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Il faut alléger le coût du travail pour augmenter les salaires !

17 novembre 2013

thématique : n'importe quoiOu Comment Laurent Wauquiez Motte nous prend pour des naïfs.

Une fois encore, si l’on peut dire, revient l’antienne.

Confirmant des propos déjà tenus il y a deux ans, portés pendant la campagne présidentielle, structurant une motion  du congrès de l’UMP, Laurent Wauquiez Motte, fils de cadre dirigeant d’une filiale d’Indosuez, devenu directeur d’une société de conseil en investissement et de sa mère Eliane, maire de la commune protestante et auvergnate du Chambon sur Lignon.

Laurent Wauquiez Motte porte fort bien ses cheveux déjà gris , bien qu’il fût encore jeune (moins de quarante ans), après un parcours scolaire et universitaire remarquable.

Ancien élève du Collège cévenol du Chambon sur Lignon, établissement définitivement célèbre pour avoir été un foyer de Résistance pugnace et admirable pendant la Seconde Guerre Mondiale, plus récemment parce qu’il est devenu un lieu d’innovation pédagogique, Laurent Wauquiez a aussi fréquenté la péniche de Sciences Po, une fois accompli un parcours qui le mena par Louis Le Grand puis Henri IV et l’ENS de la rue d’Ulm.

Devenu agrégé d’Histoire, Laurent Wauquiez a donc toutes les caractéristiques du jeune intellectuel brillant, s’entretenant en faisant de la course à pied longue distance, finissant son cursus honorum par l’ENA et la position de major de sa promotion, lui ouvrant les portes du Conseil d’Etat, comme auditeur puis comme  maître de requêtes.

Marié avec une administratrice du Sénat, Laurent Wauquiez Motte a, dès 2004, siégé à l’Assemblée Nationale, remplaçant Jacques Barrot, dont il avait reçu l’onction, sur son siège de député de la Haute Loire, associant Le Puy et Yssingeaux, c’est à dire, tout de même, la partie la plus conservatrice de ce département très anciennement ancré à droite.

Et dont Jacques Barrot est un bon témoignage, puisque lui – même issu d’une famille anciennement élue dans la région.

Animateur d’une motion de l’UMP, appelée La Droite Sociale,  Laurent Wauquiez Motte restera tout de même d’ores et déjà dans l’histoire politique de notre pays.

Notamment pour avoir été le Ministre de l’Emploi de Nicolas Sarkozy et avoir soutenu la défense du projet de loi conduisant à la fusion de l’UNEDIC et de l’ANPE dans Pôle Emploi, une idée qui est l’exemple typique, à mon sens, de ce qui ne peut jamais marcher…

Mais les préoccupations de Laurent Wauquiez Motte ont, de fait, après son passage dans ces fonctions, pris un tour particulier.

Sa préoccupation principale, c’est la valeur travail.

Et son intention, affichée, est de lutter contre l’assistanat, c’est à dire notamment tout ce qui conduit les personnes disposant d’une allocation type RSA à refuser de travailler, notamment pour une rémunération égale ou à peine supérieure au SMIC, au motif que les droits connexes associés au RSA « décourageraient » de le faire…

Laurent Wauquiez Motte n’a jamais du être au RSA et guère plus au SMIC.

Il parle de cela avec, comment dire, une certaine légèreté, oubliant que le RSA, c’est juste environ 6 milliards d’euros pour 2,23 millions de ménages fin septembre, ce qui veut dire quelque chose comme moins de trois mille euros par an…

Et Laurent Wauquiez Motte souhaite, à nouveau, et comme il le dit depuis longtemps, que les allocataires du RSA (comme des autres minima sociaux) donnent, en contrepartie de la perception de leur allocation, du travail gratuit à la collectivité.

Paraît que cela leur rend la dignité…

Mais il ne s’arrête évidemment pas là, puisqu’il s’est sérieusement penché sur la question du « comment revaloriser les salaires  pour que les allocataires de minima sociaux aient envie de retravailler ? ».

Il a d’ailleurs trouvé une solution, notre major de l’ENA.

Il penche, ce qui est une surprise, qu’il faut réduire les cotisations sociales pour que les sommes ainsi dégagées puissent permettre la hausse des salaires!

Là, de fait, on a envie de dire «  Mais pourquoi n’y avait on pensé plus tôt ? ».

Tout simplement, parce que cela ne tient pas cinq minutes devant le simple examen de la réalité.

Posons nous la première question.

Les cotisations sociales (que Laurent Wauquiez Motte, qui est quand même de Droite, certes sociale, mais de Droite appelle évidemment « charges sociales ») sont elles insupportables pour les entreprises ?

L’INSEE a le bon goût, une fois encore, de nous rappeler l’essentiel.

Prenons le taux de cotisation des entreprises pour les allocations familiales.

En 1993, il était de 5,40% des salaires bruts.

En 2013, il s’élève désormais à … 5,40 % !

Prenons le taux de cotisation pour l’assurance maladie.

En 1993, ce taux était de 12,80 % des salaires bruts.

En 2013, il a remarquablement évolué, atteignant 12,80 % !

Prenons maintenant le taux de la cotisation à l’assurance vieillesse.

En juillet 1993, ce taux était de 8,20 % des salaires sous plafond de la Sécurité Sociale.

En 2013, nous en sommes arrivés, de par l’aggravation des déficits de notre régime de retraites, au taux de 8,40 %.

Fort heureusement, dans le même temps, le taux de cotisation   de l’assurance vieillesse pour les salaires au delà du plafond est resté calé sur le taux de 1,60 %.

A noter que, dans le même ordre d’idées, malgré la crise du mal logement, le taux de contribution patronale à la construction de logements est resté fidèle depuis vingt ans à 0,45 %.

Mieux même, le taux de cotisation patronale pour l’assurance chômage, entre 1993 et 2013, est passé de 4,83 à 4 %, alors même que le nombre des sans emploi me semble autrement plus élevé aujourd’hui qu’il y a vingt ans.

Bref, comme chacun s’en rend compte, cela fait quelques temps que les cotisations sociales des employeurs n’ont pas vraiment connu de « bougé «  spectaculaire de leur taux.

Par contre, comme chacun le sait, lesdites cotisations ont été puissamment attaquées par des politiques de « réduction du coût du travail », faites d’exonérations financées par l’Etat et, de manière générale, visant à remplacer ces ressources prélevées dans les entreprises par des impôts et taxes affectés.

Le projet de loi de finances 2014, soit dit en passant, précise que l’Etat consacrera plus de 156 milliards d’euros d’impôts, de taxes et de droits fiscaux à financer la Sécurité Sociale.

A la vérité, les données générales sont encore plus parlantes, à la lecture du document dit de politique transversale appelé « Bilan des relations financières entre l’Etat et la Protection sociale », qui retrace l’intervention publique en la matière.

L’Etat mobilise au total 234 415 millions d’euros pour son intervention sociale.

Attention à ne pas mélanger choux et carottes, ceci dit.

Pour 156 451 millions d’euros, il s’agit de la fiscalité affectée au financement de la protection sociale, qu’il s’agisse de la CSG ( de loin le premier élément de cette fiscalité avec plus de 93 milliards d’euros de rendement), de la CRDS ou encore des droits sur le tabac et l’alcool qui ont été virés au compte de la Sécurité Sociale pour compenser les exonérations de cotisations sociales.

Nous avons ensuite 51 307 millions d’euros qui constituent la prise en charge par l’Etat lui même de ses cotisations sociales, c’est à dire la couverture maladie, assurance vieillesse, invalidité, prestations familiales de ses propres agents et des contractuels et non titulaires employés par l’administration.

Nous avons par ailleurs 6 411 millions d’euros consacrés par l’Etat au financement de certains régimes de retraite (Marins, Mines, SNCF entre autres) dont la situation financière est d’ailleurs le plus souvent structurellement déficitaire.

Le caractère déjà ancien de cette situation motive d’ailleurs que la dépense budgétaire découlant de cette participation de l’Etat se réduit peu à peu, notamment pour ce qui est du régime des Mines comme de celui des Marins.

De fait, le financement direct, par l’Etat, de l’action sociale ne porte que sur 20 245 millions d’euros (moins que la charge des exonérations de cotisations sociales!), soit moins du dixième de la politique sociale affichée.

Sur cette somme, les deux premiers postes sont les allocations logement (5,1 milliards d’euros) et le financement de l’allocation adulte handicapé (8,4 milliards d’euros).

En troisième position, arrivent les dispositifs dits « ciblés » d’exonérations de cotisations sociales, atteignant en 2014 3,6 milliards d’euros.

Le RSA, comme nous l’avons dit, est fondamentalement payé par les départements (pour environ 6 milliards d’euros), ceux ci disposant d’une partie du produit de la taxe sur la consommation énergétique (en gros les taxes sur l’essence, ou encore sur la consommation de fuel, de gaz ou de charbon pour se chauffer).

Mais le résultat est que la fable de Laurent Wauquiez Motte sur les cotisations sociales ne tient pas la route.

Puisque, comme les taux sont gelés de longue date et que lesdites cotisations sont en partie exonérées, la « charge «  du paiement en est allégée.

En 1989, le taux de prélèvement social au SMIC se situait en effet à 41 %, plus haut niveau historique.

En 2010, il se situait à 32,1 %, fruit de plusieurs années de « baisse du coût du travail ».

Et sur ce taux, l’essentiel est aujourd’hui porté par le salarié (CSG + CRDS 8 %, assurance vieillesse 6,75 %, assurance chômage 2,4 % entre autres…).

Il convient de rappeler qu’en 1970, le taux de prélèvement au SMIC était de 31 %.

Nous sommes donc sur un niveau de prélèvement assez proche, à la nuance près qu’en 1970, nous ne connaissions pas la CSG et que le taux cumulé (employeur et salarié) de la cotisation vieillesse était de 8,75 %.

Et je ne parle pas du taux de chômage de l’époque, quand bien même y avait – il, dans les milieux de l’industrie, du commerce ou de l’artisanat, toujours ce travers à dénoncer le « trop de charges », fiscales ou sociales, qui les aurait empêché d’embaucher…

Tout cela pour dire que cela belle lurette que le système Wauquiez Motte (on baisse les cotisations sociales pour augmenter les salaires et décourager l’assistanat) aurait dû trouver à s’appliquer…

Mais ce n’est pas le cas et le seul résultat est que le fameux « coût du travail » a baissé, sans que les salariés n’y trouvent leur compte en termes de progression du pouvoir d’achat.

On peut tout de même, à ce stade, se demander, comment un ancien Ministre de l’Emploi peut ignorer à ce point l’évidence de la réduction déjà largement acquise du poids des cotisations sociales sur les salaires les plus bas.

Mais le plus probable est que l’ignorance soit feinte et que le but poursuivi soit tout autre.

 

Le droit d’asile est totalement dévoyé. Entre 2007 et 2012, le nombre de demandeurs d’asile a augmenté de 73 % !

25 octobre 2013
thématique : n'importe quoi
Sous ces déclarations spectaculaires, une nouvelle démonstration de discours parfaitement éloigné de la réalité et de la vérité des chiffres.

L’auteur de ces martiales déclarations a « son rond de serviette » chez BFM et chez Calvi où, à défaut de sa grande cheftaine, il représente le Front National.

Il s’agit, vous l’aurez reconnu, de l’excellent Florian PHILIPPOT, aspirant maire de Forbach ( et non de Francfort, comme eût dit le regretté Pierre Desproges), qui a tenu ce discours ce 23 octobre lors d’un débat organisé dans le cadre du grand Soir 3, où il figurait aux côtés de David Assouline, Sénateur (cela me fait toujours un peu rire de penser que l’un des leaders du mouvement étudiant anti loi Devaquet de 1986 ait connu ce destin) PS de Paris et de Nadine Morano, qui n’est plus que déléguée générale de l’UMP…

Revenons donc à Florian Philippot, dont le discours appelle à la fois observations de forme et de fond.

Les mots ont été soigneusement choisis et l’expression est au point.

I – Le droit d’asile est « dévoyé ».

C’est tellement mieux de dire que les demandeurs du droit d’asile en usent et en abusent plutôt que de dire que la France se trouve aujourd’hui être l’un des pays les plus fermés à la demande d’asile.

Ainsi, pour être précis, et avoir été à la source (le rapport annuel d’activité de l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides, l’OFPRA), voici les données effectives.

La France a recensé en 2012 55 255 demandes d’asile (majeurs + mineurs dits accompagnants, ce que j’appelle des enfants en général) contre 52 147 en 2011, soit une hausse de 6 % en un an.

Le tout pour un pays dont je rappelle qu’il compte aujourd’hui 65 millions d’habitants et plus et qu’il est physiquement présent sur quatre continents, puisqu’il ne faut jamais oublier que les Antilles, Saint Pierre et Miquelon, la Guyane, Mayotte, la Réunion ou nos archipels du Pacifique sont aussi des territoires français.

A titre de comparaison, l’Allemagne dont la totalité du territoire se situe en Europe, a enregistré 64 539 demandes d’asile en 2012 contre seulement 45 741 en 2011, soit une progression de 41,1 % des effectifs.

Pour poursuivre, indiquons que la Suisse (environ 7 millions d’habitants) reste fidèle à sa tradition d’asile avec 28 631 demandes en 2012, au lieu de 22 551 en 2011 et que la Suède (qui compte 9,5 millions d’habitants) a enregistré 43 887 demandes d’asile, en lieu et place de 29 648 l’année précédente.

Le royaume nordique a ainsi accueilli 11 000 réfugiés syriens sur son sol en 2012, de la même  manière qu’il avait accueilli 18 559 Irakiens en 2007, au plus fort des tensions intérieures dans ce pays.

Par comparaison, la France comptait fin 2012  2 490 réfugiés politiques irakiens et 510 réfugiés politiques syriens.

Nul doute que le second contingent a dû augmenter cette année, puisque nous avons connu en 2012 une véritable explosion du nombre des demandes d’asile en provenance de Syrie, passées de 100 à 450, soit une hausse de 350 %, mais, comment dire, tout de même sacrément marginales par rapport aux près de deux millions de Syriens qui ont fui le théâtre de la guerre pour des camps en Turquie et en Irak…

II –  Entre 2007 et 2012, le nombre de demandes d’asile a augmenté de 73 % !

Là, on est dans le champ de la pure politique politicienne.

Suivez mon regard, comme dirait l’autre.

Entre 2007 et 2012, cela fait référence, immédiatement, à l’époque de Sarkozy.

Ce Sarkozy, concurrent du FN sur sa gauche (si l’on peut dire), et dont il faut décrédibiliser le bilan pour justifier du vote FN et du célèbre « la gauche, la droite, on a vu ce que cela donnait, autant voter Le Pen ».

Autre habile remarque : on utilise un pourcentage au lieu d’utiliser des chiffres en négligeant évidemment quelques petits détails.

Retour aux chiffres bruts : en 2012, donc, le nombre de demandes d’asile, en termes de personnes concernées (avec les mineurs) atteint 55 255.

Celui des premières demandes se situe à 41 254 pour l’année.

Le nombre de premières demandes était de 23 804 en 2007 et, compte tenu de tous les paramètres, on avait 29 937 demandes (premières demandes, réexamens, mineurs accompagnants).

Florian Philippot pourrait donc avoir raison sauf qu’en 2007, comme chacun le sait, il n’y avait pas la guerre en Syrie, notamment…

Et il oublie surtout quelque chose d’assez essentiel.

C’est que les demandes d’asile étaient 57 616, toutes catégories confondues, en 2004, et que nous avons enregistré en 2003 pas moins de 52 204 premières demandes, soit quasiment 11 000 de plus qu’aujourd’hui !

Le droit d’asile n’est pas un pis – aller utilisé par d’habiles réseaux pour contourner les limites de l’espace Schengen ou je ne sais trop quoi encore.

Il obéit à des logiques de « flux » liés aux tensions plus ou moins fortes existant dans le monde.

Il est par contre intéressant de constater d’où viennent les demandes.

Puisque le Vice Président du FN fait référence à 2007, un regard sur les demandes 2007.

Sur 23 804 enregistrées, 9 229 venaient…d’Europe !

Avec 2 250 demandes venues de Serbie (essentiellement des Kosovars), 2 039 de Turquie (d’abord des Kurdes) et 2 001 de Russie !

On comptait 5 334 demandes venues d’Asie dont 1 845 du seul Sri Lanka (c’est-à-dire des Tamouls fuyant un pays alors ravagé par la guerre civile).

Puis 816 demandes venues des Amériques dont 588 d’Haïti…

Et 8 223 demandes venues d’Afrique dont 1 802 de la seule République démocratique du Congo, pays où fait rage une guerre civile interminable, ayant pour objet le contrôle de ses richesses minières (comme toujours).

Notons aussi, pour quantifier l’invasion de familles entières, que 50,3 % des demandeurs étaient célibataires et que leur moyenne d’âge ressortait aux alentours de 32 ans…

En 2012, la république démocratique du Congo arrive en tête de tous les pays pour la première demande avec 4 010 dossiers (quasiment 10 % du total), devant la Russie (2 873), le Sri Lanka (2 436), le Kosovo (2 084), la Chine (2 035), le Pakistan (1 860), la Turquie (1 768), la Géorgie (1 760), l’Albanie (1 688) et l’Arménie (1 526).

Nous avons donc toujours un grand nombre de demandes émanant de pays où se sont produits ou continuent des conflits majeurs (RDC, Sri Lanka), et un groupe de pays où les tensions régionales diverses, voire l’oppression de minorités (cas des Rrom au Kosovo ou en Albanie) sont à l’origine des demandes.

Ceci dit, ce qu’oublie évidemment de dire Florian Philippot, c’est que demande ne veut pas dire automatiquement accord.

Et que la France, de ce point de vue, se distingue par le niveau élevé de rejets des demandes formulées.

En 2007, nous comptions 23 804 premières demandes, 6 133 réexamens et 5 583 demandes concernant les mineurs.

Et nous avons eu 3 401 décisions positives de l’Office (environ 12 % du total) et 5 380 au total suite aux recours.

En 2012, on compte en effet finalement moins de 180 000 réfugiés politiques dans notre pays.

Le classement des pays d’origine de ces personnes dotées du statut, sous quelque forme que ce soit.

En Europe, nous comptons encore 51 359 réfugiés dont 11 438 ressortissants russes, 10 887 Turcs puis 5 592 ressortissants de l’ex Yougoslavie, majorés par 4 118 Bosniens, 2 576 Kosovars, 2 152 Serbo – Monténégrins,  1 186 Serbes, 300 Macédoniens et 77 Croates.

L’ex URSS fournit également 3 633 Arméniens, 2 567 Azéris, 471 Biélorusses, 67 Baltes, 380 Moldaves, 719 Ukrainiens, 2 391 Géorgiens.

En Asie, nous avons d’abord les Sri Lankais avec 23 225 réfugiés sous protection puis le pôle Indochine (12 666 Cambodgiens, 7 335 Laotiens et 8 605 Vietnamiens).

Le Bangladesh (2 834 personnes), l’Afghanistan (2 590), l’Irak (2 620) et l’Iran ( 2 172) suivent ensuite.

Pour la Syrie, en pleine guerre civile, nous étions à 510 réfugiés et 130 personnes sous protection subsidiaire.

En Afrique, la RDC est en tête avec 12 585 personnes protégées, loin devant la …Mauritanie (4 899), la Guinée (4 111), le Mali (3 428), le Congo (3 318), l’Angola (3 258), le Rwanda (2 723).

Aux Amériques, sur 4 836 personnes protégées, nous avons 3 710 Haïtiens.

Autant dire que moins de 5 % des résidents étrangers en France disposent du statut de réfugié.

Où est l’invasion ?

Mais, ils racontent n’importe quoi

 

Vous êtes invités à laisser en fil dans cette rubrique votre sentiment profond, étayé par des preuves et des éléments trouvés par ailleurs dans vos archives et documentations personnelles, sur le caractère parfaitement inexact de certaines assertions entendues sur les media audiovisuels, lues dans la presse et autres.

 

Une sorte de désintoxication que nous voulons collective, mue par la saine fureur d’une colère très juste (comme dit l’autre), contre ce qui procède de l’approximation et de l’enfumage…

 

Un appel vibrant, de fait, à l’exercice plein et entier de votre esprit critique.

thématique : n'importe quoi

Aujourd’hui, nous commençons avec un extrait intéressant de l’entrevue accordée par Brice Hortefeux, ancien Ministre de l’Intérieur, à un grand quotidien populaire.
Citons :

Vous souhaitez revoir le Code de la nationalité en réformant le droit du sol ?

Il faut restreindre l’accès à la nationalité, alors que le gouvernement est en train de l’élargir. En un an, le nombre de naturalisations a ainsi augmenté de 14%. Mais c’est un sujet essentiel sur lequel nous devons éviter d’agiter des chiffons rouges en utilisant de grands mots. Souvenons-nous que le droit du sol était défendu par la monarchie et le droit du sang par les révolutionnaires. Je propose que nous appliquions désormais un principe simple : l’accès à la nationalité ne doit plus être automatique pour les enfants de ceux qui sont venus de manière illégale sur notre territoire.

( fin de citation)

Outre qu’il y aurait beaucoup à dire sur certains éléments de cette entrevue (le recours aux pourcentages  ayant, comme chacun l’aura remarqué, l’avantage de faire plus d’effet que celui aux données chiffrées brutes), commentons ici l’affirmation selon laquelle le droit du sol était défendu par les monarchistes et le droit du sang par les révolutionnaires.

La preuve dans le texte de la Constitution de 1791 qui, dans son titre II, indique (je cite)

Article 2. – Sont citoyens français :
– Ceux qui sont nés en France d’un père français ;
– Ceux qui, nés en France d’un père étranger, ont fixé leur résidence dans le Royaume ;
– Ceux qui, nés en pays étranger d’un père français, sont venus s’établir en France et ont prêté le serment civique ;
– Enfin ceux qui, nés en pays étranger, et descendant, à quelque degré que ce soit, d’un Français ou d’une Française expatriés pour cause de religion, viennent demeurer en France et prêtent le serment civique.

Article 3. – Ceux qui, nés hors du Royaume de parents étrangers, résident en France, deviennent citoyens français, après cinq ans de domicile continu dans le Royaume, s’ils y ont, en outre, acquis des immeubles ou épousé une Française, ou formé un établissement d’agriculture ou de commerce, et s’ils ont prêté le serment civique.

Article 4. – Le Pouvoir législatif pourra, pour des considérations importantes, donner à un étranger un acte de naturalisation, sans autres conditions que de fixer son domicile en France et d’y prêter le serment civique.

(fin de citation)

Et l’on peut également citer la Constitution du 24 juin 1793 ou Constitution de l’An II (robespierriste, si l’on peut dire, puisque celle de la Convention montagnarde) qui stipule, en son article 4 (citation)

Article 4. – Tout homme né et domicilié en France, âgé de vingt et un ans accomplis ; – Tout étranger âgé de vingt et un ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année – Y vit de son travail – Ou acquiert une propriété – Ou épouse une Française – Ou adopte un enfant – Ou nourrit un vieillard ; – Tout étranger enfin, qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l’humanité – Est admis à l’exercice des Droits de citoyen français.

(fin de citation)

Je ne pense pas utile d’en rajouter sur l’approximation historique de celui qui fut « le meilleur ami de Nicolas Sarkozy ».