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N’OUBLIEZ PAS LES PAROLES !

Parce qu’il avait beaucoup à parler et assez peu  à dire, notre VRP présidentiel nous a gratifié, cette semaine, d’une conférence de presse précédée d’un long discours de présentation de plus d’une heure, parvenant par là même à supprimer l’émission habituelle de l’une des chaînes du service public à cette heure là, dont le titre figure en exergue de cet article…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’intéressé a tiré du fameux Grand débat national initié par ses soins sous la pression d’une poussée de jaunisse nationale, une longue série de conclusions dont le moins que l’on puisse dire est qu’elles pouvaient être attendues.

Fort utilisateur du mot « je », et devant sans doute prendre pour lui bien des choses qui se disent ces temps derniers, Emmanuel Macron a en quelque sorte fait fonctionner devant nous son propre algorithme sémantique, apparemment déterminé par le paramètre du « bilan globalement positif ». 

Cet emprunt subreptice à la formule d’un ancien dirigeant du Parti Communiste Français semble en effet parfaitement qualifier l’exercice auquel s’est attelé notre Président.

Il s’agissait en effet pour lui de justifier, par des résultats d’ailleurs assez faiblement illustrés (il n’y a quasiment pas de chiffres dans le prononcé de la Conférence de Presse), l’ensemble des politiques lancées depuis le printemps 2017 et de défendre par anticipation celles à venir.        

Quiconque est un peu versé dans le suivi de la véritable vie politique, et notamment la vie parlementaire, n’aura pas pu éviter de se souvenir qu’outre les lois de finances qui ont conduit par exemple à la réforme de l’ISF et sa régression dans ce pauvre impôt pour riches que constitue l’impôt sur la fortune immobilière (étrangement Macron est plus discret sur le prélèvement forfaitaire  sur les revenus du capital et du patrimoine), qu’il a entendu reparler de la loi « Etat au service d’une société de confiance » pour la volonté de créer des maisons de services publics « dans chaque canton », de la loi Santé de Mme Buzyn dans le moratoire sur les fermetures d’hôpitaux, de la loi « Ecole de la confiance » de Mr Blanquer dans celui concernant les écoles, etc…

De la même manière, la controverse lancée sur le devenir de l’ENA, et qui se traduit dans les faits par une mission exploratoire de Frédéric Thiriez, l’ancien Pdt de la Ligue Professionnelle de Football et avocat au Conseil d’Etat, fait écho à l’esprit et à la lettre de la loi de transformation de la fonction publique que porte Gérald Darmanin, une loi dont le fondement est notamment de mettre en cause le recrutement par concours des plus hauts fonctionnaires.

Et de favoriser le « pantouflage » et les allers retours entre secteur public et secteur privé.

On aura noté, pour le coup, que la mise en cause de l’ENA vise un établissement public dès l’origine, créé à la Libération par un Gouvernement issu de la Résistance associant gaullistes, communistes, socialistes, radicaux et démocrates chrétiens, bien différent d’autres grands établissements produits d’initiatives privées, de l’ex Ecole libre des sciences politiques (ou Sciences Po) à HEC…

Le projet initial de l’ENA, celui de former la haute administration d’un pays jusque là recrutée en grande partie par cooptation et sans la moindre espèce d’évaluation quelconque des compétences réelles des fonctionnaires concernés, datait du Front Populaire et se trouva d’autant plus renforcé à l’issue de la Seconde Guerre Mondiale qu’une bonne part de cette haute administration avait collaboré, sans grande difficulté, avec le régime de Vichy et l’occupant allemand.

On compta alors moins de Jean Moulin que de Maurice Papon…        

Ensuite, le procès d’intention fait à l’ENA procède de ces ressorts que le discours macroniste utilise souvent, ceux du « populisme » et du faux « bon sens populaire ».

Un peu comme le débat sur les retraites, que, dans sa grande bonté, le Gouvernement va progressivement réindexer sur le niveau de l’indice des prix à la consommation, à l’image de ce qu’avait prévu, en la matière, la réforme … Balladur de 1993.

Sur les retraites, dont nous reparlerons un jour, nous connaissons la situation.

Cela fait des mois que l’ancien Président de l’Association des maires de France, et ex Médiateur de la République, le brave Jean Paul Delevoye, tente de définir le contenu de la « grande réforme systémique » attendue depuis 2013 et le texte de la présidence Hollande sur le sujet.

Le cadre est fixé : on ne touche pas aux annuités, aux règles de calcul de la pension a priori, ni à l’âge légal.        

En fait le passage au système par points est une formidable machine à égaliser, ou plutôt à niveler le montant des retraites versées au titre du régime général.        

La technocratie à l’oeuvre nous dira, dans le cadre de cette réforme, que le nombre de points acquis par chaque retraité ne sera pas suffisant, à l’âge légal, pour disposer d’une pension digne de ce nom.

Et que la contrainte de la poursuite de l’activité professionnelle se posera dès lors pour obtenir un meilleur taux de remplacement.

Vaste hypocrisie, alors même que la plupart des retraités liquidant leur pension aujourd’hui sortent, dans les deux tiers des cas, d’une période de chômage ou, pour le moins, d’inactivité.

Le véritable objectif de la réforme est connu, et Jean Paul Delevoye n’y peut mais, c’est celui de limiter autant que faire se peut le poids des retraites dans les comptes publics et, par delà, dans la richesse nationale.

Que voulez vous, 260 milliards d’euros de revenus (j’ai bien dit de revenus) distribués au nom de la solidarité interprofessionnelle et intergénérationnelle, parfaite illustration du « vivre ensemble », c’est encore de trop !

Une fois posé le principe du calcul des pensions par points, il suffira de faire bouger la valeur du point pour aboutir, rapidement,  au pourcentage du PIB que l’on acceptera de consacrer à nos retraités…

L’égalité n’a pas grand chose à voir là dedans, contrairement aux assertions macroniennes, puisque les principales inégalités (notamment en matière d’espérance de vie) ne seront sans doute pas résolues.        

Et les ouvriers continueront de cotiser pour les pensions de réversion des veuves de cadres supérieurs…

Le non dit du discours présidentiel, dans cette affaire, c’est de  se plier à cette logique assurantielle qui tend, dans les faits, à pervertir un système solidaire pour en quelque sorte, définir une durée « étalon » de perception de la pension, qu’on peut cyniquement estimer entre quinze et dix huit ans après la suspension de l’activité professionnelle…        

C’est la logique des propositions de Geoffroy Roux de Bézieux, notre grand ami Président du Medef, sur la réforme des retraites, propositions qui ont au moins un avantage.

C’est qu’elles laissent accroire que les propositions du Gouvernement sont progressistes et modernes.        

Ne négligeons pas, dans cette affaire, que le souci de développer encore et toujours la retraite par capitalisation existe derrière la mise en question des retraites mutualisées.

On n’en parle pas trop parce que je crois savoir que les « performances « de nombreux supports, largement dépendants des émissions de titres publics, n’ont pas vraiment été à la hauteur en 2018, que l’époque où nos compagnies d’assurance faisaient leurs choux gras de la dette publique de l’Italie, de la Grèce ou du Portugal appartient au passé et que le taux réel de la dette publique  française est désormais négatif, mais l’idée demeure.


Le vieillissement et le grand âge, véritable question du temps et des années à venir.        

Là dessus, la conférence de presse me semble avoir assez bien pointé les problèmes posés : demande croissante et peu solvable, intervenants souvent mal payés et mal formés (surtout en garde à domicile), établissements d’accueil au bord de la saturation, employant des personnels précarisés….

Ce qui me fait penser qu’il y a vingt cinq ans, quand le problème est venu se coller dans l’actualité, je me souviens avoir manifesté avec des syndicalistes qui estimaient que le plus juste était d’utiliser la Sécurité sociale pour porter le coût financier de la dépendance.

Je continue de le penser et de penser que toute autre solution n’est qu’un pis aller et une source infinie de difficultés (et de fabrication de tuyauteries complexes appelées parfois « usines à gaz »).

L’automobiliste salarié doit savoir qu’il paie deux fois pour l’autonomie des personnes âgées.

Une fois sur ses cotisations sociales et une autre fois sur l’essence qu’il consomme puisque les taxes en découlant sont, en partie, consacrées à cela.

Ah oui, quelques points sur le chapitre institutionnel où Macron n’a évoqué le recours au scrutin proportionnel que sur le principe, en rejetant la reconnaissance du vote blanc ou le recours au RIC.        

Et glissé sa réforme du referendum d’initiative partagée quelques semaines après le lancement d’une telle initiative par ses opposants sur la privatisation d’Aéroports de Paris…

On aura juste noté qu’utilisant l’une des ficelles politiques du Vieux Monde, Emmanuel Macron semble décidé à mettre l’ensemble dans un même texte, à savoir referendum, proportionnelle, réforme du CESE et réduction du nombre des parlementaires.        

Un vieux truc qui consiste à contraindre de voter pour l’ensemble d’un texte même si on ne partage pas une partie de ses dispositions.        

Un vieux truc de VRP aussi, d’ailleurs…

FASHION WEEK A RALLONGE A PARIS : LE JAUNE EST TENDANCE

On pourrait s’étonner du silence relatif de ce site depuis plusieurs mois, d’autant que l’actualité continue d’offrir son lot de sujets de réflexion.

Mais il se trouve que, quelque peu fidèles à une certaine ligne de conduite, nous avons fait le choix du recul pour mieux appréhender la globalité des choses, une fois que les faits auraient commencé de livrer leur vérité.

Au début, en apparence, il n’y a pas grand-chose.Comme nous n’avons guère de vendeurs de bananes à la sauvette dans les rues de nos villes (tout au plus trouve t-on dans certains quartiers de la capitale et de banlieue des cartes téléphoniques prépayées et des cigarettes de contrebande), c’est autour du prix de l’essence, devenu excessif au regard de la capacité financière de nombreux automobilistes, que s’est polarisé, dans un premier temps, ce que l’on a appelé (et qu’on appellera sans doute encore quelques années) le « mouvement des gilets jaunes ».

De la couleur fluo de ces vêtements à la coupe sommaire ; destinés à éviter qu’un conducteur en panne ne se fasse hacher menu par un autre, en situation de rouler, il n’y a pas grand-chose à dire.

Le fait qu’une partie des gilets jaunes portés dans l’Hexagone soit fabriquée Outre Quiévrain ne change pas grand-chose, sinon de permettre à nos voisins wallons et flamands de disposer d’un outil de « ralliement » de leur propre colère avec les voisins fransquillons…

Objet destiné à la Sécurité routière, donc, le gilet jaune a même été porté par Karl Lagerfeld, il y a plus de dix ans, quand il est devenu obligatoire (merci Nicolas Sarkozy !) et que le défunt designer de Chanel avait tenté de lancer une ligne de vêtements avec.

Notons donc rapidement, première ironie de l’Histoire, que l’objet de sécurité (se faire voir pour éviter les ennuis) est devenu un instrument d’insécurité et ce, à double titre.

sUn, parce que chaque manifestation des « gilets jaunes » a été comparée, toutes proportions gardées, par les grands médias d’information au passage probable d’une horde de Huns au cœur des villes, obligeant au déploiement de forces policières fort sollicitées et à des mesures de précaution faisant la part belle aux menuisiers spécialisés dans la protection des vitrines commerciales.

Deux, parce que participer à une des manifestations du mouvement, qu’il s’agisse de l’occupation statique des rond- points directionnels dont toutes les entrées de villes sont désormais pourvues ou de défilés plus conséquents dans les rues et villes évoquées dans le paragraphe précédent, c’est exposer à la vindicte policière, faite de jets continus de grenades lacrymogènes, d’interpellations par rafales, d’usages quasi incontrôlés de la force et des lanceurs de balles de défense, de recours à la garde à vue en masse, et de maintes formes de vexations et d’intimidations diverses, allant du bris de lunettes au refus de confier à l’expertise d’un médecin l’examen du crâne fendu d’un manifestant…

Les chiffres sont éloquents.

Selon le sous Ministre de la Sécurité Publique, Laurent Nunez, il y avait eu, avant les manifestations de ce dernier week-end, plus de 2 200 blessés parmi les manifestations, 1 500 au sein des forces de maintien de l’ordre (quel ordre ?), et rien moins que 13 500 tirs de lanceurs de balles de défense, soit les deux tiers de l’usage de ces armes dites « non létales » sur l’année 2018 !

Après les premières démonstrations de l’année 2018, plus de 5 000 gardes à vue avaient été effectuées et l’activité des tribunaux s’est particulièrement polarisée sur les comparutions immédiates Imposées aux « gilets jaunes » pour aboutir, le plus souvent, à des relaxes ou de simples mesures dites de « rappel à la loi » sans autres poursuites.

Une telle débauche de mesures policières, administratives et judiciaires (même si les tribunaux semblent assez peu enclins à suivre aveuglément les recommandations du Gouvernement en la matière) est rendue possible par une évolution de notre législation, votée par les députés d’En Marche et leurs affidés du Modem, et pour une part non négligeable de la droite, par intégration des critères de l’état d’urgence dans le droit ordinaire.

Nous avons connu deux phases d’application de cet état d’urgence, il y a quelques années, dans le cadre des « émeutes de banlieue » et, plus près de nous, suite à la vague terroriste qui avait conduit entre autres au drame de Charlie Hebdo et à la tuerie du Bataclan et les conditions très particulières de maintien de l’ordre qui avaient alors été mises en œuvre ont été, de fait, banalisées.

Sans, soit dit en passant, que les faits générateurs de ces événements aient été compris à leur juste mesure.

Loin de là, même, puisque le racisme ordinaire continue d’animer l’activité de nos commissariats avec 20 000 plaintes annuelles pour injures à caractère raciste ou xénophobe et 25 000 pour menaces de même nature…

Les maux de la société sont donc une réalité qui a sans doute besoin d’être traitée comme il convient.

Car, de maux, c’est bien ce dont il s’agit quand on s’intéresse aux gilets jaunes.

C’est un mal vivre généralisé, multiforme, faits de désespoir, d’aigreurs, de frustration qui vient à s’exprimer.

Même lorsque les météoritiques leaders du mouvement affectent de parler aux médias avec conviction, solennité ou une apparente détermination, c’est toujours ce qui ressort au fond.

Ce mal vivre qu’il convient de regarder dans les yeux et les faits, et par delà les paravents des conventions sociales de communication.

Un mal vivre que nous allons aborder dans un autre article et contre lequel toutes les législations « anti casseurs » se casseront les dents, comme toujours…

MACRON TIENT SES PROMESSES : LE BUDGET 2018 EST PARFAITEMENT INEGALITAIRE !

Comme vous n’êtes pas sans savoir que la politique menée par Emmanuel Macron et son Gouvernement n’a jamais éveillé mon enthousiasme pourtant naturel, il vous aurait sûrement paru surprenant que  les annonces relatives à la première loi de finances produite par cette équipe provoquassent en moi la moindre jubilation.

A dire vrai, je dois reconnaître que je me suis surpris à lire ce que contiennent les articles de ce texte, par ailleurs présenté comme
« sincère » par l’aréopage d’experts comptables en finances publiques que constitue le Haut Conseil des Finances Publiques.

Les militants d’En Marche, pour peu qu’il en reste ou que vous en connaissiez autour de vous (n’ayez surtout pas peur d’en photographier quelques uns, puisque leur nombre est appelé à se réduire, à mon humble avis), vous diront qu’au moins, leur Président tient ses engagements et qu’il avait annoncé la couleur pendant la campagne électorale.

Mouais, quoique je pourrais d’entrée faire remarquer que la proposition de suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune avait subtilement disparu des propositions phare des derniers tracts de campagne

Il faut dire qu’il est tout de même difficile de laisser penser qu’un impôt rapportant 5,5 milliards d’euros constituât le moindre obstacle à la réalisation d’investissements en capital dans les entreprises de quelque chose comme 330 000 contribuables dont le patrimoine global dépasse désormais les 1 000 milliards d’euros, c’est à dire plus, faut il le souligner, que les actifs matériels et financiers inscrits au « bilan de l’Etat ».

Une disparition qui, soit dit en passant, avait alors une bonne raison : supprimer l’ISF est une idée qui rencontre, de manière systématique, la plus large désapprobation publique, parce qu’il se trouve que les Françaises et Français ont une conception pour le moins aiguë de l’égalité, l’une des trois valeurs cardinales de notre République.

De ce point de vue, force est de constater que l’égalité est pour le moins malmenée dans la loi de finances 2018.

Outre la disparition de l’ISF et son remplacement par un impôt sur la fortune immobilière qui va faire payer les cadres parisiens devenus propriétaires de leur logement à la fin de leur carrière et épargner les administrateurs de sociétés milliardaires (l’affaire devrait coûter 3,2 Mds d’euros en net pour les comptes publics), voici en effet que se remet en place un magnifique prélèvement forfaitaire libératoire sur les revenus du capital.

Cette mesure va coûter 1,3 Md d’euros, selon les estimations du Ministère des Finances et n’est évidemment intéressante que pour les contribuables dont le taux de prélèvement apparent au titre de l’impôt sur le revenu est supérieur aux 12,8% retenus.

Je vous rassure tout de suite : les contribuables en question sont les 750 000 (environ, soit 2 % des déclarants de l’impôt sur le revenu) dont le revenu dépasse les 100 000 euros annuels…

Les autres n’ont aucun intérêt, a priori, à solliciter ce fameux prélèvement libératoire forfaitaire dont 42,7 % iront au budget de l’Etat et 57,3 % dans celles de la Sécu…

On rappellera ici, pour simple mémoire, que le taux maximum de l’impôt sur le revenu est de 45 %.

Pour ce qui est des ménages, comme on le sait, au milieu d’un tour de passe passe entre CSG et cotisations sociales (ce qui tend à étatiser la Sécurité Sociale, de prime abord), il y a la fameuse baisse de la taxe d’habitation de 3 Mds d’euros pour compenser la différence…

Magique idée sauf que la révision des valeurs locatives cadastrales, serpent de mer dont on parle depuis 1990 et qui permettrait, a priori, de réduire la taxe pesant sur les logements sociaux (surcotés) et d’accroître celle des logements anciens de centre ville (sous cotés) largement améliorés depuis la dernière évaluation (1970), ne fait plus partie de l’ordre du jour…

En clair, plutôt que de réformer une imposition percluse et inadaptée, on préfère l’effacer en l’annonçant à grands coups de trompe.

Ah, au fait, cela fait moins de bruit mais la fiscalité énergétique, largement supportée par les particuliers (notamment les taxes sur l’essence) va progresser de 3,7 Mds d’euros en 2018.

Et comme les crédits de la Mission ministérielle Ecologie, développement et mobilité durables progressent de moins d’un milliard, on peut se demander où sont passés les autres…