IMMIGRATION : UN VOILE SUR LES VRAIES QUESTIONS ?

Le débat sur l’immigration, mené au Parlement, avait, comme nous l’avons vu, donné lieu à un certain nombre d’observations et de saillies plus ou moins heureuses…

Au Sénat, nous pouvons d’ores et déjà citer le cas du « Professeur Richard », sénateur En Marche du Val d’Oise, ancien député et Ministre PS qui a parlé cliniquement de la question.

 Une limitation et une régulation des entrées sont de la nature même des missions d’un État souverain. Tous les pays neufs dans l’histoire qui se sont peuplés par l’immigration, sur le modèle des États-Unis dès le XVIIIe siècle, ont fixé des limites au droit d’entrée, en les adaptant suivant les périodes et suivant la consolidation de leur société.

Nous-mêmes, aujourd’hui, avons tous conscience de la nécessité de faire respecter de telles limites à l’accès à notre sol, pour maintenir les équilibres humains et la cohésion de notre société. Seules des doctrines extrémistes réclament l’abolition de toute frontière et tout contrôle territorial, étant observé, d’ailleurs, que ceux qui les défendent ne sont pas parmi les plus pacifiques lorsqu’ils défilent dans nos rues.

Cette régulation est la condition pour que la France assure avec succès l’intégration républicaine, qui est notre tradition et reste notre impératif pour garantir à nos compatriotes une société ouverte et solidaire.

L’immigration sous ses diverses formes représente entre 250 000 et 320 000 personnes par an, suivant l’estimation que l’on peut faire des entrées irrégulières.

 (Ce qui représente environ 0,5 % de la population de notre pays, à l’origine. On notera que le docteur Richard oublie de parler des départs).

C’est le même ordre de grandeur que l’augmentation régulière de la population française, laquelle se situe entre 280 000 et 300 000 habitants supplémentaires par an. Bien entendu, ces deux statistiques ne résument pas à elles seules, notre évolution démographique et d’autres types de mouvements existent.

(Alain Richard vient de se rappeler que les Français font des enfants, aussi…).

Notre connaissance, à tous ici, des réalités locales nous fait bien percevoir que ce chiffre de nouveaux arrivants est un facteur de tension dans le secteur du logement – tout particulièrement à la périphérie des grandes villes – et pèse sur nos principaux services publics, à commencer par l’enseignement et la santé.

(fin de citation)

Outre le fait que tous les immigrés arrivant en France ne vont pas à l’école, on pourrait se dire aussi que si l’immigration était la cause principale des heurs et malheurs du secteur du logement, de la santé et de l’enseignement, nous n’aurions guère de difficultés à résoudre les questions posées.

Laissons donc Alain Richard avec ses lieux communs.

Et, par souci du détail, je laisse chacun apprécier l’intervention de Stéphane Ravier, sénateur FN des Bouches du Rhône.

Je cite, en rappelant que l’immunité parlementaire assure à l’orateur la pleine liberté de ses propos sans risque d’être poursuivi devant les tribunaux.

  1. Stéphane Ravier. Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, monsieur le ministre, mesdames les secrétaires d’État, mes chers collègues, « l’immigration est une chance pour la France ! » Telle est depuis une trentaine d’années la devise, sinon de la République, du moins d’une classe politique qui a tout renié, jusqu’à laisser mourir l’identité du peuple français. Regroupement familial, effacement des frontières, discrimination positive à l’embauche, assistanat social,…

Mme Annick Billon. Ah !

  1. Stéphane Ravier.… droit d’asile, faux mineurs mais vrais clandestins majeurs : vous avez créé toutes les conditions d’une véritable submersion migratoire.

Alors, l’immigration est une chance, mais pour qui ? Assurément pas pour nos compatriotes. Pour une caste politique, elle a permis de sauver quelques élections grâce à ces nouveaux Français. (Mme Cécile Cukierman s’exclame.) Pour d’autres, elle a permis de recevoir des subventions publiques et d’affréter des bateaux pour ramener des clandestins des côtes libyennes jusqu’en Europe.

Les chiffres sont éloquents : en 2016, seuls 7 % des étrangers qui se sont installés chez nous étaient munis d’un contrat d’embauche. L’immigration n’est plus, et depuis longtemps, une immigration de travail, mais une immigration de peuplement pour assistés sociaux. Pour nos compatriotes, la facture est exorbitante.

Je vous le dis solennellement, mes chers collègues, je ne crois pas à la théorie du grand remplacement. En revanche, je suis convaincu de sa réalité. (Rires et exclamations sur les travées du groupe CRCE.) Je n’évoquerai pas, moi, « le bruit et les odeurs » si chers au Président disparu, mais ces zones qui se comptent par centaines à travers le pays et qui sont devenues des enclaves étrangères, des zones de non-France où la haine de tout ce qui est français se répand comme une traînée de poudre.

Nos lois, notre culture, notre identité, notre savoir-vivre, notre savoir-être, nos libertés – celles des femmes en particulier –, comme les libertés sexuelles et religieuses,…

  1. Pierre Laurent. Celles que vous n’avez jamais défendues !
  2. Stéphane Ravier.… sont rejetées, combattues, pour être, elles aussi, remplacées sous les coups d’un communautarisme islamiste militant.

L’idéologie du vivre ensemble s’écroule sous le poids de la réalité d’une immigration chaque jour plus violente et conquérante, qui met en danger notre unité nationale et républicaine.

Seuls ceux qui en ont les moyens en réchappent, et parmi ceux-là, vous tous ou presque mes chers collègues ! Car si la classe politique est favorable au vivre ensemble, elle ne s’inflige pas le « vivre avec ».

L’immigration, c’est comme les éoliennes : ceux qui en défendent l’installation refusent d’en voir à côté de chez eux. (Exclamations sur les travées du groupe CRCE.)

  1. Jean-Pierre Grand. C’est scandaleux de dire ça !

Mme Éliane Assassi. Arrêtez-le !

  1. Stéphane Ravier. Mes chers collègues, votre politique d’immigration a aussi le coût du sang. Du Bataclan à Nice, de Laura et Mauranne à Thimothy ou à Théo, c’est notre jeunesse qui est sacrifiée sur l’autel d’une idéologie destructrice. Sur le plan social, la politique d’immigration relève de la provocation. Alors que chaque jour de nouveaux sacrifices sont exigés des Français, l’immigration continue d’être un tonneau des Danaïdes.

Le coût de l’AME, qui bénéficie aux seuls clandestins, est passé de 400 millions d’euros il y a quinze ans à 1 milliard d’euros aujourd’hui.

Les Français ne s’y trompent plus, ou plutôt vous ne les trompez plus. Ils sont majoritaires à refuser ce suicide national. Les Français en ont marre, les Français en ont assez ! Voilà quarante ans qu’ils se poussent, qu’ils consentent des sacrifices, qu’ils accueillent « l’autre », et qu’ont-ils obtenu en retour ? Le développement d’un insupportable racisme anti-Français, anti-blancs, anti-chrétiens !

Nos compatriotes refusent la submersion. Ils refusent de devenir des étrangers dans leur propre pays : alors, vous menacez, vous censurez, et vous traînez devant les tribunaux ces résistants qui refusent de collaborer. (Protestations diverses.)

Mme Cécile Cukierman. Ce n’est pas la bonne histoire !

  1. Jean-Pierre Grand. C’est dégueulasse !
  2. Pierre Laurent. Les résistants, vous les clouez au poteau d’exécution !
  3. Stéphane Ravier. Comment pouvez-vous avoir les yeux aussi grand fermés devant ce phénomène unique dans l’histoire de l’humanité et des nations : l’explosion démographique mondiale !

Loin d’en prendre conscience, et fidèle à son « en même temps », Emmanuel Macron parcourt l’Europe pour sanctionner les pays qui refusent les quotas de migrants, et il s’apprête à faire de Marseille un port d’accueil pour les clandestins de la Méditerranée.

  1. Jean-Pierre Grand. Et ça ne vous empêche pas de vous baigner dedans !
  2. Stéphane Ravier. Marseille ! Marseille qui subit déjà une situation migratoire, sociale et sécuritaire explosive ! C’est une provocation que je continuerai à défendre – pardon, à dénoncer… (Rires et exclamations. – Applaudissements sur des travées du groupe UC.) Je la dénonce depuis longtemps, et je persisterai, même si cela doit me coûter une mise en examen, comme c’est le cas aujourd’hui : car, dans ce beau pays de France, un parlementaire qui dénonce un trafic d’êtres humains se retrouve devant les tribunaux !

Face à ce danger mortel qui menace notre nation et l’Europe de Charlemagne, de Charles Martel,…

  1. Jean-Pierre Grand. De grands humanistes !
  2. Stéphane Ravier.… de Charles Quint, personne ne nous fera taire ; nous attendons bien autre chose que ce faux débat !

Les seules questions qui devraient vous animer sont celles-ci : avons-nous, nous, Français, le droit de vivre en France selon nos traditions et notre identité ? Avons-nous le droit de rester ce que nous sommes et de transmettre à nos enfants ce que nous avons reçu de nos parents ? Avons-nous le droit de demeurer français dans une France française ?

Nous connaissons la réponse, et le sursaut national ne peut donc venir d’aucun d’entre vous : aussi, pour toutes les victimes de votre folle politique d’immigration, pour les victimes sociales, économiques et identitaires, pour toutes ces familles dont la vie a été détruite sous les coups de l’immigration sauvage, je vous demande, mes chers collègues, de droite comme de gauche, car vous êtes tous responsables de ce désastre, je vous demande de vous excuser ! (Vives exclamations.)

Mme Éliane Assassi. Mais bien sûr !

  1. Stéphane Ravier. Excusez-vous pour avoir menti ! Excusez-vous pour avoir trahi !
  2. le président. Il va falloir conclure.
  3. Stéphane Ravier. Excusez-vous – je conclus, monsieur le président – en instaurant la préférence nationale dans tous les domaines,…
  4. Patrick Kanner. Lamentable !
  5. Stéphane Ravier.… en rétablissant les frontières, en mettant en place, non pas des quotas d’immigration, mais des quotas d’expulsion !

Excusez-vous en inversant le courant de l’immigration !

Plusieurs sénateurs du groupe CRCE. C’est terminé !

  1. Stéphane Ravier. Si vous refusez, si vous ne renoncez pas à votre idéologie mortifère, bien avant la postérité, c’est la France qui vous maudira ! (Exclamations et protestations diverses. – Mme Claudine Kauffmann applaudit.)

(fin de citation)

         Mais le Président du groupe Les Républicains, Bruno Retailleau, sénateur de Vendée (où l’on compte assez peu d’immigrés, au passage) n’est pas en reste.

         Ainsi dit il au Premier Ministre

         Vous avez refusé l’augmentation des moyens consacrés aux centres de rétention, ou plus exactement, à l’expulsion ; vous avez refusé les plafonds fixés annuellement, démocratiquement, par le Parlement ; vous avez refusé le resserrement du regroupement familial. Sur ce point, vous avez même fait pire : vous avez ouvert le regroupement familial, au moment même où tous les autres pays le limitaient. Je parle non pas de l’Italie de Salvini, mais de la Suède ou de l’Allemagne.

Quant à l’AME, mes chers collègues, avec une régularité métronomique, nous votons tous les ans sa transformation en aide médicale d’urgence, avec un panier resserré et, avec la même régularité métronomique, le Gouvernement s’y oppose. Vous avez finalement dit « non » à sa transformation, monsieur le Premier ministre, mais j’ai compris que le Président de la République avait dit plutôt « oui », puis j’ai entendu Mme Buzyn dire plutôt « non ». Aujourd’hui, c’est donc ni oui ni non ! (Sourires sur les travées du groupe Les Républicains.) On ne sait plus où on en est.

Mon sentiment est que vous n’avez pas, monsieur le Premier ministre, la majorité pour mener une politique de fermeté. Voilà la réalité ! Vous êtes non pas dans une logique de rupture en matière de politique migratoire, mais dans une logique de posture et de faux-semblants.

(fin de citation)

Les solutions pour Bruno Retailleau ?

Une politique migratoire est faite de trois composantes, mes chers collègues : des frontières maîtrisées, des lois appliquées – quand moins de 10 % des déboutés du droit d’asile sont expulsés, peut-on dire que la loi est appliquée ? Non ! – et des valeurs républicaines.

(fin de citation)

Dites, Bruno Retailleau, et les autres, vous a-t-il échappé que la situation économique et sociale, en général, pose un certain nombre de questions qui rendent d’autant plus complexe la situation faite aux étrangers dans notre pays ?

Quand vous votez, à longueur d’année, réduction des dépenses publiques et mise en cause des services publics au nom de la « compétitivité » et des « grands équilibres financiers », n’avez-vous pas l’impression que vous rendez plus difficile la situation des immigrés, de leurs familles comme d’ailleurs de leurs voisins et souvent amis ?

Quand cette question viendrait effleurer votre esprit sans vous paraître comme une « excuse », nous pourrons peut – être en reparler.

 

 

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