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APRES LA VALISE AUX ELECTIONS, VALOCHE ET CHARLOTTE SE FONT LA MALLE !

Moins de 10 % des votes pour les uns et un petit 6,3 % pour les autres, avec dans un cas deux millions de votes très éloignés des 7,3 millions de François Fillon et de l’autre moins d’un million et demi au lieu de plus de 7 millions, on comprend que cela pose un scrutin d’une manière pas vraiment attendue.

Dans le premier cas, il s’agit de l’Union de la Droite et du Centre qui avait rajeuni ses candidats comme pour mieux épargner, de façon prémonitoire, les cadres plus âgés tout en restant encore relativement jeunes des foudres d’un résultat qui ne s’annonçait pas bon mais dont le caractère final a constitué tout de même la grosse surprise du scrutin européen.

Il serait presque fastidieux de se pencher sur les résultats les plus calamiteux de la liste Bellamy mais rappeler que le 8,26 % de  Marseille (ville gérée par la droite depuis 1995), les 9,41 % de Limoges (ville gagnée par la droite en 2014), les 9,02 % de Bordeaux (ville gérée par la droite depuis…) et les 10,18 % de Paris sont autant de performances piteuses qui interrogent sur le devenir du principal parti de droite jusqu’alors, à savoir Les Républicains.

C’est donc à une crise notoire que se trouve confrontée la droite française qui semble, en fait, avoir perdu le fil avec les couches sociales et les électorats qu’elle est censée rassembler sur ses candidats, à savoir familles favorisées, plutôt diplomées et âgées et disposant de situations professionnelles enviables.

Le désamour était déjà apparu avec le vote de 2017 et le ralliement d’une bonne part de l’électorat de droite au vote Macron, le programme du candidat »central » pouvant fort bien, en bien des points, séduire un électorat de droite pourtant présumé acquis.

Quelques oublieux qui se sont surpris du score de la liste En Marche à Paris (245 000 voix environ et 33%) devraient se souvenir qu’en 2017, Emmanuel Macron avait obtenu 375 000 suffrages dans la capitale (34,8%)…

Et quand on passe de 285 000 suffrages Fillon à un peu plus de 75 000 bulletins Bellamy, nul doute que le problème est réel.

Alors, dans cette affaire, le départ de Valérie Pécresse, dite « Valoche », est significatif de la situation.

L’intéressée se replie en quelque sorte sur l’action locale (elle est toujours Présidente de la Région Ile de France) pour y trouver matière à refonder un parti dont elle ne semble pas pouvoir mener la reconstruction «de l’intérieur ».

Il faut dire que la seule lecture du site des Républicains suffit à comprendre l’ampleur des maux puisque les liens avec les Fédérations, par exemple, une fois visionnée la jolie photo introductrice , n’offrent aux militants ou sympathisants rien de plus que les coordonnées fédérales, sans la moindre trace de l’activité même du parti.

On voit très bien dès lors ce que Valérie Pécresse qualifie de « parti cadenassé » depuis l’intérieur.

Et on peut la comprendre, d’autant qu’elle joue sur du velours…

Parce que, même si ce qui reste des Républicains est en compétition avec En Marche sur ce créneau, un nouveau parti de la droite et du centre, libéral et social, ne va pas manquer d’émerger pour représenter un courant d’idées de toutes manières présent dans l’opinion publique.

Pour la France Insoumise, la problématique du déclin électoral est aussi forte que pour Les Républicains et tout laisse penser que les élections municipales de 2020 devraient consacrer l’échec du projet politique lancé par Jean Luc Mélenchon.

L’alliance avec le PCF, dans le Front de Gauche, avait connu quelques succès initiaux marqués entre autres par un score très honorable lors du scrutin présidentiel de 2012 (11,1%) et plus encore lors de celui de 2017 (19%) même si les relations avec les communistes s’étaient déjà détériorées.

La chute est sévère et la bonne volonté de Manon Aubry n’y aura pas changé grand chose.

La liste de la FI s’est retrouvée à 6,3 % et un nombre de voix supérieur de …200 000 à celui de la liste du Front De Gauche…

Le mouvement que constitue la FI est donc en phase de décrue et j’estime même qu’il est appelé à disparaître, une fois tombées certaines des illusions qu’il continue d’entretenir.

Le départ d’un certain nombre de cadres historiques du mouvenent se trouve en quelque sorte souligné par la prise de position de Charlotte Girard, l’une des «voix » des meetings de la FI et par ailleurs veuve de François Delapierre, en qui Mélenchon voyait son « fils spirituel »…

Tout se passe comme si le mouvement était aussi fermé et cadenassé que Les Républicains et que cette sorte de rétrécissement idéologique et politique ne concluait à la perte de sens.

Sur le flanc gauche de l’opinion, il y a de la place pour des partis et mouvements divers.

La France Insoumise me semble désormais dans l’incapacité à incarner la pensée de gauche dans ce pays.

ATTRACTIVITE OU HUMANITE : TELLE EST LA QUESTION

Un cabinet d’experts réputé pour la jeunesse dynamique et le sérieux de ses consultants, appelé EY (pour Ernest and Young) vient de venir au secours du Gouvernement, empêtré depuis quelques jours dans les effets désastreux du plan de licenciements prévu chez General Electric (ex Alstom) à Belfort…

La mauvaise nouvelle dont il semble bien qu’elle ait été dissimulée à l’opinion publique pendant les quelques jours précédant le scrutin européen appelait la manipulation d’un contre feu et c’est donc EY qui, par un heureux hasard, s’en est chargé.

Ce cabinet réputé, donc, vient de rendre un rapport d’étude sur l’attractivité de la France pour les investisseurs étrangers.

Le comique de la chose, au moment où British Steel semble avoir quelques difficultés à respecter ses engagements pour Ascoval et où General Electric semble décidé à réduire les effectifs de l’usine historique d’Alstom à Belfort, serait d’autant plus achevé que le résultat de l’étude fait la une d’un grand quotidien populaire bien connu, qui fut Libéré à l’origine.

On sait de source sûre que les investisseurs étrangers sont des lecteurs assidus de ce journal appartenant désormais au groupe Louis Vuitton Moët Hennessy, détenu essentiellement par Bernard Arnault, investisseur français à l’étranger bien connu.

A la vérité, il est bien probable que les lecteurs les plus assidus de ce journal, outre sa diffusion obligée dans bien des cafés de la région Ile de France, soient plutôt les employés et ouvriers de nos investisseurs étrangers que l’inverse…

Mais baste.

L’étude d’Ernest & Young nous apprend tout de même à repérer les atouts maîtres de la France en matière d’attractivité.

Nous disposerions de certains avantages dans des domaines d’excellence (aéronautique, biotechnologies, luxe), renforcés par une forte incitation au développement de la recherche et de l’innovation, un rôle moteur dans le projet européen, des capacités touristiques variées et inégalables ainsi que des infrastructures de qualité, notamment en matière de transport mais aussi d’énergie ou de réseaux.

Mais le cabinet américain pointe également, fort heureusement, les obstacles qui peuvent freiner la décision des investisseurs étrangers de venir en France.

D’abord, la complexité administrative, et ce goût de la paperasse et du contrôle qui se retrouve notamment dans une pression fiscale excessive.

Mais aussi un code du travail par trop rigide et un droit du travail contraignant, sans oublier des relations sociales difficiles du fait des « mauvaises habitudes » en matière syndicale des travailleurs français.

Pour autant les choses s’améliorent puisque l’un des analystes, mettant en avant la popularité de Paris parmi les hommes d’affaires étrangers, souligne « Paris surfe encore sur la vague des réformes Macron qui ont envoyé des signaux favorables aux patrons ».

On se disait aussi…

Et on aura remarqué que l’analyse d’EY oublie, dans l’attractivité de la France, le facteur humain, résumant les atouts de notre pays à des réalités désincarnées.

Le facteur humain, justement, c’est plutôt ce qui pose problème, avec ce code du Travail où existent encore les 35 heures (qui n’ont jamais été totalement mises en œuvre), le SMIC et où il n’est pas encore possible, comme en Grande Bretagne, de passer des contrats « zéro heure ».

Oubli également que de constater que nos établissements scolaires et, notamment, notre appareil universitaire, malgré le peu de moyens qui lui sont laissés, produit chaque année autant de doctorants et de diplômés que de besoin.

Ce que ne dit donc pas Ernest & Young, c’est que la force de l’économie française vient, fondamentalement, des services publics qui, en bien des domaines, ont porté et portent encore les atouts essentiels de notre pays.

Il serait peut être temps de s’en rendre compte, non ?