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IMMIGRATION : UN DEBAT SANS VOILE

Très préoccupé par l’hydre islamiste, le Président de la République a fait inscrire à l’ordre du jour des deux Assemblées un débat sur l’immigration, débat qui, sous nombre d’aspects, s’apparente à une sorte de présentation anticipée des dispositions budgétaires que le Gouvernement entend prendre autour des questions posées.

Le plus sage, dans l’ambiance emplie par l’enquête sur l’attentat de la Préfecture de Police commis par un fonctionnaire islamiste sourd muet criant Allah Akbar, c’est sans doute, dans un premier temps, de laisser parler le compte rendu des Assemblées.

D’abord au Palais Bourbon, donc.

On rappellera ici que la France est un pays d’immigration assez conséquente depuis plus ou moins deux siècles, d’autant que nous nous reconnaissons quelques chefs d’Etat (Clovis et les Mérovingiens, Charlemagne et ses successeurs par exemple) qui étaient, tous, d’habiles locuteurs de la langue française, familiarisés avec l’écrit, par ailleurs.

Laissons parler le Premier Ministre tout fier de dire, notamment

Nous faisons notamment un effort considérable en matière d’aide publique au développement. Cet effort représentait 0,43 % de la richesse nationale en 2018, et le Président de la République a décidé de porter ce taux à 0,55 % d’ici à 2022, ce qui représente une augmentation significative.
(fin de citation)

Sans déflorer le sujet, on rappellera tout de même que cela fait environ cinquante ans qu’une résolution de l’ONU, datée du 24 octobre 1970, indiquait (je cite)

Chaque pays économiquement avancé accroîtra progressivement son aide officielle au développement des pays en voie de développement et s’efforcera particulièrement d’atteindre, au milieu de la décennie au plus tard, un montant minimum en valeur nette de 0,7 % de son produit national brut aux prix du marché.

( fin de citation)

En clair, la France, seconde puissance coloniale dans l’Histoire contemporaine (en 1939, la France qui déclare la guerre à l’Allemagne compte 40 millions de métropolitains et 60 millions d’habitants Outre Mer), n’a que trente cinq ans de retard, pour le moins, sur ses engagements internationaux.

Mais l’excellent Edouard Philippe a aussi parlé intégration.

La preuve

Parmi les fausses solutions, j’inclus aussi les symboles qui ne font pas une politique, comme la fin du droit du sol, que certains proposent.

Certes, le Gouvernement que je dirige a assumé de resserrer les critères du droit du sol à Mayotte, où il fallait bien régler une situation objectivement spécifique, d’ailleurs reconnue comme telle par le Conseil constitutionnel. En revanche, je ne vois pas bien en quoi, à l’échelle du pays, la fin du droit du sol serait une réponse aux questions migratoires qui se posent.

Rappelons quelques faits bruts. Quelque 30 000 personnes accèdent chaque année à la nationalité française par ce que l’on appelle le droit du sol. Dans leur immense majorité, elles y accèdent par une démarche volontaire. Ce sont des jeunes qui sont nés et qui ont grandi en France, puis qui ont fait une démarche pour devenir français.

 Doit-on leur dire systématiquement non ? Ou que nous allons leur compliquer la vie ?

Imagine-t-on régler ainsi nos défis migratoires ? Pour ma part, je ne le crois pas.

En matière de nationalité, c’est plutôt sur les naturalisations par décret – au nombre de 60 000 par an – que nous pourrions nous interroger, ainsi que sur les critères que nous nous donnons pour vérifier, par exemple, le niveau de langue française des candidats. Comme je l’ai déjà indiqué, je pense qu’il convient de relever ce niveau, et nous agirons dans cette direction.

(fin de citation)

On pourrait d’ailleurs vouloir relever le niveau de langue de bien d’autres personnes mais comme l’ortograf est un savoir pas toujours partagé…

Ceci posé, parmi les propositions fortes, figurent entre autres

Il est logique que les ressources que nous consacrons à cette aide servent notre politique migratoire, non seulement en traitant dans la durée, par un appui à des projets économiques ou sociaux, les causes profondes des migrations, mais aussi plus directement en soutenant les projets visant à développer les capacités de certains États à maîtriser leurs frontières, à combattre les réseaux de passeurs ou encore à moderniser leur état civil.

(fin de citation)

Serait ce une nouvelle version de l’appui technique de la France à la coopération militaire et policière ?

Ou encore

Comme je l’ai indiqué lors de ma déclaration de politique générale, nous devons assurer une plus grande convergence européenne des conditions d’accueil des demandeurs d’asile et des migrants. Les décalages entre États membres sont réels, quant à l’allocation versée aux demandeurs d’asile ou encore aux conditions d’accès au système de santé, par exemple. La France doit, à l’évidence, soigner tous ceux qui résident sur son territoire. Mais elle ne doit être ni plus, ni moins attractive que ses voisins.

(fin de citation)

Là,  il faut faire un point Aide Médicale d’Etat.

Parce qu’elle fait l’objet d’une campagne lamentable.

Ainsi, pour Eric Ciotti, député LR des Alpes Maritimes, il faut

Empêcher que les étrangers constituent une charge insupportable pour les finances publiques en réduisant l’attractivité de notre modèle social – l’AME doit être réformée en garantissant seulement l’accès aux soins urgents et vitaux ;…

( fin de citation)

Sur ce point, deux trois chiffres…

L’aide médicale d’Etat, c’est quasiment 320 000 demandeurs par an et une dépense budgétaire inscrite pour 943 millions d’euros en 2019.

L’objectif national de dépenses d’assurance maladie, hors prise en charge par les mutuelles, par exemple, c’est 213,1 Mds d’euros pour environ 67 millions de Français, résidents étrangers réguliers.

La simple opération de division donne un résultat comparable entre le coût des dépenses d’une personne de nationalité étrangère prise en charge par l’AME et le coût des soins d’un assuré social ordinaire.

Et il doit être préférable aux yeux d’Eric Ciotti, de laisser une personne étrangère malade sur notre territoire se soigner en transmettant éventuellement son affection à son entourage proche.

Accordons cependant la palme du fiel au député maire de Drancy, Jean Christophe Lagarde, centriste militant.

Sur le regroupement familial, il indique notamment

Monsieur le ministre de l’intérieur, je dénonçais, déjà à l’époque où M. Sarkozy occupait votre place, l’incohérence des règles qui le régissent.

Il ne pose aucun problème, dites-vous ; mais je crois qu’il en pose un. Nous devrions poser un principe : une personne qui veut faire venir en France un membre de sa famille doit avoir les moyens de l’assumer pleinement, sans demander d’aide sociale.


Savez-vous, monsieur le Premier ministre, qu’aujourd’hui une personne qui veut faire venir son conjoint et son enfant doit gagner 1 204 euros par mois et occuper un logement de 32 mètres carrés, soit l’équivalent d’un studio dans un logement social ? Or, lorsque l’on occupe à trois un tel logement social, on demande une mutation, tandis que des ressources limitées à 1204 euros pour faire vivre trois personnes ouvrent droit aux APL – aides personnalisées au logement.

(fin de citation)

En guise de réponse, faut il répondre au sémillant Député UDI que, selon le code de l’action sociale et des familles et son article L 111- 2, il est stipulé que (je cite)

Les personnes de nationalité étrangère bénéficient dans les conditions propres à chacune de ces prestations :

1° Des prestations d’aide sociale à l’enfance ;

2° De l’aide sociale en cas d’admission dans un centre d’hébergement et de réinsertion sociale ;

3° De l’aide médicale de l’Etat ;

4° Des allocations aux personnes âgées prévues à l’article L. 231-1 à condition qu’elles justifient d’une résidence ininterrompue en France métropolitaine depuis au moins quinze ans avant soixante-dix ans.

Elles bénéficient des autres formes d’aide sociale, à condition qu’elles justifient d’un titre exigé des personnes de nationalité étrangère pour séjourner régulièrement en France.

Pour tenir compte de situations exceptionnelles, il peut être dérogé aux conditions fixées à l’alinéa ci-dessus par décision du ministre chargé de l’action sociale. Les dépenses en résultant sont à la charge de l’Etat.

(fin de citation)

Peut être faudrait il exiger de quelques – uns des prophètes de la « submersion » et de je ne sais quel cataclysme à venir d’apprendre par cœur ce qui n’est, pour la France, qu’un principe fondamental, au demeurant inscrit dans notre droit à raison d’une réciprocité avec le droit social applicable dans nombre de pays où résident des Français exilés…

Pour le Palais du Luxembourg, nous verrons ce qu’il en a été…

 

LE PREMIER GESTE, C’EST SOUVENT DE MARCHER

De l’origine à aujourd’hui, même si nous n’avons pas que les traces invisibles inscrites dans nos codes génétiques, et bien avant que les mots et la pensée ne trouvent leur expression dans l’écrit, le mouvement naturel de l’Humanité a été de se déplacer.

Je ne sais pas ce que les descendants de Lucy, nés dans la grande déchirure africaine du Rift, sillon brûlant tracé dans la chair du continent, sont venus faire en allant qui vers l’Asie, qui vers l’Europe, mais le fait est qu’ils ont marché…

Le propre de l’Humanité, pour ceux qui l’auraient oublié, c’est de marcher, d’aller au devant de sa destinée à venir pour mieux fuir parfois celle du passé…

Les chasseurs ont recherché de meilleurs terrains de chasse, les pêcheurs des rivières poissonneuses et des mers plus généreuses, et les agriculteurs des terres plus grasses que les sols ingrats jusqu’alors travaillés.

Et qu’a fait le peuple Juif, à la suite de Moïse, sinon de quitter le sol égyptien, lieu de souffrance et de servitude, pour la Terre Promise, le « pays de lait et de miel » où le bonheur faisait ordre du jour ?

Ont ils été chercher ce Paradis perdu, les pélerins du Mayflower, pourrait on se demander ?

Possible, en tout cas, que comme bien d’autres en d’autres temps et lieux, ils aient été se choisir une autre vie sur Terre que celle qui se déroulait jusque là…

Autant dire que nous ne pouvons qu’être abasourdis, honteux peut être, révoltés ou encore scandalisés par la manière dont certains appréhendent ces temps derniers la situation pour le moins mouvante créée par les incertitudes géopolitiques du Moyen Orient et de l’Afrique sahélo saharienne…

Que les choses soient dites : la France n’est pas soumise à je ne sais quelle poussée migratoire qui nous conduirait jusqu’à la submersion.

Pour le coup, ceux qui utilisent ce vocabulaire anxiogène sont d’autant moins qualifiés pour donner leur opinion que ces « migrants », pour la plus grande partie, ne camperont pas sous leurs fenêtres…

Et que leur logement offre en général plutôt une vue sur la Tour Eiffel ou le Bois de Boulogne que sur les berges du Canal Saint Martin ou du Canal Saint Denis.

Le bassin de la Villette est pour quelques uns de ces plumitifs de l’angoisse et de la haine une sorte de « zone de non droit », une contrée inconnue assimilable à je ne sais quel cloaque douteux…

A la vérité, s’ils étaient seulement originaux dans leur discours, cela serait déjà bien…

Le Figaro du 10 mars 1939, parlant de la situation créée par la fin de la Guerre d’Espagne et l’exil forcé de centaines de milliers d’Espagnols républicains et de leurs familles, évoque ainsi le Conseil des Ministres qui, après avoir approuvé le décret d’ouverture de la session de printemps du Parlement, s’est trouvé à réfléchir sur le statut des réfugiés.

(A l’époque, la convention internationale sur le droit d’asile n’existe pas ou de manière rudimentaire avec le passeport Nansen).

Ainsi, le Figaro écrit «  Le conseil sera amené à fixer une résidence à MM. Negrin (leader du PSOE à l’époque et Premier Ministre) et Del Vayo et aux autres ministres républicains ayant demandé asile en France. Il aura également à se prononcer sur les mesures de police à prendre à l’égard des chefs extrémistes réfugiés sur notre territoire. Il entre, croyons nous, dans les intentions du gouvernement d’interdire rigoureusement aux leaders communistes et anarchistes espagnols tout acte de propagande et dans le cas où ils n’observeraient pas la plus stricte neutralité politique de les refouler hors de France. »

Pour les remettre dans les mains de Franco ?

Le grand quotidien conservateur citait notamment les cas de Dolores Ibarruri, dirigeante communiste et d’Enrique Lister, commandant militaire issu lui aussi du PCE parmi les « chefs extrémistes »à surveiller.

On se souviendra que, lorsque Pétain aura pris le pouvoir dans les décombres de la IIIe République, il n’aura aucune difficulté à expulser du territoire français l’ancien Président de la Generalitat de Catalunya, Lluis Companys, et le livrer aux autorités franquistes.

De fait, les plumitifs et propagandistes de la haine et de la méfiance, qu’il s’agisse de journalistes, de pseudo intellectuels ou d’hommes politiques, sont une véritable honte pour la pensée critique.

A tous ceux là, on peut effectivement rappeler ce petit exercice de calcul simple.

Dans le schéma européen de « gestion de la crise migratoire », la France doit s’assurer du traitement de la situation de 24 000 personnes par an.

Par ordre de comparaison, cela fait environ deux réfugiés pour trois communes de notre pays.

Nous pouvons aussi rapporter le nombre de ces réfugiés à celui de la population française (plus de 67 millions), ce qui situe le pourcentage à 0,03 %…

Ce qui, dans une ville comme Paris, pourrait signifier par exemple d’accueillir correctement quelque chose comme 650 réfugiés.

On le voit, nous sommes au bord de l’invasion…

Plus sérieusement, au delà de ce petit exercice d’arithmétique,  on peut se demander de quel bois est faite la loi que le Gouvernement actuel entend mettre prochainement en œuvre et qui vise (sic) à « une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie ».

Un projet de loi qui prévoit, par exemple, de refuser le statut de réfugié à tout ancien militant de l’ETA basque…

Ou de généraliser le renvoi des demandeurs d’asile vers le premier pays de l’Union européenne où ils auraient eu l’idée de poser le pied…

On appelle cela des « Dublinés » puisque l’accord stupide de répartition des demandeurs d’asile a été signé dans la capitale irlandaise.

En même temps, venant d’une institution (La Communauté Européenne) qui accorde quelque vertu à la notion de « shopping de l’asile », comme dirait notre pauvre Ministre Nathalie Loiseau (ancienne directrice de l’ENA, ce qui laisse au moins rêveur), rien ne peut nous étonner.

 

 

 

 

 

 

 

REFUGIES : L’EUROPE COMMENCE A SAMOS ET FINIT A BRUXELLES

C’est désormais un fait acquis.

Le continent européen, depuis la constitution du Marché Commun puis la création de la Communauté Européenne, et désormais d’une Union comprenant vingt huit Etats membres (même si l’un d’entre eux semble appelé à quitter le navire) se présente bel et bien comme une sorte d’Eldorado de la démocratie, de la liberté d’expression, faisant des droits humains sa raison d’être et comme la sève qui court dans les branches de son arbre aux multiples couleurs…

C’est d’ailleurs parfaitement manifeste, cette impression d’Eldorado, quand on voit ce que donne concrètement l’accueil des milliers de réfugiés venus des pays du Sud et notamment des nations aujourd’hui frappées par les guerres civiles et/ou importées.

Je ne sais pas vous, mais j’avoue avoir été marqué par cette laconique et récente dépêche de l’agence britannique Reuters qui parlait de
3 600 morts par noyade depuis le début de l’année 2016 dans les flots de la Méditerranée, cette Mare Nostrum qui, à la fois, sépare et réunit l’Europe, l’Asie et l’Afrique.

3 600 victimes, c’est l’équivalent du 11 septembre, c’est autant que deux fois (ou presque) le Titanic en avril 1912, mais cette fois ci il n’y aura pas de film à grand spectacle (et à visée clairement politique, au demeurant), pas de chanson de Céline Dion vouée au succès international, pas de monument commémoratif, pas de cérémonie de recueillement ni de cortège officiel de dirigeants politiques en procession compassionnelle… Continuer la lecture de REFUGIES : L’EUROPE COMMENCE A SAMOS ET FINIT A BRUXELLES