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ELECTIONS ESPAGNOLES DU 28 AVRIL 2019 : REMUGLES DU PASSE ?

C’était une chose acquise.
On allait voir ce qu’on allait voir mais, à la suite des élections régionales andalouses qui avaient été marquées par la chute du PSOE, dirigeant la Communauté autonome depuis le retour de la démocratie en Espagne, nous allions voir apparaître aux Cortès un nouveau parti, d’extrême droite, appelé Vox, susceptible de capter les suffrages populaires.

En fait, l’événement principal de ces élections ne me semble pas résider dans ce résultat mais bel et bien dans le processus de réalignement de la droite espagnole, avec cette double « vidange » des électeurs, les uns tentés par Ciudadanos et son côté moderniste et les autres par Vox, et ses stigmates franquistes.

Affirmer bêtement, pour ne pas dire braire, sur toutes les ondes que l’extrême droite est, pour la première fois, présente en tant que telle au Parlement espagnol constitue une erreur.

Ce serait faire injure à Manuel Fraga Iribarne, ancien ministre de l’Intérieur de Franco, que d’avoir été le porte drapeau de l’opposition à Felipe Gonzalez avec …107 députés élus en 1982, au nom d’un parti, l’Alliance Populaire, machine à recycler les anciens du régime franquiste.

Ou tout du moins à les repeindre des couleurs de la « démocratie octroyée », selon la formule qui a pu qualifier le schéma giscardo – bourbonnien de sortie de la dictature…

L’élection de cette année illustre donc que les cartes de la droite politique ont été rebattues, avec un PP très affaibli (perte de plus de 70 députés, de 75 sénateurs et de rien moins que de 3,5 millions de votes), un parti Ciudadanos en bonne santé (25 sièges et plus et un million de voix gagnées) et un parti Vox en progression…

Un affaiblissement qui affecte le Parti Populaire dans les deux Communautés historiquement les plus rétives au pouvoir central (Pays Basque et Catalogne) au point que la formation de droite se retrouve sans le moindre député sur les bords de l’Atlantique et avec une seule élue, du fait du nombre de sièges à pourvoir, sur ceux de la Méditerranée.

Le Parti Populaire est ainsi devancé sur la Communauté de Madrid par le PSOE et Ciudadanos, perdant huit sièges de député sur le scrutin de 2016 et deux sièges de sénateur sur trois.

Si le PP reste première force de droite sur la capitale elle même, elle est dépassée par Ciudadanos dans les villes de banlieue comme Leganes, Alcala de Henares, Alcobendas, Alcorcon, Getafe ou encore Mostoles.

A Fuenlabrada, il est cinquième, étant même devancé par Vox, tout comme à Parla.

Au Pays Basque, l’ensemble PP – Ciudadanos – Vox est comprimé à 12,8 %, quand le pays national basque (aussi centriste que possible) est à 31 %, et que la gauche indépendantiste obtient 16,7 %.

Euzkadi se retrouve avec six députés PNV, et quatre socialistes, quatre Podemos et quatre Euskal Herria Bildu, façade politique de l’ETA.

Si le PNV tient encore assez solidement la Biscaye, il est fort chahuté en Guipuzcoa où le score de Donostia / San Sebastian masque l’influence de Bildu dans les zones plus rurales.

En Catalogne, la chute du PP est également impressionnante, puisqu’il perd cinq de ses six sièges.

Dans la province de Gérone, le PP est même devancé, avec 3,24 % des votes, par le Front Républicain, petite formation de gauche locale.

Dans celle de Lleida, il passe de 13,5 à 5 %, laissant au passage le siège de député qu’il avait obtenu en 2016 pour un peu plus de 1 700 voix.

Dans la province de Tarragona, même punition avec un score passé de 14,9 à 5,1 %.

Là encore, le PP est devancé par C’s, en perdant plus de 30 000 voix, soit 60 % de ses anciens électeurs…

Enfin, dans la province de Barcelone, le PP obtient 5 % des voix, perdant 200 000 voix et trois députés sur quatre.

C’s gagne, sur ses terres d’origine, environ 70 000 voix et Vox en recueille un peu plus de 110 000.

La perte du PP est sensible à Barcelone (plus de 60 000 voix perdues), où il est devancé par C’s, ce parti gagnant environ 15 000 votes sur 2016.

Mais elle est amère dans des villes comme Sabadell ou Mataro, où le PP est talonné par Vox…

Ceci posé, la perte d’influence du PP affecte l’ensemble des Communautés autonomes du pays, au point de céder la première place dans ses places fortes historiques comme Castille et Léon ou la Galice.

Seule la Navarre (qui ne comporte que la province de Pampelune) vote en faveur du PP ou plutôt de l’alliance électorale dont il fait partie (Navarra Suma) avec le parti régionaliste de droite qu’est l’Union du Peuple Navarrais.

En Communauté valencienne, le PP a perdu six de ses treize élus sortants, et plus ou moins 420 000 voix sur 2016.
C’s gagne un peu moins de 100 000 voix dans cet ensemble et Vox plus de 310 000.

Talonné par C’s sur l’ensemble de la Comunitat, le PP est devancé par ce parti dans les trois capitales provinciales.

En Andalousie, Communauté historiquement de gauche qui avait vu, pour la première fois, une large alliance de droite emporter la majorité au Parlement régional, le PP se retrouve derrière C’s, en cédant rien moins que douze de ses vingt trois élus sortants.
Le PP perd également plus de 640 000 voix, là où C’s progresse d’un peu moins de 235 000 votes et que Vox dépasse les 610 000 voix.
C’s le devance dans les provinces de Cadix, Malaga et Séville.
En Castille La Manche, le PP reste deuxième force politique mais cède six députés et plus de 200 000 voix.
La progression de C’s est d’environ 60 000 votes quand Vox progresse de 1 813 à 181 142 voix…

A noter que C’s obtient quatre députés sans jamais obtenir plus de 20 % des voix.

Si le PP reste deuxième sur Murcie, il est en recul en Estrémadure, perdant trois élus sur cinq.

Le recul du PP dans le Nord Ouest de l’Espagne (Cantabrie, Asturies, Castille et Léon, Galice, La Rioja) dans ce qui a plutôt constitué jusqu’alors ses zones de force n’est pas négligeable.

Sur l’ensemble des cinq Communautés considérées, le rapport des forces de 2016 avait donné la situaton suivante : 37 députés PP et 3 C’s sur le flanc droit, contre 19 élus PSOE et 12 Podemos.

Le PP tombe à 22 élus, tandis que C’s obtient 13 mandats, Podemos 3, Vox 2 et le Parti régionaliste cantabrien 1 (le PRC est un mouvement proche du centre droit, allié par exemple de l’UPN ou de l’Unio Valenciana, autres partis régionalistes de cette obédience).

La situation de C’s dans ce Nord Ouest ibérique, où le parti obtient une part essentielle de ses gains en termes de représentation, appelle à ce stade une observation.

En 2016, pour obtenir 3 élus, C’s avait recueilli 483 995 suffrages.

En 2019, pour 13 députés, il obtient 659 054 voix.

Dans le même temps, la gauche radicale (Podemos et En Marea en Galice) se retrouve avec 3 députés (un dans les Asturies et deux dans les deux provinces maritimes de Galice) avec 558 483 suffrages.

Il faut, en grande partie, voir là les effets du mode de scrutin, fondé sur une proportionnelle intégrale dans chaque province, le problème étant que la plupart des provinces du Nord Ouest élisent cinq députés ou moins.

Seuls échappent à cette règle les provinces d’A Coruna et Pontevedra (provinces maritimes de Galice) et le Principado de Asturias.
De fait, les sièges peuvent être attribués au « cordeau » comme dans la province de Salamanque où 1 016 voix de majorité pour le PP sur le PSOE lui suffisent pour avoir deux sièges au lieu d’un seul.
Il manque aussi 445 voix au PSOE dans la province de Palencia pour obtenir un second élu au lieu du siège attribué à C’s avec moins de 16 % des suffrages.

Pour finir ce tour d’horizon, un détour par l’Aragon, avec ses trois provinces dont deux peu peuplées (Huesca et Teruel où l’on élit trois députés avec, respectivement, 165 247 et 102 900 électeurs) et la province de Zaragoza, élisant sept députés pour ses 714 469 électeurs, dont 502 850 dans la seule capitale régionale.

Pour aller vite, les deux tiers du corps électoral ou peu s’en faut résident dans la seule ville capitale, cinquième localité d’Espagne.

Le PP y est nettement devancé par le PSOE comme par C’s (il y a 16 875 voix d’avance sur Zaragoza pour le parti orange, soit plus que les 12 145 enregistrés au niveau Aragon) et tout cela contribue au résultat observé avec cinq élus PSOE, trois C’s, trois PP, un Podemos et un Vox sur l’ensemble de l’Aragon…

Autres résultats à ne pas oublier, ceux des îles.

Le PSOE l’emporte aux Baléares comme aux Canaries, avec en deuxième position, dans les deux cas, Podemos et ce, dans un contexte où le rapport des forces semble plus favorable à la droite.

Aux Baléares, avec la différence habituelle entre Mallorca et Menorca, comme avec Ibiza et Formentera, la droite, avec ses trois partis, cumule 44,55 % des votes quand PSOE et Podemos en recueillent 44,16 %.

Une situation qui donne cinq députés à la gauche et trois à la droite.
Au Sénat, l’archipel a élu quatre sénateurs PSOE pour une sénatrice PP sur l’île de Mallorca.
A noter que sur cette île, Podemos a manqué d’avoir un mandat pour 1 690 suffrages sur près de 500 000 exprimés.

Aux Canaries, la gauche a réuni 43,57 % des votes contre 36,74 % pour les trois forces de droite.

Le score du parti régional (la Coalition Canarienne), à près de 13 %, modifie les données électorales de l’archipel.
Ce parti, orienté vers le centre/ centre droit, est l’équivalent insulaire du Parti National Basque ou de l’ex coalition catalane Convergencia i Unio.

Sur l’échiquier politique actuel de l’Espagne, ses deux élus se positionneraient cependant dans une posture de soutien mesuré au gouvernement PSOE, rejetant le retour du PP aux affaires.

Toujours est il que, quant à la répartition des élus, la gauche a décroché huit sièges contre cinq à la droite disons « métropolitaine » et deux pour la Coalition canarienne.

Au Sénat, où chaque île de l’archipel dispose de sa représentation, le PSOE a remporté les sièges d’El Hierro, de Fuerteventura, de Lanzarote, et de La Palma, ce dernier avec 264 voix d’avance sur le PP.

Un parti local (l’Agrupacion Socialista Gomera, scission du PSOE) l’a largement emporté à la Gomera tandis que le PSOE est arrivé en tête sur la Grande Canarie et Tenerife, obtenant deux élus dans chaque île contre un au PP.

Enfin, les deux territoires africains (Ceuta et Melilla) ont eu un sort différent : le PSOE a gagné le siège de Ceuta devant … Vox, le PP perdant plus de 7 000 voix au passage, et le PP a préservé son siège de Melilla, avec un peu plus de 1 000 voix d’avance sur le PSOE, au lieu de 6 800…

Les explications de la chute, si ce n’est même de l’effondrement du Parti Populaire, qui a obtenu son plus faible score de son histoire, tient sans doute à l’usure du pouvoir et à la révélation des multiples affaires de corruption concernant les dirigeants du Parti.

Quand on songe que le PP, lorsqu’il fut candidat pour la première fois, en tant que tel, en 1989, avait réuni plus de 5 millions de voix, et obtenu 109 députés !

Au point d’être la première force politique dans les provinces de Lugo, Ourense, Pontevedra, Zamora, Salamanca, Palencia, Soria, Avila, Segovia, Valladolid, Burgos, La Rioja, Guadalajara, la Navarre, mais aussi Madrid et les Baléares.

C’est-à-dire de définir, dès ce scrutin, ses zones de forces, au Nord Ouest du pays.

La chute du PP marque aussi la nouvelle poussée de Ciudadanos/Ciutadans, parti de centre droit, venu de Catalogne, pour incarner la droite « moderniste », attachée à l’unité de l’Espagne mais, a priori, débarrassée des stigmates franquistes.

C’s (pour utiliser la terminologie en vigueur en Espagne même) s’est fort rapproché du PP, en obtenant, au niveau national, 57 députés et 4 136 600 votes, au dernier décompte, soit 15,68 % des suffrages.

Le parti, d’une certaine manière, réincarne l’Union du centre démocratique d’Adolfo Suarez, et s’est renforcé d’environ un million de suffrages et de 2,6 %.

Dire que C’s est un parti urbain est assez juste pour peu qu’on constate qu’il précède le PP à Barcelone, Séville, Zaragoza, Valence, Cadix ou Malaga.

Comme à Gijon, Las Palmas de Gran Canaria, Santa Cruz de Tenerife ou encore les grandes villes des banlieues de Madrid et Barcelone.

Pour appréhender le résultat de C’s, on peut regarder, dans un premier temps, les provinces et Régions accueillant les élus du Parti.
Ainsi, compte t on cinq élus C’s en Catalogne (pas de progrès en termes de sièges sur l’ensemble de la Generalitat).
On en compte huit dans la Communauté de Madrid, en progression de deux sièges ; au détriment notamment d’un PP affaibli par la perte de huit élus.

Dans la Communauté valencienne, C’s obtient six sièges au lieu de cinq, gagnant un siège dans la province de Valence et maintenant son influence sur Castellon et Alicante.

En Andalousie, C’s passe de sept à onze élus, progressant de plus de quatre points et de 230 000 voix.
Le Parti doit son renforcement à la province de Cadix (+ un élu), de Huelva (idem), de Jaen (idem) et de Séville (idem).

C’s a réalisé une percée en Castille et Léon, comme nous l’avons déjà indiqué, en décrochant huit élus là où elle n’en avait qu’un seul…

Un succès qui a nettement amplifié le nombre de ses élus au niveau national puisque ces huit députés n’ont nécessité l’attribution que de moins de trois cent mille voix.

L’agenda de C’s, précisé dans cet extrait de la déclaration de principes du Parti (Una clase media trabajadora fuerte y dinámica es condición esencial en una democracia de calidad. Aquella solo existirá en el marco de una economía de mercado donde los poderes públicos garanticen la libre competencia. Es la riqueza que genera este modelo económico la que podrá sostener la igualdad de oportunidades dentro de una sociedad de bienestar, y serán esos mismos poderes públicos los que deberán garantizar los derechos sociales reconocidos en nuestra constitución. Une classe moyenne active forte et dynamique est une condition essentielle pour une démocratie de qualité. Celle-ci ne peut exister que dans le cadre d’une économie de marché dans laquelle les pouvoirs publics garantissent la libre concurrence. C’est la richesse générée par ce modèle économique qui permet de soutenir l’égalité des chances dans une société de bien être, et ce seront les mêmes pouvoirs publics qui devront garantir les droits sociaux reconnus par notre Constitution) ressemble furieusement au discours macroniste qui marque aussi, soulignons le, le champ fiscal…

Nous en étions, pour C’s, à trente huit sièges.

Les dix neuf autres sont ainsi répartis : Aragon (trois sièges, un par province et un gain de deux sièges), Asturies (un), Baléares (un), Canaries (deux), Cantabrie (un), Castille Manche (quatre au lieu de zéro), Estrémadure (deux au lieu de zéro), Galice (deux au lieu de zéro), La Rioja (un au lieu de zéro) et Murcie (deux).

C’est-à-dire que, pour une bonne part, C’s a tiré parti du mode de scrutin où le fait d’arriver deuxième ou troisième peut permettre d’obtenir un élu.

Vox, le parti d’extrême droite, semble avoir une destinée un peu différente.

L’Andalousie, si elle lui assure six élus, est complétée par Madrid (cinq élus) et la Catalogne pour parvenir à la moitié des sièges du mouvement.

Vox n’obtient qu’un élu en Castille/Léon avec un peu plus de 186 000 voix, lorsque C’s en décroche huit avec cent mille voix de plus.

La formation franquiste obtient trois élus sur Valence, un en Estrémadure, deux à Murcie, deux dans la Manche, un dans les Asturies, un aux Baléares et un en Aragon.

Elle est donc privée de représentation au Pays Basque (avec 2,2 % des voix), en Galice (5,3 %) ou encore en Cantabrie (11,2 %) et dans les Canaries (6,6 %).

Vox obtient un élu en Catalogne avec 3,6 %, ne devant leur représentation qu’à la seule province de Barcelone où le nombre de sièges en jeu (32) donne un vrai sens au scrutin proportionnel.

Le parti franquiste y recueille environ 14 000 voix au dessus du quotient, grâce à quelques scores supérieurs au quotient dans des villes comme Badalona (4,1 %), Hospitalet del Llobregat (4 %), Castelldefels (5,3 %), Terrassa (4,2 %).

On notera par ailleurs que Vox réalise parfois des scores intéressants dans les villes à vocation touristique.

Vox dépasse ainsi les 16 % à Marbella (province de Malaga), et réalise 15,9 % à Torremolinos dans la même province.
On arrive à 17,1 % à Estepona, mairie PP, sur la même Costa del Sol.
Et à près de 16 % à Fuengirola, 16,7 % à Mijas (devant le PP dans cette municipalité C’s) et 15,7 % à Velez Malaga, commune à direction PSOE.

Le parti décroche également un 19,65 % sur Algeciras, l’une des villes les plus proches de l’Afrique du Nord.

Nous verrons dans une autre analyse ce qu’il en est pour la gauche et les mouvements régionalistes.

À SON TOUR, LA SUÈDE VIEILLIT…

Les récentes élections générales en Suède portaient sur le renouvellement du Riksdag (Parlement) et de ses 349 députés ; celui des Assemblées régionales (la Suède compte à ce titre 21 comtés) et celui des assemblées municipales.

Comme c’est souvent le cas dans le pays, la participation a été élevée (près de 85 % du corps électoral) et le résultat du scrutin a été marqué, jusqu’au bout ou presque, par une grande incertitude.

Les comtés du Royaume servent de circonscriptions électorales se partageant un total de 310 députés, élus selon la règle de la proportionnelle, avec attribution d’un contingent de 39 sièges au niveau national pour corriger les éventuels décalages entre représentation parlementaire et suffrages obtenus.

Une barre minimale de 4 % des votes est exigée au niveau national pour participer à la répartition des sièges ?

Elle est réduite à 3 % pour les conseils régionaux (ou Landtingval) et disparaît pour les conseils municipaux.

Le Gouvernement sortant, contrôlé par le Parti social – démocrate des travailleurs suédois, et comprenant également des élus du Parti écologiste (Miljopartiet) et du Parti de gauche (Vansterpartiet), disposait d’une majorité relative de 159 sièges sur 349, l’opposition de droite disposant elle de 143 mandats.

Le solde, en 2014, était allé aux Démocrates suédois, parti d’extrême droite, constitué un peu à l’image de ce que l’on peut observer en Europe ces temps derniers, comme avec l’AfD allemande, certains partis polonais ou italiens ou encore le Parti de la Liberté en Autriche, le Parti du peuple danois ou les « Vrais Finlandais ».

Les Démocrates suédois ont fait irruption dans le paysage politique suédois depuis les législatives 2010 qui leur ont valu d’entrer au Riksdag avec 20 députés et un peu moins de 5,8 % des votes.

En 2014, le parti a dépassé les 12 % et obtenu 49 élus au sein du Parlement.

L’un des enjeux de la campagne électorale 2018 était de savoir si ce mouvement allait lui permettre de s’installer sur le podium et de devenir, comme le prédisaient certains sondages, la deuxième force politique du pays.

La force principale du parti est, d’une certaine manière, de rompre le consensus politique sur lequel, depuis les années 30, la vie politique suédoise se définit, c’est-à-dire le niveau élevé de protection sociale accordé à l’ensemble de la population du pays, qu’il s’agisse de la santé, des retraites (même si celles-ci ont été mises en cause par l’adoption d’une réforme instituant une retraite par points « ajustable » à raison de la situation économique du pays), de l’aide aux familles et à l’éducation des enfants, de l’action contre le chômage et pour la formation, et j’en passe.

Le questionnement des Démocrates a pris une force particulière avec l’arrivée assez importante de réfugiés politiques venus de plusieurs « points chauds » de la planète ces dernières années.

Une arrivée qui a porté à près de deux millions le nombre de Suédois nés à l’étranger dont 600 000 ressortissants hors UE.

Quand on s’interroge sur les rapports de forces politiques en Suède, les données sont relativement simples.

Plus vous descendez du Nord du pays vers le Sud, plus l’influence des forces de droite et du centre est importante, à la notable exception des villes de Malmö et Göteborg qui restent encore assez nettement influencées par la social – démocratie.

Il y a au moins une explication à cela.

Les régions du Nord de la Suède sont en effet des régions où les conditions de vie sont relativement difficiles (notamment à cause du froid), et où les activités industrielles (mines, exploitation forestière et dérivés de la filière bois entre autres) sont marquées par la puissance des organisations syndicales et politiques de gauche, celles-ci ayant, bien souvent, combattu dans le passé pour obtenir de meilleurs salaires, eu égard aux conditions.

Voyons donc les résultats cette année.

Donc, le Norrland, d’abord.

Avec le comté de Botnie du Nord (capitale Lulea, environ 250 000 habitants sur le comté), nous avons 4 sièges sociaux – démocrates, 1 pour le parti de gauche (qui regroupe, entre autres, l’ancien PC suédois), 1 pour le Centre (siège pris aux sociaux – démocrates), 1 Modéré et 1 pour les démocrates suédois.

Bien qu’arrivés en tête dans toutes les communes du comté, les sociaux – démocrates ont perdu plus de 7 % des votes quand l’Alliance de la droite et du centre (Modérés, Centristes, Libéraux et Chrétiens Démocrates) en gagnait 4.

En Botnie occidentale (capitale Umea, 260 000 habitants sur le comté), la répartition des sièges est la suivante

Sociaux – démocrates 4, Parti de gauche 1, Modérés 2, Centre 1, Démocrates suédois 1.

En passant sous la barre des 40 %, les sociaux – démocrates perdent un siège au profit des Modérés.

Dans le comté du Nord Ouest (capitale Harnosand, environ 240 000 habitants), nous avons la même répartition qu’en Botnie du Nord avec une perte de six points et demi pour les sociaux – démocrates.

Dans ce comté, les démocrates suédois prennent la deuxième place du scrutin aux modérés.

Ceux-ci résistent à la poussée d’extrême droite dans la ville de Sundsvall (la plus peuplée du comté) mais sont globalement largement battus ailleurs.

Dans le Jamtland (capitale Ostersund, un peu moins de 130 000 habitants), les sociaux – démocrates ont obtenu 2 élus, contre 1 pour le Centre, 1 pour les modérés et 1 pour les démocrates suédois.

Ceux-ci, malgré une bonne résistance de l’alliance de droite et du centre sur la ville d’Ostersund et un score élevé du parti du Centre sur Are, deviennent la deuxième force politique du comté pour 88 suffrages…

Enfin, dans le comté de Gävle (capitale éponyme, environ 280 000 habitants), les sociaux – démocrates obtiennent trois élus, pour un au Parti de gauche, deux modérés et deux Démocrates suédois.

Soit un siège de moins pour les sociaux – démocrates, un de perdu aussi par les écologistes qui perdent ainsi toute représentation au Nord du pays et le maintien des forces de droite.

Le bloc de gauche est à 45,6 % au lieu de 50 % quand l’Alliance droite et centre passe de 31,1 à 33,7 % et les Démocrates suédois de 16 à 19,6.

Les SD se retrouvent en deuxième position sur le comté.

A tel point que plusieurs quartiers de la capitale du comté leur accordent la première place.

Après la Région Nord, passons au Centre du pays, le Svealand.

Dans le comté de Dalécarlie (capitale Falun, environ 280 000 habitants), les sociaux – démocrates restent en tête avec 3 élus, le Parti de gauche en obtient 1, les chrétiens démocrates et le Centre 1 chacun et les Modérés et les SD deux chacun.

Le comté, même si les sociaux – démocrates gardent la première place, donne 35,4 % au bloc de centre droit, contre 41,4 % au bloc de gauche qui perd un siège social – démocrate et le siège écologiste contre un gain pour les chrétiens démocrates.

Dans le comté de Vastman (capitale Vasteras, environ 310 000 habitants), le processus est proche, avec 3 sociaux – démocrates, 1 parti de gauche, 1 libéral, 1 Chrétien démocrate, 2 modérés et 2 SD.

Les sociaux – démocrates perdent un siège au profit des chrétiens démocrates.

Dans le comté d’Orebro (capitale éponyme, environ 300 000 habitants), les écologistes ont finalement conservé leur député au détriment du parti social – démocrate.

Pour le reste, élection de 3 sociaux – démocrates, 1 parti de gauche, 1 chrétien démocrate, 1 libéral, 2 modérés et 2 Démocrates suédois.

La poussée de ceux-ci les place deuxième force politique du comté, et même en tête dans plusieurs bureaux de vote du chef lieu.

Dans le comté de Varmland (capitale Karlstad, environ 320 000 habitants), nouvelle poussée de l’extrême droite, progressant de plus de cinq points, contre une baisse d’autant du bloc de gauche et une progression limitée (sous les deux points) de la droite et du centre.

Les sociaux – démocrates se retrouvent avec 3 élus au lieu de 5, accompagnés par un Parti de gauche, un chrétien démocrate, un centriste, deux modérés et deux Démocrates suédois.

Les écologistes perdent également un élu et ce sont les chrétiens démocrates et les SD qui gagnent chacun un siège.

Dans le comté d’Uppsala, structuré autour de la grande ville universitaire, gauche et centre droit sont quasiment à égalité.

95 899 voix pour le bloc de gauche, 96 198 voix pour l’alliance de centre droit.

Une telle situation conduit à l’élection de 4 sociaux – démocrates (un siège gagné), un Parti de gauche et un écologiste, mais aussi d’un démocrate chrétien, d’un centriste, un libéral et deux modérés, tandis que deux sièges échoient aux Démocrates suédois.

Passons au comté de Sudermanie (capitale Eskilstuna) qui place en tête des sociaux – démocrates affaiblis.

Le bloc de gauche atteint 41,8 %, celui de centre droit 37,5 % avec une première place pour les modérés dans deux communes proches de la capitale.

En termes de sièges, quatre élus à gauche (3 sociaux démocrates et un Parti de gauche) avec deux pertes (1 social – démocrate, 1 écologiste) ; un centriste, un démocrate chrétien et deux modérés (les deux premiers en plus, les modérés avec un siège de moins) et deux démocrates suédois.

Nous voici dans le comté de Stockholm, élisant rien moins que 75 députés, eu égard à l’importance de sa population.

Il s’agit, finalement, du seul comté accordant la première place aux modérés.

Encore faut il relever que ceux ci ont perdu plus de six points en pourcentage et devancent les sociaux – démocrates de 11 063 suffrages sur l’ensemble du comté.

Mais ceux – ci sont devant les modérés de 11 721 suffrages sur la seule ville de Stockholm.

La capitale vote plus à gauche que l’ensemble du comté, avec 259 011 voix, contre 253 111 pour le bloc de centre droit.

Les SD se retrouvent avec 56 919 votes.

La ville connaît une plus grande diversité d’influence.

Le secteur de Bromma – Kungsholm donne une nette majorité au bloc de centre droit avec 57,9 %, contre 32,7 % aux quatre partis de gauche.

A l’inverse, le secteur de Södermalm Enskede donne 52,2 % des voix au bloc de gauche contre 38,2 % à l’Alliance.

Et celui de Vastra Söderort 54,1 % contre 34,9 % pour l’Alliance.

Pour les personnes peu familiarisées avec le suédois et la géographie de la capitale du Royaume, on rappellera que les fiefs de la droite et du centre sont les districts de Bromma, Kungsholm, Norrmalm, Ostermalm et Gamla Stan (vieille ville), partie du district de Södermalm.

Il s’agit, de manière générale, des districts «historiques » de la capitale suédoise, avec notamment le chapelet d’îles abritant l’Hôtel de Ville, le Palais Royal, le musée Vasa, le jardin Royal (dont le quartier est le lieu des manifestations du Premier Mai), le musée du Moulin de Skansen, la gare centrale, etc, etc…

A contrario, dans le district de Skärholmen, composé essentiellement de logements sociaux des années 60 et 70 et très largement peuplé d’immigrants, la gauche obtient des scores élevés.

Ce sont des scores de 68,6 % dans le bureau 1, 75,1 % dans le bureau 2, 75,7 % dans le bureau 10, 76,5 % dans le bureau 19.

Skarpnäck, district du Sud de la capitale, constitué notamment de cités de logements sociaux, les scores de la gauche atteignent 72,2 % dans le bureau 1, 75,3 % dans le bureau 2 (où le Parti de gauche arrive en tête avec 31 % des votes), 72,2 % dans le bureau 11, entre autres résultats.

Pour l’ensemble des autres municipalités du comté, le bloc de gauche est à 268 516 suffrages, quand l’alliance de centre droit est à 376 717 voix et les SD à 118 620 voix.

Les scores de la droite et du centre sont singulièrement élevés dans les communes huppées de la banlieue de la capitale comme Danderyd (8 482 voix Modérés contre 1 629 pour les sociaux démocrates, devancés dans cette municipalité par les trois autres partis de droite et du centre comme par les SD), Lidingo (10 670 votes Modérés contre 3 678 Sociaux démocrates) ou encore Taby (15 883 votes Modérés contre 6 194 Sociaux démocrates).

Danderyd et Lidingo (et surtout la première) se situent, faut il le préciser, en tête des municipalités suédoises pour le revenu.

Elles se situent toutes les deux, par ailleurs, dans le « Grand Stockholm », agglomération de plus de 2,3 millions d’habitants en tête des agglomérations du pays.

La majorité des communes de l’agglomération place en tête le Parti Social- Démocrate, mais le parti Modéré conserve des positions importantes, outre celles déjà notées comme Taby (commune de plus de 70 000 habitants), Sollentuna (plus de 72 000 habitants) ou Nacka (plus de 100 000 résidents) ou une ville plus moyenne comme Vallentuna (un peu moins de 34 000 habitants).

Dans les quatre cas, les Modérés subissent une réduction de leur score : – 8,4 % à Nacka avec + 4,2 % pour les SD et 5,9 % pour le Centre ; – 8 % à Sollentuna (même évolution parallèle des SD et du Centre) ; – 9,3 % à Taby et – 8,1 % à Vallentuna où les SD, en hausse de plus de six points, arrivent en tête dans deux bureaux de vote.

De fait, de manière générale, la perte d’influence des Modérés accompagne la poussée des Démocrates suédois, l’ensemble des forces de gauche ayant tendance à progresser sur le comté.

En effet, sur les 75 sièges en répartition, la gauche en obtient 31, progressant de 3 mandats quand l’Alliance en obtient 34, soit 3 de moins.

Les SD décrochent 10 élus, soit quatre de mieux.

Pour le Parlement national, la progression de la gauche est suffisante pour lui assurer la majorité relative dont elle dispose finalement…

Car la balance s’arrête à 144 députés de gauche, face à 143 élus de droite et du centre, et 62 membres des Démocrates suédois.

La suite dans un prochain article.

Nous sommes désormais en présence des comtés du Sud, c’est à dire le Gotaland, en version originale ou le « pays des Goths » en version française.

Cette partie du pays compte les villes de Göteborg et Malmö, et bien d’autres cités d’une certaine importance comme Kalmar, Jonköping ou Norrköping, Helsingborg ou encore Linköping.

Le climat plus favorisé du Sud de la Suède semble plus attirant pour le vote de droite et du centre.

En 2014, les comtés du Gotaland avaient élu 68 députés du bloc de gauche (51 sociaux-démocrates, 11 écologistes et 6 Parti de gauche), 71 députés de l’Alliance de centre droit (40 Modérés, 12 centristes, 10 Libéraux et 9 Chrétiens démocrates) et 28 députés Démocrates suédois.

Deux municipalités de Scanie (Sjobo et Hörby, dont les télévisions d’Europe ont fait leur beurre pour parler de la poussée d’extrême droite en Suède) avaient placé les SD en tête du scrutin.

Cette année, le bloc de gauche obtient 64 élus, mais avec 45 sociaux – démocrates, 11 Parti de gauche et 8 écologistes contre 69 de centre droit (dont 33 Modérés, 13 Chrétiens démocrates, 13 centristes et 10 Libéraux) et 35 élus Démocrates suédois.

La progression de l’extrême droite lui donne la première position dans trente deux municipalités dont vingt et une pour la seule Scanie.

Dans ce comté, l’un des plus peuplés du pays (1,3 million d’habitants), connu pour ses richesses agricoles et ses activités industrielles (construction navale, construction, entre autres), les Démocrates Suédois ont ainsi réussi à arriver en tête dans les deux villes de Kristianstad et Trelleborg, où les Sociaux – démocrates ont subi un net recul de leur influence.

Ceux – ci ont préservé leur première place dans les autres villes comme Malmö, Lund, Landskrona ou Helsingborg.

Les fiefs des SD ont confirmé leur choix lors du scrutin législatif.

Sjobo leur a donné 39,6 % des votes, loin devant les Modérés (18,2%) et les Sociaux – démocrates (19,1%) tandis qu’Horby a voté SD à 35,6 % (19,4 % pour les sociaux – démocrates et 17,3 % pour les modérés).

Mais les SD dépassent également les 38 % sur Bromölla, où les sociaux – démocrates arrivent en deuxième position avec 31 % et une  perte de 7 %…

A noter aussi les 23,7 % atteints par les SD dans la municipalité de Vellinge, pourtant classée 3e du pays pour le niveau de vie et le revenu de la population résidente après Danderyd et Lidingo, dont nous avons déjà parlé.

Un regard sur la carte de la région permet de constater que les SD ont littéralement trusté les suffrages dans l’ancien comté de Kristianstad qui, avec celui de Malmö, compose désormais la Scanie.

En Gothie occidentale (région de Göteborg), le deuxième comté du pays pour la population (après celui de Stockholm), quelques résultats attirent l’attention.

Celui de la capitale du comté d’abord, où les sociaux – démocrates reprennent la première place aux modérés, avec une gauche à 44,8 %, un bloc de droite et du centre à 39,7 % et des Démocrates suédois à 13,5 %.

L’avance des sociaux – démocrates est de 13 870 voix sur les modérés et le Parti de gauche devance de 1 812 voix les Démocrates suédois.

En 2014, les Modérés étaient arrivés en tête, avec 601 voix devant les Sociaux – démocrates et les SD devançaient le Parti de gauche de 968 suffrages.

Le scrutin législatif a confirmé, par ailleurs, l’implantation de la gauche dans certains secteurs de la ville comme Angered (où des bureaux voient les forces de gauche atteindre 69 % des votes, voire plus de 70 %), Majorna-Linné (où le Parti de gauche frise parfois les 30 %) ou certains secteurs de Hisingen.

Au conseil municipal de Goteborg, le bloc de gauche et les féministes obtiennent 38 élus, contre 24 pour le centre droit, 7 pour les démocrates suédois et 14 pour les « démocrates », un nouveau groupe constitué par des dissidents des Modérés, du parti écologiste et du parti social – démocrate.

On notera, pour le scrutin législatif, que la performance de la gauche sur Goteborg lui donne une bonne partie du bonus observé sur l’ensemble de la Gothie occidentale.

Le bloc de gauche pèse en effet 424 023 votes sur l’ensemble du comté (on pourrait dire 429 600 avec les voix de l’initiative féministe) contre 426 230 voix pour l’Alliance de droite et du centre et 185 240 suffrages pour les SD.

Hors Goteborg, les quatre formations de gauche réunissent 275 730 voix contre 294 480 pour l’Alliance et 143 028 pour les SD.

La gauche garde des positions, quoique précarisées, sur Boras ou Trollhattan (où elle conserve la majorité absolue avec 31 élus sur 61) tandis que Skovde reste orienté à droite.

Les autres comtés du Sud de la Suède, comme nous l’avons souligné, ont plutôt accordé leurs faveurs aux forces de droite et du centre comme aux Démocrates suédois.

45,8 % pour l’Alliance dans le comté de Halmstad (et 6 députés sur 13) ; 40,8 % en Gothie de l’Est (et 6 élus sur 16) entre autres exemples.

Dans le comté de Blekinge (capitale Karlskrona, un peu plus de 150 000 habitants), le Parti social – démocrate reste en tête avec 31,4 % mais cède 5,75 % sur l’élection précédente.

Une des cinq communes du comté place les SD en tête et les pertes enregistrées par les sociaux – démocrates semblent alimenter directement les Démocrates suédois.

A Olofstrom, les sociaux – démocrates perdent ainsi 785 voix, quand les Modérés en laissent 121 en route et que les Démocrates suédois en gagnent 805.

A Karlskrona, les sociaux – démocrates abandonnent 2 676 votes, et les Modérés perdent 714 suffrages.

Le Parti de gauche progresse de 504 voix quand les Démocrates suédois gagnent, pour leur part, 2 950 suffrages.

Dans le comté de Kalmar, où la gauche conserve la tête avec 40,5 % contre 38 % pour l’Alliance, la poussée des SD est réelle avec 20,6 % et la première place dans la commune de Torsas.

Même si c’est pour quatre voix devant les sociaux – démocrates.

Lors du scrutin de 2014, les SD avaient …600 voix de retard sur les sociaux – démocrates.

Notons cependant que les SD sont arrivés en troisième position, dans la même commune, lors du scrutin municipal.

Ils n’y ont même obtenu que sept voix de plus que leur score 2014 aux législatives…

Les scrutins locaux tenus le 9 septembre en Suède, en même temps que le scrutin législatif, ont eu des résultats différents.

Pour les régionales, en 2014, la gauche dans son ensemble avait obtenu 46,3 % des votes et 830 élus ; l’Alliance avait recueilli 39,3 % et 645 sièges et les Démocrates suédois 9,1 % et 161 sièges.

Enfin, des partis locaux avaient obtenu 42 sièges.

Pour l’heure, les résultats sont très partiels et ne se prêtent aucunement à quelque interprétation que ce soit.

Pour les scrutins des 290 communes de Suède, les données sont également partielles.

En Botnie du Nord, le parti social – démocrate arrive en tête dans douze municipalités mais perdrait la municipalité de Kiruna, fief assez emblématique du Parti.

Peu d’indications dans les comtés de Botnie Occidentale et du Nord Ouest.

Les sociaux – démocrates sont en tête dans les cinq communes du Jämtland dont les résultats ont été dépouillés.

Le jeu des alliances sera déterminant pour la suite.

Peu d’éléments dans le comté de Gävle, sinon que le chef lieu donne pour l’heure la première place aux sociaux – démocrates, avec un scrutin marqué par une perte d’influence des Modérés au profit des Démocrates suédois.

En Dalécarlie, les sociaux – démocrates apparaissent souvent en première position, mais les scores de leurs potentiels alliés de gauche semblent insuffisants pour leur permettre de rafler la direction des municipalités.

Dans le Värmland, seule la commune de Filipstad est connue.

On y constate un progrès social – démocrate et une perte d’influence des Démocrates suédois.

Ils y obtiennent 535 voix de moins qu’aux législatives quand les Modérés en ont 670 de plus.

Dans le comté d’Orebro, trois communes ont fini leur dépouillement.

Askersund place en tête les sociaux – démocrates avec 32,8 % des voix, devant les Modérés et les SD.

Les 33 élus de la municipalité ont été répartis ainsi : 8 Modérés, 3 Centristes, 1 Libéral, 2 Démocrates – chrétiens, soit 14 élus ; 10 Sociaux – démocrates, 2 Parti de gauche, 1 Ecologiste, soit 13 élus ; 5 Démocrates suédois et 1 divers.

C’est là une perte sèche pour la gauche, puisque la municipalité sortante comptait 17 élus sur 33.

Degerfors confirme, pour les municipales, une inclinaison fortement à gauche avec 11 élus pour le Parti de gauche et 9 pour les Sociaux – démocrates sur les 31 membres de l’Assemblée.

Les deux listes de gauche dépassent les 65 %.

Enfin, Orebro, le chef lieu, a placé en tête les sociaux – démocrates, avec 32 % des votes, loin devant les Modérés (17,6 %).

Parmi les 65 élus du conseil municipal, le bloc de gauche en obtient 29, l’Alliance 28, 6 allant aux SD et les deux derniers allant à la liste de l’Orebro partiet, qui se définit comme parti de gauche « ouvert ».

Les sociaux – démocrates peuvent – ils garder la main sur la municipalité ?

Dans le Västmanland, les dix communes placent les sociaux – démocrates en tête mais aucune répartition de sièges n’a encore été validée.

Pour le reste du pays, nous devrons attendre…

 

 

 

 

ALLEMAGNE CHRONIQUE D’UNE DEFAITE IMPREVUE

Je ne sais pas si vous avez fait attention, mais le fait est que les élections allemandes, tenues le 24 septembre dernier, n’ont pas tout à fait pris la tournure que d’aucuns avaient annoncé.

Pour la presse française (la même sans doute que celle qui assimile l’Espagne post franquiste et sa Constitution de compromis plus ou moins boîteux d’Etat de droit), la victoire de la Chancelière sortante, Angela Merkel, était plus que prévisible et la seule question digne d’intérêt était de savoir où se fixerait le poids électoral du parti d’extrême droite, Alternativ fur Deutschland (AfD), ceci amenant au Bundestag un nombre plus ou moins important de députés issus de cette formation.

A la vérité, quelques points de détail, loin d’être secondaires, étaient en général oubliés dans un débat politique que l’on résumait à la seule problématique de la présence des migrants, Angela Merkel étant présentée comme généreuse de ce point de vue.

Etaient donc oubliés des aspects essentiels de la société allemande.
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