DERNIERES NOUVELLES DU FRONT

07.01.20

Il est des moments où les événements en cours appellent à pointer certaines informations, plus que d’autres…

Ainsi, le Premier Ministre, Edouard Philippe, se déclare « ouvert » (c’est bien le moment) pour toute discussion mais demande, en off, à la direction de la SNCF de faire procéder au plus grand nombre possible de contre expertises médicales…

Richard Ferrand propose, pour sa part, de « mettre en place une décote temporaire » des retraites, ce qui tend à prouver que, dans les intentions originelles des auteurs du projet de loi, cette décote était « perpétuelle ».

Ce qui signe le caractère profondément social de la réforme en cours…

Tel le Candide, Stanislas Guérini, numéro un du mouvement En Marche, a pu dire sur une chaîne de radio  que « la réforme aura peut être un coût, au départ. Mais il faudra qu’elle permette de faire des économies ».

On rappellera tout de même qu’à part quelques coûts de gestion assez secondaires, les « dépenses «  des caisses de retraite, ce sont des revenus mis à disposition des retraités.

Economiser, c’est donc réduire les retraites.

Ensuite, nous avons Laurent Berger dans le rôle du taureau de la corrida…

Excité par le « chiffon rouge » de l’âge pivot, le grand leader de la première organisation syndicale de France (pour 10 000 voix d’avance sur plus de 20 millions de salariés consultés dans des élections organisées sur deux ans) lance une pétition contre cette mesure…

Pour mieux accepter le reste de la réforme, dont il semble pourtant bien qu’elle ne soit pas meilleure, ne serait ce que parce que la notion de carrière complète disparaît ?

Ah oui, au fait, Laurent Berger, si l’âge légal de départ en retraite, c’est soixante deux ans, pourquoi avoir signé l’accord AGIRC – ARRCO du 30 octobre 2015 qui prévoyait de mettre en place un âge pivot (appelé « coefficient de solidarité « (sic) ) pour les retraites complémentaires ?

La « conférence de financement » aux contours flous qui fait partie du bagage cédétiste, est bien sympathique sauf qu’en réalité, c’est reconnaître implicitement qu’il y aurait un problème de financement des retraites…

J’ai pourtant bien l’impression qu’à part l’attrition des ressources de la Caisse Nationale d’Assurances Vieillesse par allégements continus et successifs de cotisations sociales, la réduction du forfait social et l’application du prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital, il n’y a que le chômage qui explique les difficultés éventuelles de financement de nos retraites…

Pour ce qui est de la pénibilité, on rappellera tout de même que le Gouvernement, si attaché à l’équité et à la justice sociale, a tout de même supprimé des critères à peine établis par l’équipe gouvernementale précédente.

Manier un marteau piqueur, être contraint d’utiliser des produits chimiques présentant une certaine dangerosité ou porter des charges lourdes de manière régulière n’est plus un critère de pénibilité.

Alors que l’on vient d’établir que l’usage répété des engrais est l’un des vecteurs de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs.

Pour sa part, le Président du MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux, dont nous avons déjà dit tout le bien que nous en pensions, n’est pas « arc bouté sur une réforme des retraites » mais estime « qu’une mesure d’âge «  est nécessaire.

Ce que son supplétif, Président de la CPME, François Asselin, s’est empressé de présenter comme la seule alternative possible à la hausse des cotisations ou à la baisse des pensions.

Asselin, c’est un bon garçon.

Son entreprise a refait les menuiseries de Versailles mais lui souhaite nous faire passer un message simple : « cotisez plus longtemps, travaillez plus longtemps et touchez moins et moins longtemps à la retraite ».

Si on y réfléchit un peu, on ne peut qu’être scandalisé, sur le fond.

D’une méconnaissance totale de la réalité du monde du travail , comme l’a montré Aurore Bergé qui a découvert il y a peu qu’il y avait, en France, des accidents du travail mortels, et d’une absence de prise en compte des êtres humains, tous ceux qui souhaitent « réformer les retraites » ont, de longue date, réduit la question à l’alignement de chiffres…

Comme si les difficiles équations de la vie se résumaient ainsi…

 

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