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le groupe d’experts sur le SMIC.

Dans son rapport de décembre 2017, le Groupe d’experts avait analysé des pistes de réformes possibles du SMIC.

Deux objectifs avaient guidé cette réflexion : augmenter l’emploi et réduire le chômage, de façon durable et soutenable, et lutter efficacement contre la pauvreté, en particulier celle des enfants et des personnes les plus fragiles.

Plusieurs arguments économiques et sociétaux avaient amené le Groupe d’experts à ne pas recommander une régionalisation du salaire minimum ou une modulation du SMIC selon l’âge.

Mais une réforme du mode de revalorisation automatique du SMIC y était recommandée.

Le Groupe d’experts réitère cette recommandation dont il est utile de rappeler les raisons.

Les comparaisons internationales contenues dans le rapport de décembre 2017 faisaient ressortir que le mode de revalorisation automatique du SMIC est sans équivalent dans les autres pays développés où existe un salaire minimum national (28 des 36 pays de l’OCDE). Dans latrès grande majorité de ces derniers (24 pays sur 28), aucune automaticité de revalorisation n’existe.

Dans les quatre pays -la Belgique, le Luxembourg, la Slovénie et la France -où une automaticité existe, elle ne porte dans les trois premiers d’entre eux que sur un seul critère, l’inflation.

Seule la France utilise simultanément deux critères de revalorisation automatique, l’inflation et la moitié du pouvoir d’achat du salaire horaire brut ouvrier et employé (SHBOE).

(fin de citation)

Ce texte provient du rapport 2018 du groupe d’experts sur le SMIC, piloté par Gilbert Cette, l’un des économistes passés de Hollande en 2012 à Macron en 2017…

Ce brillant aréopage qui préconise donc que le SMIC évolue avec l’indice des prix (ce qui veut dire que le pouvoir d’achat des Smicards est voué à un gel longue durée) recommande, pour janvier 2020, de ne pas « donner de coup de pouce » au SMIC , car la hausse du coût du travail nuit à l’emploi…

Gilbert Cette et ses coauteurs privilégient la prime d’activité, payée par l’Etat, et au demeurant récupérable en cas d’indu (détail à ne jamais oublier), pour améliorer la situation des personnes payées au salaire minimum ou sur la base de celui ci.

Une prime d’activité alimentée en grande partie par la TVA payée par les consommateurs, c’est à dire, notamment, les smicards eux mêmes…

Cette année, toutefois, nouveauté, le groupe d’experts recommande d’appliquer une « rémunération minimale pour les travailleurs des plateformes ».

Vous savez ce que c’est là, puisque nous sommes ici face aux livreurs à vélo et aux taxis sans plaque officielle qui viennent tirer certains tarifs vers le bas…

Avec, cependant, quelque prévention.

Puisque «  cette rémunération présente des risques, en particulier ceux de brider des formes d’activités dont le développement peut être bénéfique pour la croissance, l’emploi et le bien être du consommateur ».

L’emploi d’un pédaleur payé moins de 1 000 euros par mois ?

Le bien être du consommateur ?

Vite, Gilbert Cette, à bicyclette ! Uber Eats vous attend !

QUESTIONS D’ACTUALITE

La France devrait mettre en place des quotas d’immigration, à raison des manques de main d’œuvre disponible dans certains secteurs d’activité.

Faut il faire observer que cela ne concernera pas les ressortissants communautaires, qui jouissent a priori du droit de libre circulation sur le territoire de l’Union européenne .

Ce qui vaut donc pour les Néerlandais ou les Suédois, mais aussi pour les Polonais, Slovaques, Croates et, à terme, Roumains et Bulgares…

La mesure est évidemment étendue aux ressortissants des pays dits de l’Espace Economique Européen (Islande, Norvège, Suisse entre autres)…

Ce qui met, nécessairement, hors de l’application des quotas une part non négligeable de la population étrangère résidant en France.

Et centre le débat sur ce que l’INSEE, en appui au rapport annuel sur les étrangers en France pour 2017, a pu mesurer.

Il y avait alors en France un peu moins de 3 millions d’étrangers en France dont un peu plus de 600 000 Algériens, de 510 000 Marocains, de 210 000 Tunisiens, de 205 000 Turcs, 110 000 Chinois, 275 000 originaires de quatre anciennes colonies françaises d’Afrique (Mali, Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun) et un peu plus de 70 000 originaires de l’ex Congo belge.

La grande affaire de l’immigration, c’est qu’elle demeure, depuis une quarantaine d’années, étroitement liée au regroupement familial et à la venue régulière d’étudiants.

Dans les années 50 et 60, le patronat français faisait venir, parfois en procédant à de quasi « rafles », de la main d’œuvre jeune et disponible pour effectuer nombre des tâches difficiles de plus en plus refusées par les salariés français.

Dans le courant des années 70, alors que la crise avait tendance à s’installer dans le paysage économique, on mit un terme à l’immigration économique (ou presque), on favorisa le retour au pays (le fameux « Prends 10 000 balles et tire toi » de la prime Stoléru) et on accepta le regroupement familial.

En allant jusqu’à tolérer la polygamie pratiquée dans certains pays de l’Ouest Africain ou dans certaines régions du Maghreb.

Une tolérance qui consistait à donner, par exemple, les allocations familiales au nom de la première épouse et à attribuer une allocation à la deuxième épouse et ses enfants sous d’autres critères…

Les deux principaux motifs d’entrée ?

Donc le regroupement familial avec plus de 87 000 demandes reçues en 2017, dont une majorité d’enfants de ressortissants français.

Et, ensuite, l’entrée pour études avec près de 80 000 arrivées, trois pays se situant en tête avec environ 10 000 expatriés chacun (Maroc, Algérie et …Chine).

Sur les secteurs en tension, quelques mots.

Juste pour indiquer que ce sont les secteurs du bâtiment et des travaux publics, celui de l’hôtellerie restauration et celui de l’agriculture, dans une autre mesure, qui connaîtraient des déficits de main d’œuvre.

Le rapport 2017 précité fait état de 1 140 dossiers de constatation de travail illégal intéressant des étrangers sans titre de séjour.

Sur ces 1 140 cas (sans doute assez loin de la réalité), 357 concernaient le bâtiment et les travaux publics et 287 l’hôtellerie et la restauration, soit 56 % des infractions constatées.

Simple relation de cause à effet ?