SNCF SEBASTIEN LECORNU, L’INCONNU DU PARIS ROUEN

Maire issu d’une liste de droite élue en 2014 aux dépens à la fois du maire socialiste sortant et de l’édile de droite battu en 2008 par ledit maire socialiste, Sébastien Lecornu est encore jeune (il n’a pas encore trente deux ans!) et déjà l’expérience d’un cadre de l’UMP au niveau local (il fut secrétaire fédéral de l’Eure du parti sarkozyste en 2010) et de l’organisation de la campagne de Bruno Le Maire, autre élu du département, lors de la primaire de la droite en vue du scrutin présidentiel de 2017.

Ce qui aurait du attirer notre attention puisqu’inscrit dans le sillage de Bruno Le Maire, Sébastien Lecornu est devenu membre de l’actuel Gouvernement en ralliant la République en Marche.

Placé auprès de Nicolas Hulot, en qualité de Secrétaire d’Etat,  Sébastien Lecornu est donc censé en connaître un rayon en matière de transition énergétique et écologique…

Et c’est là que nous avons découvert la maîtrise remarquable des dossiers par « l’inconnu du Paris Rouen ».

Le 26 février dernier, à peine la France s’était elle remise de la fièvre olympique et des exploits de Martin Fourcade, qu’Edouard Philippe annonçait que la terrible situation de la SNCF justifiait une profonde réforme de notre société ferroviaire, évidemment promue par ordonnances…

Manque de bol, à peine décrite l’apocalyptique situation de la SNCF, la société publiait le lendemain une information sur ses comptes sociaux 2017, annonçant par là même occasion un bénéfice de 1,3 Md d’euros …

On a vu des situations financières catastrophiques d’une autre  densité !

Et c’est là que Lecornu l’inconnu s’est fait connaître…

Jugez plutôt.

Sébastien Lecornu est venu en effet expliquer sur un canal télévisé (je crois que c’était BFM TV, ce qui  témoigne encore de sa notoriété en devenir) que le bénéfice 2017 de la SNCF était en réalité un trompe l’oeil.

(pour le coup je mets le lien https://fr-fr.facebook.com/TeamMacronPR/videos/454853374930600/)

On notera d’ailleurs que l’interview figure sur le site du Team Macron, ce qui est encore plus drôle…

Il a ainsi expliqué que sur les 24 Mds d’euros de recettes de la SNCF, 10 Mds d’euros provenaient de la billetterie et le reste ….d’autres recettes.

Il a même dit que les 14 Mds d’euros de différence étaient un « trou en quelque sorte ».

Et là, soyons clairs, le brillant étudiant en droit de Paris II Assas aurait mieux fait de se coltiner avec la vraie vie plutôt que de se consacrer à une activité de collaborateur parlementaire au service de l’un de ses prédécesseurs dans l’Eure, l’ex député UMP Franck Gilard.

Car les sommes récupérées par la SNCF ne provenant pas de la vente des billets ne sont rien d’autre que des recettes fiscales affectées, des subventions publiques, des recettes publicitaires, etc, etc…

Sébastien Lecornu ne devrait pas ignorer, en principe, que le versement transport, prélèvement effectué à partir des entreprises et sur la base de la masse salariale (comme les cotisations de Sécurité Sociale), alimente l’ensemble des entreprises de transport public de voyageurs en vue de financer, par exemple, les cartes et titres d’abonnement (le pass Navigo…), la tarification sociale, la gratuité des transports scolaires, entre autres cas de figure.

A moins que Sébastien Lecornu ne souhaite mettre un terme à l’existence du versement transport qui aboutirait sans aucun doute à la thrombose définitive de la circulation en Région Ile de France et à des difficultés majeures dans les grandes villes de province.

Car, voyez vous, si les usagers franciliens de la SNCF devaient payer le « vrai prix » du transport ferroviaire sans les financements dégagés au delà de la billetterie, le prix de l’abonnement mensuel passerait de 75,20 euros à environ …250 !

Sébastien Lecornu pense t il que la charge du paiement du VT pour les entreprises est si intolérable qu’il faudrait les dispenser de payer ce qui fait que leur personnel arrive, au delà des retards parfois observés dans le service public, de manière générale à l’heure sur son lieu de travail ?

Imaginons deux minutes que les deux millions et demi de Franciliens usagers quotidiens du train et du métro décident de prendre un véhicule automobile pour se rendre à leur travail, ou sur leurs  lieu d’études ou de formation (deux millions et demi de personnes à transporter, ce n’est pas comme les 40 000 voitures jour des voies sur berge, n’est ce pas ?) et l’on verrait très vite se former, bien avant Paris, des embouteillages magistraux dignes du film de Comencini.

Pour la transition énergétique et écologique, ce sera peine perdue !

De fait, nous sommes enclins à laisser Sébastien Lecornu devant une alternative.

Soit il ignorait et ignore encore le processus de formation du prix  d’un billet de train, et à ce moment là, il n’est plus guère qualifié pour le poste qu’il occupe.

Soit il le sait très bien et il a menti sans vergogne pour défendre la cause peu ragoûtante du projet gouvernemental sur la SNCF.

Car je ne sais pas si vous y avez fait attention, mais la dimension pourtant essentielle de l’aménagement du territoire que recouvre l’action de la SNCF est totalement absente de ce projet sans souffle ni perspectives.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.