SAO MIGUEL ELEITORAL EM PORTUGAL : E AGORA ?

Dans le district d’Aveiro, le PS avait emporté trois municipalités, en laissant treize au PSD et trois au CDS.

Dans le district de Bejà, le PCP et ses alliés avaient gagné neuf mairies, contre quatre au PS et une au PSD.

Dans celui de Braga, trois maires PS (dont ceux de Braga et Guimaraes) côtoyaient six maires PSD (dont Vila Nova da Famaliçao) et quatre maires CDS.

Bragança comptait alors un maire PS, six maires PSD et cinq maires CDS.

Dans Castelo Branco, on comptait sept maires PS, trois PSD et un CDS.

Sur Coimbra, le PS avait gagné neuf mairies et le PSD huit.

Dans le district d’Evora, douze mairies PCP et deux PS.

Dans celui de Faro, quinze mairies PS et une PSD.

A Guarda, trois mairies PS (dont Guarda), quatre PSD et sept CDS.

A Leiria, sept mairies PS, huit mairies PSD et une CDS.

Sur le district de Lisbonne, treize mairies PS et une PCP.

Le district de Portalegre comptait trois mairies PCP et douze mairies PS,  tandis que celui de Porto comptait dix mairies PS, cinq PSD et deux CDS.

Le district de Santarem, pour sa part, comptait deux mairies PCP, quinze mairies PS, trois maires PSD et un CDS.

Dans celui de Setùbal, on comptait dix maires PCP et trois PS, parmi ceux ci, celui du chef lieu.

Dans le district de Viana do Castelo, il y avait trois maires PS, cinq PSD et deux CDS.

Dans celui de Vila Real, on dénombrait deux maires PS, dix maires PSD, un CDS et un PPM (monarchiste).

Sur le district de Viseu, on comptait deux maires PS, quatorze maires PSD et huit maires CDS (dont celui du chef lieu).

Ce qui donnait, pour le Portugal continental, les totaux suivants

Mairies PCP : trente sept

Mairies PS : cent quatorze

Mairies PSD : quatre vingt sept

Mairies CDS : trente cinq

Mairie PPM : une

Dans les Îles de Madère et des Açores, la domination de la droite était sans partage avec dix huit mairies PSD et une CDS aux Açores, pour dix mairies PSD et une PS sur « l’Île aux Fleurs », Madère.

Sur l’ensemble du pays, le PSD disposait donc de cent quinze mairies, tout comme le PS, tandis que le PCP en avait trente sept, le CDS trente six et les monarchistes du PPM une.

Ce qui donnait une égalité parfaite entre droite et gauche en termes de municipalités (cent cinquante deux de chaque côté) et une situation particulièrement tranchée entre Nord et Sud du pays d’une part, et entre Continent et Outre Mer de l’autre.

Si l’on appréhendait alors les chefs lieux de district, on constatait que le PS gérait Braga, Castelo Branco, Coimbra, Faro, Guarda, Lisboa, Portalegre, Porto, Santarem, Setubal, soit dix de ces villes.

Il ajoutait à la liste concernée des villes comme Loulé, Cascais, Loures, Sintra, Gondomar, Matosinhos ou Vila Nova de Gaia, par exemple.

Le PCP tenait Bejà, Evora, soit deux chefs lieux et quelques villes comme Almada, Barreiro ou Seixal, banlieues populaires de Lisbonne sur la rive gauche du Tage (et dans le district de Setubal).

Le PSD, pour sa part, tenait les municipalités de Bragança, Leiria, Viana do Castelo, Vila Real et celles de Angra do Heroismo, Horta, Ponta Delgada et Funchal, dans les régions d’Outre Mer, soit huit chefs lieux.

Il avait également la main sur Feira, Fafé, Vila Nova de Famaliçao,  Paços de Ferreira, Penafiel, Pombal ou encore Obidos.

Le CDS tenait les chefs lieux d’Aveiro et Viseu, la plupart des autres communes étant plus petites.

Le fait est que la gauche s’avérait globalement plus urbaine, laissant largement le Nord sous le contrôle de la droite.

Si l’on appréhende en effet la géographie continentale  portugaise selon le découpage Nord, Centre, Lisbonne, Alentejo et Algarve, on se retrouve avec les entités suivantes :

Nord : districts de Viana do Castelo, Vila Real, Braga, Porto, Bragança, municipalités d’Armamar, Lamego, Moimenta da Beira, Penedono, Sao Joao da Pesqueira, Sernancelhe, Tabuaço, Tarouca, Cinfaes, Resende (district de Viseu), Arouca, Oliveira de Azemeis,  Santa Maria da Feira, Sao Joao da Madeira, Vale de Cambra, Espinho, Castelo de Paiva (district d’Aveiro), Vila Nova da Foz Coa (district de Guarda), soit un ensemble de 86 municipalités.

Centre : districts de Coimbra, Castelo Branco, Leiria, municipalités d’Abrantes, Alcanena, Constancia, Entrocamento, Ferreira do Zezere, Ourem, Sardoal, Tomar, Torres Novas, Vila Nova da Barquinha, Maçao (district de Santarem), municipalités d’Alenquer, Arruda dos Vinhos, Cadaval, Lourinha, Sobral de Monte Agraço, Torres Vedras (district de Lisbonne), municipalités de Carrega do Sal, Castro Daire, Mangualde, Nelas, Oliveira de Frades, Penalva do Castelo, Santa Comba Dao, Sao Pedro do Sul, Satao, Tondela, Vila Nova de Paiva, Viseu, Vouzela, Mortagua (district de Viseu), municipalités d’Agueda, Albergaria a Velha, Anadia, Aveiro, Estarreja, Ilhavo, Mealhada, Murtosa, Oliveira do Bairro, Ovar, Sever do Vouga, Vagos (district d’Aveiro), Almeida, Celorico da Beira, Figueira de Castelo Rodrigo, Guarda, Manteigas, Meda, Pinhel, Sabugal, Trancoso, Aguiar da Beira, Fornos de Algodres, Gouveia et Seia (district de Guarda), soit un ensemble de 100 municipalités.

Lisbonne : Amadora, Cascais, Lisboa, Loures, Mafra, Odivelas, Oeiras, Sintra, Vila Franca de Xira (district de Lisbonne), municipalités d’Alcochete, Almada, Barreiro, Moita, Montijo, Palmela, Seixal, Sesimbra, Setubal (district de Setubal), soit un ensemble de 18 municipalités.

Alentejo : districts de Bejà, Evora, Portalegre, municipalités d’Almeirim, Alpiarça, Benavente, Cartaxo, Chamusca, Coruche, Golega, Rio Maior, Salvaterra de Magos, Santarem (district de Santarem), Azambuja (district de Lisbonne), Alcacer do Sal, Grandola, Santiago do Cacem, Sines (district de Setubal), soit un ensemble de 58 municipalités.

Algarve : district de Faro, soit un ensemble de 16 municipalités.

Régions autonomes d’Outre Mer : 30 municipalités.

Au Nord, où nous n’avions encore que 83 municipalités, on comptait 20 mairies PS, 44 mairies PSD, 18 mairies CDS et 1 mairie PPM.

Au Centre, on trouvait 43 municipalités PS, face à 40 mairies PSD et 17 CDS.

Dans le Grand Lisbonne, on se retrouve avec 9 mairies PS et 7 mairies PCP.

Dans l’Algarve, avec 15 mairies PS et une PSD.

Et, par voie de conséquence, dans l’Alentejo, 30 mairies PCP, 27 PS et 2 PSD.

Cette année, nous nous retrouvons avec la situation suivante :

Pour les Régions autonomes d’Outre Mer, un véritable séisme semble avoir touché Madère tandis que les Açores, à la notable exception de Ponta Delgada, ont confirmé leur ancrage socialiste depuis la fin des années 90.

Sur les trente municipalités de l’Outre Mer portugais, nous avons désormais 17 maires PS, 3 indépendants, 8 PSD et 2 CDS.

Le PSD a notamment perdu Funchal, capitale de Madère, au profit d’un historien socialiste de 42 ans, soutenu par une large coalition alliant PS, Bloco de Esquerda, écologistes de droite et du centre et travaillistes.

Cette alliance obtient 5 élus sur 11 de la Camara Municipal, contre 4 PSD, 1 CDS et 1 élu PCP.

Le PSD perd 11 777 suffrages sur le scrutin de 2009 et 3 élus.

Les partis coalisés qui ont emporté la mairie passent de 28,4 % en 2009 à 39,2 % cette année.

Au niveau de l’Assemblée municipale, les coalisés obtiennent  14 élus sur 33 (11 PSD, 5 CDS et 3 PCP en sus) et ils emportent de peu les élections « paroissiales » avec 53 élus (le PSD autant, le CDS 19, le PCP 10 et les indépendants 3).

En termes de voix, le PS est en tête aux Açores avec 46,62 % des suffrages (48,52 % des exprimés) tandis que le PSD reste premier sur Madère avec 34,81 % des suffrages (36,57 % des exprimés), score fort éloigné de celui de 2009, qui était de … 51,93 % (53,40 % des exprimés) !

En quatre ans, le PSD a perdu plus du tiers de ses suffrages sur Madère.

Pour l’Algarve, nous avons 10 mairies PS, une mairie PCP et 5 mairies PSD.

Quelques points.

Le PS a repris Loulé, emporté par le PSD avec 57 % en 2009.

Le PSD se retrouve avec 34,9 % des voix (!) et 7 476 suffrages de moins que lors du précédent scrutin…

Le PS, pour sa part, passe de 32,6 à 48,3 % en gagnant 3 340  voix sur l’élection de 2009.

Le PS échoue par contre à reprendre le contrôle de Faro, le chef lieu de l’Algarve, puisque le candidat du PSD obtient  8 306 voix (33,9 %) contre 7 911 voix (32,3 %) pour le candidat PS.

Réédition d’une certaine manière du scrutin 2009 où le candidat du PSD l’avait emporté avec 13 340 voix contre … 13 210 pour celui du PS !

Toutefois, la Camara municipal de Faro comprend 4 élus de chacun des deux partis, plus un élu PCP, ce qui met en situation délicate l’élu PSD.

Situation dégradée puisqu’en 2009, le PCP n’avait pas eu d’élu, laissant le neuvième mandat au PSD.

D’autant que l’Assemblée municipale comprend 10 élus PS, 9 élus PSD, 4 PCP, 2 Bloc de Esquerda et 2 indépendants.

Et que les Juntes de Freguesias ont élu 22 PS, 19 PSD, 10 PCP, 2 BE et 1 indépendant.

A Silves, enfin, le PCP retrouve une municipalité en Algarve.

Sa candidate est élue avec 34,7 % des votes, devançant le PSD (27,3 %), le PS (25,6 %) et le BE (5,1 %).

Le PCP obtient 3 des 7 mandats de la Camara municipal (2 pour le PSD, 2 pour le PS) et connaît une progression de 2 302 voix sur l’ensemble de la localité sur 2009, en passant de 18,7 à 34,7 %.

Le PSD passe de 39,5 à 27,3 % et perd 2 432 voix dans l’affaire tandis que le PS passe de 31,9 à 25,6 %, cédant 1 394 suffrages.

Pour l’ensemble du district, le PS réalise 36,71 % des suffrages (39,75 % des exprimés), loin devant le PSD.

En 2009, les socialistes avaient recueilli 41,43 % des votes (42,71 % des exprimés).

La progression de l’abstention frappe le vote PS (- 18 584 voix sur le district), le vote pour les listes autonomes du PSD (- 21 294 voix) et les listes de droite coalisée animées par le PSD (- 5 435 voix), ou la disparition des équipes PSD/CDS (- 3 213 voix).

Le Bloc de Esquerda limite la casse (- 320 voix) mais le PCP progresse nettement (+ 8 695 voix), avec un score passant de 6 à 11,7 % des voix au niveau des Camaras municipais.

Pour l’Alentejo voisin, la tradition de gauche s’est encore manifestée.

Le PCP y dispose en effet de 21 municipalités (sur les 34 obtenues au niveau du pays entier), le PS de 25, les indépendants de 4 et le PSD de 8.

Le PCP a repris au PS les deux mairies de Bejà et Evora, tandis que Santarem est resté au PSD et Portalegre à une indépendante, issue du PSD et qui s’est présentée sans l’investiture du Parti cette fois.

Sur les votes, notons que le PS est en tête dans le district de Beja (44,5 % contre 38,6 % au PCP), mais que le PCP reprend la tête sur Evora (38,5 % contre 33,3 % au PS).

En termes de voix, l’Alentejo est toujours favorable à la gauche.

Sur l’ensemble des 58 municipalités constituant la région, on a dénombré 356 045 suffrages exprimés.

L’ensemble des partis et listes de centre droit et de droite ne recueille que 65 626 voix, soit 18,43 % des suffrages exprimés.

Les listes indépendantes réunissent 30 015 votes, soit 8,43 %.

La gauche garde donc une domination écrasante sur la région avec 143 018 suffrages pour le PS (40,17 %), 110 337 voix pour le PCP (30,99 %) et 7 049 voix pour le Bloco de Esquerda (1,98 %).

La médiocre performance du Bloco dans une région qui lui est plutôt favorable est à l’instar de ce qui s’est produit pour l’ensemble du pays pour cette formation.

Comme un judicieux commentaire l’a déjà indiqué, le Bloco a perdu en Alentejo la seule municipalité qu’il détenait (Salvaterra de Magos, commune de 23 000 habitants environ située près du Tage, dans le district de Santarem et d’une superficie de près de 245 km carrés, soit deux fois et demi celle de Paris ou peu s’en faut) et l’heure de la remise en question semble avoir sonné.

Pour les mouvements en termes de municipalités, nous ferons un bilan général sur l’ensemble du pays des pertes et gains des uns et des autres.

Toutefois, le basculement d’Evora du PS au PCP est spectaculaire (- 4 158 voix pour le PS sur 2009, + 2 587 voix pour le PCP), avec une droite affaiblie ( 3 510 voix au lieu de 5 228 en 2009) et le résultat de Béjà fort intéressant.

Le PS perd 1 442 voix sur 2009, le PCP 377 seulement et la droite reste confidentielle à 6,21 % des suffrages sur une liste d’union PSD/CDS.

Le PCP gagne 4 élus sur 7 à la Camara Municipal, 10 sur 21 dans l’Assemblée municipale (8 PS, 2 de droite et un indépendant) et 50 sur 104 élus des Assemblées paroissiales (45 PS, 5 indépendants, 4 élus de droite).

Le PCP est d’ailleurs assuré de la présidence de 7 des 12 Juntes de Paroisse, pour 2 socialistes et une indépendante.

Il n’a que la majorité relative dans les deux Assemblées du centre ville de Bejà dont on rappellera ici qu’elle dispose d’une superficie de 1 146 km carrés, quasi équivalente, par exemple, aux 1 381 km carrés du Grand Lisbonne qui compte plus de deux millions d’habitants et non seulement 35 000 comme la ville riche de trésors antiques que constitue la capitale de district…

La suite de notre analyse dans un autre article…

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