MEXIQUE LA REVANCHE D’EMILIANO ZAPATA (5)

Dans le Quintana Roo, Etat voué en particulier aux activités touristiques (Cancun, Playa del Carmen, Tulum), l’alliance de gauche, outre ses succès aux élections fédérales, a remporté de nets succès aux scrutins municipaux, obtenant notamment la majorité absolue à Benito Juarez (Cancun), représentant la majorité du corps électoral de l’Etat, et dans les municipalités de Solidaridad et Othon Blanco, les deux villes les plus importantes après Cancun correspondant à Playa del Carmen et Chefumal, en termes « géographiques ».

Le PT obtient par ailleurs, seul, la première place à Lazaro Cardenas , une des huit autres municipalités d’un Etat jadis fief du PRI…

Dans le Tabasco, coup de tabac en faveur de l’alliance de gauche puisqu’outre les succès aux scrutins fédéraux et le triomphe à l’élection du Gouverneur (plus de 61 % des voix), celle ci a emporté les vingt et un sièges de l’Assemblée de l’Etat élus au scrutin majoritaire et quinze des dix sept municipalités, dont celles du Centro (Villahermosa) et de Cardenas, qui regroupent les populations les plus importantes.

Dans le Chiapas, marqué par la guérilla zapatiste, les élections ont donné un net succès au niveau fédéral pour l’alliance de gauche, victorieuse de la présidentielle, des sénatoriales et des législatives.

JHH a également remporté l’élection du Gouverneur (avec un peu plus de 39 % des voix et la première place dans dix neuf districts sur vingt quatre).

Pour le Congrès de l’Etat, même profil avec dix neuf élus sur vingt quatre au scrutin majoritaire pour JHH contre quatre Verts et un PRI.

Au niveau municipal, JHH arrive en tête à Tuxtla Gutierrez, capitale de l’Etat, mais aussi à Tapachula (avec la majorité absolue), San Cristobal de Las Casas, Comitan de Dominguez, autres municipalités importantes de l’Etat.

Le PVEM l’a emporté, pour sa part, à Cintalapa de Figueroa et Ocosingo.

On notera cependant que les deux élus PRI / PEVM de l’Etat ont d’ores et déjà été invalidés, l’un d’entre eux, ancien Secrétaire aux finances de l’Etat, ayant présenté de faux documents au dépôt de candidature pour laisser accroire qu’il était d’origine « indigène ».

Dans l’Etat de Veracruz, le plus peuplé de la circonscription (plus de 7 millions et demi d’habitants), Juntos Haremos Historia a donc remporté l’élection du gouverneur, l’élection sénatoriale (avec plus de 48 % des votes et près de 560 000 voix d’avance sur le candidat du PAN), les législatives (dix sept élus sur vingt) et a nettement emporté les élections du Congrès de l’Etat avec trente élus sur cinquante, dont vingt sur trente au scrutin majoritaire.

Reste donc le Yucatan, seul des Etats atlantiques à voter pour les alliances du PRI et du PAN.

Un PAN qui obtient le siège de Gouverneur, tandis que le PRI gagne trois sièges sur cinq au Parlement fédéral.

Et emporte le scrutin sénatorial.

Sur un ticket comportant une ex députée Verte.

PAN (deux élus) et PRI (trois) se sont partagés les sièges de député.

Le PRI emporte également neuf mandats de député provincial, contre cinq au PAN et un pour le MORENA.

Aux municipales, notons le succès du PAN sur Mérida, la principale ville de l’Etat.

Dans la circonscription 4, structurée autour de la Ville de Mexico, la poiussée de gauche a été d’autant plus forte qu’elle ne partait pas de rien, le MORENA ayant obtenu la plupart de ses élus précédents dans l’agglomération de la capitale.

Dans le Morelos, succès pour le poste de Gouverneur (avec l’ancien footballeur Cuauhtemoc Blanco Bravo, Président sortant, sous l’étiquette d’un rassemblement autour du PRD, de la municipalité de Cuernavaca), les mandats de sénateur et les sièges de député.

L’alliance de gauche emporte également les douze sièges élus au scrutin majoritaire du Parlement local, obtenant un treizième élu au scrutin proportionnel qui donne un élu PAN, un élu PRD, un élu Movimiento Ciudadano, un élu PRI et un élu Nueva Alianza, de même qu’un élu du Parti Humaniste et un autre du Parti social démocrate.

Aux élections municipales, les trente trois municipalités comptaient neuf cités PRI, six PRD, trois PSD, PAN, PVEM, Movimiento Ciudadano et Nueva Alianza, le tout complété par deux Humanistes et une municipalité PT.

Cette année, l’alliance JHH rafle seize municipalités, contre quatre PRD/PSD, trois PAN/Movimiento Ciudadano, deux PRI, quatre PVEM, deux Nueva Alianza, un Humaniste et un indépendant.

Elle gagne ainsi à Cuernavaca (365 000 habitants), Cuautla (un peu moins de 200 000 habitants) et Temixco (environ 110 000 habitants), trois des principales municipalités de l’Etat.

Les trois municipalités PAN pèsent moins de 60 000 habitants, toutes réunies.

Pour Tlaxcala, un des Etats les plus petits du pays, après le triomphe d’AMLO au scrutin présidentiel (70,6%), le succès des sénatoriales (deux élus JHH avec 58,5 % des votes) avec un ticket composé d’une ex élue PRD et de l’ancien Gouverneur priiste, la victoire aux législatives (avec les trois sièges dont deux conquis par d’ex élus PRD et un ex PRI), l’alliance a fait carton plein sur l’Assemblée de l’Etat en obtenant les quinze sièges en jeu au scrutin majoritaire.

Dans le Guerrero, Etat connu pour ses plages (Acapulco) mais aussi pour ses populations indienne et afro mexicaine relativement importantes, outre les succès aux élections fédérales (deux sénateurs pour JHH et huit députés sur neuf), Juntos Haremos Historia a remporté dix huit des vingt huit sièges de l’Assemblée de l’Etat au scrutin majoritaire (16 MORENA, 2 PES), et obtenu la majorité avec six élus au scrutin proportionnel (3 MORENA , 3 PT), ne laissant que onze élus au PRI (+ deux PEVM) et sept au PRD (+ un PAN et un Movimiento Ciudadano).

Soit vingt quatre élus pour JHH, treize PRI et alliés pour neuf PRD et alliés.

Dans la configuration précédente, nous avions vingt cinq PRI/PEVM, dix huit PRD et alliés, pour trois PT/ MORENA.

Aux élections municipales, l’alliance JHH a obtenu treize ayuntamientos pour le MORENA et cinq pour le PT, sur les quatre vingts communes de l’Etat.

L’alliance autour du PRI l’a emporté dans vingt huit mairies, plus deux pour le PEVM et une pour la Nueva Alianza tandis que celle constituée autour du PAN a remporté vingt six municipalités pour le PRD et trois pour le Movimiento Ciudadano.

Parmi les victoires de l’alliance de gauche, on trouve la municipalités d’Acapulco (près de 675 000 habitants), Iguala de la Independencia (environ 120 000 habitants) ou Tlapa de Comonfort (un peu moins de 50 000 habitants), qui figurent dans les dix principales villes de l’Etat.

Dans l’Etat de Puebla, le succès de la gauche a été net avec le gain des deux mandats de sénateur (avec plus de 660 000 voix d’avance sur le ticket du PAN) et de quatorze sièges de député fédéral sur quinze.

Le seul siège restant à « droite » échoit à une candidate investie par le PAN qui, jusqu’ici, représentait Nueva Alianza au Congrès de l’Etat.

La journée du 1er juillet était aussi occupée à l’élection du Gouverneur (qui est resté du côté PANista), des quarante et un membres de l’Assemblée de l’Etat et de deux cent dix sept municipalités.

Pour l’Assemblée, le MORENA obtient dix huit élus au scrutin majoritaire, contre cinq PRI et trois PAN.

Dans la configuration précédente,  nous avions treize PAN, quatre Compromiso Por Puebla, trois Nueva Alianza, deux PRD, un PRI, un PEVM et deux indépendants.

A noter que, dans le district 3, le candidat du PAN ne l’a emporté que de 505 voix sur plus de 114 000 votants et, plus serré encore, que le district 6 est passé au PRI avec …1 voix d’avance sur le candidat du MORENA.

Un MORENA victorieux sur les sept districts de l’Heroica Puebla de Zaragoza, nom complet de la capitale de l’Etat.

Les députés à la proportionnelle étaient ainsi répartis  cinq PRI, un CPP, deux PRD, un Nueva Alianza, un Movimiento Ciudadano, deux PT et trois indépendants.

Sont admis au partage des quinze sièges le PAN, le PRI, le PT, le PVEM, le Movimiento Ciudadano, Nueva Alianza et MORENA.

Pour les élections municipales, l’alliance de gauche a remporté quarante sept des deux cent dix sept municipalités, face  à quatre vingt une municipalités PRI et alliés, et quarante et une avec une direction PAN.

Notons que l’alliance de gauche, parmi ces villes, peut compter sur Puebla (victoire avec 46,4 % des votes), Tehuacan (49,2%), San Martin Texmelucan de Labastida (40%), San Andres Cholula (39,9%), Amozoc de Mota (39,6%), San Pedro Cholula (35,8%), toutes villes de plus de 100 000 habitants de l’Etat.

Seule la ville d’Atlixco a voté pour une alliance menée par le PAN, avec une majorité de …432 voix seulement !

Il nous reste donc, dans cette circonscription, la ville de Mexico, déjà assez marquée par la présence des forces de gauche.

Net succès de Claudia Sheinbaum, au titre de « Gouverneur », la candidate de la gauche, issue de la communauté juive de Mexico, ayant obtenu plus de 2,5 millions de votes sur l’ensemble de la ville.

L’élue, âgée de 56 ans, est une scientifique spécialiste des questions énergétiques et climatiques, ancienne collaboratrice d’AMLO à la direction de la ville et ancienne élue sur Tlalpan, l’une des seize délégations de la capitale.

Le scrutin sénatorial a donné une large victoire à la gauche, avec une avance de plus 1,2 million de voix sur la liste PAN/PRD, tandis que le scrutin législatif majoritaire a donné vingt trois élus sur vingt quatre à la même alliance de gauche.

Seul le district 15 (Benito Juarez), c’est à dire le secteur le plus cossu de la capitale, a voté en faveur d’un candidat PANiste.

Quinze districts ont donné la majorité absolue des votes exprimés aux candidats de l’alliance.

Aux élections de la députation provinciale de la Ciudad de Mexico, l’alliance de gauche a décroché trente et un mandats contre deux pour le PAN et ses alliés.

Les sièges dévolus au scrutin proportionnel ont été ainsi répartis : neuf MORENA, deux PT (ce qui porte à quarante deux le nombre d’élus de l’alliance de gauche dans cette Assemblée) ; neuf PAN et deux PRD, qui permet à cette alliance de disposer de treize élus dans la nouvelle Assemblée Législative, tandis que le PRI décroche cinq mandats et le PVEM deux.

Assez loin de la répartition précédente : vingt MORENA, un PT et un PES, soit vingt deux élus sur soixante six.

Dix sept PRD, dix PRI et trois Movimiento Ciudadano, soit trente élus.

Huit élus PRI, trois élus PEVM et un élu Nueva Alianza, soit douze élus.

Deux sièges avaient été attribués au Parti Humaniste et à un candidat indépendant.

Pour les élections dans les différentes « municipalités » de la Ciudad de Mexico, l’alliance de gauche a remporté le scrutin dans celles d’Alvaro Obregon, Azcapotzalco, Cuauhtemoc, Gustavo Madero, Iztacalco, Iztapalapa, Magdalena Contreras, Miguel Hidalgo, Tlahuac, Tlalpan et Xochimilco, soit onze des seize délégations.

Six de ces délégations ont été ainsi conquises, à savoir Hidalgo, Iztacalco, Magdalena Contreras, Madero, Obregon et Iztapalapa.

Celle ci, avec plus d’1,8 million d’habitants, est la plus peuplée des seize délégations de la Ciudad.

Le PAN a gagné les municipalités de Benito Juarez, Coyoacan,  Milpa Alta et Venustiano Carranza.

Il convient cependant de noter que seul l’édile de Benito Juarez est membre du PAN, puisque le vainqueur de Milpa Alta est membre du Movimiento Ciudadano et que les deux autres élus sont PRD.

Notons ici l’élection de l’ancien footballeur international Manuel Negrete, capitaine de l’équipe de la Coupe du Monde 1986, organisée au Mexique, qui avait connu quelques problèmes  avec la gestion des activités sportives de l’Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM), le vivier de la classe politique locale, dans les années 2000 et le cadre de sa « reconversion ».

Le PRI, pour sa part, l’a emporté à Cuajimalpa.

Vu la densité de l’article, nous en resterons là pour laisser à un autre texte le bonheur de conclure et de tirer quelques conclusions sur la suite…

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