Mali : Où était passé Bernard Henri Levy ?

Depuis maintenant quelques jours, l’armée française, répondant à l’appel au secours d’un gouvernement provisoire (l’actuel Président du Mali n’est qu’un intérimaire installé par
les militaires suite au coup d’État qui s’était ensuivi de l’invasion du Nord du pays par les islamistes), est engagée dans une campagne militaire dont on ne sait d’ailleurs, nonobstant la résolution onusienne l’autorisant, combien de temps elle peut durer, ni quels objectifs elle recouvre tout à fait.

Il s’agit, selon les sources les plus officielles, de permettre au Mali de recouvrer son intégrité territoriale, aujourd’hui sérieusement entamée (la moitié du pays est sous la coupe des bandes armées prétendues islamiques et l’autre moitié gérée vaille que
vaille par un pouvoir politique assez faible).

Le territoire du Mali présente d’ailleurs des caractéristiques pour le moins intéressantes, produit de partages post – coloniaux pour le moins spectaculaires puisque l’ensemble des frontières Nord du pays est taillé au cordeau, qu’il s’agisse des 2 200 kilomètres longeant la frontière mauritanienne comme des 1 375 délimitant, entre dunes mouvantes et rochers abrupts, celle avec l’Algérie.

Le pays est donc largement désertique, la moitié de sa superficie ou peu s’en faut procédant de la zone saharienne ;

Les trois régions actuelles de Gao, Kidal et Tombouctou, aujourd’hui sous contrôle des forces dites islamistes ou rebelles, constituent au final l’essentiel du territoire du pays
mais n’accueillent que 10 % de la population malienne.

On comptait 544 000 habitants dans la région de Gao, dont 90 000 environ dans la capitale régionale ; plus de 680 000 habitants dans celle de Tombouctou
(environ 55 000 dans la ville sainte du Sahara) et seulement 68 000 habitants dans
la région de Kidal, dont 11 000 dans le chef lieu.

Les autres régions du Mali sont plus peuplées, étant situées près du grand fleuve Niger, comme Mopti, Ségou ou la capitale Bamako, ou dans des zones parfois un peu plus fertiles, comme Sikasso, ville victime, lors de la colonisation française, d’une opération de bombardement de civils en mai 1898.

La région de Sikasso, bénéficiant d’une plus forte pluviométrie, compte à elle seule plus de 2,6 millions d’habitants, soit donc plus que les trois régions du Nord réunies.

Le district de Bamako, limité pour l’essentiel à la capitale du Mali, compte pour sa part un peu plus d’1,8 million d’habitants.

La région de Kayes, aux frontières avec le Sénégal et la Mauritanie, en grande partie en zone sahélienne, compte pour sa part environ 2 millions d’habitants et constitue, de longue date, la principale région d’émigration vers la France.

La diversité ethnique des habitants du pays (depuis les Peuls Soninkés de la région de Kayes aux Touareg de Taoudenit), la faiblesse des infrastructures, l’exploitation encore balbutiante des ressources naturelles, la dominante coton d’une agriculture intégrée quelque peu de force dans le champ de l’économie internationale, tout concourt à faire
du Mali un pays fragile.

En 2009, pour situer les idées, le Mali disposait d’un produit intérieur brut de
8 965 millions de dollars, plaçant le pays à la 124e place mondiale de ce point de vue,
avec une production nationale représentant 0,33 % de la production française.

C’est à dire, pour aller vite, que la production annuelle de l’économie malienne représente à peine plus d’une journée de production en France.

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