ÉLECTIONS LOCALES ANGLAISES : DOUCHE ÉCOSSAISE POUR LES TORIES (suite 2 & fin)

Troisième phase de notre chronique électorale : ailleurs et là, où l’on manquait de majorité absolue sortante parfois et ce qu’il peut être tiré comme conclusion de toutes ces affaires…

 

D’abord le Northumberland.

 

Proche de la frontière écossaise, la région en grande partie minière élit un conseil qui ne recouvre pas les ensembles urbains autour de Newcastle, Sunderland et Gateshead.

 

Le district est tout de même orienté Labour.

En 2008, les élections avaient désigné 17 Labour, 17 Conservateurs, 26 LibDems et
7 indépendants.

Ce sont les LibDems, les plus nombreux qui ont assuré la gestion du conseil.

Le Labour passe à 32 sièges, contre 21 conservateurs, 11 LibDems et 3 indépendants en balance.

 

Second conseil incertain : celui de Cumbria, également proche de l’Ecosse.

Sur 84 sortants, nous avions 38 conservateurs, 15 LibDems, 25 Labour et 6 indépendants.

 

Cette année, sur 125 168 votes, les Tories sont arrivés en tête avec 39 581 voix (31,6%), devant le Labour, 34 876 voix (27,9%), les LibDems, 23 282 voix (18,6%) et l’UKIP, 14 591 voix (11,7%).

 

La participation s’établit donc à 32,1 % et situe entre moins de 24 % (district de Barrow on Furness) à près de 40 % (South Lakeland).

 

Mais le Labour passe à 35 élus, contre 26 conservateurs, 16 LibDems et 7 indépendants.
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Classe politique : Une esquisse de classement

Qu’est ce que c’est, la classe politique ?

Cela fait quelques temps que les médias nous parlent, à longueur de colonnes et d’antenne, de la « classe politique », comme d’une catégorie sociale originale, ne ressemblant à aucune autre et tirant parti de présumés « privilèges », passe droits et prébendes divers.

 

Cet article vise donc, tout simplement, à tenter de donner des contours plus précis à une réalité qui, finalement, n’existe peut – être pas. Continuer la lecture de Classe politique : Une esquisse de classement

LOI DE SÉCURISATION DE L’EMPLOI : ON LES DISAIT DE GAUCHE, MAIS ON A DU LEUR BROUILLER L’ÉCOUTE …

Le 11 janvier 2013 est une date qui restera historique et que l’on devrait, dans certains cercles, fêter comme il se doit.

Au terme d’un marathon de négociations de couloir, ce que l’on appelle des « consultations off », le off en question ne voulant pas dire officiel, ponctué de temps à autre par des négociations directes, en présence de tout le monde, ne serait ce que pour fournir matière à photo à quelques journaux, le MEDEF, hôte des discussions dans son siège social, la CFDT, qui semble avoir gardé de son ancienne origine catholique le goût du partage des sacrifices, la CGC, organisation syndicale dite de l’encadrement, aujourd’hui minoritaire dans son milieu d’origine et la CFTC, qui parfois s’étonne d’être encore là, et partage avec la CFDT ce délicieux travers du martyre propre à la tradition judéo chrétienne, sont parvenus à signer un accord national interprofessionnel couvrant des questions aussi importantes que la couverture santé des salariés, leur formation continue, le rôle des comités d’entreprise et des délégués du personnel, la mobilité interne et externe, le droit du licenciement et j’en passe…

L’événement est loin d’être secondaire puisque de tels accords  interprofessionnels sont denrée relativement rares, le plus récent datant de 2004 et ayant fixé les principes de la «  formation professionnelle tout au long de la vie », suite à un autre marathon de négociations.

Au demeurant, si l’accord de 2004 fut unanime, l’unanimité des signataires ne fut, dans le passé, réunie qu’à deux historiques et essentielles reprises, à savoir la signature des accords Matignon en juin 1936, faisant suite au succès de la coalition de Front Populaire aux élections d’avril mai (en l’occurrence le second tour eut lieu le 4 mai) et au mouvement de grève qui s’ensuivit et, en juin 1968, celle des accords dits de Grenelle, dans la foulée du puissant (et inégalé) mouvement social qui souleva la France durant les deux mois de mai et juin et conduisit dix millions de salariés à participer à la grève.

La même France, ne l’oublions pas, plébiscita le parti gaulliste aux élections de juin 1968 avant de se raviser l’année suivante (le 27 avril de mémoire) pour indiquer au Général de Gaulle la porte de l’Elysée, attendu que l’intéressé avait mis, une fois encore, sa présence rue du Faubourg Saint Honoré en balance avec le vote positif sur son referendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat.

Matignon et Grenelle furent des avancées notables pour les salariés : congés payés, hausse des salaires, réduction de la durée du travail, reconnaissance des droits syndicaux à l’intérieur de l’entreprise, conventions collectives, la liste est longue…

Et les avancées produites furent parfois prolongées, même par des Gouvernements de droite, soucieux d’éviter la répétition des puissantes mobilisations qui les avaient conduit au recul.

Dans la nouvelle société de Jacques Chaban Delmas, on légifère sur le droit à la formation professionnelle et à la formation continue, sur l’apprentissage, contre le racisme et la xénophobie, sur les droits économiques et sociaux des femmes au travail, sur l’accès au logement, etc, etc…

C’est aussi parce qu’il faut composer avec une société qui échappe en grande partie aux canons idéologiques de la bourgeoisie au pouvoir, capable de se révolter, comme elle l’a montré et comme on tente d’éviter qu’elle ne recommence.

 

Ah, je sais, vous allez me dire : oui, mais la France d’alors n’est pas aussi mal en point qu’aujourd’hui et la situation économique et sociale, peu dégradée.

Quelques centaines de milliers de chômeurs (un jeune Secrétaire d’Etat à l’Emploi nommé Jacques Chirac s’insurgera devant les caméras de télévision du risque, pour la France, de compter cinq cent mille chômeurs…), pour une bonne part quasiment « structurels », un taux de croissance réel de plusieurs pour cent, la persistance de l’inflation mais sans mise en cause définitive du pouvoir d’achat, la France du début des années 70 n’a pas les mêmes soucis que la nôtre.

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