Archives de catégorie : E.Macron

FASHION WEEK A RALLONGE A PARIS : LE JAUNE EST TENDANCE

On pourrait s’étonner du silence relatif de ce site depuis plusieurs mois, d’autant que l’actualité continue d’offrir son lot de sujets de réflexion.

Mais il se trouve que, quelque peu fidèles à une certaine ligne de conduite, nous avons fait le choix du recul pour mieux appréhender la globalité des choses, une fois que les faits auraient commencé de livrer leur vérité.

Au début, en apparence, il n’y a pas grand-chose.Comme nous n’avons guère de vendeurs de bananes à la sauvette dans les rues de nos villes (tout au plus trouve t-on dans certains quartiers de la capitale et de banlieue des cartes téléphoniques prépayées et des cigarettes de contrebande), c’est autour du prix de l’essence, devenu excessif au regard de la capacité financière de nombreux automobilistes, que s’est polarisé, dans un premier temps, ce que l’on a appelé (et qu’on appellera sans doute encore quelques années) le « mouvement des gilets jaunes ».

De la couleur fluo de ces vêtements à la coupe sommaire ; destinés à éviter qu’un conducteur en panne ne se fasse hacher menu par un autre, en situation de rouler, il n’y a pas grand-chose à dire.

Le fait qu’une partie des gilets jaunes portés dans l’Hexagone soit fabriquée Outre Quiévrain ne change pas grand-chose, sinon de permettre à nos voisins wallons et flamands de disposer d’un outil de « ralliement » de leur propre colère avec les voisins fransquillons…

Objet destiné à la Sécurité routière, donc, le gilet jaune a même été porté par Karl Lagerfeld, il y a plus de dix ans, quand il est devenu obligatoire (merci Nicolas Sarkozy !) et que le défunt designer de Chanel avait tenté de lancer une ligne de vêtements avec.

Notons donc rapidement, première ironie de l’Histoire, que l’objet de sécurité (se faire voir pour éviter les ennuis) est devenu un instrument d’insécurité et ce, à double titre.

sUn, parce que chaque manifestation des « gilets jaunes » a été comparée, toutes proportions gardées, par les grands médias d’information au passage probable d’une horde de Huns au cœur des villes, obligeant au déploiement de forces policières fort sollicitées et à des mesures de précaution faisant la part belle aux menuisiers spécialisés dans la protection des vitrines commerciales.

Deux, parce que participer à une des manifestations du mouvement, qu’il s’agisse de l’occupation statique des rond- points directionnels dont toutes les entrées de villes sont désormais pourvues ou de défilés plus conséquents dans les rues et villes évoquées dans le paragraphe précédent, c’est exposer à la vindicte policière, faite de jets continus de grenades lacrymogènes, d’interpellations par rafales, d’usages quasi incontrôlés de la force et des lanceurs de balles de défense, de recours à la garde à vue en masse, et de maintes formes de vexations et d’intimidations diverses, allant du bris de lunettes au refus de confier à l’expertise d’un médecin l’examen du crâne fendu d’un manifestant…

Les chiffres sont éloquents.

Selon le sous Ministre de la Sécurité Publique, Laurent Nunez, il y avait eu, avant les manifestations de ce dernier week-end, plus de 2 200 blessés parmi les manifestations, 1 500 au sein des forces de maintien de l’ordre (quel ordre ?), et rien moins que 13 500 tirs de lanceurs de balles de défense, soit les deux tiers de l’usage de ces armes dites « non létales » sur l’année 2018 !

Après les premières démonstrations de l’année 2018, plus de 5 000 gardes à vue avaient été effectuées et l’activité des tribunaux s’est particulièrement polarisée sur les comparutions immédiates Imposées aux « gilets jaunes » pour aboutir, le plus souvent, à des relaxes ou de simples mesures dites de « rappel à la loi » sans autres poursuites.

Une telle débauche de mesures policières, administratives et judiciaires (même si les tribunaux semblent assez peu enclins à suivre aveuglément les recommandations du Gouvernement en la matière) est rendue possible par une évolution de notre législation, votée par les députés d’En Marche et leurs affidés du Modem, et pour une part non négligeable de la droite, par intégration des critères de l’état d’urgence dans le droit ordinaire.

Nous avons connu deux phases d’application de cet état d’urgence, il y a quelques années, dans le cadre des « émeutes de banlieue » et, plus près de nous, suite à la vague terroriste qui avait conduit entre autres au drame de Charlie Hebdo et à la tuerie du Bataclan et les conditions très particulières de maintien de l’ordre qui avaient alors été mises en œuvre ont été, de fait, banalisées.

Sans, soit dit en passant, que les faits générateurs de ces événements aient été compris à leur juste mesure.

Loin de là, même, puisque le racisme ordinaire continue d’animer l’activité de nos commissariats avec 20 000 plaintes annuelles pour injures à caractère raciste ou xénophobe et 25 000 pour menaces de même nature…

Les maux de la société sont donc une réalité qui a sans doute besoin d’être traitée comme il convient.

Car, de maux, c’est bien ce dont il s’agit quand on s’intéresse aux gilets jaunes.

C’est un mal vivre généralisé, multiforme, faits de désespoir, d’aigreurs, de frustration qui vient à s’exprimer.

Même lorsque les météoritiques leaders du mouvement affectent de parler aux médias avec conviction, solennité ou une apparente détermination, c’est toujours ce qui ressort au fond.

Ce mal vivre qu’il convient de regarder dans les yeux et les faits, et par delà les paravents des conventions sociales de communication.

Un mal vivre que nous allons aborder dans un autre article et contre lequel toutes les législations « anti casseurs » se casseront les dents, comme toujours…

MACRON TIENT SES PROMESSES : LE BUDGET 2018 EST PARFAITEMENT INEGALITAIRE !

Comme vous n’êtes pas sans savoir que la politique menée par Emmanuel Macron et son Gouvernement n’a jamais éveillé mon enthousiasme pourtant naturel, il vous aurait sûrement paru surprenant que  les annonces relatives à la première loi de finances produite par cette équipe provoquassent en moi la moindre jubilation.

A dire vrai, je dois reconnaître que je me suis surpris à lire ce que contiennent les articles de ce texte, par ailleurs présenté comme
« sincère » par l’aréopage d’experts comptables en finances publiques que constitue le Haut Conseil des Finances Publiques.

Les militants d’En Marche, pour peu qu’il en reste ou que vous en connaissiez autour de vous (n’ayez surtout pas peur d’en photographier quelques uns, puisque leur nombre est appelé à se réduire, à mon humble avis), vous diront qu’au moins, leur Président tient ses engagements et qu’il avait annoncé la couleur pendant la campagne électorale.

Mouais, quoique je pourrais d’entrée faire remarquer que la proposition de suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune avait subtilement disparu des propositions phare des derniers tracts de campagne

Il faut dire qu’il est tout de même difficile de laisser penser qu’un impôt rapportant 5,5 milliards d’euros constituât le moindre obstacle à la réalisation d’investissements en capital dans les entreprises de quelque chose comme 330 000 contribuables dont le patrimoine global dépasse désormais les 1 000 milliards d’euros, c’est à dire plus, faut il le souligner, que les actifs matériels et financiers inscrits au « bilan de l’Etat ».

Une disparition qui, soit dit en passant, avait alors une bonne raison : supprimer l’ISF est une idée qui rencontre, de manière systématique, la plus large désapprobation publique, parce qu’il se trouve que les Françaises et Français ont une conception pour le moins aiguë de l’égalité, l’une des trois valeurs cardinales de notre République.

De ce point de vue, force est de constater que l’égalité est pour le moins malmenée dans la loi de finances 2018.

Outre la disparition de l’ISF et son remplacement par un impôt sur la fortune immobilière qui va faire payer les cadres parisiens devenus propriétaires de leur logement à la fin de leur carrière et épargner les administrateurs de sociétés milliardaires (l’affaire devrait coûter 3,2 Mds d’euros en net pour les comptes publics), voici en effet que se remet en place un magnifique prélèvement forfaitaire libératoire sur les revenus du capital.

Cette mesure va coûter 1,3 Md d’euros, selon les estimations du Ministère des Finances et n’est évidemment intéressante que pour les contribuables dont le taux de prélèvement apparent au titre de l’impôt sur le revenu est supérieur aux 12,8% retenus.

Je vous rassure tout de suite : les contribuables en question sont les 750 000 (environ, soit 2 % des déclarants de l’impôt sur le revenu) dont le revenu dépasse les 100 000 euros annuels…

Les autres n’ont aucun intérêt, a priori, à solliciter ce fameux prélèvement libératoire forfaitaire dont 42,7 % iront au budget de l’Etat et 57,3 % dans celles de la Sécu…

On rappellera ici, pour simple mémoire, que le taux maximum de l’impôt sur le revenu est de 45 %.

Pour ce qui est des ménages, comme on le sait, au milieu d’un tour de passe passe entre CSG et cotisations sociales (ce qui tend à étatiser la Sécurité Sociale, de prime abord), il y a la fameuse baisse de la taxe d’habitation de 3 Mds d’euros pour compenser la différence…

Magique idée sauf que la révision des valeurs locatives cadastrales, serpent de mer dont on parle depuis 1990 et qui permettrait, a priori, de réduire la taxe pesant sur les logements sociaux (surcotés) et d’accroître celle des logements anciens de centre ville (sous cotés) largement améliorés depuis la dernière évaluation (1970), ne fait plus partie de l’ordre du jour…

En clair, plutôt que de réformer une imposition percluse et inadaptée, on préfère l’effacer en l’annonçant à grands coups de trompe.

Ah, au fait, cela fait moins de bruit mais la fiscalité énergétique, largement supportée par les particuliers (notamment les taxes sur l’essence) va progresser de 3,7 Mds d’euros en 2018.

Et comme les crédits de la Mission ministérielle Ecologie, développement et mobilité durables progressent de moins d’un milliard, on peut se demander où sont passés les autres…

MACRON ET SA LOI TRAVAIL : UN TRAVAIL DE DECODAGE D’UN LANGAGE CODE

Depuis la discussion de loi El Khomri, adoptée dans les conditions que l’on sait et promulguée en août 2016, lors même nombre d’étudiants de notre pays et de chômeurs goûtaient les délices des jobs d’été et des contrats saisonniers, nous avons appris que la situation de chômage endémique que connaît notre pays depuis le premier choc pétrolier de 1973 (et même avant me souffle l’esprit des économistes de l’époque) trouvait son origine dans l’épaisseur et le nombre de pages du code du travail.

Et que le chef d’oeuvre érotique que constituent les mille et une  ou je ne sais pas combien de pages dudit code aurait besoin d’être quelque peu simplifié, au regard de l’abondante jurisprudence dont il fait l’objet et des interprétations divergentes de certaines de ses dispositions. Continuer la lecture de MACRON ET SA LOI TRAVAIL : UN TRAVAIL DE DECODAGE D’UN LANGAGE CODE