SAO MIGUEL ELEITORAL EM PORTUGAL

Ce scrutin constitue évidemment un test pour le Gouvernement social – démocrate (c’est-à-dire de droite) au pouvoir depuis les dernières législatives de 2011, marquées par une poussée à droite, le PPD obtenant 38,7 % des votes et 108 élus sur 230 au Parlement monocaméral du pays.

Le PSD avait gagné près de 10 % des suffrages, un niveau équivalent ou peu s’en faut à la perte subie par le PS, jusque – là au pouvoir, qui était passé de 36,6 à 28,1 %, et de 74 députés au lieu de 94.

Depuis près de quarante ans et l’instauration d’une véritable démocratie au  Portugal, le PSD et le PS se sont partagés l’exercice du pouvoir dans le pays, dans la plus parfaite alternance démocratique.

Et notamment en tirant parti d’un système politique ayant adopté le scrutin proportionnel selon le système d’Hondt, avec des circonscriptions recouvrant chacun l’un des dix – huit districts du pays.

Bien que le système électoral portugais ne comporte aucune « barrière » de suffrages à atteindre pour disputer l’un des sièges en jeu, cet éclatement des 230 élus entre districts du territoire national et circonscriptions des expatriés (deux fois deux sièges à pourvoir pour l’ensemble des Portugais d’Europe d’une part et ceux du reste du monde d’autre part) a favorisé une certaine forme de « bipartisme ».

Ainsi, si l’on élit 16 députés dans le district d’Aveiro, on en élit 3 dans celui de Béjà, 19 dans le district de Braga, 3 dans celui de Bragança, 4 pour Castelo Branco, 9 pour Coimbra, 3 pour Evora, 9 pour Faro (Algarve), 4 pour Guarda, 10 pour Leiria, 47 pour Lisbonne, 2 pour Portalegre, 39 pour Porto, 10 pour Santarem, 17 pour Setubal, 6 pour Viana do Castelo, 9 pour Viseu, 5 pour les Açores, 6 pour Madère et, donc, 2 pour les expatriés en Europe et 2 dans le Reste du monde.

87 sièges sont donc pourvus dans des circonscriptions comptant de 2 à 9 élus.

De manière générale, l’histoire politique du Portugal est marquée par une prédominance de la droite dans les régions du Nord du pays et une plus nette force de la gauche dans les régions du Sud, tenant notamment aux formes de propriété foncière et aux modes d’exploitation agricole.

Le choix de productions de qualité (notamment dans la partie Sud, dans l’Alentejo) et de l’exploitation collective (malgré d’évidentes limites) ont en effet pu différencier les régions du pays, selon qu’on se trouve au Sud ou au Nord du Tage…

Ceci dit, le Portugal qui est un grand pays d’émigration, comme nous le savons en France où le nombre des Portugais résidents est encore élevé, tandis que s’accroît aussi celui des naturalisés Français comme des jeunes issus de la seconde génération, est aussi marqué par des mutations internes, le mouvement de « migration » conduisant aussi les Portugais à quitter les districts de l’intérieur pour les régions côtières.

Le PP ou Centro Democratico e Social (CDS) était arrivé en troisième position, avec un score de 11,7 % et 24 sièges.

Ce parti, situé le plus à droite sur l’échiquier politique portugais, s’est toujours appelé « Centre » depuis l’élection de l’Assemblée constituante de 1975, après la Révolution des Œillets (25 avril 1974 pour mémoire), sans doute parce que le fait de se qualifier de « droite », après quarante – quatre années d’Estado Novo du docteur Salazar et de Caetano, n’aurait pas constitué un excellent viatique électoral.

La quatrième force politique du pays est la CDU qui, au Portugal, désigne la Coligaçao Democratica Unitaria, alliance électorale rassemblant les militants du PC portugais et ceux des Ecologistes.

Cette alliance avait recueilli 7,9 % des voix et obtenu l’élection de 16 députés.

Enfin, dernière force politique représentée au Parlement, le Bloco de Esquerda (BE), ou « Bloc de gauche », affilié à la fois au Parti de la Gauche Européenne (ce qui le fait participer au même groupe au Parlement européen que la CDU, celui de la Gauche unitaire européenne – Gauche verte nordique) et au Parti de la gauche anticapitaliste européenne (ce qui en fait, par exemple, un partenaire du NPA français).

Au plan municipal, les dernières élections, tenues en octobre 2009, avaient consacré des rapports de forces différents de ceux des élections générales de 2011.

Sur les 308 municipalités constituées, 139 ont un maire issu du PSD, 132 du PS et 28 de la CDU, troisième force politique locale, de fait.

Nos municipalités portugaises, de population fort variable et de structure proche des municipalités allemandes, sont donc réparties selon les districts de la manière suivante :

Aveiro : 19 dont la population varie de 9 657 habitants (Murtosa, mairie à direction PSD) à 142 295 (Santa Maria de Feira, mairie PSD). La région, située du Centre Nord du pays, comprend surtout des municipalités de droite (13 au total).

Béja : 14 dont la population varie de 1 825 habitants (Barrancos, maire PCP – CDU) à 34 970 (Beja, maire PCP – CDU). La région, partie de l’Alentejo, rurale sur des exploitations de grande partie, vote plutôt à gauche avec 6 maires communistes et 6 maires socialistes sur 14.

Braga : 14 dont la population varie de 7 506 habitants (Terras de Bouro, mairie PS) à 176 154 (Braga, mairie PS). Le district, situé au Nord, compte cependant neuf mairies socialistes et cinq mairies de droite dont la plus importante est Vila Nova da Famalicao.

Bragança : 12 dont la population, dans cette région parfois montagneuse, varie de 3 834 habitants (Freixo de Espada a Cinta, mairie PS) à 35 341 habitants (Bragança, mairie PSD). Dans cette région située au parfait Nord Est du pays, adossée à la Galice espagnole (province d’Ourense) et à la Castille (province de Zamora), frappée par l’exode rural, on compte six municipalités PSD et six PS.

Pour donner une idée de l’exode rural, on notera le cas de Vinhais, passée de 26 577 habitants en 1960 à 9 066 en 2011 ou même celui de Miranda do Douro, qui, sur la même période, est passée de 18 972 à 7 482 habitants.

Castelo Branco : 11 dont la population varie de 4 041 (Vila de Rei, mairie PSD) à 66 109 (Castelo Branco, mairie PS). Cette région, située au Centre intérieur du Portugal, compte six municipalités PSD et cinq municipalités PS.

Le PSD dispose notamment de la municipalité de Covilha, seconde du district pour la population.

District touché aussi par l’exode rural, Castelo Branco voit plusieurs de ses villes jumelées avec des villes Françaises (Covilha avec Roubaix ou Idanha a Nova, qui a perdu les deux tiers de sa population de 1960, avec Vert Le Grand, dans l’Essonne).

Coimbra : 17 dont la population est fort variable, allant de 4 260 habitants (Gois, mairie PS) à 143 396 (Coimbra, mairie PSD). Ce district compte 9 mairies à direction PS et 8 à direction PSD.

Evora : 14 allant de 2 663 habitants (Mourao, mairie PS) à 56 596 (Evora, mairie PS). Le district, situé dans l’Alentejo central, compte 7 municipalités PS, 4 municipalités PCP et 3 indépendants.

Le district connaît évidemment le processus d’exode rural qui frappe tout l’intérieur du pays.

Faro : 16 allant de 2 617 (Alcoutim, mairie PSD) à 70 622 habitants (Loulé, mairie PSD). Le district, qui correspond à la côte Sud du Portugal, l’Algarve, connaît un relatif développement économique et démographique lié aux activités touristiques.

8 mairies sont PSD et 6 PS dans ce district.

Guarda : 14 allant de 3 430 (Manteigas, mairie PS) à 42 541 (Guarda, mairie PS). Ce district, frappé comme tous ceux de l’intérieur par l’exode rural, compte nombre de ressortissants expatriés en France comme l’illustrent les jumelages du chef – lieu avec Wattrelos, d’Almeida avec Mutzig ou de Vila Nova da Foz Coa avec Villetaneuse.

9 mairies PSD et 5 PS dans ce district.

Leiria : 16 allant de 3 191 (Castanheira de Pera, mairie PS) à 126 897 (Leiria, mairie PS).

Ce district côtier entre Lisbonne et Porto compte 10 mairies PSD, 3 mairies PS et une mairie communiste.

Lisbonne : 16 constituant le grand Lisbonne, dont la population dépasse au total les 2,2 millions d’habitants.

Le district compte 9 mairies PS (dont Lisbonne centre), 5 mairies PSD, 1 mairie communiste et 1 indépendante.

L’assemblée municipale de Lisbonne compte, pour sa part, 6 indépendants, 53 élus de gauche (39 PS, 9 PCP, 3 BE et 1 Vert) et 49 de droite (41 PSD, 4 CDS/PP, 2 PPM et 2 MPT).

Portalegre : 15 à population rurale allant de 3 329 (Monforte, mairie PS) à 24 930 habitants (Portalegre, mairie PSD). Cette zone partagée entre montagnes et campagnes a élu en 2009 7 mairies PSD, 5 mairies PS et 2 communistes.

Porto : 18 constituant le Grand Porto et comptant 11 mairies PSD et 7 mairies PS. Le PSD tient notamment les communes importantes (Porto, Vila Nova da Gaia).

Cependant, l’actuelle Assemblée municipale de Porto compte 18 élus PSD, 14 élus PS, 4 CDU et 3 BE.

L’un des enjeux de ces élections municipales est donc bien dans le résultat de Porto.

5 réflexions sur « SAO MIGUEL ELEITORAL EM PORTUGAL »

  1. Notons que le scrutin sera faussé par la participation. En effet on compte environ 900 000 électeurs fantômes, ce qui provoque une abstention artificielle d’environ 9,5 % !
    Un nettoyage complet des registres électoraux n’a pas été réalisé depuis 1998 et les exécutifs locaux semblent peu pressés de régler le problème car les indemnités de mandat sont basées sur le nombre d’inscrits.

  2. Le PS remporta en 2009 97 sièges et non 94.

    Concernant le CDS-PP,il ne faut pas oublier le virage entamé durant les années 1990.
    Sous l’impulsion de Paulo Portas notamment, le parti est devenu plus nationaliste. Ce qui explique le départ de Diogo Freitas do Amaral (Premier Président du CDS et ancien Premier Ministre) et de Basilio Horta (aujourd’hui encarté au …PS), deux fondateurs du parti.

    Virage qui a permis au Parti « taxi » de repasser au dessus des 10 sièges à l’Assemblée de la République en 1995
    Pourquoi Parti « taxi » ? Parce qu’en 1987 et 1991 le parti remporta si peu de sièges que le groupe parlementaire pouvait entrer dans une seule voiture ( 4 sièges en 87 et et 5 en 1991)

  3. Issue incertaine pour Porto dont la Câmara comprend 15 membres.

    Depuis 2001, la ville est dirigée par Rui Rio, membre du PSD. Ne pouvant se représenter, le PSD a investi un « nouveau » candidat : Luis Filipe Menezes. (ancien Président du PSD notammen)
    Ce dernier occupe le fauteuil de Maire de Vila Nova de Gaia depuis 1997 et a donc décidé de tenter sa chance de l’autre côté du Douro.

    Menezes n’a pas reçu le soutien du CDS-PP. Le parti de Paulo Portas a préféré soutenir l’indépendant Rui Moreira, un entrepreneur.
    Le PS présente Manuel Pizarro, candidat chosi par le Secrataire Général du Parti, Antonio José Seguro.

    Les sondages mettent dans un mouchoir de poche ces trois candidats.
    26-28 % chacun.
    Derrière, la CDU pointe à 8-10 % et le BE à 4,5 %
    L’ancien maire socialiste Nuno Cardoso est aussi candidat et est crédité de 3-4 %
    Sa candidature aurait été, selon certains, appuyée par Menezes…

    Plus généralement, une large victoire de Costa à Lisbonne et des défaites de candidats PS/ ou courtes victoires socialistes pourraient fare monter la pression sur l’actuel patron du PS.
    Déjà qu’en janvier dernier, le Maire de Lisbonne avait envisagé une candidature au poste de secrétaire général lors du congrès des 40 ans du parti…

  4. Ah !
    Merci vudeloin !
    La campagne électorale a été marquée par une long bataille judiciaire sur la loi concernant la limitation à 3 mandats consécutifs.
    Le Tribunal Constitutionnel a jugé que cette limite était territoriale.
    Ce qui permet à certains dinosaures (surnom donné à ceux qui sont à la tête de Mairies depuis plus de 3 mandats)de se représenter dans d’autres « Concelhos »

    Pour la Câmara de Lisboa, nous avons un exécutif constitué de 17 personnes (appelées vereadores)
    Depuis 2007 (scrutin partiel), le Maire de Lisbonne est le socialiste António Costa, ancien ministre sous les Gvts Guterres et Sócrates.

    En 2009, la liste PS menée par Antonio Costa avait remporté 44,05 % des suffrages exprimés et 9 sièges soit la majorité absolue.
    Derrière, on retrouvait la coalition de droite PSD-CDS/PP avec 39,7 % (7 sièges).
    La CDU arriva troisième du scrutin avec 8,05 % (1 siège)
    Le BE pointa à 4,6 %, insuffisant pour remporter un siège.

    Cette année, nous avons la configuration suivante :
    PS (Antonio Costa)
    La coalition PSD/CDS-PP sera menée par Fernando Seara. Ce dernier est actuellement Maire de Sintra, poste qu’il occupe depuis 2001. C’était l’un de ceux concerné par l’imbroglio sur la limitation des mandats
    La CDU sera menée par Joao ferreire, député européen.
    Le BE aura comme tête de liste Joao Semedo, co-coordinateur du parti.
    5 autres listes concourent.

    Les derniers sondages donnent Antonio Costa large vainqueur avec 48-52 %.
    La coalition de droite est créditée de 28-30 %
    L’alliance PCP-PEV pointe à 10-11 % et le BE est 6-7 %.

    La gauche parlementaire est donc créditée d’au moins 63-64 %, ce qui constituerait un record.

    1. Erreur sur la Câmara de Porto, elle est constituée de 13 sièges et non 15 comme je l’ai indiqué.

      Rui Rio, qui en 2001, avait mis fin à 12 ans de gestion socialiste, est une personnalité assez appréciée à droite comme à gauche. Non-clivant, critique du Gvt actuel, il est parfois donné comme candidat à la présidentielle de 2016

      P-S : serait-possible que je puisse ouvrir un forum sur le Portugal ?

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