la majorité sénatoriale


13 décembre 19

En ces temps de confusion, où l’on ne sait plus trop qui est qui, même s’il s’avère de plus en plus qu’En Marche s’apparente à un parti de centre droit tenté par l’autoritarisme (ce qui interroge sur le positionnement des socialistes qui tendent à le rejoindre encore ces temps derniers), il y a un endroit où les choses ont le mérite de la simplicité et de la clarté.

Cet endroit, c’est le Sénat.

Depuis le renouvellement de septembre 2014, le Palais du Luxembourg accueille dans le confort ouaté de ses moquettes rouges épaisses destinées à amortir l’effet des coups bas une majorité de sénateurs et sénatrices de droite.

Et pendant que le pays est secoué par un mouvement social portant sur un choix de société essentiel relatif à la vie après la vie de travail, le Sénat examine le budget 2020…

Défenseurs indéfectibles de la famille et du travail dominical, les sénateurs de droite ont ainsi voté en faveur du relèvement du plafond du quotient familial, mais pas celui des contribuables célibataires, divorcés ou veufs…

Ils ont aussi relevé le seuil maximal du crédit d’impôt « investissement dans les entreprises » déductible du seul impôt sur la fortune immobilière de 50 à 75 000 euros.

Opération portant le plafond du crédit d’impôt à 56 250 euros.

En lisant le tarif de l’IFI, on relèvera juste qu’un contribuable procédant au versement maximal deviendrait non imposable à concurrence d’un patrimoine d’une valeur imposable retenue de plus de 6,6 millions d’euros.

Et probablement de plus ou moins 7 millions d’euros, compte tenu de l’abattement de 30 % appliqué à la valeur de l’habitation principale du redevable.

Ce qui est, comme chacun sait, la valeur moyenne des pavillons de banlieue…

Ensuite, pour pouvoir mettre 75 000 euros dans le financement des entreprises, vaut mieux avoir un patrimoine de cette valeur.

Mais, côté dépenses, la droite sénatoriale n’a pas été en reste.

Ainsi, a-t-elle décidé de transformer les fonctionnaires en heures de travail et de supprimer des postes de travail, par la subtile mécanique d’un processus conduisant à annuler les trente cinq heures dans la fonction publique.

Et à porter leur temps dit effectif de travail à trente sept heures et demie par semaine.

Pour faire bonne mesure, les parlementaires de la majorité de droite du Sénat ont allongé le délai de carence en cas de maladie et ralenti le mouvement de progression des rémunérations lié à l’ancienneté.

Tout en mettant en cause le droit des lauréats des concours de la Fonction Publique à entrer dans les effectifs de nos administrations…

Une telle démarche, selon les estimations réalisées par les auteurs, reviendrait, en cas d’application concrète, à prendre rien moins que 3,5 milliards d’euros.

Problème : comme tout est lié, c’est aussi 3,5 Mds d’euros qui ne produiront pas d’impôt sur le revenu ou de cotisations sociales…

Or, pour ne donner qu’un exemple, le régime de retraite des paysans a besoin du soutien du régime des fonctionnaires pour rester à l’équilibre…

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