux – démocrates sont en tête dans les cinq communes du Jämtland dont les résultats ont été dépouillés.

Le jeu des alliances sera déterminant pour la suite.

Peu d’éléments dans le comté de Gävle, sinon que le chef lieu donne pour l’heure la première place aux sociaux – démocrates, avec un scrutin marqué par une perte d’influence des Modérés au profit des Démocrates suédois.

En Dalécarlie, les sociaux – démocrates apparaissent souvent en première position, mais les scores de leurs potentiels alliés de gauche semblent insuffisants pour leur permettre de rafler la direction des municipalités.

Dans le Värmland, seule la commune de Filipstad est connue.

On y constate un progrès social – démocrate et une perte d’influence des Démocrates suédois.

Ils y obtiennent 535 voix de moins qu’aux législatives quand les Modérés en ont 670 de plus.

Dans le comté d’Orebro, trois communes ont fini leur dépouillement.

Askersund place en tête les sociaux – démocrates avec 32,8 % des voix, devant les Modérés et les SD.

Les 33 élus de la municipalité ont été répartis ainsi : 8 Modérés, 3 Centristes, 1 Libéral, 2 Démocrates – chrétiens, soit 14 élus ; 10 Sociaux – démocrates, 2 Parti de gauche, 1 Ecologiste, soit 13 élus ; 5 Démocrates suédois et 1 divers.

C’est là une perte sèche pour la gauche, puisque la municipalité sortante comptait 17 élus sur 33.

Degerfors confirme, pour les municipales, une inclinaison fortement à gauche avec 11 élus pour le Parti de gauche et 9 pour les Sociaux – démocrates sur les 31 membres de l’Assemblée.

Les deux listes de gauche dépassent les 65 %.

Enfin, Orebro, le chef lieu, a placé en tête les sociaux – démocrates, avec 32 % des votes, loin devant les Modérés (17,6 %).

Parmi les 65 élus du conseil municipal, le bloc de gauche en obtient 29, l’Alliance 28, 6 allant aux SD et les deux derniers allant à la liste de l’Orebro partiet, qui se définit comme parti de gauche « ouvert ».

Les sociaux – démocrates peuvent – ils garder la main sur la municipalité ?

Dans le Västmanland, les dix communes placent les sociaux – démocrates en tête mais aucune répartition de sièges n’a encore été validée.

Pour le reste du pays, nous devrons attendre…

 

 

 

 

REVENU UNIVERSEL D’ACTIVITÉ : UNE NOUVELLE ATTAQUE DES DROITS DES SALARIÉS ?

Force est de constater que le Plan pauvreté annoncé par le Président de la République présente une contradiction fondamentale.

Celle qui veut que le discours tenu pour en décrire le contenu était inversement proportionnel aux mesures qu’il recouvre. Continuer la lecture de REVENU UNIVERSEL D’ACTIVITÉ : UNE NOUVELLE ATTAQUE DES DROITS DES SALARIÉS ?

Plan pauvreté : un pauvre plan plan plan

 

On allait voir ce que l’on allait voir !

« Virage social », « avancée sur la jambe gauche «  de la politique gouvernementale, plus prosaïquement tentative de reconquête et/ou d’accrochage des électeurs de gauche et singulièrement socialistes séduits z’et apeurés du printemps 2017, le Plan Pauvreté, annoncé à grands coups de trompe par les media écrits comme audiovisuels, allait bouleverser la donne.

Et là, patatras !

Les enquêtes sociologiques plus ou moins fiables attestent d’un niveau de pauvreté frappant les populations et concernant environ 9 millions de nos compatriotes, du berceau au grand âge.

Le Plan annoncé par le Président de la République lui-même atteint, pour les quatre ans à venir, la somme considérable de 8 milliards d’euros.

Deux opérations arithmétiques simples, effectuées sous le contrôle de Me Blanquer, huissier du participe passé rue de Grenelle, permettent donc de définir que nous allons consacrer, en moyenne, un peu plus de 220 euros par an et par « pauvre », ledit pauvre étant, jusqu’à plus ample informé, un être humain (d’abord et avant d’être un objet statistique) dont le quotidien l’amène à tirer le diable par la queue, selon l’expression bien connue.

Si on considère une troisième division, on aboutit à un effort considérable de moins de vingt euros par mois.

Quelques – unes des mesures d’ores et déjà annoncées (extension de la garantie jeunes, effort pour la formation des 16 – 18 ans sortis du système scolaire, démarche sur les modes de garde) ne vont aucunement dans le mauvais sens mais elles ne caractérisent pas le moins du monde une originalité quelconque.

Ainsi, l’insertion sociale et professionnelle des jeunes de 16 à 18 ans qui est l’un des problèmes récurrents de notre société, était au cœur du dispositif du Plan Rigout de …1982 ( !) qui avait couvert le pays de permanences d’accueil et de missions locales destinées aux jeunes de cette tranche d’âge, tout en développant un appareil de formation multiforme (avec une forte implication des établissements scolaires et des collectivités locales) facilitant le développement en grand de la pédagogie de l’alternance, aujourd’hui très largement éprouvée.

Et ce, à tous niveaux de formation initiale !

La somme engagée par le Gouvernement peut donc paraître importante mais elle souffre en réalité de la comparaison.

Les 8 Mds d’euros du plan pauvreté sont à mettre en regard des 4,5 Mds que l’augmentation de la CSG a permis de récupérer sur les retraites (sans contrepartie), comme des 2 Mds d’allocation logement que le budget 2018 a « récupérés ».

Ou d’une somme évaluée entre 1,2 et 1,4 Md d’euros que la mise en œuvre de la retenue à la source va permettre de récupérer sur des allocations logement déjà amputées, grâce au recours à la »contemporanéité »des ressources prises en compte par les CAF.

Et l’on ne peut s’empêcher de comparer les sommes ainsi consacrées au plan pauvreté avec les 2 Mds annuels (au moins) qui vont, depuis l’instauration du prélèvement forfaitaire libératoire sur les revenus du capital, dans la poche des personnes sollicitant ce dispositif.

Ou avec les 5,5 Mds que l’Etat a renoncé à percevoir en supprimant l’impôt de solidarité sur la fortune…