SAO MIGUEL ELEITORAL EM PORTUGAL (suite…2)

 

Un, le corps électoral.

Comme il s’agit d’élections locales, il est ouvert aux ressortissants de l’Union Européenne puisque tous les Etats de l’UE ont pour principe d’ouvrir le droit de vote et d’éligibilité au sein de leurs assemblées locales à l’ensemble des citoyens d’un pays de l’Union.

Dans le cas du Portugal, il y a cependant une extension plus importante puisque le droit de vote, toujours dans le même esprit de réciprocité, est également ouvert aux citoyens brésiliens et cap verdiens, en vertu d’accords entre pays lusophones. 

Enfin, le droit de vote est également accordé, sous la même condition de réciprocité, aux citoyens venus de deux pays nordiques non membres de l’UE (la Norvège et l’Islande), et de quatre pays d’Amérique Latine (Argentine, Chili, Uruguay et Venezuela).

Quand on connaît la composition de la population étrangère vivant au Portugal, on constate donc que la majorité de la population adulte concernée peut participer aux opérations électorales locales.

La réalisation du recensement 2011 par l’institut national de statistiques (INE) du Portugal indique notamment que le pays compte 394 496 résidents étrangers dont 109 787 Brésiliens (leur nombre a plus que triplé en dix ans), 38 895 Cap Verdiens, 15 774 Britanniques, 14 360 Français ou encore 10 486 Espagnols.

Le document officiel de l’INE indique cependant la véritable explosion de l’immigration d’origine ukrainienne (33 790 personnes en 2011) et, surtout, roumaine, la communauté étant passée de 2 661 membres en 2001 à 24 356 en 2011.

Dans ce cas précis, un processus très proche de celui observé en Espagne, en tout cas en termes de proportion.

Sans surprise, il s’agit évidemment d’une population dont l’essentiel se situe entre les bornes de 15 et 64 ans, c’est à dire destinée à exercer une activité professionnelle.

On peut supposer, entre autres, que la réalisation de certaines infrastructures (routes, voies ferrées, stades de l’Euro 2004 par exemple) a généré un appel de main d’oeuvre étrangère qui s’est finalement fixée dans le pays.

Mais pas seulement, puisque si l’essentiel de la population étrangère réside dans la région de Lisbonne (quelle surprise…), c’est l’Algarve, région éminemment touristique du pays, qui en accueille le plus.

Une part de 12 % de la population de la région est en effet de nationalité étrangère, et l’Algarve est, sur le plan démographique, au top de la progression de la population.

Pour Lisbonne, le nombre total des ressortissants étrangers inscrits atteint 11 704 personnes et 26 977 pour tout le pays, c’est à dire, in fine, une part faible du corps électoral, arrêté à 9 485 604 personnes fin juin dernier.

Un autre phénomène démographique essentiel, contribuant notamment au vieillissement du corps électoral portugais, est l’importance de la population résidente revenue de l’étranger après y avoir un temps émigré.

Et c’est là notre second point.

Selon l’INE, un million et demi de résidents Portugais de 2011 (cela fait tout de même 15 % ou presque de la population du pays et un pays comme si nous avions, en France, le retour de neuf millions d’émigrés…) sont des « revenants ».

Sans surprise, plus du quart d’entre eux ont vécu en France et le second quart est assuré, si l’on peut dire, par l’ensemble des rapatriés d’Angola et du Mozambique (dont la présence expliquait en grande partie la forte progression de la population résidente du pays après la Révolution des Oeillets et l’indépendance accordée aux anciennes colonies portugaises ensuite).

7 à 8 % des Portugais revenus chez eux viennent soit de Suisse, soit d’Allemagne, même s’il semblerait que le mouvement d’émigration, devant la crise économique traversée par le pays, ne soit pas tout à fait tari, loin de là.

De fait, le tiers de ces « revenants » est retourné au Portugal dans la décennie 70, provenant en grande partie des anciennes colonies et 40 % sont revenus dans les années 80 et 90, plutôt en provenance des pays d’émigration.

C’est là une réalité que nous avons connu en France, où la communauté portugaise, qui a frisé les 900 000 personnes dans les années 70, en phase de développement de l’immigration économique de ce pays, est aujourd’hui retombée sous les 600 000 personnes, dont une bonne part (un cinquième) sont devenus Français en vertu du droit du sol.

Les travailleurs parvenus en fin de carrière, qui avaient fait tourner chantiers et usines, sont, pour un certain nombre, revenus au pays, leurs efforts consacrés par la maison qu’ils ont pu y faire construire…

Dans un autre ordre d’idées, notons aussi que le Portugal connaît un développement de l’union libre, puisque cette forme est  de plus en plus choisie par les couples, rompant évidemment avec les habitudes locales.

Plus de 20 % des couples vivant en Algarve, près de 20 % des ménages lisboètes et plus de 14 % de ceux de l’Alentejo sont ainsi constitués.

Sans surprise, la région Nord est la plus rétive encore à l’union libre avec moins de 9 % de couples.

Au plan des activités économiques, outre le fait que le nombre de chômeurs est particulièrement élevé au Portugal, on notera cependant que les phénomènes de « pendulation », c’est à dire les trajets ville centre – banlieue sont de plus en plus évidents. 

Ainsi, Lisbonne voit arriver (en général des autres communes  et municipalités de son agglomération bien entendu) plus de 425 000 personnes par jour pour travailler ou étudier dans la capitale.

Le phénomène touche également Porto, dans des proportions moindres (un peu moins de 172 000 personnes), mais loin d’être négligeable surtout quand on garde en mémoire que la ville centre est aujourd’hui, en termes de population, dépassée par Vila Nova de Gaia, sa principale cité périphérique.

Un troisième point réside évidemment dans le fait que, par le biais de lois votées sous l’empire des plans européens, le Portugal a mené ces deux dernières années une politique de « rationalisation » de ses structures locales, réduisant le nombre des freguesias (paroisses), c’est à dire le premier niveau du pouvoir local, représentatif du quartier dans une ville d’importance ou d’un village isolé pour une municipalité rurale.

La réduction a été importante, le nombre de freguesias passant de 4 259 à 3 092, mesure que le Gouvernement a évidemment assorti d’une augmentation apparente des crédits distribués aux Juntes de Freguesia, qui ne constituait de fait qu’un moyen de répartir autrement ce qui était déjà distribué.

Quand on garde à l’esprit que l’Assemblée municipale est composée d’élus au suffrage direct et des présidents des Juntes de Freguesia de la municipalité, on voit de suite l’opération.

Et l’on ne peut manquer de rapprocher la loi de réduction du nombre des freguesias des autres textes de même type discutés récemment dans l’Union européenne, comme le programme Kallikratis en Grèce ou même la réforme territoriale version Sarkozy qui encourageait à la création de communes nouvelles par fusion des villages organisés en communautés de communes.

Il conviendra d’ailleurs, le moment venu, que nous penchions sur cette frénésie des réformes administratives et territoriales qui touche l’ensemble de l’Union européenne et qui n’a, bien entendu, pas uniquement un caractère purement administratif…

Si l’on prend le Portugal, on se retrouve donc avec 308 communes pour 9 485 604 électeurs, ce qui fait une moyenne proche de 31 000 habitants par municipalité (nous avons largement vu que ce n’était pas le cas dans la plupart des districts de l’intérieur) et 3 092 freguesias, ce qui donne une moyenne proche de 3 100 habitants.

Là encore, ce n’est pas le cas de la plupart des districts.

Pour solder les comptes, si l’on peut dire, rappel des électeurs par district.

Aveiro : 654 822 (Centre, Nord)

Beja : 132 201 (Alentejo)

Braga : 784 288 (Nord)

Bragança : 150 333 (Nord)

Castelo Branco : 186 314 (Centre)

Coimbra : 349 624 (Centre)

Evora : 143 754 (Alentejo)

Faro : 373 714 (Algarve)

Guarda : 167 712 (Centre, Nord)

Leiria : 426 341 (Centre)

Lisboa : 1 908 755 (Lisbonne, Centre, Alentejo)

Portalegre : 103 696 (Alentejo)

Porto : 1 585 240 (Nord)

Santarem : 398 769 (Alentejo, Centre)

Setubal : 725 061 (Alentejo, Lisbonne)

Viana do Castelo : 256 333 (Nord)

Vila Real : 231 997 (Nord)

Viseu : 378 318 (Centre, Nord)

 

Açores : 225 612

Madeira : 257 720 

De fait, près de 37 % des électeurs portugais et 39 % de ceux du Portugal continental sont domiciliés soit dans le district de Lisbonne, soit dans celui de Porto.

Et revenons – en maintenant à la situation de nos différents districts, alors que nous étions parvenus à Porto.

Nous repartons vers le Sud avec le district de Santarem.

Santarem : 21 municipalités allant de 4 056 (Constancia, mairie CDU) à 62 200 habitants (Santarem, mairie PSD). Partagé entre Centre et Alentejo (rappelons juste ici que le mot « Alentejo » signifie « au – delà du Tage » en lusitanien), le district compte 5 mairies PSD, 5 mairies PS et une mairie CDU – PCP dans sa partie Nord (ex Ribatejo sauf une seule commune) et 4 mairies PS, 3 mairies PCP – CDU, 1 mairie BE et 2 mairies PSD (dont Santarem, donc) dans sa partie Sud, procédant de l’Alentejo.

Setùbal : 13 municipalités, allant de 13 046 (Alcacer do Sal, mairie PS située dans l’Alentejo) à 121 125 habitants (Setùbal même, mairie CDU – PP, située sur la Péninsule faisant face à Lisbonne).

Le district est marqué à gauche avec 9 mairies PCP – CDU, 3 mairies PS et une mairie sans étiquette.

Il s’agit, sur un plan économique, du plus dynamique des districts portugais.

Nous allons maintenant revenir vers le Nord avant de partir pour les îles, régions ultra périphériques en version UE, autonomes en version portugaise, tirant quelque parti d’une situation fiscale particulière.

Viana do Castelo : 10 municipalités de l’ancienne région du Minho Lima, limitrophe de la Galice espagnole.

Nous allons de Paredes de Coura (9 198 habitants, mairie PS)  à Viana do Castelo (88 767 habitants, mairie PS).

Les dix municipalités sont ainsi réparties : 5 à direction PSD, 4 à direction PS et une à direction CDS – PP.

On se retrouve donc, plutôt, avec un district de droite.

Vila Real : 14 municipalités issues de l’ancienne région de Tras Os Montes et de celle de l’Alto Douro.

Nous allons de Mesao Frio (4 433 habitants, mairie PS) à Vila Real (51 850 habitants, mairie PSD).

Sur l’ensemble du district, on compte 8 municipalités PSD et 6 à direction PS, le PSD tenant notamment le chef lieu et la commune de Chaves, la seconde pour la population.

Sans surprise majeure, ce district marqué par l’émigration voit plusieurs de ces villes jumelées avec des communes françaises, à l’instar de Vila Real et Chaves.

Viseu : 24 municipalités pour 10 procédant de la partie Nord du Portugal et pour 14 de la partie Centre.

Nous allons de Penedono (2 952 habitants, mairie PSD) à Viseu (99 274 habitants, mairie PSD).

Le district compte 15 municipalités PSD et 9 à direction PS.

Partons maintenant dans les Iles.

Aux Açores, on compte 19 municipalités réparties entre les îles de Santa Maria, Sao Miguel, Terceira, Graciosa, Sao Jorge, Pico, Faial, Flores et Corvo.

La plus peuplée est Ponta Delgada, dans l’île de Sao Miguel, avec ses 68 748 habitants au recensement 2011, dont le maire est membre du PSD.

Sao Miguel est d’ailleurs l’île la plus peuplée de la région autonome avec 137 699 habitants sur les 246 102 de l’archipel.

Cette île absorbe d’ailleurs l’essentiel de la hausse de la population locale, l’île de Terceira ayant une progression limitée (environ 350 habitants de plus en vingt ans), celle de Faial ayant gagné une centaine de résidents et la petite île de Corvo moins de quarante.

Les autres îles connaissent une baisse de leur population, montrant manifestement que l’attractivité économique de Sao Miguel tend à absorber les capacités de développement de l’archipel.

Politiquement parlant, l’Assemblée législative des Açores compte 57 membres dont 31 PS, 20 PSD, 3 CDS, 1 BE, 1 PCP, 1 PPM (monarchiste).

En 2009, les municipales avaient conduit à l’élection de 12 municipalités PS et 7 municipalités PSD.

L’archipel de Madeira (Madère en français) comprend, pour sa part, 11 municipalités.

L’assemblée régionale est contrôlée par le PSD qui dispose de 25 des 47 sièges, contre 9 au CDS, 6 seulement au PS, 3 au PTP, 1 au PCP, 1 au PAN, 1 au MPT et 1 au PND.

Le PTP est le Parti Travailliste Portugais, qui ne dispose d’élus que dans l’archipel. Il est de sensibilité de centre gauche/gauche.

Le PAN est le Parti des Animaux et de la Nature, vaguement écologiste et plutôt de centre gauche.

Le MPT est un mouvement écologiste de centre droit et le PND est le Parti Nouvelle Démocratie, parti eurosceptique plutôt de droite, puisqu’issu d’une scission du CDS.

Aux élections municipales de 2009, toutes les municipalités étaient revenues au PSD.

Bien entendu, les résultats du scrutin sont attendus dans l’ensemble du pays comme une forme de jugement du Gouvernement actuel de Passos Coelho par l’opinion.

Les commentaires déjà publiés sur le premier article nous donnent une bonne idée de la situation de certains scrutins clé.

Les sondages, plutôt favorables au PS sur Lisbonne et Porto, le sont aussi à Sintra, première banlieue lisboète pour la population et Vila Nova de Gaia, principale cité proche de Porto.

La suite à partir de demain et des premiers résultats.

 

encre_politiquefictionMESSAGES EFFACÉS PAR ERREUR

 

Ploumploum l’a dit : 

Scrutin historique. Voilà ce que l’on peut dire ces municipales.

Les résultats provisoires pointent une abstention d’environ 47 %

Fort recul du PSD qui passe de 117 à 82 Mairies.
Dans l’ensemble, les différentes coalition formées au tour du PSD comme tête de liste sont entre 100 et 110 mairies, un minimum historique.

Le CDS-PP progresse et passerait à 5 Mairies (contre1 auparavant)

A Gauche, victoire du PS crédité de 144 Mairies (son meilleur total)  et de 36 % des voix.
L’alliance PCP-Verts connait une forte poussée en voix et pointe à 30 Mairies.
Le BE est l’autre perdant de la soirée en perdant l’unique mairie qu’il détenait.

Scrutin historique sur plusieurs points :
– hausse de l’abstention indépendamment du problème des registres.
– basculements historiques comme à Braga où l’alliance PSD/CDS-PP met fin à 37 ans des gestion PS.
Même chose à Guarda.

– L’alliance communiste récupère, 12 ans après la grande défaite de 2001, la Mairie de Beja et consolide ses positions dans l’Alentejo.
Loures, ville au nord de Lisbonne, est aussi récupéré par la CDU
(qui  a contrôlé la ville de 1979 à 2001)

– Le PS gagne à Vila Nova de Gaia où le candidat officiel du PSD arrive en 2 ème position devant un indépendant-dissident.
Le parti récupère ainsi la ville qu’elle a notamment détenu entre 1976-1979, 1982-1985 et entre 1989 et 1997.

– A Sintra, victoire du socialiste Basilio Horta devant un indépendant. Le candidat officiel du PSD n’est que troisième.

Concernant Lisbonne : victoire historique de Antonio Costa. Jamais un parti n’avait obtenu autant de voix pour ce type de scrutin dans la capitale.
PS : 50,9 %
PSD-CDS : 22,4 %
CDU : 9,7 %
BE : 4,6 %

Gauche parlementaire à 65,2 %

– A Porto, la victoire d’un indépendant est historique. Jamais une des 4 grandes villes n’avait été dirigée par un indépendant. Rui Moreira arrive en tête avec 39 % devant le socialiste 22,5 %.
Luis Filipe Menezes, le candidat PSD, n’est que troisième.(21 %)

– A Madère : recul historique du PSD. Le parti qui contrôlait la totalité des 11 municipalités depuis 2001, en perd 7 dont la plus importante : Funchal.
Une alliance composée du PS, du BE, du PND, du PTP conquiert la capitale régionale (détenue depuis 1976 par le PSD)
Le front anti PSD/ anti Alberto Joao Jardim (président de la région depuis 1978) a apparemment fonctionné.
Le PS récupère Porto Santo (île situé au nord de l’île principale), Machico et Porto Moniz.
Le CDS-PP conquiert Santana, contrôlé depuis 1976 également par le PSD
Victoires d’indépendants à Santa Cruz et Sao Vicente.Des indépendants soutenus par le PS et le CDS-PP

Ce recul du parti dans la région fait dire à certains (sur les « réseaux sociaux ») que le 25 avril est en train d’arriver sur l’archipel…
(08 h 47 ce matin)

Braga pourrait basculer à droite (coalition PSD-CDS), ce qui constituerait un fait historique.

Le PS pourrait dépasser en voix les différentes coalitions de droite : PSD/ CDS-PP , PSD-CDS / PSD-CDS PPM / CDS-PSD …

 

le 29.9.2013, Ploumploum l’a dit : 

Les premières projections donnent une large victoire de Antonio Costa à Lisbonne.
Rui Moreira pourrait l’emporter à Porto devant le candidat PS.
Menezes arriverait 3ème.


 

 

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