FRONT NATIONAL, PARTI DES INVISIBLES ET DES OUBLIES ?

Voici cependant que la PME familiale des Le Pen, après de longues années de disette et une soudaine faveur, plus de quarante ans après le lancement de l’entreprise, a publié une première liste de candidats aux élections législatives du printemps 2017, dont elle attend évidemment de retrouver, sur les bancs du Palais Bourbon, une force supérieure à celle qu’elle pût avoir en 1986 lors des élections législatives de cette année là.

506 candidats ont ainsi été investis par les organes dirigeants du Parti, avec une légère majorité d’hommes.

L’examen des données relatives à ces candidats nous fournit d’intéressantes indications sur l’état des forces du mouvement marino lepéniste.

Premier aspect : le parti s’appuie sur son réseau d’élus locaux, quelque peu développé depuis les municipales de 2014 et singulièrement renforcé lors des régionales de 2015.

On rappellera donc que le FN compte, en France, environ 1 300 élus municipaux, chiffre qui semble conséquent mais demeure tout de même relativement marginal (il y a plus de 500 000 élus municipaux dans notre pays) ; il dispose également de 62 élus départementaux, soit une proportion plus importante mais néanmoins encore marginale et compte surtout sur 350 conseillers régionaux, ce qui lui donne une force inégalée en ce domaine.

Résultat : parmi les candidats investis, on compte plus de 210 conseillers régionaux et départementaux et environ 185 élus municipaux.

Il y a donc, au moment même où s’impose le principe du non cumul des mandats, une volonté de s’appuyer sur le réseau des élus locaux du Parti, fut il constitué de manière relativement récente.

L’analyse commande de dire que certains des candidats pré investis par le FN ne l’étaient pas jadis.

Il semble bien qu’une bonne partie des candidats de 2012 ne le soit plus.

Deuxième élément : le candidat FN est plutôt diplômé avec une proportion de 45,3 % de titulaires d’une maîtrise, d’un master et de diplômes supérieurs.

Une proportion assez différente des données générales de la population française.

En 2013, sur la population adulte de plus de 15 ans sortie de l’école, la France comptait 32,7 % de personnes de niveau BEPC ou sans diplôme ; 23,9 % de titulaires d’un diplôme de l’enseignement technique et professionnel, 16,6 % de bacheliers et 26,8 de diplômés de l’enseignement supérieur, du DUT ou du DEUG au doctorat.

Les candidats FN sont donc assez nettement décalés de la moyenne nationale, quand bien même le niveau global et moyen de qualification ne cesse de progresser.

La surprise résulte aussi de l’appartenance professionnelle des candidats, puisque plus de 26 % des candidats FN sont à classer parmi les chefs d’entreprise, artisans et commerçants, 18,4 % des cadres supérieurs et des professions libérales, pour 13,4 % de retraités, 12,2 % de fonctionnaires et salariés du secteur public (y compris de hauts fonctionnaires de fait) et 19,7 % d’ouvriers et d’employés.

Dans la société française d’aujourd’hui, la population active compte environ 8 % de chefs d’entreprise privés, un peu plus de 17 % de cadres supérieurs et de membres de professions libérales (ce pourcentage comprenant aussi les cadres supérieurs du secteur public estimés à plus de 500 000, majorés des 800 000 membres du corps professoral et des professions scientifiques).

On notera à ce propos que les cadres supérieurs du secteur privé représentent une population de 2,4 millions de personnes, soit environ 9 % de la population active.

Le FN semble donc, de manière assez évidente, un parti de couches salariées aisées et de travailleurs indépendants et/ou chefs d’entreprise.

Sa représentation du monde ouvrier est en décalage avec la réalité de la population où la majorité des emplois sont occupés par des ouvriers (20,8% des actifs), des employés (28,1%) et des membres des professions dites intermédiaires (25,6%), ces deux dernières catégories regroupant au demeurant des professions fort diverses.

Dernier point non négligeable : les candidats du FN sont majoritairement issus du mouvement et le nombre de transfuges venus d’autres partis faibles.

On dénombre ainsi 28 candidats venus de la droite UMP, 25 d’un parti libéral et cinq de partis centristes.

La gauche ne fournit que 11 candidats au FN,                       avec 7 anciens membres du PS et 4 d’autres formations de gauche.

Le gaucho lepénisme invention de Pascal Perrineau ?

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